JERRY DE CAPRICORN SCHOOL À PIETERSBURG

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Il y a des crimes tellement graves que les maîtres ne savent plus comment punir, même dans un internat sud-africain où ils sont drôlement sévères. Alors Jerry se retrouve dans le bureau de Miss Cripps, la psychologue de l’école ? Quelles horreurs ce garçon timide a-t-il donc fait subir à l’implacable Miss Junod, sa maîtresse de classe ? La psychologue aura beaucoup de peine à le découvrir et avec Jerry elle sera obligée de remettre en question bien des certitudes.
Publié le : mardi 1 janvier 2002
Lecture(s) : 286
EAN13 : 9782296296428
Nombre de pages : 96
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Jerry de Capricorn School à Pietersburg

Collection Jeunesse dirigée par Isabelle Cadoré et Anne Pouget

MEJA MWANGI, Kariuki. Aventures avec le petit homme blanc. MONTLAHUC S. (ed.), Rue des origines. 51 récits d'adolescents. MONTLAHUC S. (ed.), Les voleurs de mémoire. MONTLAHUCS, Partie de campagne. MORADI-KERMANI H., Lajarre. PASCALE R., Sarajevo. 125 questions sur une ville assiégée. PASCALE R. (contes adaptés par), Les fourmis rouges et le serpent à plumes et autre conte latino-américain. PASCALE R., KERGUERIS M. (mythes celtes adaptés par), Le vieux pêcheur et lesfomors. PINGUlLL Y Y., Le gros grand gri-gri. PINGUlLL Y Y., Le tatouage blanc. POUGET- TOLU A., Voyage au pays des Croisades. REBERG E., BOUBRIT S., L'Ogre et lafévette. RENOUX J.-c., Contes du montreur d'ours (contes provençaux). RENOUX J.-C., Le voyage du paillassier (contes provençaux). RENOUX J.-C., Le mulet maladrech (contes provençaux, bilingue). SAUV ARD 1., Le ballon de Yacine. SAUV ARD J., Les palais d'or de Belleville. SAYAR H., Contes de la mythologie persane (bi!. persan-français). SCHWOB D., Contes de la grande yeuse. SIEBERT R., Une île sur le fleuve noir - Histoire d'une enfance vendue en Thailande. YASMIN H., Le petit cavalier noir. BOUTSINDI S, L'enfant sol dat. AZULEJOS M., Tir Gaste et le mystère de l'œil de mer. GILBERT Valérie, Shambhala ou "exil de Son am, lejeune Tibétain COSTE A. et SOULA N. (sous la direction de), Samba et la reine des mangues. RIBIS M., L'étrange trésor de l'île Vanille.

roman jeunesse

Nicolas Ouwehand

Jerry de Capricorn School à Pietersburg

L'Harmattan

DU MÊME AUTEUR CHEZ LE MÊME ÉDITEUR:

Le monument sur la colline
roman, collection Encres Noires

iÇ)L'Harmattan,

2002

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Italia S.LI. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7475-2905-3

L'Afrique du Sud est un pays immense. Et là où j'habite, c'est pratiquement le désert. Le haut plateau du Transvaal au nord de Johannesburg est très aride, plat comme la main, bordé de montagnes au loin. Une autoroute le traverse du nord au sud, en ligne droite d'un horizon à l'autre. Mon père s'est endormi au volant une fois et on ne s'est aperçu de rien, on a continué à rouler tout droit sur la route déserte comme on le faisait depuis des heures. Finalement ma mère l'a entendu ronfler, elle a saisi le volant, tout doucement, et on a réveillé papa sans le brusquer. C'est dire que le voyage est monotone. Et après avoir roulé comme ça pendant quelques heures, on finit par atteindre la petite ville de Pietersburg, chef-lieu de notre district. C'est là qu'on va à l'école. Nousfréquentons un internat réservé aux blancs (nous sommes en 1964, sous l'apartheid), une école destinée spécialement aux habitants des fermes isolées du district. A cause des distances et de la difficulté des déplacements c'est la seule solution pour les enfants de l'arrière-pays qui doivent suivre l'enseignement obligatoire... En arrivant on voit soudain une arche 5

futuriste qui enjambe l'autoroute, qui proclame en grandes lettres: « Welcome to Pietersburg », et ensuite on entre dans la banlieue résidentielle, des rues larges et verdoyantes bordées de villas. Le contraste avec le désert est complet, il y a des fleurs dans tous les jardins. Les bungalows n'ont qu'un étage, il n'y a pas d'immeubles. De

grosses voitures américaines sont garées le long des
trottoirs. Et au centre de la ville il y a un grand carrefour, avec les seuls feux de circulation de tout le district. Après avoir attendu un moment au feu rouge, tout fier, on prend à gauche, on remonte une large avenue en pente légère qui mène tout droit au portail de l'école. Nous avons enfin atteint le but de notre voyage. C'est la rentrée. Les rues autour de l'école sont encombrées de voitures, les élèves et leurs parents se pressent au portail, puis ils se dispersent parmi les bâtiments. Tous les garçons portent le même uniforme à rayures verticales, les mêmes casquettes et les mêmes cravates... L'école est un vaste complexe de bâtiments à un étage, en briques rouges: des salles de classe, des dortoirs, le réfectoire et la salle d'étude; les cuisines, l'infirmerie, les bâtiments administratifs; toutes ces ailes reliées entre elles par un réseau de couloirs, de galeries ouvertes, de vérandas. C'est ici que nous allons vivre jusqu'aux prochaines vacances. Une vie réglementée, loin de nos familles, une vie pleine d'ennui. Un peu la vie de caserne, quoi... Pourtant c'est notre univers à nous, on n'en connaît pas d'autre. Tout cela nous paraît très normal. On aimerait mieux être à la maison, bien sûr, mais puisqu'on est obligé d'aller à l'internat, on y va. Le moment est venu de se dire adieu. Papa serre les 6

dents, maman pleure à chaudes larmes, et nous on se montre plus ou moins stoïque. On laisse échapper un sanglot quand même, surtout quand on voit notre voiture s'éloigner sur l'avenue et disparaître au carrefour. Mais on a vite fait de ravaler nos larmes. On retrouve nos copains et on va jouer. Il n 'y a que les types comme Jerry qui éprouvent vraiment un chagrin profond, ça fait mal à voir. Jerry est le seul qu'on connaisse qui soit capable de passer tout l'après-midi à sangloter dans son coin, assis sur le rebord d'une véranda. Personne n'essaie de le consoler, avec un cas comme lui il n 'y a rien à faire. Il vaut mieux le laisser...

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P our rompre le silence, Miss Cripps demande gentiment:
- Dis-moi, Jerry, est-ce que tu as une idée pourquoi on m'a demandé de m'occuper de toi? Jerry baisse les yeux: - Euh... non. n est clair qu'il n'a pas envie de parler de ça et Miss Cripps n'insiste pas. Elle pousse un gros soupir et reprend: - Ecoute, j'aimerais qu'on devienne de bons amis tous les deux. Je ne suis pas une maîtresse d'école; tu peux me parler, tu peux me dire ce qui te chiffonne... Jerry lève brièvement les yeux et la jeune femme lui sourit, elle lui fait un clin d' œil. TIse demande s'il peut lui faire confiance. A voir elle est gentille, Miss Cripps, mais le problème c'est qu'elle est la psychologue de l'école et il sait qu'on l'a envoyé chez elle comme une sorte de punition, parce qu'il a commis une «mauvaise action ». Jerry a honte et il baisse les yeux, il fixe les pieds de la psychologue sous le bureau. n pourrait passer l'heure entière à regarder ses pieds; elle a de jolis pieds, Miss Cripps, ses doigts de pied sont tout ronds et s'alignent comme des petits pois dans une cosse. Elle porte toujours 9

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