Bleu de peur et autres contes

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Dès notre plus jeune âge nous aimons les histoires qui donnent le frisson... Alors lisez ces contes sans peur avec vos enfants, car ils sont écrits par la reine du polar jeunesse, Sarah Cohen-Scali, et mettent en scène un chat peureux, des jouets qui éloignent les cauchemars et des enfants qui prennent conscience que leurs peurs n'étaient en fait que leur imagination !

Huit contes joliment illustrés par Alain Gauthier. Dès 6 ans.


Publié le : lundi 5 octobre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782371690295
Nombre de pages : non-communiqué
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Illustration de couverture : Sergey Nivens, www.shutterstock.com

Illustrations intérieures : Alain Gauthier


Première Publication : 2000, aux Editions Rageot

Exploitation en vertu de la licence confiée par la SOFIA dans le cadre de la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012 relative à l’exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle.

Directrice de collection ReLIRE : Cécile Decauze


ISBN : 978-2-37169-029-5

Dépôt légal internet : octobre 2015


IL ETAIT UN EBOOK
Lieu-dit le Martinon
24610 Minzac

« Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur, ou de ses ayants droit, ou ayants cause, est illicite » (article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par l’article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle. Le Code de la propriété intellectuelle n’autorise, aux termes de l’article L. 122-5, que les copies ou les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, d’une part, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration. 

IEUEB

 Sommaire

Une petite voix


Une petite voix 1

Elle est là, derrière moi. Une fois de plus, elle va tout gâcher...

- Fiche le camp ! Je ne veux pas de toi, c'est compris ?

J'ai prononcé ces paroles sur un ton très dur. Et c'est bien la première fois que j'ose le faire. C'est très efficace. On dirait qu'elle a compris, car elle reste plusieurs mètres en arrière.

Bon débarras !

L'air est doux, le ciel dégagé, je me sens bien et je marche d'un pas vif. J'accélère la cadence pour être sûr qu'elle ne me rattrape pas. Première rue à droite, contourner le square, attendre le feu rouge, traverser, aller jusqu'au bout de l'avenue. Voilà. Je suis arrivé à destination : devant l'école, ma nouvelle école.

Une petite voix 2

Mais voilà que... Mon cœur fait un bond ! Mes jambes flageolent ! Comment donc a-t-elle fait pour me rejoindre ? Elle a pris un raccourci ? Elle a couru, galopé ? ... En tout cas, elle est de nouveau là, collée à moi, fixée, liée, attachée, scotchée. Et il m'est impossible de m'en débarrasser. Pourquoi ? Parce qu'elle n'est pas comme vous et moi. Parce qu'elle est tenace et entêtée. Parce que surtout, au lieu d'avoir du sang dans les veines, elle a de la super-glu !

Je pousse la grille de l'école d'une main tremblante. Les gonds rouillés gémissent, une bourrasque de vent s'engouffre dans mon vêtement. L'air glacial remonte vivement le long de mon dos et me fait frissonner. Fini l'air doux, le ciel dégagé ! À cause d'elle, j'ai l'impression qu'il fait subitement froid. À cause d'elle, je vois des nuages assombrir le ciel.

Je relève mon col, plonge mes mains au plus profond de mes poches. Je prends une longue inspiration et j'avance. De quelques pas seulement. Parce que, de sa petite voix grêle et aiguë, elle me souffle :

- Tu es en retard ! Tu vas prendre un savon !

Je suis seul dans la cour déserte. Les arbres se penchent au-dessus de moi, menaçants. Je lève le nez et j'aperçois un reflet argenté qui perce les nuages : un avion...

- Ce serait bon de s'envoler, hein ? me murmure-t-elle à l'oreille. Dis, si on rebroussait chemin ?

J'ai une envie folle de suivre son conseil. Elle me tire en arrière, elle s'accroche à mon blouson, j'ai du mal à résister. Mais je tiens bon et j'entre tout de même.

Une petite voix 3

Le hall de l'école est vaste et sent la cire.

- C'est sombre, tu ne trouves pas ? me demande-t-elle. Je n'aime pas cette odeur, ça pique les yeux... Et quand les yeux piquent trop, on pleure.

Je fais un gros effort pour ravaler mes larmes.

Deux escaliers se dressent devant moi, à droite et à gauche. Lequel prendre ? Il faut choisir, et vite. Une petite horloge résonne dans ma tête : tic-tac, tic-tac... Je me souviens des paroles de la directrice lors du rendez-vous avec maman. « Ta classe se trouve au troisième étage, escalier B, c'est la salle numéro 10. »

- Tu vois un peu comme il est haut, cet escalier ? Et sinistre avec ça. Fais attention, tu vas tomber !

Évidemment, au moment où elle prononce ces paroles, je trébuche et rate une marche. Mon sac à dos se renverse. Je ramasse mes affaires en catastrophe et je recommence à grimper. Mais j'ai l'impression de traîner des boulets aux chevilles.

Plus je monte, plus l'escalier me paraît interminable. Et puis surtout, il y a ce silence, ce terrible silence, interrompu simplement par le bruit de mes pas : boum, boum... Ça fait comme des coups de marteau qui résonnent dans ma tête. J'ai chaud, je transpire, j'ai du mal à respirer.

Premier étage. Deuxième. Troisième. Un long couloir serpente dans la pénombre.

Salle n° 10. C'est là. Une grande porte en bois blanc. Quelques dernières secondes de répit, histoire de reprendre mon souffle et de calmer les battements de mon cœur affolé.

Je m'apprête à frapper, mais elle retient mon bras :

- Regarde ! Regarde un peu leurs vêtements !

Une petite voix 1

Là, accrochés aux portemanteaux ! Comme ils sont nombreux ! Tu n'auras jamais le courage d'entrer, de les affronter...

Mon bras se baisse aussitôt. Elle a raison... Mieux vaut fuir. Détaler, vite ! Mais je n'en ai pas le temps ! Quelqu'un vient d'ouvrir la porte. Aveuglé par la clarté qui baigne la salle, je cligne des yeux. J'aperçois quelques visages. Ils se dessinent comme à travers un voile.

Tous les élèves me regardent. Une multitude d'yeux sont braqués sur moi : des noirs, des bleus, des verts, des petits, des grands. Perçants, méprisants, moqueurs, dévoreurs !

- Tu peux être sûr qu'ils te détestent déjà, me souffle-t-elle.

Mes joues s'enflamment. Je deviens écarlate. Tête baissée, je fixe le sol avec obstination. Impossible de lever le nez.

Deux chaussures s'approchent. Grosses et noires.

- Ouh là là ! Regarde un peu la taille de ces chaussures ! C'est un géant, ton nouveau maître ! Et un géant, c'est forcément méchant !

Lever les yeux est au -dessus de mes forces. Je suis paralysé.

- Tu es en retard ! s'exclame le maître. Bon, pour aujourd'hui ça ira, puisque tu es nouveau. Comment t'appelles-tu ?

Répondre, vite, vite, répondre !

J'ouvre la bouche, mais aucun son ne franchit mes lèvres. Parce...

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