Brigade Sud : Prise d'otage

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Dans une rue de Marseille, Inès et son père le capitaine Roullier secourent Sam, une mystérieuse adolescente blessée par un coup de feu. Mais une fois hospitalisée, alors qu’Inès tente d’en savoir plus sur la jeune fille, celle-ci la menace avec une arme blanche et la prend en otage…

Un nouvel épisode de Brigade sud, signé Jean-Luc Luciani.
Publié le : mercredi 10 avril 2013
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EAN13 : 9782700245141
Nombre de pages : 160
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Brigade sud : crime parfait ?

Brigade sud : la chambre vide

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« Une question tracasse ou torture l’humanité. C’est l’existence du mal, sous toutes ses formes. Il est partout. Portant des noms multiples. Bougeant quand le monde bouge, pour inventer de nouvelles méthodes, utiliser de nouveaux moyens.

Tout progrès, technique ou autre, a ainsi deux faces : une noire et une blanche. »

Jacques Duquesne, Le Diable

 

Prologue

« Les ténèbres cachent l’événement futur. »

Théognis de Mégare

Quinze ans plus tôt.

 

André Moreno gara son véhicule dans une ruelle sombre qui jouxtait la clinique privée et coupa le moteur.

Il accomplit le reste du trajet à pied, longeant un trottoir défoncé, et arriva très vite devant l’établissement. L’immense façade du bâtiment se dressait devant lui. À part quelques fenêtres qui encadraient la porte principale, toutes les ouvertures étaient grillagées. Orientée plein nord, la façade n’était visible qu’à contre-jour. Elle n’en paraissait que plus sinistre.

Moreno la contourna et s’engagea dans une impasse qui menait à une entrée de service discrète.

Arrivé devant la porte, il frappa trois coups secs comme prévu et attendit. Puis à nouveau. Un seul coup cette fois-ci.

La porte s’entrouvrit et une infirmière surgit.

– Vous êtes monsieur Moreno ? demandat-elle en regardant avec suspicion par-dessus son épaule.

Moreno esquissa un léger mouvement de recul.

– Oui c’est moi, confirma-t-il.

L’infirmière lui fit signe d’entrer et referma la porte derrière lui.

– Suivez-moi !

Elle le précéda dans un couloir étroit. Moreno lui emboîta le pas jusqu’à une autre porte où s’étalait en lettres majuscules dorées le nom du directeur de l’établissement : JACQUES LAZARIN.

Visiblement mal à l’aise, la jeune femme toqua d’une main hésitante et, sentant que Moreno l’observait, baissa les yeux et fixa le bout de ses chaussures.

La porte s’ouvrit sur un homme chétif au crâne dégarni qui approchait la soixantaine. Ses petits yeux gris étaient enfoncés dans un visage cerné. L’homme semblait soucieux.

– Merci Hélène, dit-il, signifiant ainsi à l’infirmière qu’elle pouvait se retirer.

Le directeur s’effaça devant Moreno et l’invita à entrer. Il lui désigna une chaise.

– Je vous en prie.

Son attitude trahissait un stress intense. Une fois assis, il fixa Moreno de ses yeux inquiets.

– Vous êtes sûr de ne pas avoir été suivi ?

– Certain.

Le directeur parut rassuré.

– Vous avez l’argent avec vous ? demanda-t-il encore.

Le visiteur tapota sa poche d’un air entendu. Lazarin récupéra alors une chemise cartonnée dans le tiroir du bas et la fit glisser jusqu’à lui.

– Ce sont des jumeaux, un garçon et une fille, expliqua-t-il d’une voix monocorde. Leur mère est morte en les mettant au monde.

Moreno lut attentivement le contenu du dossier.

– Qui est le père ?

La réponse tomba comme un couperet.

– Inconnu.

– De la famille proche ?

Là encore aucune hésitation.

– Personne ne réclamera ces enfants, rétorqua Lazarin en allumant une cigarette, je peux vous l’assurer.

Il tendit sa main et posa un doigt jauni par l’excès de tabac sur la fiche.

– Vous voyez cette case ?

Moreno opina et Lazarin dénoua le nœud de sa cravate d’un geste nerveux.

– Si je la coche, cela signifie que les enfants sont décédés à la naissance.

Moreno parut satisfait de cette réponse. Il sortit une enveloppe de sa veste et la tendit au directeur.

Ce dernier s’en empara avec une avidité mal contrôlée.

Il fit mine de l’ouvrir, mais se ravisa au dernier moment.

– Je vous fais confiance, dit-il en fixant Moreno.

– N’ayez crainte, répondit celui-ci, il y a bien la somme convenue.

Le directeur rangea l’enveloppe dans le tiroir du bas qu’il ferma à clé, puis décrocha son téléphone.

– Quand pourrai-je les prendre ? interrogea Moreno.

Lazarin désigna le combiné de son index jauni.

– J’allais justement demander à Hélène de vous les préparer.

Moreno ne put masquer sa satisfaction.

– C’est parfait.

Tandis que Lazarin réglait les derniers détails avec l’infirmière, Moreno se leva et se rapprocha de la fenêtre. Dehors, il s’était mis à pleuvoir et les gouttes qui s’écrasaient sur la vitre dessinaient des arabesques surréalistes.

Lorsque le directeur raccrocha enfin, il lui demanda :

– Leur avez-vous donné un prénom ?

Lazarin opina.

– Ils sont nés le jour de la Saint-Jean, donc le garçon se prénomme Jean. Pour la fille, nous avons choisi Sam.

– Sam ?

Lazarin esquissa un sourire.

– C’était un samedi...

Moreno soupira de soulagement et se détendit.

L’expérience allait enfin pouvoir commencer.

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