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Cet été, Lana part en vacances avec son père. C’est pour elle l’occasion de renouer avec lui.
Quand elle découvre qu’il les a inscrits à un camp de vacances en Lozère, elle craint de s’ennuyer mortellement. Ce qui l’attend est pire : son père disparaît brutalement et elle se sent embrigadée par un groupe d’adolescents occupés à fortifier le campement contre d’improbables menaces.
Quant au responsable, il a tout d’un gourou…

Retrouvez Lana, l’héroïne de Décollage immédiat dans de nouvelles aventures !

Publié le : mercredi 10 juin 2015
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EAN13 : 9782700249668
Nombre de pages : 240
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Couverture : © James Godman/plainpicture/LP
ISBN : 978-2-7002-4966-8
ISSN : 2259-0218
© RAGEOT-ÉDITEUR – PARIS, 2015.
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
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Décollage immédiat Nuit blanche au lycée Métro Z
Du même auteur, dans la même collection :
À Guillaume, architecte du vertige. pour anna pour léna
Je regarde dans le rétro.
1
Et ce n’est pas une métaphore, comme dirait ma prof de français.
Enfin, pas seulement. La batterie de mon smartphone se recharge sur la prise de l’allume-cigare. Il n’y a rien d’autre à faire qu’admirer le paysage. On est en voiture avec mon daron. On file à cent trente à l’heure vers le sud sur l’A75. Pour l’occasion, il a laissé au garage sa moto de crise de la quarantaine. Du coup, on a hérité de la Renault moisie de son frangin avec la banquette arrière qui sent encore le chien mouillé. J’ai l’impression de m’être fait avoir dans les grandes largeurs. Pour une fois que j’étais prête à retourner au Maroc avec ma mère pour les vacances d’été, voilà mon reup qui redéboule dans ma vie. Oui, cela peut paraître étrange de l’appeler comme ça. Mais j’ai pris cette habitude. Impossible pour l’instant de prononcer le mot « papa » ou « père », même en pensée. Alors j’en reste à l’argot et, parfois, à son prénom. J’ai même consulté un dictionnaire pour me trouver des synonymes. J’en ai découvert des tas dont j’ignorais l’existence, comme dabe ou dabuche. J’ai l’impression d’être dans un film de gangsters en noir et blanc quand je le prononce. C’est devenu presque un jeu. Donc, mon dabe a décidé de renouer après deux ans de silence. Bon, il aura fallu que 1 j’apparaisse au journal de 20 heures pour qu’il se décide mais c’est mieux que rien. Quand il m’a proposé de passer mon mois de juillet avec lui, je n’ai pas pu refuser. J’étais même contente. Ça n’a évidemment pas plu à tout le monde. Ma mère l’a eue un peu mauvaise de me voir me tirer malgré ma promesse. Jérémie n’a pas apprécié non plus. Il nous voyait déjà faire notre premier voyage ensemble, en amoureux. Ce qui aurait dû être une fête devient une corvée.
Les négociations autour des vacances m’ont pourri toute ma fin de seconde qui n’avait pourtant pas besoin de ça. Mes résultats ont encore plongé au troisième trimestre. Plus une ou deux heures de colle pour travail non fait. Je n’avais pas trop la tête à ma scolarité.
L’année s’est terminée sur une proposition de redoublement au dernier conseil de classe. Ma mère était furieuse. Le proviseur a eu beau lui expliquer que, selon lui, c’était la meilleure solution et qu’il avait bien pris en compte la situation exceptionnelle à laquelle j’avais été confrontée, elle a insisté pour aller en appel. La commission a été un beau moment d’humiliation. J’ai dû me justifier devant des inconnus, mettre le nez dans mes moyennes minables, tout en leur parlant de mes vœux d’orientation. – Pourquoi vouloir suivre une première ES, mademoiselle ? Je n’avais pas envie de leur dire que je rêvais maintenant de faire des études de journalisme, que j’avais participé au club du lycée et que, de toute façon, je n’étais pas assez bonne en maths pour une S, ni en français pour une L. Ma mère leur a joué la grande scène du deux. Elle a pleuré, elle a rugi comme une lionne de l’Atlas, elle leur a dit que c’était injuste pour moi, que j’avais un projet qui me tenait à cœur, bla-bla-bla. La honte !
En tout cas, ça n’a servi à rien : ils ne m’ont pas laissée passer. Et après, ma mère ne m’a plus lâchée pour que je révise tout le programme de seconde d’ici septembre. C’est sans doute une des raisons qui m’ont poussée à partir quand même avec mon reup. Et nous voilà sur l’autoroute.
Depuis Clermont-Ferrand, on a déjà dépassé Le Puy-en-Velay, Aurillac et le viaduc de Garabit. Ça change de Villejuif et de la banlieue parisienne. Je me serais bien arrêtée sur l’aire de repos pour me dégourdir les jambes mais mon paternel a peur d’arriver en retard.
Je ne sais pas encore où on va exactement. C’est une surprise, il a dit.
Je le sens mal. De plus en plus mal.
Déjà le paysage s’assèche à chaque kilomètre. J’en ai marre. On sent le soleil qui tape, même à travers les vitres teintées. Odeurs de plastique et de métal bouillants. La bagnole est trop vieille pour avoir la clim et je crève de chaud. Le daron a donc eu la bonne idée de nous emmener en Lozère. Ça pue le camping à plein nez, comme au bon vieux temps. Super ! Je suis impatiente de dormir sur un sol irrégulier dans une tente surchauffée ! Derrière nous, une voiture familiale remplie à ras bord. Je vois le conducteur lever les mains du volant comme s’il se disputait. Encore des vacances réussies en perspective. Au moins, je ne suis pas toute seule à en baver. J’imagine que ça part d’une bonne intention chez mon dabe, mais j’aurais préféré rester avec Jérémie. On aurait visité Budapest tous les deux. On y pense depuis un moment. Pour être franche, je ne me remets pas super bien de ma dernière aventure au lycée. Depuis la prise d’otages, je dors mal, mes nuits sont peuplées de cauchemars. Mais j’ai refusé d’en parler à Mme Rivière, la psychologue de l’établissement. Elle m’énerve. Mes parents non plus n’en savent rien. Pas plus que Jérémie. Finalement, le seul à qui je pourrais me confier, c’est M. Caton, le proviseur. Je dois être un peu tordue. De toute façon, l’établissement est maintenant fermé, c’est trop tard pour cette fois. On n’échange pas un mot. Depuis le temps, on a oublié ce qu’on avait à se dire. On se contente d’écouter des chansonscountryqui nous donnent l’illusion de parcourir unehighway du fin fond desStates. Alors, je regarde dans le rétro, la route qui défile à l’envers, les lignes blanches qui s’allongent avec leurs tirets sans fin. Et je me dis que, quand même, c’est bien une métaphore. Soudain, je me fige. Le chauffeur derrière nous a donné un coup de volant et son véhicule fait une dangereuse embardée qui manque l’envoyer dans le décor !
1LireNuit blanche au lycéedans la même collection.
L’auteur
Né en 1978 à Paris,Fabien Clavelsuivi des études de lettres classiques au terme a desquelles il est devenu enseignant. De 2007 à 2011, il a enseigné le français et le latin au lycée français de Budapest avant de se réinstaller en région parisienne. Il est l’auteur de plusieurs romans de fantasy et de science-fiction chez Mnémos et Pygmalion, ainsi que de textes pour la jeunesse chez Mango et J’ai lu dontLa Dernière Odyssée(Prix Aslan 2007) etLes Gorgonautes(Prix Imaginales 2009). AprèsDécollage immédiat,Nuit blanche au lycéee tMétro Z, distingués par de nombreux prix, il signe son quatrième thriller.
Retrouvez Lana dans :
Décollage immédiat
Prix des Incorruptibles 2013-2014
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