Charles Baudelaire

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Théophile Gautier rend un un magnifique hommage à l'un des plus grands maîtres de la poésie moderne et contemporaine.
Publié le : mercredi 2 octobre 2013
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EAN13 : 9782743626679
Nombre de pages : 128
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Présentation
Le 31 août 1867, à quarante-six ans, Charles Baudelaire s’éteint. L’un de ses plus fidèles amis écrit alors : « C’est fini. Il est mort hier, à onze heures du matin, après une longue agonie, mais douce et sans souffrance. Il était d’ailleurs si faible qu’il ne luttait plus. » Théophile Gautier écrit aussitôt une notice nécrologique, sobrement intitulée : « Mort de Baudelaire ». C’est la tristesse qui domine ce texte et, par-delà l’émotion immédiate, l’expression d’une admiration sincère pour l’œuvre d’un « talent original et fort, dédaigneux jusqu’à l’excès des banalités qui facilitent la vogue ». Quelques mois plus tard, une seconde notice est publiée. L’auteur d’Emaux et camées y rend un magnifique hommage à l’un des plus grands maîtres de la poésie moderne et contemporaine. Avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse, et un talent évident pour les portraits littéraires, Théophile Gautier nous fait entrer dans l’intimité de l’immortel poète des Fleurs du Mal.
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ÉDITIONS PAYOT & RIVAGES
106, boulevard Saint-Germain
75006 Paris
www.payotrivages.fr

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© 2013, Éditions Payot & Rivages pour la présente édition

ISBN : 978-2-7436-2667-9

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Préface
Même les génies littéraires finissent par mourir. Mais la mort, la vraie, ne concerne alors plus que leur œuvre. Dans le cas de Baudelaire, cette mort a été profonde ; la résurrection lente, mais définitive.
C’est rue du Dôme, à la clinique hydrothérapique du docteur Émile Duval, que Charles Baudelaire s’est éteint le 31 août 1867. Un service religieux est organisé deux jours plus tard en l’église Saint-Honoré-d’Eylau. Au cimetière Montparnasse, où Baudelaire est inhumé, Théodore de Banville et Charles Asselineau, ses amis, prononcent quelques mots émus devant une centaine de personnes qui ont souhaité accompagner le poète jusqu’à sa dernière demeure. Une centaine de personnes, ça n’est rien – ou si peu. À titre de comparaison, lorsque le « Dieu » Hugo vient à mourir, le 22 mai 1885, ce ne sont pas cent personnes qui vont lui rendre hommage, mais des milliers ; c’est tout un peuple qui voudra consacrer ce génie littéraire à l’occasion de fastueuses funérailles nationales. Il faut dire qu’avec Victor Hugo, la République ne pouvait être que reconnaissante. Son parcours politique avait fini par épouser les courbes de son œuvre littéraire : l’illustre vieillard était devenu, avec le temps, les révolutions et l’exil, la voix de la conscience républicaine, le héraut de la liberté, le défenseur des opprimés, en un mot « le prophète de l’Humanité ». Baudelaire, à l’inverse, du haut de son œuvre controversée, laissait l’Empire dans l’embarras. L’auteur des Fleurs du Mal n’avait rien du vénérable patriarche de la littérature française. Pour beaucoup, il restait un auteur immoral, condamné dix ans plus tôt pour avoir rendu public son troublant herbier composé de fleurs maladives.
En cet été 1867, la mort de Baudelaire n’a donc rien d’un événement national. Devant la centaine de visages qui se sont rassemblés autour du caveau où leur ami va rejoindre son beau-père, le général Aupick, deux voix seulement s’élèvent. Théodore de Banville, tout d’abord, se charge de rendre hommage au poète maudit ; Charles Asselineau, ensuite, entreprend de rendre justice à un auteur trop souvent calomnié. La Société des Gens de Lettres n’a délégué personne ; aucun autre discours n’est prononcé.
La cérémonie est finie ; tout le monde se sépare. La presse reste pratiquement muette. Et quand elle parle, ça n’est pas pour louer.
Dans les cercles mondains et les salons littéraires, la vie suit son cours. On cherche en vain dans le Journal des frères Goncourt – qui fourmille pourtant d’anecdotes et d’indiscrétions en tout genre – quelques lignes sur la mort de Baudelaire. Rien au 31 août 1867. Rien non plus au 2 septembre. Rien, sinon le 8 septembre, une réflexion sur la mort des méduses (« insensible sensation de vivre ») comparée à celle – plus cruelle – des hommes. Il faut attendre plus d’un an pour que les deux frères ne viennent à reparler – encore que de manière fort dépréciative – du grand poète. Ainsi le 15 décembre 1868, Edmond (ou était-ce Jules ?) consigne dans son précieux journal la pensée suivante : « J’incline à croire que la folie n’attaque pas les grandes volontés, les grands talents. Elle n’atteint et ne prend par-ci et par-là qu’un Baudelaire, c’est-à-dire un Prudhomme exaspéré, un bourgeois qui s’est tourmenté toute sa vie pour se donner l’élégance de paraître fou. Il s’y est si bien appliqué et tendu qu’il est mort idiot. »
Mort Baudelaire ? Oui. Et même plutôt deux fois qu’une ; assassiné par ses contemporains. C’est bien là le paradoxe. S’il est pour nous un poète capital, Baudelaire, de son vivant, fut davantage considéré comme un poète mineur, un excentrique, voire même un malade. Ce fut l’avis des Goncourt – qui parlent du fou et de l’idiot. Ce fut l’avis de Duranty, qui le qualifie de « croque-mitaine littéraire ». Ce fut l’avis de tant d’autres critiques qui virent en lui un poète de la sentine et de l’égout, de l’abjection. Même ses amis de plume ont joué contre lui la carte de la bizarrerie littéraire. Sainte-Beuve, pourtant fervent critique du romantisme, brosse de Baudelaire un portrait littéraire aussi bienveillant qu’équivoque. Le texte est connu, mais il vaut la peine d’être cité à nouveau : « Baudelaire a trouvé moyen de se bâtir, à l’extrémité d’une langue de terre réputée inhabitable, un kiosque bizarre, mais coquet et mystérieux, où l’on récite des sonnets exquis, où l’on prend de l’opium et mille drogues abominables dans des tasses d’une porcelaine achevée. Ce singulier kiosque, fait en marqueterie, d’une originalité concentrée et composite, qui attire les regards à la pointe extrême du Kamtchatka romantique, j’appelle cela La Folie Baudelaire. » Et que dire encore des Articles justificatifs pour Charles Baudelaire de Jules Barbey d’Aurevilly ? L’auteur des Diaboliques ne voit que deux partis à prendre pour celui qui fit éclore les Fleurs du Mal : « ou se brûler la cervelle… ou se faire chrétien ! ». En somme : le suicide ou la rédemption.
À quelques exceptions près, la critique du temps est unanime : Baudelaire est bien un cas – un cas pathologique. Ses vers ne sont-ils pas le plus évident témoignage de sa folie, de son dérèglement intérieur, de ses aberrations sensitives ? Il est un produit de décadence. C’est sur cette base que ses contemporains le jugeront. Écoutons Jules Vallès condamner Baudelaire à l’oubli : « Poète, il ne l’était point par le ciel et avait dû se donner un mal affreux pour le devenir. Il eut une minute de gloire, un siècle d’agonie : aura-t-il dix ans d’immortalité ? » Écoutons encore, à l’autre extrémité de la pensée critique et politique, les mots terribles de deux éminents journalistes de cette fin de siècle. Le premier, Ferdinand Brunetière, regrette non pas la mort du poète, mais la chapelle qui s’est créée autour de son œuvre : « Baudelaire est l’une des idoles de ce temps, une espèce d’idole orientale, monstrueuse et difforme, dont la difformité naturelle est rehaussée de couleurs étranges. » Plus loin, ce même Brunetière ne voit dans ce Prince des ténèbres poétiques qu’un « Satan d’hôtel garni, un Belzébuth de table d’hôte ». Citons encore Émile Faguet pour qui « Baudelaire n’était pas un grand homme ; c’était même un assez faible esprit », ajoutant plus négativement encore : « Il savait, comme Musset, avec beaucoup moins de profondeur, et un talent poétique qui, en comparaison de celui de Musset, paraît nul, analyser quelques états très particuliers de l’âme lassée, blasée et malade… »
Ce n’est donc que lentement, souterrainement, que la gloire de Baudelaire s’est imposée à nous. Son influence a été revendiquée par de grandes figures littéraires qui se sont faites les héritières d’un style et d’une certaine conception de la beauté et de l’art. On pense à Paul Verlaine, à Arthur Rimbaud ; on pense également à Maurice Maeterlinck, à Stéphane Mallarmé, qui rend hommage à son maître dans Le Tombeau de Charles Baudelaire ; plus tard, viendra Apollinaire ; et après Apollinaire, les surréalistes : André Breton, Louis Aragon, Paul Éluard, Pierre Reverdy, Philippe Soupault. Plus proches de nous, il faut citer Pierre Jean Jouve et Yves Bonnefoy ; et combien d’autres encore… On le voit, l’héritage a bien été partagé ; diffuse, sa postérité a été féconde. Aujourd’hui, le génie poétique, critique et littéraire de Baudelaire est une évidence.
Il faut rendre grâce à Théophile Gautier d’avoir été parmi les premiers à reconnaître le génie de Baudelaire. Les deux notices que nous avons choisi de rééditer ici en sont le témoignage le plus convainquant. Comme l’a très bien dit Eugène Crépet, « Gautier s’est fait, avec une persistance marquée, un véritable point d’honneur de contribuer à la renommée du poète des Fleurs du Mal. » Il ne faut pas oublier que Baudelaire, de son vivant, en avait fait tout autant. C’est bien lui qui s’étonnait, dans les années 1860, que Gautier fût à ce point méconnu du grand public et, pire à ses yeux, aussi peu apprécié de ses pairs. Il aura plusieurs occasions de le répéter : Gautier est « un critique incomparable et indispensable ; et cependant il reste un homme inconnu » ; Baudelaire allant même jusqu’à déclarer : « Il est un grand poète. »
Critique incomparable ? Grand poète ? Nous avons oublié qui fut Gautier. Par le journalisme, le théâtre, les expositions, les soirées où se réunissaient littérateurs et artistes, il a connu tout ce qui porte un nom dans le Paris qui pense et qui crée. Il fut le condisciple de Gérard de Nerval au collège Charlemagne ; de cette rencontre précoce naquit une indéfectible amitié entre les deux poètes. Plus tard, affublé de son fameux pourpoint rouge, Gautier fut en première ligne pour défendre Victor Hugo lors de la tumultueuse représentation d’Hernani, cette bataille cruciale entre classiques et romantiques. Il partagea l’intimité de Balzac, de Sainte-Beuve et d’Henri Heine, ce qui n’est pas rien. Et puis, Gautier a assidûment fréquenté les Jeunes France et partagé avec eux un idéal de conquête visant à transcender la condition d’artiste et d’homme.
Auprès de ses amis romantiques, au cœur de ce qu’on a appelé le « Petit Cénacle », Gautier a vécu des moments historiques ; il a été le porte-drapeau d’une nouvelle génération d’écrivains : celle de 1830. Il a su mieux que quiconque appliquer le programme de cette école. Il tient en quelques lignes : lyrisme, passion, libre caprice de la pensée, mépris du goût commun et des convenances, haine du profane et du vulgaire ; ou pour le dire autrement, haine de « ce que les rapins moustachus et chevelus nomment épiciers, philistins ou bourgeois », culte de l’amour et de la beauté, culte de l’art qu’il faut « sanctifier et déifier comme un second créateur ».
Gautier avait du style ; et c’est par le style qu’il a conquis Baudelaire. Ce style, c’est celui de l’Albertus (1832), de La Comédie de la Mort (1838) et d’España (1840). Ce style, c’est celui d’un jeune écrivain pétri de talents. À vingt ans, ce lecteur amoureux des dictionnaires manie déjà la plume avec humour et précision. On retient le ton mordant qui donne à ses préfaces leur accent drolatique. Sa préface goguenarde aux Jeunes France (1833) en est le parfait exemple. Il y révèle son goût pour le mot juste, sa passion pour le vocabulaire.
Sa préface à Mademoiselle de Maupin (1835) est encore supérieure. Elle est dirigée contre la pudeur perfectionnée de l’époque. « Le temps est à la pluie et à l’homélie », nous dit Gautier. Il s’en prend ici au « livre à idée » et compose, en retour, le grand manifeste de l’art pour l’art. C’est l’art qui, selon lui, fixe dans ses formes supérieures et définitives, tous les plaisirs que la réalité donne à nos sens et à notre imagination. Gautier administre le culte de la sensation affinée, sublimée par ce qu’on appellera plus tard « l’esthétisme ».
« Rien de ce qui est beau n’est indispensable à la vie, écrit-il. On supprimerait les fleurs, le monde n’en souffrirait pas naturellement. » Ailleurs, il pousse la logique à son comble : « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature. – L’endroit le plus utile d’une maison, ce sont les latrines. »
De Mademoiselle de Maupin, Baudelaire saura louer « le style prodigieux ». Il faut bien se rendre à l’évidence : ce livre est « un véritable événement » et son auteur « un écrivain par excellence » – par écrivain, il faut entendre : celui pour qui le goût du Beau est un fatum. Si Baudelaire se reconnaît en Gautier, c’est qu’il y a chez ce dernier « un monde de la femme et de la sensualité, un goût de l’exotisme rêvé, un sens profond des valeurs plastiques et de leur transcription dans le poème, et dix autres choses encore » qui le touchent, le séduisent. C’est pourquoi il n’est pas exagéré de dire, avec Jean Prévost, que « Gautier a pris Baudelaire par les sentiments ».
Tout ceci concorde et justifie la fameuse dédicace que Baudelaire place en tête des Fleurs du Mal :
AU POÈTE IMPECCABLE
Au parfait magicien ès lettres françaises
à mon très cher et vénéré
MAÎTRE ET AMI
Théophile Gautier
avec les sentiments
de la plus profonde humilité
je dédie
ces fleurs maladives
Sur l’exemplaire de Gautier, Baudelaire porte la main et ajoute quelques mots révérencieux : « La dédicace imprimée à la première page n’est qu’une ombre très faible de l’amitié et de l’admiration véritable que j’ai toujours éprouvées pour toi, tu le sais. » Ailleurs, il écrit : « Je sais que ce volume, avec ses qualités et ses défauts, fera son chemin dans la mémoire du public lettré, à côté des meilleures poésies de Victor Hugo, de Théophile Gautier et même de Byron. »
Le poète des Fleurs du Mal reconnaît donc, au début de sa vie littéraire, l’influence profonde et décisive de Gautier. Il luttera plus ou moins consciemment pour s’en dégager ; il n’y réussira que lorsqu’il commencera à écrire ses Petits poèmes en prose.
À d’autres occasions encore, Baudelaire voudra rendre hommage à son vénéré maître et ami : une première fois dans L’Artiste (le 13 mars 1859), en lui consacrant une notice complète ; une seconde fois, dans la Revue fantaisiste, où vont paraître ses Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains. Celle sur Gautier est publiée le 15 juillet 1861. Ces deux textes sont évidemment placés sous le signe de l’admiration et du respect ; de l’étonnement aussi : « Avouons tout de suite que Théophile Gautier, feuilletoniste très accrédité, est mal connu comme romancier, mal apprécié comme conteur de voyages et presque inconnu comme poète surtout si l’on veut mettre en balance la mince popularité de ses poésies avec leurs brillants et immenses mérites. »
Entre Gautier et Baudelaire, c’est donc d’intimité qu’il faut parler à cette époque. Ce n’est pas un hasard – moins encore une fantaisie d’artiste, si Édouard Manet a choisi de les représenter ensemble dans son tableau La Musique aux Tuileries. Peint vers 1861, ce tableau est présenté au Salon de 1863. On y voit Baudelaire conversant avec Gautier. Un autre artiste (d’un tout autre style) trouvera lui aussi le moyen de rapprocher, par son art, les deux hommes de lettres. Cet artiste, c’est Félicien Rops. C’est à lui que Baudelaire fait appel, dans son exil outre-Quiévrain, pour le frontispice de son recueil intitulé Les Épaves. C’est au même artiste, et presque au même moment, que Gautier s’adresse pour sa réédition des Jeunes France. Le frontispice que réalise Rops est d’ailleurs tout à fait étonnant. On y voit, dans la partie droite de la gravure, un bébé Baudelaire qui porte déjà sous le bras un exemplaire des Fleurs du Mal.
Entre Baudelaire et Gautier les relations vont alors se distendre. Baudelaire reste deux ans en Belgique. La maladie l’y ronge ; ses lettres décrivent les troubles qu’il éprouve alors. Au mois de mars 1866, dans l’église Saint-Loup de Namur, il fait une lourde chute. Les premiers troubles cérébraux se manifestent. Le mal progresse rapidement. Il est atteint d’une forme d’hémiplégie qui rend « inerte ce corps naguère agile et plein de souplesse ». Paralysé du côté droit et aphasique, il ne peut plus guère prononcer qu’une seule expression : « Crénom ! » Le 31 août 1867 tout est fini. Baudelaire est mort.
Gautier, le maître, devenu subitement l’élève orphelin, rédige ses deux notices nécrologiques. Mort de Baudelaire est publiée dans le Moniteur du 9 septembre 1867. Le texte sera réédité partiellement dans les Portraits contemporains de 1874. Le second texte, Charles Baudelaire, paraît dans l’Univers illustré, du 7 mars au 18 avril 1868. C’est ce texte qui servira de préface à la célèbre édition des Œuvres complètes de Charles Baudelaire, imprimées par Michel Levy en 1868. On sait que cet éditeur avait acheté la propriété des Fleurs du Mal ; Théodore de Banville et Charles Asselineau s’occupèrent de réunir les œuvres du poète en vue de l’édition « définitive ». À cette occasion, Charles Asselineau ira jusqu’à dire : « La notice sera de Gautier. Sera n’est même pas le mot juste, car elle est faite et elle est très bien. Elle est d’un ton attendri, rare dans les notices de Théo, et, sous ce rapport, de beaucoup supérieure à celle qu’il a mise en tête des articles de son ami Gérard de Nerval. »
On ne contredira pas ici Charles Asselineau qui connut si bien l’auteur des Fleurs du Mal. Avec lui, on s’accordera surtout à dire que Gautier, le « visuel », y dresse un magnifique portrait de Baudelaire – qu’Arthur Rimbaud qualifiera plus tard de « premier voyant », de « roi des poètes » et de « vrai Dieu ». On y sent toute l’affinité entre deux hommes nés pour célébrer l’inutile et la beauté – ce qui est peut-être, au fond, une seule et même chose.
Philippe GALANOPOULOS
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