Chroniques du marais qui pue - Épisode 6

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" On se souvient du ""Marais qui pue"", cet univers délirant inspiré de Tolkien et du ""Seigneur des anneaux"". Un monde héroïque, dans lequel débarquait par hasard un garçon comme les autres, Jean-Michel Chanourdi. Il y rencontrait Randalf, un magicien raté, et tout un monde de créatures bizarres. Il y vivait mille aventures avant de pouvoir rentrer chez lui. On se souvient aussi que Jean-Michel est revenu dans le Marais qui pue avec sa grande sœur, Ella. Ella est tombée dans les bras d'Édouard Lebeau, un beau et ténébreux vampire-suceur de pouces. Jean-Michel, lui, a retrouvé Randalf. Le sorcier a fondé l'École des sorciers de Cochonlard. Dans cet ultime épisode, Jean-Michel et ses compagnons sont à la recherche du lampadaire magique, qui rend possible le passage d'un monde à l'autre et permettrait à Jean-Michel et à sa sœur de rentrer chez eux. Leur quête conduit les compagnons à travers tout le Marais qui pue, où ils rencontrent une multitude de personnages tous aussi fous les uns que les autres. Et surtout Eraguff, un gentil dragon pas comme les autres…"
Publié le : mercredi 23 janvier 2013
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EAN13 : 9782745973986
Nombre de pages : 160
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Dans la même série :

La Chasse à l’ogre

La Grotte du dragon

L’Abominable Docteur Câlinou

À l’école de Cochonlard

Le Vampire suceur de pouces

 

 

 

 

 

 

 

Traduit de l’anglais par Amélie Sarn

 

 

Cet ouvrage a été réalisé par les Éditions Milan,
avec la collaboration de Claire Debout.
Création graphique : Bruno Douin
Mise en pages : Pascale Darrigrand

Titre original : Muddle Earth Too
Book Three : Pesticide the Flower Fairy
Text and illustrations copyright © Paul Stewart and Chris Riddell 2011
Les auteurs confirment leurs droits moraux.
First published in 2011 by Macmillan Children’s Books
a division of Macmillan Publishers Limited
20 New Wharf Road, London N1 9RR Basingstoke
and Oxford Associated companies throughout the world
Pour l’édition française :
© 2013, Éditions Milan, pour le texte et l’illustration
300, rue Léon-Joulin, 31101 Toulouse Cedex 9, France
Loi 49-956 du 16 juillet 1949
sur les publications destinées à la jeunesse.

www.editionsmilan.com

© 2014, Éditions Milan, pour la version numérique
ISBN : 978-2-745-97398-6

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Prologue

Très, très profondément sous terre, dans les immenses cavernes de la Colline sans danger, c’était l’heure du petit déjeuner. À un bout de la très grande table, la reine Titania était assise sur son trône de saule orné de luxuriantes guirlandes de fleurs parfumées. À l’autre bout, le roi Obéron lui faisait face, allongé sur son fauteuil à repose-pieds.

— Passez-moi le miel d’acacia, Ron, lui demanda la reine de sa voix douce, mélodieuse et fraîche comme des gouttelettes de rosée sur un pissenlit.

— Qu’est-ce que vous voulez, ma chérie ? s’enquit le roi sans lever les yeux de la page des sports du Féerique matin.

— Le miel, Ron, répéta la reine d’une voix aussi agréable qu’une brise d’été dans une prairie en fleurs.

— Le quoi ? marmonna le roi, les yeux sur les résultats de foot-de-fées.

— Le miel d’acacia ! rugit la reine Titania d’une voix capable d’arrêter momentanément le cœur d’une souris échassière à des lieues à la ronde. Immédiatement !

Quatre petites fées descendirent du plafond voûté dans un vrombissement d’ailes et se posèrent sur la table. Se poussant du coude dans leur hâte de plaire, elles se saisirent du pot de miel et l’apportèrent à la reine. Puis elles se tournèrent vers son croissant au beurre posé sur une assiette d’argent et commencèrent à roucouler :

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— Une touche de miel sur votre croissant ?

— Ou bien on l’ouvre en deux et on tartine l’intérieur ?

— Si vous voulez, on le coupe en petits morceaux que vous tremperez dans le miel ?

— Ou alors on les trempe dans le miel pour vous ?

— Merci Fleur-des-Pois, merci Toile-d’Araignée, merci Moucheron, et merci à toi aussi, Grain-de-Moutarde. Elle les chassa du revers de la main.

— Allons, repose cette cuiller, Fleur-des-Pois, et ne t’occupe plus de ce croissant, Toile-d’Araignée ! Tu m’entends ? Toi aussi, Moucheron ! Et toi, Grain-de-Moutarde, repose ce couteau…

Les fées continuaient de voleter autour de la reine, dont l’irritation grandissante faisait légèrement trembler la voix.

— Ça suffit, j’ai dit ! allez ! Ouste ! allez-vous-en, toutes les quatre !

Les fées s’exécutèrent en poussant des petites exclamations vexées et retournèrent s’asseoir sur les coussins de velours accrochés au plafond. La reine Titania s’adossa à son trône et soupira.

— Ron ! Posez ce journal. Nous devons discuter.

Elle croisa les bras sur sa poitrine.

— Ron !

Le roi baissa son journal à contrecœur. Son débardeur taché bâillait sur son gros ventre.



— Oui, ma chérie, répondit-il docilement. De quoi voulez-vous discuter ?

— De notre fille !

— Qu’est-ce qu’elle a encore fait ? soupira le roi.

— C’est justement le problème, lança la reine. Elle ne fait rien. Elle ne veut pas retourner à son école alors qu’elle avait tant insisté pour qu’on l’y envoie. Et apparemment, elle n’avait pas le droit d’emprunter ce chariot pendant son séjour en camping. J’ai dû calmer un barbare très en colère qui ne cessait de répéter qu’il ne retrouvait ni son casque à cornes ni son manteau en peau d’ours ! Et depuis qu’elle est rentrée, elle passe tout son temps dans sa chambre avec ses amies bizarres. Et sa chambre justement est dans un état épouvantable. J’y ai passé la tête l’autre jour, tout à fait innocemment, et elle est partie dans une colère monstre. Elle a enlevé ses gants et a agité ses affreux doigts sous mon nez. Je vous assure, Ron, j’en ai eu des frissons ! Oh, quand je repense à son baptême…

— Allons, ma chérie, ne vous mettez pas dans tous vos états, tenta le roi. Il arrive que les baptêmes de conte de fées se passent mal. Regardez le bon côté des choses. Elle aurait pu avoir de beaux yeux bleus et de longs cheveux blonds mais se piquer le doigt avec une quenouille et s’endormir pendant cent ans…

— Oui, mais Pesticide est vraiment un prénom malheureux, insista la reine.

— C’est le problème avec les fées marraines, ma chérie, reprit le roi Obéron en secouant la tête. Mais Pesticide aurait pu hériter d’une malédiction bien pire. Tant qu’elle garde ses gants, tout se passe bien.

— Mais non, Ron, tout ne se passe pas bien ! protesta la reine. Nous le savons tous les deux. Elle est… Oh, ma chérie ! s’interrompit-elle en devenant rouge comme une pivoine.

Sa fille était dans l’encadrement de la porte de la caverne.

— Je ne t’avais pas vue. Ton père et moi parlions justement de toi.

Les yeux presque dissimulés par sa frange verte, Pesticide lança un regard assassin à ses parents. Son mascara noir était assorti à son chemisier bordé de dentelle de toile d’araignée noire, laquelle allait très bien avec son tutu noir, ses collants noirs déchirés et ses bottines noires.

— Je sors, annonça-t-elle.

— Tu sors, chérie ? s’étonna la reine d’une voix aussi chantante que celle d’un rossignol dans un lilas. Où vas-tu ?

— Je sors, c’est tout, marmonna Pesticide en examinant un bout de laine qui pendait de son gant.

Elle leva la tête.

— Papa, il reste combien d’ents au bois des Elfes ? J’ai posé la question par inter-elfe mais j’attends toujours la réponse.

— Des ents ? répéta le roi. Pourquoi tu veux savoir ça ? Ce n’est que de la vieille magie ! Tu ferais mieux de ne pas t’en occuper. Un de ces quatre, tu vas me demander comment marche le plantoir de Turbulence !

— Non, pour ça, j’ai eu toutes les informations que je voulais par inter-elfe ! Et aussi pour le pot de fleurs du Pouv… !

Elle plaqua sa main gantée sur sa bouche.

— Bon, faut que j’y aille.

Elle tourna les talons et sortit à grands pas.

— Oh Ron, gémit Titania, qu’allons-nous faire d’elle ?

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Des douzaines de tours d’une blancheur d’ivoire s’élevaient aux quatre coins du château couleur crème. Certaines étaient petites et trapues, d’autres grandes et sveltes. Certaines étaient carrées, d’autres rondes et d’autres encore en spirale comme des sucettes de sucre candy. Mais toutes étaient surmontées d’une flèche d’albâtre pointue sur laquelle flottaient des drapeaux délavés.

Dans les murs crénelés de la bâtisse avaient été percées des meurtrières en forme de croix. Sur le linteau de marbre blanc de la majestueuse porte en arche, on pouvait lire : Université de Peu Importe.

Le pont-levis était baissé.

— Le lampadaire ! s’écria Jean-Michel en courant. Il est parti par là !

Assez loin derrière lui dans la prairie, Norbert haletait, Randalf sur les épaules. Le sorcier avait bien du mal à tenir en équilibre et s’accrochait désespérément à son chapeau. Véronica voletait au-dessus d’eux. Encore plus loin, Édouard et Ella les suivaient, la main dans la main et les yeux dans les yeux.

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