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Coeur perdu

De
243 pages
La princesse Una de Parumvir a atteint l’âge de la majorité et se mariera bientôt. Elle rêve à son prince charmant, mais est déçue lorsque se présente son premier soupirant. Le prince Aethelbald, du mystérieux royaume des Rives lointaines, est venu de loin pour prouver son amour, mais aussi pour murmurer l’avertissement d’un danger imminent. La rumeur veut qu’un dragon soit parti à la chasse en laissant derrière lui un sillon de terreur. Éprise d’un prince à l’allure plus fière, Una oppose un refus à Aethelbald… et ignore son avertissement, acte qui aura des conséquences désastreuses. Bientôt, le Roi Dragon en personne se présente à Parumvir, et Una, qui a donné imprudemment son coeur, se trouve dans sa mire. Seuls ceux ayant le courage de tout risquer peuvent espérer triompher de ce mal qui approche.
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Copyright © 2010 Anne Elisabeth Stengl Titre original anglais : Heartless Copyright © 2012 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Bethany House, une division de Baker Publishing Group, Grand Rapids, Michigan Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Roxanne Berthold Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Carine Paradis Conception de la couverture : Paulo Salgueiro Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89667-722-1 ISBN PDF numérique 978-2-89683-716-8 ISBN ePub 978-2-89683-717-5 Première impression : 2012 Dépôt légal : 2012 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Stengl, Anne Elisabeth Cœur perdu (Les contes de la forêt de la pierre dorée ; 1) Traduction de : Heartless. Pour les jeunes de 13 ans et plus. ISBN 978-2-89667-722-1 I. Berthold, Roxanne. II. Titre. PZ23.S733Co 2012 j813’.6 C2012-941782-3
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Pour Dean et Jill Stengl
PROLOGDE
deux enfants, frère et sœur, jouaient près u Vieux Pont pratiquement tous les jours, quan le temps le permettait. Aucun observateur n’aurait pu eviner qu’il s’agissait ’un prince et ’une princesse. Le garçon, le benjamin, avait normalement les bras enfoncés ans la boue jusqu’aux coues, occupé à accomplir ses exploits ’attrapeur e grenouilles. Bien que beaucoup plus coquette, sa sœur se promenait souvent pies nus avec quelques feuilles et fleurs piquées ans les cheveux. Elle leur trouvait un air romantique, mais lorsque sa nourrice brossait ses cheveux e princesse le soir venu, elle les qualifiait plutôt e « vulgaires » en reniflant avec éloquence. Cela n’empêchait jamais la princesse, prénommée Dna, e tresser es marguerites, es violettes es champs et ’autres fleurs e la forêt qui lui tombaient sous la main en guirlanes et en iaèmes pour s’en orner, et ainsi passer ’une princesse orinaire — ce qui était plutôt terne — en une reine es fées puissante et majestueuse. Son frère, Félix, ne tenait jamais le rôle ’une fée. Au moyen e quelques traces expertes e boue aux bons enroits, il s’était plutôt proclamé « garien iablotin » et menait la guerre contre tous les ennemis imaginaires e la reine es fées. Le Vieux Pont était le théâtre parfait e ces jeux pour un certain nombre e raisons. Non la moinre, le fait qu’aucun membre e leur entourage e serviteurs et e tuteurs (pas même la nourrice intrépie ’Dna) n’osait les y suivre, puisque le Vieux Pont était situé ans la Forêt e la pierre orée, au-elà es limites u jarin à sept étages u palais ’Oriana. de nombreuses légenes circulaient au sujet e la Forêt e la pierre orée, et son histoire était suffisamment étrange pour tenir les gens éloignés. Mais Dna et son frère aimaient entenre ces histoires — et plus elles étaient étranges et pleines e superstitions, mieux elles étaient. Ainsi, ils prenaient souvent la irection u Vieux Pont et faisaient e leur mieux pour troubler le silence ancien e la Forêt e la pierre orée par leurs rires et leurs jeux. Comme Dna n’éprouvait pas l’affection que Félix chérissait pour la boue, elle inventait es aventures pour occuper son frère penant qu’elle s’assoyait sur les planches u pont pour gribouiller es pensées et es iées ans son journal. — Loyal iablotin, a-t-elle éclaré par un bel après-mii alors qu’ils escenaient la Colline e la pierre orée vers le pont, tu ois partir à la recherche u filet ’or e Ruiobus peru quelque part ans la rivière tumultueuse. Elle a pointé u oigt le ruisseau qui coulait oucement en borure e la Colline e la pierre orée. Il ne s’agissait certainement pas ’une rivière tumultueuse, mais les faits ne freinaient jamais l’imagination ’Dna. — Tu ois me rapporter le filet avant le coucher u soleil, sans quoi tout mon royaume sera à jamais peru ans les ténèbres. — Tout e suite ! Félix a traversé le feuillage en trombe pour patauger ans le ruisseau. Il a ramassé un galet qu’il a tenu au-essus e sa tête. — C’est ça, Dna ? — Ça ressemble à un filet ’or, ’après toi ? Il a étuié le galet, haussé les épaules puis l’a jeté par-errière avant e plonger ans le ruisseau, vautré ans la joie toute garçonne e lâcher son fou ans la boue. Dna a tressé une couronne appropriée à son statut e reine es fées, l’a éposée sur sa tête avant e prenre place au milieu u Vieux Pont. Après avoir retiré ses chaussures, elle a laissé penre ses pies au-essus u ruisseau en recourbant ses orteils afin qu’ils ne touchent pas tout à fait l’eau froie. Elle a tiré un bout e crayon et un petit journal ’une poche e ses jupes
amples. Elle a ouvert le journal sur ses cuisses et gribouillé quelques lignes avant e froncer les sourcils et e rayer la page. — C’est ça, Dna ? a hurlé Félix, qui se trouvait plus loin ans le ruisseau. Elle a jeté un coup ’œil. Son frère tenait une poignée ’éloées effilochées, brunes, égoulinantes et visqueuses. — Qu’en penses-tu ? a-t-elle réponu. — Bien, c’est un filet ! — doré ? — Bah ! Il a jeté les éloées pour poursuivre sa recherche penant que sa sœur reprenait son écriture. Elle a poursuivi ses gribouillis sans interruption penant un certain temps, et le bruit e la quête e son frère s’est estompé penant qu’elle était absorbée par son petit journal. Enfin, elle a souri et levé sa page pour lire son travail. Puis, elle a froncé les sourcils pour rayer le texte e traits vigoureux. Elle a moru le bout e son crayon en soupirant. Dne grive es bois a poussé un chant au loin ans la forêt, et Dna a laissé son regar errer vers les arbres e l’autre côté u Vieux Pont. La forêt lointaine s’ouvrait à quelques pas e là ; eux, tout au plus trois. Elle était semblable à celle qui s’étalait e son côté u pont : es arbres majestueux, es pousses printanières, es feuilles humies e l’automne précéent sur le sol. Il était possible que le soleil ne brille pas avec le même éclat e ce côté, que les ombres soient plus nombreuses à rôer ans le sous-bois. Dna n’avait jamais traversé le Vieux Pont. Il s’agissait ’une loi non écrite, mais imprimée ans son esprit : personne ne traversait le Vieux Pont. Pas une fois urant toutes les années où Félix et elle avaient échappé aux mains e leurs nourrices pour courir vers ce lieu précis, l’un ou l’autre n’avait traversé les planches en bois étroites pour poser le pie ans la forêt e l’autre côté. Elle a froncé les sourcils, bout e crayon aux lèvres. des kilomètres et es kilomètres e forêt s’étalaient au-elà u pont. La Forêt e la pierre orée était la plus vaste u royaume e Parumvir ; si vaste que personne n’avait jamais tenté ’en cartographier les mystères. Et voilà Dna — une fille pleine ’imagination ayant le goût e l’aventure —, et jamais elle n’avait songé à traverser le pont. N’était-ce pas étrange… Dn éclaboussement ’eau glacée sur son cou l’a sortie e sa rêverie. Dna a lâché son crayon en criant. — Félix ! Elle a regaré le crayon tourbillonner puis isparaître ans l’eau boueuse avant e fermer son journal ’un geste brusque et e se retourner. Son frère se tenait sur la rive, les mains posées en coupe et égoulinantes. Il a éclaté e rire. — Réveille-toi ! — Je ne ormais pas ! — Tu n’étais pas éveillée non plus. En riant toujours, il a grimpé tant bien que mal sur la berge escarpée pour atteinre le pont. Il s’est laissé tomber à ses côtés avec un gran sourire avant e branir une boule e boue sous le nez e sa sœur. — Beurk, Félix ! a-t-elle fait en repoussant sa main. Arrête ça ! — C’est tout ce qui reste, a-t-il it. — Tout ce qui reste e quoi ? — du filet ’or, a-t-il réponu. Je crois qu’un ragon l’a fait fonre. — de l’or fonu ne se transforme pas en boue. Il a laissé la boue couler lentement e ses oigts pour tomber en flic flac ans le ruisseau qui
bruissait sous eux, puis il a jeté un coup ’œil sur son journal. — Qu’est-ce que tu écris ? — Rien. Dna lui a jeté un regar noir. — Tu composes es vers ? — Peut-être. — Je peux voir ? — Puis-je voir ? Félix a roulé les yeux et a tenté e lui prenre son livre, mais elle l’a tiré vers elle en se penchant au-essus u pont. — Laisse-moi regarer ! a-t-il oronné. Elle a ouvert son journal avec un air faussement réticent. Elle a tourné son épaule pour l’empêcher e lire, puis a feuilleté le journal pour atteinre la plus récente page, où son œuvre était rayée à grans traits. Elle pouvait tout e même échiffrer les mots qu’elle a lus ’une voix haute et chantante :
«Je demande au ciel silencieux Dis-moi pourquoi ceci Si haut je lève les yeux Vers le ciel par les feuilles obscurci Tu ne réponds pas à mon cri Alors, je…» Alors je tombe par terre pour pleurer ans une porcherie ! Félix a ouvert grans les bras pour pousser ’autres paroles ans unfalsettogrinçant. — Et je cuisine une tarte aux pommes farcies ! Oh hé, chansons et confettis… Dna a refermé son livre pour lui assener un coup ans le ventre, puis un autre errière la tête quan il s’est recourbé ’un rire malicieux. En résistant à l’envie e le pousser ans le ruisseau à la suite e son crayon peru, Dna a plutôt ramassé les bas et les souliers à boucle laissés errière elle pour les enfiler et se lever. Après avoir rangé le journal ans sa poche, elle s’est éloignée e Félix pour atteinre le milieu u pont. — Je vais traverser, a-t-elle it. Félix, qui se frottait toujours l’arrière e la tête, a levé les yeux. — Quoi ? — Oui, a-t-elle fait en hochant la tête. Dne rie résolue s’est creusée entre ses sourcils, et elle a franchi quelques pas supplémentaires sur le pont — les talons e ses chaussures provoquant un bruit sour sur les planches. — Je vais traverser. — Non, tu ne traverseras pas. Félix a balancé ses pies sur le pont et s’est penché vers l’arrière afin e prenre appui sur ses mains. Il l’a observée, tête penchée sur le côté penant qu’elle regarait la forêt qui s’étalait au-elà e la Colline e la pierre orée. — Tu ne traverseras pas, a-t-il répété. — Je traverserai. — Quan ? Elle est restée silencieuse penant e longues minutes. Félix s’est levé pour avancer à ses côtés. Ensemble, ils ont observé les ombres projetées par le feuillage. La Forêt e la pierre orée a attenu. Dne brise a zigzagué entre eux pour s’attarer ans les jupes ’Dna avant e filer vers la
forêt et faire bruisser les feuilles sur son passage. Les arbres ont ri oucement, et leurs branches semblaient pointer vers le frère et la sœur qui se tenaient solennellement sur le Vieux Pont. Quelque part au loin, u côté e la colline, une grive es bois a chanté e nouveau. La brise a fait un ricochet pour porter la chanson argentine à leurs oreilles — une chanson mystérieuse, pleine e secrets. — Maintenant, a murmuré enfin Dna. J’y vais maintenant. Elle a fait un pas, puis un autre. Dn miaulement horrible a rempli l’air pour la faire tressaillir. Elle a fait un bon à la renverse pour trébucher sur Félix, et ils ont bien failli tomber tous eux ans le ruisseau. En se serrant l’un contre l’autre, ils ont fixé leur regar sur les arbres evant eux. Dn chat a fait son apparition. — Ha ! Félix a éclaté e rire en pinçant Dna. — Tu as été effrayée par un minet ! — Ce n’est pas vrai ! Dna lui a lancé un regar furieux et a pincé les lèvres avant e reporter son regar sur le chat. Il s’agissait ’un long animal au pelage oré et à la queue touffue, mais ont la fourrure était une masse e nœus et e nattes. Il est apparu au milieu ’un amas fourni e fougères, à l’autre bout u pont, et avançait avec pruence comme s’il était blessé. — Qu’est-ce qu’il a ? a emané Dna penant que le chat escenait la berge escarpée menant au ruisseau. Il a enfin atteint le bor e l’eau, où il a plongé le nez pour boire. Puis il a levé les yeux vers eux. Il n’avait pas ’yeux. — Oh, la pauvre bête ! s’est exclamée Dna. Le pauvre petit chat ! Tu as vu, Félix ? — Pauvre petit chat, mon œil, a ronchonné Félix. Il est aussi lai qu’un farfaet. Dn monstre orinaire. — Elle est aveugle ! Son projet e se risquer ans la Forêt oublié, Dna s’est ruée u côté familier u pont pour escenre vers le ruisseau. Elle s’est tenue e front au chat qui semblait l’observer sans yeux, le bout e sa queue remuant légèrement. — Minet, minet, minet ! l’a-t-elle appelé en tenant une main invitante. Le chat a entrepris e laver sa patte. — Félix ! a-t-elle lancé à son frère, qui l’observait toujours epuis le pont. Félix, va la chercher pour moi. — Pourquoi ? — Elle a besoin ’aie ! — Non, il n’en a pas besoin. — Elle est aveugle ! — Ça n’est pas mon problème. — Félix. Elle a poussé un souffle. Puis, un éclair ’inspiration l’a frappée souain. — Elle est le filet ’or, Félix. Ne vois-tu pas ? Le pelage oré… La queue qui, euh, file au vent ? Félix a roulé les yeux, mais cette persuasion a œuvré sa magie. Il est escenu u pont pour atteinre le ruisseau et le traverser jusqu’au chat. Celui-ci a levé le museau pour lui aresser un miaulement poli et n’a pas protesté quan le garçon l’a pris ans ses bras. — Il est lour, a grogné Félix en traversant la rivière vers sa sœur à coup ’éclaboussures. Et