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Les Brutes en blanc

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365 pages
On attend d’un médecin qu’il écoute, rassure, explique et s’efforce de « Guérir parfois. Soulager souvent. Consoler toujours ». On attend d’un médecin qu’il soigne.En France, la réalité est autre : de la violence verbale aux jugements de valeurs, de la discrimination au refus de prescription, des épisiotomies arbitraires à la chimiothérapie imposée, bon nombre de médecins brutalisent les patients, à commencer par les femmes.Ces brutes en blanc trahissent la déontologie et enfreignent les lois.Ce n’est pas un hasard : la caste hospitalière, profondément sexiste, ne se consacre pas aux soins, mais à ses luttes de pouvoir ; dans les facultés, la formation éthique et psychologique est absente, le savoir sous la coupe de mandarins aux valeurs archaïques et l’esprit scientifique parasité par les industriels. Comment s’étonner, alors, que tant de médecins se comportent en aristocrates hautains, et non en professionnels au service du public ?Le temps est venu de dire non à cette maltraitance d’un autre âge.La santé des citoyens vaut bien une révolte. Ou une révolution.
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Martin Winckler
Les Brutes en blanc
La maltraitance médicale en France
Flammarion
© Flammarion, 2016.
ISBN Epub : 9782081394001
ISBN PDF Web : 9782081394018
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782081390331
Ouvrage composé par IGS-CP et converti par Pixellen ce (59100 Roubaix)
Présentation de l'éditeur On attend d’un médecin qu’il écoute, rassure, expli que et s’efforce de « Guérir parfois. Soulager souvent. Consoler toujours ». On attend d’un médecin qu’il soigne. En France, la réalité est autre : de la violence ve rbale aux jugements de valeurs, de la discrimination au refus de prescription, des épisio tomies arbitraires à la chimiothérapie imposée, bon nombre de médecins brutalisent les pat ients, à commencer par les femmes.Ces brutes en blanc trahissent la déontologi e et enfreignent les lois. Ce n’est pas un hasard : la caste hospitalière, pro fondément sexiste, ne se consacre pas aux soins, mais à ses luttes de pouvoir ; dans les facultés, la formation éthique et psychologique est absente, le savoir sous la coupe de mandarins aux valeurs archaïques et l’esprit scientifique parasité par le s industriels. Comment s’étonner, alors, que tant de médecins se comportent en aristo crates hautains, et non en professionnels au service du public ? Le temps est venu de dire non à cette maltraitance d’un autre âge. La santé des citoyens vaut bien une révolte. Ou une révolution.
Martin Winckler a exercé la médecine générale en Fr ance de 1983 à 2008, en zone rurale et à l’hôpital. Il est l’auteur de La Maladi e de Sachs, Le Chœur des femmes et En souvenir d’André. Il vit désormais au Canada où il participe à la formation des futurs médecins à l’Université McGill et à l’Université d’Ottawa.
Romans
Du même auteur
La Vacation, P.O.L, 1989. La Maladie de Sachs, P.O.L, 1998. Touche pas à mes deux seins, coll. « Le Poulpe », Baleine, 2001. Le Mystère Marcœur, L’Amourier éditions, 2001. Mort in vitro, Fleuve noir et Mutualité française, 2003. Les Trois Médecins, P.O.L, 2004. Camisoles, Fleuve Noir, 2006. Le Numéro 7, coll. « Néo », Le Cherche Midi, 2007. Un pour deux(La Trilogie Twain: Vol. 1), Calmann-Lévy, 2008. L’un ou l’autre(La Trilogie Twain: Vol. 2), Calmann-Lévy, 2009. Deux pour tous(La Trilogie Twain: vol. 3), Calmann-Lévy, 2009. Le Chœur des femmes, P.O.L, 2009. Les Invisibles, Fleuve Noir, 2011. En souvenir d’André, P.O.L, 2012. Abraham et fils, P.O.L, 2016.
Essais et chroniques
En soignant, en écrivant, 2000, éd. Indigène ; rééd. J’ai lu, 2001. C’est grave, docteur ? Ce que disent les patients, ce qu’entendent les médecins, La Martinière, 2002. Le Corps en suspens,sur des photographies de Henri Zerdoun, Zulma, 200 2. Odyssée, une chronique radiophonique,Le Cherche-Midi, 2003. Contraceptions, mode d’emploi, Au Diable Vauvert, 2003 ; J’ai Lu, 2007. Nous sommes tous des patients, entretiens avec Catherine Nabokov, Stock, 2003. J’ai mal là…, Les Petits Matins/Arte Radio, 2006. Les Droits du patientrus, 2007., avec Salomé Viviana, collection « Soigner », Fleu Choisir sa contraception, coll. « La Santé en questions », Fleurus, 2007. Tout ce que vous vouliez savoir sur les règles, coll. « La santé en questions », Fleurus, 2008. Profession, médecin de famille,Presses de l’Université de Montréal, 2012. Le Patient et le médecin,Presses de l’Université de Montréal, 2014. 1 Site internet :www.martinwinckler.com Blog littéraire : wincklersblog.blogspot.ca Blog médical : ecoledessoignants.blogspot.ca
Les Brutes en blanc
La maltraitance médicale en France
« Celui qui ne connaît pas la vérité n’est qu’un im bécile. Mais celui qui connaît la vérité et la qualifie de mensonge est un criminel. » Bertolt Brecht,La Vie de Galilée.
AVERTISSEMENT
Je n’ai de leçons à donner à personne. En revanche, j’ai des expériences et des réflexions à partager, des opinions et des valeurs à défendre. À commencer par la vision que j’ai de mon métier et des obligations qu i en découlent. Depuis mes études de médecine, en 1973, j’ai assist é à bon nombre de méfaits commis par des médecins. Très naturellement, j’en p arle dans mes livres. Régulièrement, j’entends des praticiens offusqués m e reprocher de n’être « que » généraliste ou (depuis 2009) de « ne plus pratiquer la médecine ». Les deux reproches sont équivalents. Ils signifient : « De quel droit nous critiquez-vous, alors que vous n’êtes pas (ou plus) des nôtres ? Vous ne savez pas en quoi consiste notre travail ! Vous n’avez pas le droit de nous juger ! Vous n’ête s pas (plus) unvrai médecin. » En suggérant que mon professionnalisme seraitinsuffisant pour que mes critiques soient crédibles, ils pensent me disqualifier. Et cela me fait sourire. Car, quand on y réfléchit : pourquoi serait-il indi spensable d’être médecin pour pointer du doigt les failles de la profession ? Fau t-il être député, policier, avocat ou militaire pour énoncer un jugement à l’égard des co rps concernés ? Non, bien entendu. Dans un pays qui se dit démocratique, lorsqu’un gro upe est censé servir le public,tout citoyen est en droit de le critiquer. A fortiori lorsque c ertains membres de ce groupe sont d’authentiques malfaiteurs. Je préciserai donc que ce n’est jamais en « confrèr e » que j’énonce mes reproches, mais en parent, conjoint, ami, fils, frère de patie nts et patient lui-même – c’est-à-dire en citoyen. Ma légitimité à les blâmer n’est donc pas discutabl e. (Si certains se considèrent comme inattaquablesparce qu’ils sont médecins,ils se fourrent le doigt dans l’œil.) L’autre reproche que l’on m’a souvent adressé était de « trahir la profession » par mon attitude « anti-confraternelle ». Il me semble donc indispensable de rappeler sans ambiguïté quelles valeurs je défends : soigner, ce n’est pas seulement prescrire des médicaments à ceux qui souffrent, c’est aussi les é pauler et, le cas échéant, prendre la parole haut et fort à leurs côtés face à celles et ceux qui les maltraitent – qu’il s’agisse de l’État, des institutions, des membres de leur fa mille ou de certains médecins ! Ma loyauté première vatoujourspatients, aux car c’est ce que dictent mes obligations professionnelles. La « trahison », à mon sens, consisterait à les f aire passer en second. Si la confraternité consiste à apporter une aide pr ofessionnelle ou un soutien moral, rien n’est plus respectable. Si elle consiste à défendre les intérêts des médecinscontre ceux des patients, c’est une attitude crapuleuse et indéfendable. Ce point étant éclairci, passons à l’essentiel.
PRÉAMBULE
À CELLES ET CEUX QUI N’ONT PAS LA PAROLE
J’ai toujours pensé due soigner, c’est faire Du bie n ; due l’on Devient méDecin pour soigner ; et due, pour cette raison, un méDecin a u n rôle important à tenir Dans la cité. C’était naïf, mais j’avais De bonnes raisons D’y cr oire : le premier méDecin due j’ai rencontré, mon père, était un homme bon, et un bon méDecin. Son cabinet De consultation était au rez-De-chaussé e De la maison. Jusdu’à l’âge De Dix-sept ans, il m’est arrivé plus D’une fois De l’ accompagner Dans sa voiture duanD il partait en visite, De prenDre les appels ou D’ouvri r la porte aux patients, et j’ai pu observer De près son comportement et les relations du’il établissait avec eux. Il parlait volontiers De son métier, De ses étuDes, Des situat ions du’il avait rencontrées, et très tôt, j’ai compris du’il était guiDé par Des iDées s imples : duanD les gens souffrent, il faut faire De son mieux pour atténuer leur mal ; le rôle D’un soignant, c’est faire en sorte due la personne dui entre se sente mieux en sortant. Plus tarD, j’ai été aiDe-soignant Dans le service D ont il était le responsable, à l’hôpital local De Pithiviers, et j’ai vu du’on ne soigne pas tout seul, mais en éduipe, et du’une éduipe soigne bien duanD chacun De ses membres y es t respecté. Plus tarD encore, j’ai compris due, pour soigner,il importe d’abord et avant tout de ne pas nuire.C’est Du simple bon sens : duanD dueldu’un se cass e une jambe, le premier geste De soin consiste à l’immobiliser afin due les mouvements ne le fassent pas hurler De Douleur. Par conséduent, ce dui Doit guiDer le s oignant, c’est ce due ressent la personne dui souffre. epuis l’aDolescence, j’essayais par écrit D’exprim er mes propres tourments. ’expérience, je savais du’il n’est pas toujours fa cile De formuler ce du’on ressent. Et du’on ne se confie pas à n’importe dui, De crainte De voir ses émotions tournées en Dérision ou prises à la légère. Alors duanD, sur le pas De la porte, j’entenDais un patient murmurer : « Merci, Docteur, ça m’a fait beaucoup De bien De vous parle r », je mesurais combien l’écoute soignecelui dui en a gros sur le cœur. J’en ai DéDuit due, pour soigner sans nuire, il est important avant tout D’avoir le souci De l’autre et De ce du’il éprouve. Que la confiance Du patient naît Du respect due le soignant lui témoigne, et non De l’autorité De l’un et De la Déférence De l’autre. Et enfin, due celui ou celle dui souffre sait très bienqui lui fait Du bien. Ce sont ces iDées simples dui m’ont Donné envie De Devenir méDecin. En 1983, mon Diplôme en poche, je crée un cabinet D e méDecine générale rural à Joué-l’Abbé, Dans la Sarthe. Au bout De dueldues mo is, je me mets aussi à travailler comme méDecin vacataire à l’hôpital Du Mans, où j’a i achevé ma formation clinidue. Je pratiduerai Des interruptions De grossesse au centr e D’IVG jusdu’à la fin Des années duatre-vingt-Dix et j’assurerai Des consultations a u centre De planification jusdu’en Décembre 2008. PenDant toute ma carrière, je m’occuperai De la san té Des femmes. ans ces centres Discrets, tout comme Dans mon cabi net rural, ma formation et mes principes seront mis à ruDe épreuve : j’apprenDrai du’écouter,ce n’est pas simplement « traDuire » les plaintes en symptômes répertoriés et due soigner ne se résume pas à « traiter ». Je comprenDrai peu à peu due la confia nce D’un patient met parfois beaucoup De temps à s’installer. Et surtout, je m’a cclimaterai à l’iDée, Dérangeante
pour les méDecins formés en France, due soigner,ce n’est pas décider à la place du patient,mais l’accompagner et l’épauler Dans ses Décisions . Lentement, j’apprenDs à reDéfinir mon rôle : un soi gnant n’est pas un sauveur De vies, mais dueldu’un dui aiDe la plupart Des patien ts à vivre le moins mal possible. Son objectif :faire en sorte qu’on ait besoin de lui le moins pos sible. Comme je n’ai pas cessé D’écrire Depuis l’aDolescen ce, ma pratidue méDicale nourrit mon activité D’écriture. Et en particulier mes Deux premiers romans :La Vacation (1989), dui se Déroule Dans un centre D’interruptio n De grossesse ;La Maladie de Sachs(1998), chronidue De la vie D’un méDecin De campag ne. Le succès inespéré De ce Dernier me Donne les moyens De me consacrer à un projet auduel je tiens beaucoup :Contraceptions mode d’emploi, le premier livre granD public consacré à la contraception, est publié en 2001 par Le iable Vau vert. Il sera très bien accueilli, tant par les professionnel.le.s De santé due Dans le lec torat le plus large. En 2002, France Inter me confie une chronidue matin ale De trois minutes dui s’avère rapiDement très suivie – et très controversée. C’es t une chronidue scientifidue, et j’en profite pour aborDer certains thèmes dui me tiennen t à cœur – le rôle Des méDecins, l’influence De l’inDustrie pharmaceutidue et, bien sûr, la santé Des femmes. PenDant l’été 2003, après la cessation un peu bruta le De la chronidue, et avec l’aiDe inestimable D’un jeune webmestre, Vincent Berville, je me mets à animer un site Internet,Winckler’s Webzine. Tout naturellement, j’y publie Des informations s ur la contraception. Le site, à son tour, reçoit un accueil très chaleur eux : les messages pleuvent. Ils viennent De partout en France, De femmes De tous le s âges, De milieux aussi Divers due possible ; certaines emploient leur orDinateur personnel ou celui De leur bureau, D’autres m’écrivent Depuis une bibliothèdue municip ale, et c’est leur fille De Douze ans dui transcrit à l’écran ce du’elles veulent me Dema nDer. En 2009, alors due je viens De m’installer au Québe c, je réDigeLe Chœur des femmes, un roman dui transpose et synthétise vingt-cind a nnées D’expérience Dans ce due j’appellerai Désormais la « santé Des femmes ». C’est au Québec due j’ai choisi D’aDopter ce terme plutôt due celui De « gynécologie courante », car les femmes m’ont parlé De beaucoup D’autres choses due De leur appareil reproDuctif. Pour réDiger l’un Des chapitres Du roman, je retourne à mes boîtes courriel. Je Découvre avec stupéfaction due, Depuis l’ouverture De mon site en 2003, j’ai reçu près De Dix mille messages. Bon nombre De ces courriels me posent Des duestions sur la contraception, me DemanDent Des précisions sur les articles due j’ai postés et en profitent pour me raconter leur expérience. Beaucoup De ces témoignag es sont terribles et brossent un tableau assez effrayant Des relations De soin en Fr ance. Ils Décrivent le comportement De praticien.ne.s « spécialisé.e.s » Dans la santé Des femmes (gynécologues, obstétriciens, généralistes, sages-femmes), mais au ssi De professionnels De tous les Domaines De la santé, libéraux ou membres Du servic e public. es paroles, attituDes, gestes et postures le plus souvent à mille lieues D e ce du’on est en Droit D’attenDre D’eux. Je n’étais pas vraiment surpris : j’avais fait l’ex périence, Directe ou inDirecte, De la maltraitance méDicale française Dès mon arrivée en faculté De méDecine. Je l’avais observée à chadue étape De ma formation et, penDant toute ma carrière De praticien, j’avais pu constater due nombre De missions étaient ignorées ou bafouées, voire tournées en riDicule, par ceux-là mêmes dui Disaien t œuvrer « pour le bien Des