Destinée - Tome I

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Ludvine, dix-sept ans, et Ludwig, dix-huit ans, sont deux jeunes lycéens qui vivront une relation fusionnelle lors d'un voyage scolaire en Allemagne. Une aventure qui commence bien, mais qui ne sera pas de tout repos. Ils seront donc livrés à des choix plus ou moins difficiles et seront embarqués dans une aventure parsemée d’encombres. Leur lien sera fort malgré les intrigues des différents personnages de l’histoire, qui feront tout pour essayer de les séparer.


Ludwig découvrira les points forts de Ludvine. Et celle-ci découvrira que la réalité n’est pas forcément celle qu'elle imaginait, et apprendra le secret pesant que lui cache Ludwig, celui d'une existence qu’elle souhaiterait connaître, mais qui ne devrait pas exister.


Publié le : mercredi 13 mai 2015
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EAN13 : 9782332891327
Nombre de pages : 198
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ISBN numérique : 978-2-332-89130-3
© Edilivre, 2015
Ludi 7 juin,c’est le grand jour de mon départ en Allemagne. Je m’appelle Ludvine Borsko, je pars deux semaines là-bas pour un voyage scolaire. J’ai diverses activités de prévues, dont une compétition sportive. Moi, j’ai choisi de pratiquer la gymnastique. Avec ma meilleure amie Nina, nous avons vraiment l’intention de profiter de ces demi-vacances. Bah oui, ne pas être au lycée, ni à la maison pour étudier revient à peu près à cela même si nous avons des activités obligatoires ! Pendant ce voyage, j’aimerais tant qu’il m’arrive quelque chose d’extraordinaire, dans le genre… vivre une grande histoire avec celui qui représente mon grand amour ! Qui sait, cela deviendra peut-être réalité ? Vous vous imaginez, vous, pouvoir vivreLE grand amour avec LEgarçon qui vous plaît et avoirun pouvoir magique…Bah quoi ? J’ai toujours rêvé d’avoir un pouvoir, je trouve cela vraiment super, même si je sais très bien que cela n’existe pas ! Enfin, je crois… Mis à part le petit aparté sur les pouvoirs, je veux vraiment mettre toutes les chances de mon côté pour réussir à plaire àCEgarçon ! Après tout comme on dit, l’espoir fait vivre ! Non ?
Citation
Nos Destins sont liés, mais personne ne le sait. Un jour, je te tiendrai la main et nous ne serons plus jamais séparés. À toi, mon futur amour, mon bien-aimé, Nous sommes Destinés ! Ludvine.
Chapitre 1
4 h 30, maman, m’accompagne jusqu’au Bus qui se trouve devant le lycée. C’est la première fois que je pars en voyage sans sa présence, c’est une grande émotion pour chacune de nous. Mais je suis si pressée de vivre cette expérience. Après nos dernières embrassades, je prends ma valise, la mets dans le coffre et monte directement dans le Bus. Je m’assois sur le siège côté fenêtre pour pouvoir lui faire signe au démarrage. 5 h 00, c’est l’heure de partir. Le conducteur tourne la clef de contact et nous entendons tous, le bruit strident du démarrage ainsi que le grondement du moteur. Voici le Bus démarré et nous sommes enfin partis. Après cinq heures trente de route, nous voilà enfin arrivés sur le parking de l’auberge allemande. La route a été trop longue, pourtant quand je suis partie en vacances avec ma mère l’été dernier, nous avions faitplus de routesque là et cela ne m’avait pas dérangée. Nous descendons du Bus, sortons chacun notre tour notre valise du coffre et avançons avec celle-ci dans les mains jusqu’à l’auberge. Les accompagnateurs nous annoncent, en même temps que notre avancée que nous devons former des groupes de quatre, ni une, ni deux, je rejoins mes amies ; Nina, ma meilleure amie, Justine et Marylène. Nous déposons nos valises devant la porte de la chambre que l’on a choisie, en attendant que le personnel vienne ouvrir celle-ci. Pour plus de sécurité, nous décidons de rester devant cette porte pour être sûrs que personne ne nous double ! Enfin, tout se passe très bien, malgré les quelques pimbêches qui veulent tout contrôler. Je suis la première à avoir fini de déballer toutes mes affaires, si j’avais dû me qualifier, je dirais de moi que je fais partie des excitées. Je suis tellement pressée de vivre ces deux merveilleuses semaines,enfin, ne pasles vivre avec rapidité, car je veux vraiment profiter de chaque jour passé ici, mais pouvoir les vivre à ma façon, sans que ma mère surveille ce que je fais ou ne fais pas. 11 h 00, avec les copines, nous décidons de partir nous promener dans le jardin de l’auberge, où il y a beaucoup de petits jeux pour enfants, certes, nous sommes bien trop vieilles pour y jouer, mais on s’installe sur le banc situé juste devant le terrain de football où les garçons du lycée y jouent déjà avec un ballon. Parmi eux, j’aperçois Ludwig.C’est un beau jeune homme musclé par le sport qu’il pratique, grand d’environ un mètre quatre-vingt, aux yeux verts, une peau banche-ivoire et ses cheveux sont d’un blond vénitien vraiment magnifique.Je l’adore, c’est mon amoureux secret déjà depuis plusieurs mois ! Nous restons à les regarder jouer,moi, cela ne me dérange pas, bien au contraire, pouvoir le regarder sans me cacher, je ne demande pas mieux,et nous rigolons de leurs chutes, ainsi que leurs bagarres à répétition pour savoir qui a raison ou qui a tort ! Ludwig fait une passe du ballon en hauteur à un de ses équipiers, mais voilà que le ballon part en vrille dans notre direction ; droit sur moi… J’ai tout juste le temps de placer mes mains devant mon visage pour interrompre la trajectoire de celui-ci. Étant mal à l’aise par ce qu’il vient de se produire, il court vers moi,non, non ne t’approche pas, je ne suis pas prête !Et me dit : – Je suis désolé, je n’ai pas fait exprès, je ne t’ai pas fait mal ? – Non, ça va, ne t’inquiète pas, lui réponds-je, avec un sourire gêné. – Tu me pardonnes ? – Bien sûr, ne t’en fais pas. Non, mais c’est vrai, pourquoi je lui en voudrais, après tout, il n’a pas fait exprès ! Enfin, je l’espère vraiment… Après nos paroles échangées et ses excuses acceptées, il retourne auprès de ses potes, mais voilà qu’il se fait taquiner par ceux-ci, à croire qu’ils sont au courant d’une chose que
j’ignore ! J’avoue, cela m’a bien fait rire ! Malgré ce petit incident, c’était une bonne petite matinée. 13 h 00, les surveillants nous appellent, c’est l’heure de manger. Dans le réfectoire, nous nous plaçons par affinité, ce qui arrange énormément les choses. Après tout, qui aimerait manger avec des personnes qu’il n’aime pas ?Pas moi, ça, c’est sûr ! Ce midi, on mange du poulet avec des frites,zut, j’espérais tant manger une spécialité allemande, genre… des Käsespätzle (pâtes au fromage), c’est loupé. Ma correspondante allemande m’en a tellement parlé, que ça m’a donné envie de goûter…je verrai bien, Enfin, après tout, je vais passer deux semaines ici, j’aurai peut-être l’occasion de goûter à une de leurs spécialités ! Le repas fini, je retourne dans ma chambre, car je ne me sens pas bien. Le trajet a certainement dû me fatiguer. Une fois arrivée, je m’allonge directement sur mon lit,comme c’est confortable !Et je m’endors très vite. 15 h 30, mes amies me rejoignent tout émoustillées pour me raconter que Vanessa, la plus pimbêche de toutes les filles de ce voyage ; une redoublante, qui, de ce fait, est un peu plus âgée que nous, vient de se prendre un râteau par Alric, un garçon de la classe de première. Je suis tellement morte de rire que je n’arrive plus à m’arrêter. Il a fallu l’arrivée de la surveillante, pour réussir à me taire, c’est honteux !Hum…, non, pas trop, c’est bien fait pour elle ! Elle est venue nous demander de nous préparer, car nous partons dans vingt minutes visiter Berlin. Chose qui, à la base, aurait dû être vite faite, mais là, je dois faire la queue derrière Nina. Mon armoire étant collée à la sienne, je n’y ai pas accès tant qu’elle n’a pas fini de prendre ses affaires. Et au bout de dix minutes, la voilà enfin partie.Hé bah, ce n’est pas trop tôt ! J’ouvre ma garde-robe et découvre à ce moment, d’autres vêtements que les miens… Sur le coup, j’ai cru m’être trompée d’armoire ; je vérifie donc une deuxième fois, mais non, c’était bien celle où j’y avais rangé mes affaires ce matin même. J’ai ensuite pensé à une blague des copines, mais où auraient-elles pu trouver tous ces vêtements chics ? Je continue de fouiller le fond de l’armoire et des étagères, mais je ne trouve rien qui m’appartient. Du coup, j’opte pour le joli gilet se trouvant dans la penderie. Il est blanc cassé, cintré à la taille et remplit de strass scintillant rose clair au niveau du sein gauche. Ces strass scintillants sont rassemblés sous une forme de fleur ; le dahlia et les manches tombent en pointes de façon médiévale sur le dos de la main. Je sors pour rejoindre mes amies, les regards de mes camarades se tournent sur moi, je ne sais pas pourquoi.Mon gilet est-il si beau que ça ? Une fois dans le Bus, je m’assois avec Nina. Elle veut absolument se mettre du côté de la fenêtre, vu que moi, je me fiche complètement de l’endroit où je suis assise, je lui laisse la place sans ronchonner, je me retrouve donc du côté de l’allée. Ayant une meilleure vue, mes yeux dérivent droit sur Ludwig qui monte à son tour dans le Bus, devancé de son pote Éden. Je l’aperçois parler à l’oreille de celui-ci, avant de s’installer sur le siège situé parallèlement au mien,si je pouvais parier, je diraisquec’est cequ’il lui a chuchoté !Je me retrouve ainsi assise à ses côtés. C’est au tour de Justine et de Marylène de monter, elles s’installent sur la rangée juste devant mon siège. Quand tout le monde est à bord, le Bus démarre et j’ai le droit à plein de questions de ma meilleure amie. – Dis-moi Ludvine, où as-tu eu ton gilet ? Il est trop beau ! – Ça doit être un cadeau de ma mère, lui mens-je, car il ne m’appartient pas. Ludwig m’interpelle juste après et me souffle au creux de l’oreille. – En plus d’être beau, il te va à ravir ! – Merci, lui réponds-je, timidement. Je sens mes joues rougir tellement je suis chamboulée par ce compliment.
Je ne suis pas à l’aise, je n’ai pas l’habitude que l’on me fasse de tels éloges, mais cela ne m’empêche pas de sourire bêtement sur mon siège… Nina s’aperçoit de ce sourire et me demande pourquoi je suis aussi joyeuse, je ne lui réponds pas, car je ne veux pas qu’elle s’imagine des choses entre lui et moi.Non, non hors de question, même si cette pensée me plaisait bien ! Le Bus arrive au centre de Berlin et se gare sur le parc de stationnement du centre-ville. Quand nous en sommes tous descendus, les surveillants font l’appel et forment en même temps plusieurs groupes, sous prétexte que ce serait moins difficile à gérer. Cette fois, je n’ai pas de chance, je suis seule dans le groupe de Monsieur Taverne, mes copines sont également séparées. Mais loin de ma malchance à être sanselles, je me retrouve dans le groupe de Ludwig.Que pouvais-je demander de mieux ? Il me rejoint et me dit : – Je vois que je ne suis pas le seul à être séparé de mes potes. – Effectivement, ils ont bien séparé les groupes cette fois ! – Ça ne te dérange pas si je reste avec toi ? Au moins, on pourra faire connaissance et vu que j’ai failli t’assommer ce matin, ce serait la moindre des choses ! – Non, pas de soucis ! Je m’appelle Ludvine. – Je suis au courant, me dit-il, moi, c’est Ludwig. Je rougis de cette découverte. – Je sais, lui réponds-je. Il est également surpris que je connaisse son prénom. – Tu es en quelle classe ? Le questionné-je encore. – En première et toi ? – En terminal… Et tu as quel âge ? – J’ai dix-sept ans. Et toi ? – Tout juste, dix-huit ans, aujourd’hui ! – Ah ! Eh bien, joyeux anniversaire, Ludwig ! – Merci, me répond celui-ci en me souriant bêtement, je ne sais pas pourquoi j’ai eu besoin de le préciser. Excuse-moi. – Ne t’en fais pas, moi, c’est le huit août, ainsi on est quitte ! Lui soufflé-je en replaçant ma mèche de cheveux derrière mon oreille droite. De ce bref échange, nous continuons la balade ensemble. Il est tellement silencieux lorsqu’il se déplace, que je suis surprise à chacun de ses pas. Il est vraiment gracieux par rapport à moi, qui suis de nature très maladroite, ce qui provoque en moi un sentiment de malaise pendant cette promenade.Mais malgré ça, j’adore sa démarche, elle me charme tout autant que son physique, telle l’allure d’un félin, cela m’intrigue énormément. 16 h 30, nous arrivons devant l’ambassade française, on nous explique tout ce qu’elle a subi jusqu’en 1945, ainsi que toutes les modifications dont elle a été actrice. Une découverte plutôt sympa, j’ai vraiment apprécié cette visite. Nous continuons notre balade vers différents monuments célèbres et plusieurs sculptures et statues. 19 h 00,trébuchant à plusieurs reprises sur la route du retour au Bus, Ludwig me propose son bras pour avancer, ce que j’accepte volontiers.Qu’il est galant mon Roméo des temps modernes. J’adore être à ses côtés, pouvoir sentir son parfum si enivrant ou pouvoir le toucher me rend folle.Les filles seront, je pense, jalouses de cette journée ! Comme prévu, elles sont surprises de nous voir revenir ensemble, enfin, surtout de me voir accrochée à son bras.Bon bah voilà, ce soir, je vais devoir rendre des comptes…, mais qu’est-ce que je vais aimer faire ça ! Arrivés devant le Bus, Ludwig dépose un baiser sur ma joue pour me remercier de lui avoir tenu compagnie.Je n’aurais jamais pensé que ce baiser puisse être si doux, chaud et vraiment
agréable. Les filles ont fait une tête pas possible quand il m’a embrassée. J’aurais eu un appareil photo, cela aurait été vraiment marrant de les photographier pour avoir un souvenir. Je m’approche doucement de Nina, tout en étant toujours sur mon petit nuage, quand elle me dit : – Je crois qu’il t’apprécie beaucoup Ludwig, il ne te lâche pas de vue ! Que dit-elle ? Qu’il me suit du regard ? Tu es sûre ? – Oh oui ! Regarde par toi-même. Je me retourne vers lui et effectivement, elle avait raison, Ludwig me regarde toujours. En s’apercevant de mon regard sur lui, il me fait un grand sourire. Ses potes nous regardent tour à tour et rient aux éclats. Me voilà à présent avec la peur au ventre. J’ai peur de ce que Ludwig peut leur raconter, voire inventer… Les surveillants font l’appel pour le retour à l’auberge et nous montons en même temps dans le Bus. Quand mon nom retentit, je monte à l’intérieur de celui-ci et je m’installe sur le siège côté fenêtre en attendant impatiemment les filles. Je suis la première entre les copines et moi, à y accéder. Marylène, Justine et Nina montent chacune leur tour dans le Bus. Marylène et Justine s’assoient l’une à côté de l’autre devant mon siège, et Nina s’installe à mes côtés. Quand tout à coup, Marylène se retourne sur moi et me dit en élevant la voix : – À ta place, je ferais attention, car apparemment, il aime collectionner les filles. – Pourquoi me dis-tu ça ? – Comme ça, fais attention, c’est tout. Nina me souffle au creux de l’oreille de ne pas prêter attention à ce qu’elle me dit, tout simplement, parce qu’elle est jalouse et qu’elle a un faible pour lui… Un faible pour lui… Ce mot retentit dans ma tête en résonance. Pourquoi ne nous l’a-t-elle jamais dit ? Habituellement, quand elle est attirée par un garçon, elle nous prévient, alors pourquoi pas avec lui ?Si j’avais su, je ne serais pas revenue de cette promenade accrochée à son bras ! Que vais-je bien pouvoir faire maintenant que la roue tourne en ma faveur ? Pendant l’attente de nos autres camarades de classe, mon regard dérive au travers de la vitre et j’aperçois Kimberly, une camarade de classe de Ludwig ; son ancienne petite copine qui lui parle ; le touche ; lui attrape son bras et y reste accrochée… La jalousie me fait défaut. À cet instant, je sens mon corps qui tremble et mon cœur qui bat à vive allure,que m’arrive-t-il ? Ce n’est pourtant pas mon petit copain, pourquoi suis-je aussi perturbée ? Sur la route, je me mets à repenser à ce que Ludwig et moi avions parlé cet après-midi, il m’avait pourtant confié qu’il n’avait plus de petite copine, il m’avait dit, « nous avons eu une séparation très difficile, mais tout est réglé à présent ». Le cœur lourd de ce que j’ai aperçu tout à l’heure, je me retourne vers lui et là, à ce moment même, je vois Kimberly se lever et l’embrasser sur la joue, mon cœur se brise à cet instant précis. Ma bonne humeur n’aura été que de courte durée… Pourquoi réagit-il ainsi avec moi, si je ne l’attire pas ? Me serais-je fait de faux espoirs ? Il va falloir que j’éclaircisse le sujet avec lui,mais je verrai plus tard . Environ vingt minutes après le départ, Nina me demande de nouveau si l’on peut échanger nos sièges pour qu’elle soit assise du côté de la fenêtre,bon promis, la prochaine fois, je lui laisse la fenêtre directement ! Je cède à sa demande, vu que cela m’est égal. Plusieurs minutes passent depuis mon changement de place, je suis surprise de sentir une tape sur mon épaule, tournant la tête vers celle-ci, j’y découvre celui qui a embelli mon après-midi ; Ludwig. – Je peux te parler en privé, s’il te plaît ? – Désolée, je suis occupée.
Là, j’ai été sévère, le refouler à cause de mots croisés, c’est honteux, même pour quelqu’un qui est en colère… Nina rétorque : – Excusez-moi, mais il faut que je vous laisse, les toilettes m’appellent. Oh, la lâcheuse ! Elle aurait pu attendre qu’il s’en aille au lieu de lui offrir sur un plateau ce qu’il veut… Marylène se retourne de nouveau et dit : – Salut Ludwig, comment vas-tu ? – Très bien, merci et toi ? – Ça va, lui répond-elle, tout en faisant battre ses longs cils parfaits et en le contemplant de ses petits yeux bleus soulignés d’un trait noir. Tu vas à la boum, demain soir ? La boum…, que vais-je bien pouvoir me mettre, vu qu’il ne meJe l’avais oubliée celle-là reste aucun de mes vêtements dans mon armoire ? Qui sait, peut-être que je trouverai quelque chose de sympa dans les vêtements qui se trouvent à la place des miens ? Ou peut-être que je n’irai tout simplement pas… Je verrai bien. Oui, j’y serai et toi Ludvine ? Me questionne Ludwig. Je pensais vraiment qu’il m’avait oubliée que je suis surprise par sa question. – Moi… heu… oui, peut-être, je ne sais pas encore. – Laisse-moi une place, s’il te plaît ! M’ordonne-t-il, tout en me poussant vers le siège libre d’à côté. Je me sens comme expulsée…Il aurait au moins pu me demander si cela ne me dérangeait pas ! – Ludvine ! M’interpelle celui-ci en messe basse, je sais que tu as vu Kim m’embrasser tout à l’heure, Éden me l’a dit. Crois-moi, ce n’est pas ce que tu penses entre elle et moi. « Hum » est la seule chose qui soit sortie de ma bouche.Il ne me prendrait pas pour une idiote, par hasard ? S’il croit que je vais gober ce qu’il me dit, il peut se mettre le doigt dans l’œil ! – Ludvine, tu m’écoutes ? Je lui demande en prenant mon courage à deux mains : – Oui, oui, mais pourquoi devais-je te croire ? – Parce que c’est la vérité ! Dit-il, d’un ton glacial. – Eh bah, prouve-le-moi, alors ! Réponds-je de la même façon. À ce même moment, je regrette ce que je lui aie demandé, voilà qu’il agrippe ma tête de ses longs doigts et embrasse mes lèvres dans la foulée. Ce qui aurait dû être notre premier baiser, un baiser romantique est devenu un baiser volé… Mais pourquoi a-t-il fait ça ? Je suis toute tremblante de ce baiser. Les derniers baisers que j’avais reçus de mes anciens petits copains ne m’avaient pas autant bouleversée. Je ne comprends pas ma réaction. Enfin, il faut dire que cela fait déjà plusieurs mois que j’ai des vues sur lui, il est tellement craquant…Oui, ça doit être à cause de ça ! Réussissant vaguement à le repousser, il prononce : – Je n’aurais pas dû, je suis désolé, mais c’est la seule façon qui m’est venue à l’esprit pour te le prouver. Malgré les battements rapides de mon cœur qui lui voulait recommencer, je suis prise de panique après ses excuses et je ne lui réponds pas. En fait, j’ai peur qu’il joue avec mes sentiments ; peur qu’il se moque de moi ; de ce que je ressens. Il me questionne de nouveau. – Veux-tu m’accompagner à la boum, demain soir ? Me demande-t-il en prenant ma main gauche dans la sienne.
Sa main est si douce, telle une plume qui caresse la mienne. Il me semble t’avoir répondu que je ne suis pas sûre d’y aller, lui répliqué-je. – Très bien, tiens-moi au courant quand tu auras décidé, alors. Et il dépose un baiser sur ma main avant de se lever. Au même moment, Marylène se retourne vers lui et lui dit : – Je veux bien prendre sa place, si elle n’est pas disponible. Surpris de sa demande, il la dévisage et lui lance un sourire coincé. – Je te remercie de ta proposition, si jamais j’ai besoin, je n’y manquerai pas. En plus d’être beau, il est d’une politesse extrême ! S’abaissant de nouveau à mon niveau, il me murmure au creux de l’oreille : – J’espère que je n’aurai pas besoin d’elle, Ludvine, ne me lâche pas entre ses doigts ! Au moins, cette phrase a le don d’être claire à son sujet, il ne veut absolument pas d’elle à ses côtés pour danser. Et il repart s’asseoir à sa place. Derrière mon siège, j’entends quelqu’un glousser, tout en bredouillant, « j’ai tout entendu ! J’ai tout entendu ! ». C’est Nina, elle s’est installée sur le siège derrière nous pour ne pas couper court notre discussion. La chipie ! – Moi, je t’oblige à aller à la boum, me dit ma copine, et crois-moi, je t’y emmènerai par la peau du dos ! Elle m’a dit cela, d’une façon que je n’ai jamais entendue de sa bouche. J’en ai eu la chair de poule, car elle n’a jamais été aussi sérieuse en me parlant… 20 h 00, nous voilà enfin arrivés à l’auberge, les surveillants nous demandent de nous installer aussitôt au réfectoire. Nous avons pour dîner des spaghettis à la Bolognaise. Pas de chance, nous n’aurons pas eu l’occasion de manger allemand, aujourd’hui ! Une fois que nous avons fini de manger, Nina et moi partons au plus vite dans la chambre pour prendre nos affaires de douche, car on veut absolument avoir de l’eau chaude pour nous laver. Notre défi est réussi, chouette ! En retournant dans le dortoir, nous découvrons que nos voisines ne sont plus les mêmes… Marylène nous a lâchés et Justine l’a suivie vu que c’est sa meilleure amie. Je n’en veux pas à Justine, j’aurais fait pareil si la mienne était partie. Nous voilà à présent, en présence de Jessica et Lana, deux amies de classe, toutes les deux assez gentilles. À vrai dire, je pense que c’est mieux ainsi, car je ne sais pas vraiment comment réagir par rapport à Marylène et au fait, qu’elle soit attirée par le même garçon que moi. Je n’aurais jamais pensé qu’entre nous, cela aurait fini ainsi. Perdre une personne à cause d’un garçon, c’est vraiment puéril… C’était une super copine, avec elle et Nina, nous faisions des soirées plutôt sympas, nous étions même déjà parties en boite de nuit toutes les trois et nous avions même déjà fait plusieurs soirées pyjamas en présence de Justine à la maison… Je peux affirmer que sa présence et celle de Justine vont me manquer. Je m’étais beaucoup attachée à elles depuis ces deux dernières années, c’est vraiment dommage… 22 h 00, la surveillante passe dans notre chambre pour nous dire que le couvre-feu est...
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