Destinée - Tome II

De
Publié par

Après un voyage assez bien commencé, malgré quelques incidents, Ludwig et Ludvine ont fait un choix qui va leur coûter cher. Séparés par une forte décharge électrique lorsqu’ils se touchent, ils apprennent que tout est lié à cette demande en mariage illégale, à cause des règles imposées par les anciens.
Ludvine, alors sans protection, se fait enlever par un homme que personne ne connaît. Ludwig, sa famille, ainsi que la mère de sa bien-aimée vivent alors une aventure de sauvetage pour la retrouver.
Ils avaient tout pour vivre pleinement leur amour sincère, mais n’avaient pas prévu que la Roue de la Fortune ne tournerait pas en leur faveur !


Publié le : jeudi 14 avril 2016
Lecture(s) : 0
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782334072076
Nombre de pages : 158
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-07205-2

 

© Edilivre, 2016

Destinée

 

Mercredi 23 juin, cela fait déjà une semaine que ma bien-aimée s’est fait enlever. Une semaine qui commence mal…

Nul ne connaît la personne qui a fait cela…

La mère de Lud a été porter plainte à la police pour l’enlèvement de sa fille. Du coup, notre escapade en Allemagne avec le lycée a été arrêtée, nous n’avons pas pu profiter de cette fin de semaine, ni du concours de beauté.

Nous sommes tous rentrés en France chez nos parents, pour le bien-être de tout le monde, et je ne vais pas m’en plaindre. Pour la peine, je m’octroie des vacances anticipées, car mon chagrin ne cesse de se multiplier depuis que Lud a disparu. Je n’en reviens toujours pas d’avoir failli à mon rôle d’homme protecteur envers ma bien-aimée. Elle a su prendre soin de moi et m’a aidé à ne pas perdre pied avec notre problème de mariage illégal, sans réellement le vouloir, alors que moi… je n’ai même pas été à la hauteur pour lui venir en aide quand cet homme l’a enlevée, c’est si lamentable…

Auparavant, je pensais que je ne la méritais pas, mais maintenant, j’en suis plus que convaincu…

L’annonce de la disparition de Lud à sa mère a été bouleversante et, parallèlement, surprenante…

Madame Borsko, la mère de Lud, est une sorcière. Qui l’aurait cru ? Certainement pas moi, étant donné que Lud n’a aucun pouvoir et que, apparemment, elle n’est au courant de rien… D’après ce que sa mère nous a expliqué, elle lui a enlevé ses pouvoirs lorsqu’elle était bébé.

Ma tante et mon père ont émis un doute sur cette partie – les pouvoirs de Lud – car, d’après eux, seul un puissant sorcier ou une puissante sorcière, même déchu de son don, est capable de passer la barrière élémentaire : cette bulle que j’avais formée pour lancer mon incantation sur les mortels…

« Oh mon Dieu ! Comment vais-je faire pour la retrouver ? Je ne sais même pas par où commencer… »

Madame Borsko est restée très sympa avec moi, malgré mon échec à protéger sa fille. Elle m’a dit qu’elle ne m’en voulait pas. Non, mais si elle savait que je l’ai épousée, elle aurait été moins conciliante… Elle se doutait qu’un jour cela se produirait, mais elle ne comprenait pas pourquoi c’était arrivé maintenant. Comme elle avait marmonné, « j’ai dû louper quelque chose dans l’incantation ! » D’ailleurs, c’est de là que tatie et moi avons compris qu’elle était une sorcière.

Produire… Pourquoi ? Est-elle au courant d’une chose dont elle ne veut pas nous faire part ? J’en suis convaincu…

Peut-être qu’elle en a parlé à ma famille et qu’ils ne veulent pas me le dire ?… Possible aussi, avec les parents, nous ne sommes à l’abri de rien…

« Oh Lud ! Si tu savais combien je regrette de ne pas avoir su te garder auprès de moi ce jour-là… »

 

 

 

« La nuit où nos Destins se sont assemblés, nos mains étaient liées.

Notre avenir est à présent tout tracé, mais ils feront tout pour nous séparer.

Mon amour, ma bien-aimée, nous sommes Destinés ! »

Ludwig

 

Chapitre 1

10 h 00, je me réveille en sursaut à cause d’un horrible cauchemar… j’avais l’impression que mon âme survolait la prison où se trouve ma bien-aimée. Je la voyais attachée par des chaînes aux pieds, criant après cet homme pour qu’il la relâche.

Nul ne peut avoir une âme volante, d’où le fait que je sois persuadé que c’était un cauchemar. Enfin, je l’espère vraiment…

Madame Borsko entre en hurlant dans ma chambre. Je ne comprends pas ce qu’elle me baragouine. À vrai dire, le seul mot que je réussis à comprendre entre ses hurlements est le mot « marié ». Cela va être ma fête, mon père a dû lui parler de ce que Lud et moi avons fait…

– Qu’as-tu fait avec ma fille, petit vaurien ! Crie-t-elle.

– Rien de malintentionné, madame. Je suis amoureux de Lud et je lui ai fait la promesse de l’épouser, sauf qu’il y a eu un problème lors de ce petit moment de passion entre nous.

– Tu mériterais d’être puni ! Elle n’est même pas majeure !

– Mais madame Borsko, nous le sommes déjà, et cela me – nous – fait du mal ! Si je la touche ou l’embrasse, nous sommes écartés par une décharge électrique !

À vrai dire, je pense qu’elle n’écoute pas une seule de mes réponses…

– Pourquoi as-tu fait ça à ma fille !

– Mais qu’ai-je fait de mal ? Dites-moi !

– C’est de ta faute, si cet homme l’a enlevée !

Puis elle part comme une furie une fois sa phrase finie. Comment peut-elle me dire ça juste parce que j’ai épousé Lud ? Elle ne sait pas ce qu’elle dit, elle doit perdre pied… Je m’en veux déjà assez pour ne pas qu’en plus on me fasse des reproches… Tout ça à cause de ses phrases que nous nous sommes dites…

Je me lève et me dirige vers la cuisine pour rejoindre ma mère qui prépare le repas de midi :

– Maman, pourquoi la mère de Lud a dit que c’était ma faute si elle a été enlevée, alors que, hier, elle disait le contraire ?

– Je ne sais pas si tu es prêt à le savoir mon chéri !

Je m’en doutais, mes parents sont bien au courant de quelque chose !

– Maman, je suis majeur et marié…

Il fallait bien que j’essaie !

– Ludwig Freudleur, je t’interdis de me parler de la sorte, pour qui te prends-tu ?

– Excuse-moi maman, je suis désolé… mais je veux vraiment savoir pourquoi !

– D’accord, je te dois bien ça. Après tout, cela ne serait pas arrivé si je t’avais expliqué la démarche à suivre pour le mariage…

– Je ne t’en veux pas, maman.

Ma mère vient de m’expliquer pourquoi celle de Lud m’en voulait et je comprends mieux maintenant.

Ma bien-aimée est issue d’un couple de sorciers, ce n’est pas encore la même situation que moi, qui suis un sang croisé – issu d’un père sorcier et d’une mère mortelle.

Lud a des parents sorciers ce qui fait d’elle un sang pur.

Ce qui reste très exceptionnel, la plupart des sorciers ne se fréquentant pas entre eux. Nous avons tous une petite soif excessive de pouvoir et nous préférons nous combattre plutôt que de nous accoupler.

D’après ce que nous a dit la mère de Lud, son géniteur est un sorcier du mal. Il n’a pas toujours été de ce côté, il est passé maléfique après la naissance de Lud et, de ce fait, sa mère a jeté un sort sur elle pour qu’il ne la retrouve pas. Le seul moment, où celui-ci devait être levé, arrivait le jour de son mariage, lorsque son mari prenait la relève pour la défendre de son père.

Je comprends à présent pourquoi, et par qui, elle a été enlevée… Sa protection ayant été levée lors de notre mariage illégal, son père a pu la retrouver et l’enlever. Lui ou un de ses sbires… je ne saurais pas le dire pour le moment, étant donné que je ne connais pas celui qui a enlevé Lud.

La mère de ma bien-aimée avait donc raison, c’est bien à cause de moi que c’est arrivé…

– Maman, je n’étais vraiment pas au courant, sinon je n’aurais jamais fait ça.

– Je le sais, mon chéri, mais il faut laisser le temps à Abby de se remettre de ses émotions.

– Non, mais… est-ce que quelqu’un ici, a au moins pensé une seule fois aux miennes d’émotions ? Je l’aime, maman, personne n’a l’air de me croire !

– Si ! Moi, je te crois ! Dit tout à coup une personne dans le couloir… Loïs.

Loïs est ma grande sœur, elle a cinq ans de plus que moi. Elle a le pouvoir de ressentir les émotions ou de les voir. Qui sait, peut-être les deux ? Je ne sais pas trop comment fonctionne son pouvoir. D’où le fait qu’elle croit ce que je dis à propos de mes sentiments.

– Loïs, tu m’as tellement manqué ! M’exclamé-je, en me jetant dans ses bras. Où étais-tu partie ? Je n’ai pas eu le temps de te parler quand Lud a disparu !

– En Angleterre, tête de piaf ! Tu m’as manqué aussi. Me répond-elle, en me serrant très fort dans ses bras. J’ai dû partir faire quelques recherches en catastrophe, c’est pour ça. Je suis désolée de m’être sauvée comme un voleur !

Tête de piaf, c’est le surnom qu’elle me donne déjà depuis dix ans. Eh oui, je ne la vois plus très souvent, mais rien ne change entre elle et moi.

– Moi, je crois en tes sentiments pour cette fille.

– Tu dois bien être la seule alors…

– Maman, est-ce que vous avez essayé de la rechercher avec le pendule et un objet qui lui appartient ?

– Non ma chérie, sa mère ne veut pas de notre aide…

– Eh bien, parce qu’elle ne veut pas tu lui obéis ?

– Oui, pourquoi ?

– C’est de la vie d’une fille dont on parle !

– Et alors.

– Hein ? Mais maman, elle est comme nous !

– Comme tu me le dis si bien et souvent, je suis une mortelle, je ne peux donc rien faire pour vous aider et l’aider.

– Je ne comprends pas ce qu’a maman, me dit Loïs tout bas, jamais elle n’a réagi ainsi auparavant !

Je perds patience face à la réaction nonchalante de ma mère. Quelquefois, elle a le don – oui, même sans pouvoir – elle a le don d’énerver les gens… mais jamais, depuis que je suis en âge de comprendre le sens des mots, je n’ai vu ma mère se soumettre à des ordres…

– Viens avec moi, tête de piaf, on va parler !

Nous partons en direction de ma chambre. Je ferme la porte à clef, une fois que nous sommes à l’intérieur. Loïs se jette dans mon lit, les jambes croisées.

– Téléphone à Gabriel !

– Pourquoi ?

– Fais-le, tu verras après !

Je compose son numéro…

« Salut cousin, dis, j’ai Loïs avec moi, elle veut que tu nous rejoignes à la maison… Maintenant… Débrouille-toi avec elle… Oui, à tout de suite.

Trois minutes plus tard, Gabriel s’exclame.

– Salut la compagnie, vous allez bien ?

– C’est à toi qu’il faut le demander, ton âme est triste, que se passe-t-il ?

– Rien d’important, cousine, ne t’inquiète pas.

– Comment se fait-il que Lana ne soit pas avec toi ?

Je crois que je viens de faire une gaffe… Son regard meurtri se pose sur moi… Zut, j’aurais mieux fait de me taire…

– Que me voulez-vous ?

– On a besoin de toi pour aider Ludwig à retrouver Lud.

– Ce que j’ai toujours adoré chez toi, c’est ta franchise. Et tu n’as pas changé, mais je n’ai pas le moral pour faire quoi que ce soit pour le moment.

– Tu devrais, cela te ferait du bien, ça te permettrait de penser à autre chose qu’à elle… Lui dit-elle.

– Je ne sais pas…

– S’il te plaît ! le supplié-je.

– Bon, pour te faire plaisir, alors.

– Tu as pris des potions de téléportation ?

– Oui, cousine.

– Alors, emmène-nous chez tatie Gaëlle !

– Aussi loin ?

– Oui, c’est la seule qui voudra bien nous aider.

Sur ce coup, ma sœur n’a pas tort. Je ne cesserai jamais de le dire. Sur une grille de mots croisés, ce que représente ma tante serait écrit de cette façon : Être à la hauteur en sept lettres horizontales : A.S.S.U.R.E.R. !

13 h 00, Gabriel nous téléporte chez tatie Gaëlle. Nous arrivons en un éclair dans sa cuisine, juste devant elle. Surprise par notre arrivée, elle en pousse un cri de peur.

– Ah ! Mais vous êtes fous ! Qu’est-ce qui vous prend, de débouler comme ça, ici ?

– Excuse-nous tatie, dit Loïs, mais on a vraiment besoin de toi !

– Ah non, encore ! Je suis obligée d’accepter ?

– Tatie Gaëlle, c’est pour Lud, maman ne veut pas faire de recherche, car Abby le lui a interdit !

– Ta mère ne veut pas ? Ça me paraît louche, ton père ne lui aurait pas jeté un sort par hasard ?

– Pourquoi aurait-il fait ça ? L’interroge Loïs.

– Tu sais, ma chérie, ton père est gentil, mais il ne veut pas la mettre en danger, aussi forte qu’elle soit, avec nos histoires de sorciers.

– Je comprends mieux pourquoi je ne la reconnais pas, mais pourquoi papa l’en empêche ? Ma petite copine m’aide quelquefois et elle se porte bien !

– Eh bien ! Tu ne devrais pas laisser faire ta copine, car tu risques de le regretter si un jour ça tourne mal.

– Bon, les filles, vous avez assez papoté ! Tu nous aides ou pas, tatie ?

– Lulu, combien de fois t’ai-je dit de ne pas me parler ainsi ?

– Elle a raison, tête de piaf. Me dit Loïs en me mettant une tape derrière la tête. N’oublie pas que nous sommes plus âgées, tu nous dois le respect !

Ah les nanas, je vous jure ! Ce sont de vraies pipelettes quand elles s’y mettent !

– Non, mais c’est vrai, vous parlez alors qu’il y a d’autres choses plus importantes à faire !

– Ah ouais ? Et quelles choses qu’on ne sache déjà ?

– Euh… bah, euh… aide-moi, Gabriel !

– Débrouille-toi, cousin, tu t’es mis toi-même dans ce pétrin !

– Traître ! Lui crié-je ironiquement. Bon, je m’incline !

Je ne leur en veux pas, après tout, elles, au moins, sont là pour m’aider !

Ma chérie, si tu savais, ô combien tu me manques !

Tatie prend la décision de venir avec nous chez maman, comme elle finit de me dire, « ce sera plus simple pour avoir des nouvelles d’Abby ».

Nous voilà de retour à la maison. Ma tante passe le pas de la porte en criant « surprise ! », tel que ma mère, qui est extrêmement maladroite quand elle a peur, en l’entendant crier, fait tomber le plat de macaronis au fromage…

Non, mais quel sacrilège elle vient de commettre là !

– Que viens-tu faire par ici, Gaëlle ? Ne me dis pas que tu viens aider ces gosses à faire ce que je ne veux pas qu’ils fassent ?

– Mais non, belle-sœur. Tu sais très bien que jamais je n’oserais faire ça ! Lui répond-elle. Je viens seulement passer quelques vacances avec la famille !

Mais maman sait très bien que, si tatie est dans les parages, ce n’est pas pour rien. Comme elle dit si bien en parlant d’elle, « c’est une adulte avec une âme d’enfant ». C’est peut-être bien pour ça que, tatie et moi, nous nous entendions si bien !

– J’ai de la chance cette année, recevoir la visite de ma fille et ma belle-sœur en même temps, qui l’aurait cru ?

Elle n’a pas tort. Loïs ne revient qu’une fois par an et tatie Gaëlle qui, d’habitude, est toujours très occupée par son travail, a réussi à se libérer sans encombre, et plus d’une fois en quelques semaines après ses vacances…

– Mon neveu préféré, je m’autorise à prendre ta chambre, tu ne m’en veux pas ?

– Ai-je vraiment le choix, de toute façon ?

– Non, Lulu. C’est bien pour ça que je t’ai dit « je m’autorise ».

– Tu n’as qu’à prendre mon ancienne chambre, tête de piaf, j’irai dormir avec tatie dans ton super lit !

– Tant qu’à faire, au moins je ne serai pas dans le canapé !

Tant mieux ! Car je ne pourrai plus réussir à dormir sur un canapé. J’ai très peu dormi dans celui de tatie Gaëlle, mais il était tellement inconfortable que j’en ai encore mal au dos !

Pour me changer les idées, je décide de partir voir Éden. Lui aussi a été bouleversé par la disparition de Lud, mais il me permet de tenir bon en me soutenant du mieux qu’il peut, c’est déjà ça ! Je ne l’ai pas vu depuis que nous sommes rentrés en France. D’ailleurs, il n’est pas au courant que Lud est une sorcière de sang pur et il va falloir que je lui dise !

– Gabriel, tu restes dormir ici ?

– Ouais, si tu veux. Je file chercher mes affaires chez ma mère.

– Ça marche, pendant ce temps, je vais voir Éden.

J’embarque mon vélo et sors de chez moi rapidement. Je ne veux pas que ma mère m’intercepte et qu’elle m’empêche de partir. Depuis cette histoire, elle a du mal à me laisser vadrouiller seul dans la rue.

Et oui, même à 18 ans, ma mère croit que je suis un vrai bébé…

À penser et pédaler en même temps, j’ai mis quarante minutes à arriver chez lui alors que, d’habitude, j’en mets à peine trente…

La mère d’Éden me fait entrer et m’envoie directement vers la chambre de son fils.

– Ludwig, comment vas-tu ? Me demande celui-ci.

– Bof, je tourne en rond, je ne sais vraiment pas quoi faire… Et Nina, tu as eu des nouvelles ?

– Oui, je reviens de chez elle et elle ne va pas bien du tout… Elle ne fait que pleurer.

– Pouah ! C’est trop dur à supporter. Lâché-je, en m’affalant dans son lit. Éden, j’ai quelque chose à t’avouer.

– Vas-y, je t’écoute !

– Tu connais un peu comment ça marche chez les sorciers, depuis le temps que tu traînes avec moi.

– Oui, et ?

– Tu sais qu’il y en a deux sortes, les sangs purs et les sangs croisés.

– Oui, mais les sangs purs sont rares, si je me rappelle bien.

– Oui, eh bien, Lud en est une !

– De sang croisé ?

– Non, de sang pur, mais sa mère l’a déchue de ses pouvoirs lorsqu’elle était bébé.

– Pourquoi ?

– À cause de son père, il s’est mis du côté du mal, donc sa mère lui a jeté un sort pour que son père ne la retrouve pas. Et qu’il ne puisse pas la détourner de ses choix.

– Et tu crois que son enlèvement vient de son père ?

– Je ne le crois pas, j’en suis sûr. Étant donné que c’est moi qui ai permis à son père de la retrouver…

– Comment ?

– En l’épousant illégalement.

– Quoi ? Quand ?

– La veille de son enlèvement… La mère de Lud a expliqué à mes parents que le sort qu’elle avait jeté sur Lud ne se lèverait que lorsqu’elle se marierait. Ce que nous avons fait, sans en connaître les conséquences. Ma mère ne m’a jamais dit que, pour des sorciers, le mariage se passait différemment que pour des mortels.

– Je n’en reviens pas, tu es donc vraiment amoureux d’elle ?

– Oui, abruti ! Lui réponds-je, en lui lançant une boule de papier trouvée dans la poubelle de bureau.

– Es-tu allé voir Abby chez elle ?

– Non, j’y serai allé pour faire quoi ?

– Déjà pour t’excuser et, ensuite, essayer d’avoir une photo de son père, pour au moins savoir à quoi il ressemble. Et après, tu improvises…

Mon pote n’a pas tort, j’aurais dû y penser avant. Après tout, elle attend peut-être une réaction de ma part, mais elle était si furieuse lorsqu’elle est sortie de ma chambre…

– Tu veux venir avec moi la voir ?

– Désolé mon pote, mais je retourne auprès de Nina. Elle a besoin de moi.

– Je comprends, ne t’en fais pas. Merci pour tes conseils, et embrasse Nina pour moi.

– Je n’y manquerai pas.

16 h 00, me voilà parti en direction de la maison de Lud. Je ne cesse de repenser aux moments que l’on a passés tous les deux, nous étions si bien ! Pourquoi a-t-il fallu que les choses se passent de cette façon ?

Je pense que sa mère ne voudra plus qu’elle vienne passer des vacances avec moi en Allemagne…

Arrivé devant chez Lud, j’avance jusqu’à la porte d’entrée à pas hésitant. Et si jamais elle voulait se venger de moi ?

Jamais de ma vie, jusqu’à maintenant, je n’ai eu aussi peur de ce que je vais entreprendre. Réagir de cette façon ne me ressemble pas. Pourquoi ai-je aussi peur de sa réaction ?

Je lève la main vers la porte et y donne trois coups. Personne ne répond, je décide donc de sonner. La porte s’ouvre sur le champ.

– Qu’est-ce que tu fais ici ?

– Je voulais vous voir, madame Borsko, puis-je entrer ?

– Je ne veux pas te voir ici, retourne chez toi !

– Laissez-moi vous aider, je vous en supplie !

– Pourquoi accepterais-je ton aide ? Tu as fait enlever ma fille !

– Parce que j’aime votre fille. Je donnerais ma vie pour elle… et je ne voulais pas que cela se passe de cette façon, je vous assure ! Si j’avais su que cet acte aurait eu ces conséquences, jamais je ne me serais permis d’agir de la sorte. Croyez-moi !

– Je n’ai pas besoin de tes jérémiades, j’ai autre chose à faire. Au revoir, me dit-elle, en refermant la porte.

– Je vous en supplie, madame Borsko, crié-je devant la porte d’entrée en tapant du poing. J’ai besoin de votre aide pour retrouver cet homme et sauver Lud ! Je suis désolé pour ce que je lui ai fait, mais aidez-moi… !

Nulle réponse de sa part. Je me retourne en me laissant tomber, dos collé à la porte, et mes larmes décident enfin à se montrer. Je me sens impuissant, enfin, je suis impuissant devant cette impasse. Si personne ne m’aide pour retrouver Lud, rien ne me sert de vivre… Je sais très bien que penser à la mort est un signe de faiblesse, mais comment faire pour vivre sans elle à mes côtés ?

Je voudrais tellement me rattraper ! « S’il vous plaît, madame Borsko, laissez-moi vous aider ! »

17 h 00, je n’ai pas bougé d’un centimètre et la porte non plus d’ailleurs. Je l’entends soudain se déverrouiller, avant de la voir s’entrebâiller.

– Tu es toujours là ! Constate-t-elle.

– Oui, comme vous pouvez le voir…

– Es-tu vraiment attaché à ma fille, comme tu le prétends ?

– Oui madame, lui réponds-je, en me relevant.

– Je te permets d’entrer, nous devons parler.

– Oui, madame, je vous remercie.

– Appelle-moi Abby, je t’en prie.

Abby me fait entrer chez elle, on s’installe sur le canapé et nous commençons à discuter.

– Qu’avez-vous essayé pour retrouver Lud ?

– Je me suis servie du pendule, d’une potion de localisation, d’un détective magique et j’en passe, mais rien n’y fait… Je ne la trouve nulle part sur les cartes…

– Mad… Abby, j’ai fait un drôle de rêve cette nuit. J’avais l’impression que mon âme…

Une sonnerie retentit tout à coup dans la maison.

– Excuse-moi, je vais ouvrir.

– Bonjour, madame Borsko, je suis…

J’entends une voix en provenance de la porte, je connais ce timbre, je...

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Les 12 portes du Kaama

de editions-edilivre

Le Prix des choses

de editions-edilivre

Le Chant de Marie

de editions-edilivre

suivant