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Deux souliers superposés

De
98 pages
Quel secret Liam O'Neil a-t-il découvert dans le sanctuaire de Baal-Moloch ? Sébastien Mariani réussira-t-il à protéger son bébé des dangers de la vie, dans une maison aussi sécurisée qu'une prison ? Où Anne, petite fille sage et obéissante, est-elle partie ? Trois nouvelles en équilibre sur le fil du quotidien qui basculent soudain dans la violence ou l'étrange.
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Projet couv deux souliers180914_Mise en page 2 18/09/14 11:13 Page1
Deux souliers superposés
Quel secret Liam O’Neil a-t-il découvert dans le
sanctuaire de Baal-Moloch ?
Sébastien Mariani réussira-t-il à protéger son
bébé des dangers de la vie, dans une maison aussi
sécurisée qu’une prison ?
Où Anne, petite fille sage et obéissante, est-elle
partie ?
Trois nouvelles en équilibre sur le fil du
quotidien qui basculent soudain dans la violence ou
l’étrange...
Stanislas Kowalski
Deux souliers
superposés
Stanislas Kowalski est professeur de lettres classiques.
Il a enseigné en France, en Chine et à Djibouti, à des
élèves de tous les âges. Il a participé pendant plusieurs Nouvelles
années au webzine Sanqualis. Il écrit également des
articles pour Contrepoints.
ISBN : 978-2-343-03922-0
11 €
Maquette : Isabel lavina - Photo : © Korbé
Stanislas Kowalski
Deux souliers superposés



Deux souliers superposés

Nouvelles
Des livres pour comprendre, réfléchir,
s'étonner, des livres pour rêver et voyager à
travers le monde, le temps, la vie...


Pius NGANDU NKASHAMA, Les cendres du père, 2014.
Pierre-Louis BESOMBES, Le Templier et la Sainte Lance, 2014.
Sylvie BOCQUET N’GUESSAN, Voyages croisés Lille-Abidjan,
Agathe et Mathurin, 2014.
Pierre MARMIESSE, Rio-Québec 1, Justin au pays des orixas, 2014.
Tristan CHALON, D’or et de sang, au temps des Incas, 2014.
Angela PORTELLA, Qui es-tu Salomé ?, 2014. Stanislas Kowalski





Deux souliers superposés

Nouvelles













































© L’HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03922-0
EAN : 9782343039220 Solitudes
Quelque part au Maghreb, sur l’ancien territoire de
Carthage, juillet 1958.


Je n’avais pas vu Liam O’Neil depuis longtemps. Nous
nous étions écrit quelquefois depuis mon départ de
l’université d’A. Mais il ne s’agissait, somme toute, que de
relations distantes et conventionnelles. Nous avions
travaillé ensemble, et nous avions eu des scrupules à nous
oublier brusquement. Rien de plus. Aussi fus-je surpris de
l’urgence de son appel. Je crus d’abord à une farce de
potache, comme celles que l’on invente dans le seul but de
renouer après des années d’indifférence. Je respectai les
délais fixés par son télégramme, songeant à la déception
des anciens camarades, qui me verraient manquer un
événement heureux. Comme je n’avais aucune obligation
professionnelle à cette période de l’année, il me plaisait
assez de me soumettre à cette comédie, pour épicer un peu
une vie devenue monotone. Liam me faisait part d’un
texte étrange qu’il avait découvert dans les fouilles d’un
ensemble cultuel d’Afrique du Nord, rédigé dans une
écriture encore inconnue. Il précisait qu’il était sur le
point d’en trouver la clé et, du fait de l’inestimable valeur
du document, il craignait qu’on le lui volât. Il me
demandait conseil et protection. Ces événements si
favorables, associés au fait que je ne lui savais aucune
compétence archéologique, m’incitèrent à penser qu’il
organisait une simple chasse au trésor à la façon d’Indiana
Jones, ou un jeu de rôle sur le mystère de la grande
pyramide. Au reste, je ne voyais pas en quoi mon avis
pouvait l’intéresser et, comme il restait particulièrement
7 vague sur les circonstances et le contenu de sa
découverte, je pris vraiment l’affaire à la légère.

Arrivant par mes propres moyens au village de S.B. –
car il n’avait pas eu, ou pas pris, le temps de venir me
chercher à l’aérodrome – quelle ne fut pas ma déception
en apprenant que son activité ne correspondait pas tout à
fait à mon idée de l’archéologie…

– Si j’ai entendu parler de Liam O’Neil ? Wallah ! Tout
le monde en parle !
– C’est lui qui m’a invité.
Le chauffeur arrêta la Simca.
– Que se passe-t-il ?
– Il vaut mieux que je vous avertisse. Wallah ! N’en
parlez pas aux gens d’ici. Vous le connaissez pas. Ça vaut
mieux.
– Pourquoi donc ? Qu’est-ce qu’il y a ?
– Il y a que ce type est fou. Il y a deux semaines, ils ont
commencé à ouvrir des tombes. Ils voulaient prendre des
trésors. Mon cousin m’a raconté. Il y avait des bijoux en
or. Les paysans du coin l’ont averti. Ça va attirer le
mauvais œil. Faut pas toucher aux vieilles idoles. C’est
haram ! Mais au lieu de les écouter, votre type, là, O’Neil,
il a appelé la police. Il y a eu une bagarre. Il paraît que
trois gars ont été tabassés. Même qu’ils ont eu les côtes
cassées.
– Et vous les connaissez, ces trois personnes ?
– Non, mais mon cousin les connaît.

Sur le coup, je me contentai de soupirer. Pour
indélicate que soit cette façon de procéder, c’est le lot de
tout archéologue qui s’intéresse de près ou de loin aux
tombeaux, que de réveiller les superstitions. Ce que
j’appris ensuite, et qui était moins acceptable de la part
d’un scientifique de son importance, c’était sa façon de
traiter les autres travailleurs, ouvriers locaux et savants
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