Dr Pitchoun et la belle Chloé

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« - Alors, on va pouvoir t'appeler Docteur ?

- Holà, pas si vite !
»
Oui, quand on y pense, c'est tout de même un peu gonflé de vouloir soigner ses semblables. Maxime ou plutôt Pitchoun devrait y prendre goût et découvrir pendant son stage tout ce qui fait la beauté et la difficulté du métier de soignant.

Sa jolie copine, la divine Chloé, va-t-elle pouvoir l'aider dans sa tâche ? Oh sûrement, à sa façon...

Et c'est quoi cette patiente décédée pendant son stage, qu'est-ce qui a cloché ?
Notre apprenti carabin est un ado futé, certes, mais il va falloir qu'il se bouge sérieusement pour essayer de tout comprendre. Pas simple la médecine, apparemment.



Bon, mais avec Chloé, il en est où le Pitchoun ?


Publié le : vendredi 29 janvier 2016
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EAN13 : 9782334014212
Nombre de pages : 114
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ISBN numérique : 978-2-334-01419-9

 

© Edilivre, 2016

Du même auteur

Du même auteur :

• « Annecy-le-Vieux, d’hier à aujourd’hui »Ville d’Annecy-le-Vieux – Plaquette sortie en 1984 (préambule de Claire Laurencin) – épuisé -

• « Au Carrefour des brumes »ou « Deux femmes dans la tourmente de 14-18 » paru en 2001 – roman à caractère historique – Editions Thot à Grenoble (38) Plume de l’Espoir 2003 de la Société des Auteurs Savoyards.

• « La Grotte aux géants »roman jeunesse paru en 2005- Editions Thot à Fontaine (38) premier ouvrage de la trilogie des Pitchoun (spéléologie, aventure et fiction médicale).

• « Pitchoun, Roi des ondes »roman jeunesse 2008 Société des Auteurs Savoyards Annecy Impression (74) deuxième ouvrage de la trilogie des Pitchoun (policier jeunesse) pour pré-ados.

• « Jour blanc au Chinaillon »roman jeunesse illustré paru en 2010 (ski et montagne) Société des Auteurs Savoyards Annecy Impression (74) Album et Histoire pour les 8 ans et plus, classé dans les 16 livres pour adolescents de « 2010 en littérature » sur Wikipédia.

• « Perdu dans la forêt de Casimir »,roman jeunesse à partir de 8-9 ans (ski et montagne) paru en juillet 2012 Éditions de l’Astronome à Thonon (74) livre numérique.

• « Un ange au Pont des Fées », roman jeunesse à partir de 9-10 ans (montagne), paru en juillet 2012 Éditions de l’Astronome à Thonon (74) livre numérique.

Alors, bientôt en stage ?

Je m’ennuie, qu’est-ce que j’ m’ennuie…

On est en cours de quoi, déjà ?

Histoire-géo. Ah bon !? Ça existe encore ?

Regard désespéré vers la prof. Qu’est-ce qu’elle raconte ?

Pitchoun, plein d’une bonne volonté aussi soudaine qu’imprévue, décide de s’intéresser au babillage ininterrompu de Madame Pochot.

Louis XVI ; tiens donc… Et la révolution. Oui, oui, ça s’est mal terminé si mon souvenir est bon.

Danton ? Hum… Je revois the big Depardieu dans je ne sais plus quel film ou téléfilm.

« Maxime ?

– Oui, M’dame ? »

Maxime, c’est moi, même si tout le monde m’appelle Pitchoun. Ben oui, que voulez-vous…

Je sais bien que ça fait un peu antinomique mais tout ceci date sûrement du temps, lointain, où j’étais trop petit.

Qui a commencé à m’appeler Pitchoun, d’ailleurs ?

Ce serait ce grand cornichon de Bruno que ça ne m’étonnerait pas. Ou peut-être mon paternel, un jour de spleen qui n’arrive qu’à lui, quand ses élèves l’ont trop déçu, et moi aussi du coup, par osmose. Oui, mon paternel est prof. Que voulez-vous… On ne choisit pas toujours ses parents, un peu seulement, de temps en temps. Encore que Pitchoun, finalement, c’est plutôt sympathique comme diminutif, même si ça dit bien ce que ça veut dire.

« Qu’est-ce que je disais, là ? reprend Madame Pochot, persévérante.

– Eh bien, Madame, il me semble que vous abordiez avec empressement le vaste sujet de la Révolution française.

– Mais oui, mon jeune ami… Vous écoutiez donc ! » susurre un brin admirative la prof d’histoire, elle-même surprise qu’un tel loustic se nourrisse de son verbiage.

Sourire aguicheur du Pitchoun, pas mécontent de s’être réveillé à temps.

En fait, histoire-géo est l’un des rares cours que n’ont pas en commun le jeune ado et sa copine Chloé ; sinon, vous pensez bien que Monsieur se mettrait en quatre pour faire des étincelles.

Et comme la demoiselle Chloé, dotée, certes, d’un joli minois, mais surtout d’une intelligence rare, ne se laisse pas éblouir facilement, le bonhomme aurait été obligé de s’investir infiniment plus.

Coup d’œil discret par la fenêtre, le temps que Madame Pochot ramène Louis XVI à la maison, après sa fuite bidon à Varennes.

Enfin, mon roi, est-ce que ça se fait ça, de laisser son bon peuple en rade, empêtré dans des difficultés sans nom et affamé jusqu’au trognon ; bref, dans une mouise effroyable ? De quoi se sentir abandonné, forcément…

Pour autant, lui couper la tête servait-il réellement à quelque chose ? Une bouche en moins à nourrir, ont peut-être pensé quelques vilains cyniques. « Non, traître à son pays », ont déclaré les révolutionnaires patentés.

Bon… Louis XVI et sa Marie-Antoinette, la royalefermière, n’étaient peut-être pas taillés pour le rôle, même si la prof, grande duduche énamourée devant l’éternel, en pince manifestement pour eux.

Paix à leurs âmes ! Je vais doucement me laisser replonger dans un demi-sommeil.

Tiens, tiens… La prof principale libère tout son monde ; aurait-elle mis fin à la Révolution française ?

Pitchoun, tout à fait éveillé cette fois, jaillit de la classe comme un diable afin de rejoindre sa petite sœur, qui poireaute tranquillement devant le bahut.

Peut-on parler de sortie ordinaire de fin de journée presque maussade, et de conversation, non moins ordinaire, sur le chemin du retour ? Sans doute oui.

Dernier coup d’œil au collège pour voir si, par hasard, on n’a pas oublié un copain, voire une copine, sur le pas de la porte.

« Au fait, où tu vas, toi ?

– Quoi, où je vais ?

– Ben en initiation, tiens !

– Ah ! En stage, où veux-tu que j’aille ? À l’hôpital bien sûr.

– Quoi !? Pour soigner des malades ?

– Oui, pour essayer.

– Mais t’es pas bien !? Tu sais ce que c’est un malade ? C’est truffé de tuyaux partout, ça sent mauvais, ça vomit… Ça meurt même des fois. Ça ne te dérange pas, toi, de voir des morts ? De, de…

– Calme-toi, calme-toi ; ce n’est pas toi qui y vas. Ne t’inquiète pas », temporise Pitchoun pour apaiser sa sœurette en ébullition.

Quand Martine pète les plombs, ça se voit.

Son visage habituellement doux et paisible, à peine sorti de l’enfance, bien encadré par sa coiffure de brunette un peu sauvage, se prend subitement un coup de sérieux qui lui donne dix ans de plus ; fichtre !

De petite sœur qu’elle est, la gamine se transforme vite fait en grande sœur attentionnée pour son frérot préféré. C’est sûr, ce gros malin ne voit jamais les dangers susceptibles de le menacer ; enfin, c’est ce qu’elle pense… Il est vrai que son frangin est resté longtemps un peu trop petit, il était donc presque naturel de le surprotéger mais, maintenant que le bougre est en train de rattraper son retard, ça n’a plus vraiment de sens.

« Et puis je serai avec le cousin de Bruno. Je ne serai pas perdu, assure Pitchoun, cherchant à maîtriser les mains de sa sœurette qui volent en tous sens.

– Mais non, je crois bien qu’il est interne en maternité. Tu vas pas aller en maternité à ton âge ! s’émeut la jeune fille.

– Au moins, là, ce ne sont pas des malades qui meurent ! »

Moue pour le moins dubitative de la demoiselle, qui sait trop bien qu’un tel stage serait presque légitime parce que son frère adore les enfants.

« Et tu sais bien que je suis un grand bébé moi-même, se permet-il d’ajouter en catimini.

– C’est ça, fous-toi encore de moi ! rugit presque Martine.

– Mais non, mais non… Et puis, malheureusement, je ne serai sûrement pas en maternité. »

Invoquer Bruno et son grand cousin ne suffit donc pas à apaiser la demoiselle ; c’est nouveau, ça !

Est-ce que le meilleur copain du Pitchoun serait moins bien en cour auprès de sa frangine ?

Le petit jeune homme en tournicote quelques-unes des mèches rebelles de sa blonde tignasse ; il réfléchit…

Au cinoche, l’autre jour, il me semble pourtant bien qu’il ne lui a pas lâché la main de tout le film.

« Et Chloé, qu’est-ce qu’elle en dit ? »

Ça, c’est l’argument majeur invoqué par Martine quand elle sent qu’elle perd pied.

Pitchounet remet sa mèche en place, sentant qu’il reprend le dessus.

« Alors, qu’est-ce qu’elle en dit, Chloé ? »

Le jeune garçon sourit malicieusement, hochant la tête avec amusement, préparant une réponse à la hauteur ; ce qui, visiblement, a le don d’agacer sa sœur.

« Alors ?

– Alors quoi ? C’est pas ma mère !

– C’est tout ce que tu as trouvé !? Tiens, je le lui dirai, elle sera contente !

– Tout de suite les grands mots ! »

Prudent, le Pitchoun, qui essaie de mesurer la capacité de nuisance de sa petite sœur quand elle est en pétard.

« En fait, elle n’en sait rien, explique-t-il benoîtement.

– Ah oui !? Tu ne veux pas lui dire ? siffle-t-elle, lèvres serrées.

– Mais non… Tu exagères toujours ! Et puis Bruno va peut-être venir avec moi.

– Ah non, sûrement pas ! » s’offusque Martine.

Je vois, qu’effectivement, ils sont à nouveau très proches, se pense tout seul Pitchounet, plus que rabibochés après une période durant laquelle on ne savait pas s’ils voulaient vraiment se conter fleurette. Depuis le temps qu’ils se cherchent, ces deux-là, en alternant chamailleries et périodes bleues ou roses…

« Bon, je m’en vais, tu me fatigues », décide-t-il soudain.

Hop ! Demi-tour ; la patience du Pitchoun a des limites.

Il est vrai qu’effectuer son stage à l’hôpital lui fait un peu peur ; essayer pour de bon de soigner des gens, c’est gonflé tout de même, quand on y pense.

Comme tout le monde, notre bonhomme n’aime pas les piqûres, alors de là à les faire lui, ce n’est pas demain la veille ! Encore que travailler dans un hôpital tout neuf, comme celui où il devrait être affecté, ça doit être sympa ! Chacun se rassure comme il le peut…

« J’sais pas pourquoi j’ai été lui dire que Bruno viendrait avec moi », marmonne-t-il entre ses dents. En fait, il ne sait pas ce qu’il veut faire, alors pourquoi ne pas m’accompagner, après tout !

Pitchoun enfourche allègrement son biclou et fonce à la maison.

Bah oui, une interro de maths à préparer ; le quotidien quoi !

Il fonce mais évite soigneusement les flaques semées le long de son chemin par la pluie printanière et désordonnée qui s’est invitée la nuit dernière. Tout ça pour ne pas se faire engueuler par môman, qui fait « vilain » chaque fois qu’elle constate que le bas de son jean est tout trempé.

On dirait que le printemps a du mal à se mettre en route, cette année encore, même si les forsythias étalent leur jaune pétant à la face du monde tandis que les magnolias explosent en fleurs abondantes où le rose et le blanc sont tendrement mêlés.

Au fait, où se cache-t-elle, notre Chloé ?

Pitchoun reconnaît qu’il a un pot incroyable cette année, puisqu’il se retrouve dans la même classe que sa « chérie ».

Oui mais, du coup, le voilà obligé de faire des prouesses, même en maths qui, il faut bien le dire, n’est pas sa passion première.

En histoire, il voulait bien essayer de faire le spectacle et se montrer à la hauteur de sa copine mais, on le sait, ils ne sont pas ensemble et, pour le reste, c’est infiniment plus difficile. C’est que c’est une bosseuse, la Chloé… Sexy et intelligente ; ça fait beaucoup !

Il faut qu’il s’accroche, le Pitch, même s’il a pris une longueur d’avance sur ses potes le jour où il a sauvé la jeune fille des griffes d’un vieux perturbé1.

Et puis, les filles, on ne sait jamais vraiment ce qu’elles pensent ; un jour elles sont « tout chose » et, le lendemain, elles ne te connaissent plus. C’est assommant de ne jamais savoir sur quel pied danser ! Comme la plume au vent… Qui a écrit ça déjà ? Je ne sais plus.

Je ne suis pas un intello, mais il y a au moins un trucdont je me souviens : Souvent femme varie, bien fol est qui s’y fie… Sauf intox, ça doit être François Ierqui a pondu cette foutue maxime.

« Il est bien certain qu’elles doivent être tributaires de leurs variations hormonales, ces petites chéries, surtout en période de menstruations, comme on dit dans les bouquins de sciences de la vie et de la terre ; de règles quoi », soliloque gentiment Pitchoun.

« Encore que Chloé n’aime guère s’épancher sur ce genre de petites misères, contrairement à Martine, qui a fait toute une histoire la première fois qu’elle a été réglée ; mal au ventre, très mal au ventre même, mal à la tête, nausées… Cassée elle était, la pauvre petite ! »

Bruno lui-même en était tout marri, ne pouvant faire grand-chose pour sa dulcinée. « Il existe sûrement des médocs un peu efficaces », se lamentait-il, ne comprenant pas la sérénité affichée de la maman de Martine.

Ce n’est pas simple de devenir une femme, en particulier quand on n’en a pas réellement envie !

Bon, les équations, ça va bien un temps. C’est comme pour le foot, il suffit de s’entraîner mais, quand même, ça finit par faire chauffer la tête un peu trop.

*
*       *

« Dis donc, petit rigolo, tu es allé dire à ta sœur que j’allais avec toi en stage à l’hôpital ? Tu ne sais pas que je flippe dès que je vois une goutte de sang ?

– Si, si, justement !

– Quoi justement ? reprend Bruno sur la défensive.

– Ben, ça te fera le plus grand bien, assure tranquillement Pitchoun à son vieux copain. Et puis, là ou ailleurs, puisque tu ne sais pas ce que tu veux faire… »

Moue plus que dubitative du camarade Bruno, les mains engoncées jusqu’au plus profond des poches de son vieux et éternel survêt, symptôme d’une réelle contrariété.

« Tu veux faire un stage au palais de justice ?

– Ah non !

– Dans un garage ?

– Non plus, je ne supporte pas les odeurs d’essence ni celles des gaz d’échappement.

– À l’usine ?

– Encore moins.

– Comme pédago alors ?

– Tu m’as déjà regardé, avec ma patience légendaire ? Je leur foutrais des baffes à la moindre ânerie. Ou alors comme prof de gym peut-être… Tiens, pourquoi pas !?

– Bah, tu devrais postuler pour le service de médecine du sport.

– Ah ouais, bonne idée ! Je te remercie, vieux !

– Pas de quoi », lâche finalement Pitchounet, pas mécontent de son coup...

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