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pageTitre
Du même auteur, dans la même collection :

Dans la peau d’une autre

Dans tes rêves

Véra

Depuis un moment, je n’entends plus souffler Théo dans mon dos. Au lieu de m’inquiéter, ce silence m’agace. Je n’ai pas envie de ralentir encore. Déjà qu’on se traîne à une allure de paresseux...

Je m’arrête en plein milieu du sentier, me retourne et lance à mon frangin :

– Remue-toi un peu, espèce de boulet !

Une vingtaine de mètres en contrebas, Théo m’adresse un sourire navré qui ressemble à une grimace. Avec ses guiboles de sauterelle, on pourrait croire que cet échalas est taillé pour la randonnée. Mais non, au contraire. J’ai toujours l’impression qu’il vient d’apprendre à marcher quand je le vois poser un pied hésitant devant l’autre – comme un bébé de bientôt seize ans.

J’attends qu’il me rejoigne à l’ombre de la falaise que nous longeons depuis la fin de matinée. À son rythme, il va nous falloir deux jours pour atteindre les crêtes au lieu d’une après-midi.

Bon, c’est ma faute, aussi. J’ai insisté pour l’embarquer avec moi, histoire de nous aérer et de ne pas devenir dingues enfermés dans le chalet. Et de fiche la paix à Tom pour qu’il termine son bouquin. Papa déteste qu’on lui tourne autour quand il écrit, surtout à l’approche du point final. Il n’arrête pas de grogner, un vrai ours.

Alors j’ai décidé qu’on grimperait au sommet de Bald Hill, la bien nommée colline chauve, Théo et moi. On y plantera la tente cette nuit. Juste avant l’été, le parc national des Badlands vaut le coup d’œil. Le Dakota du Sud a su préserver son aspect sauvage. On se croirait revenu au temps des pionniers. Un Indien ou un trappeur surgirait de derrière un rocher que ça m’étonnerait à peine.

Théo arrive enfin à ma hauteur, en nage et haletant.

– J’ai besoin... de faire... une pause...

Il se laisse tomber à même le sol en poussant un soupir de soulagement.

– On n’atteindra jamais le sommet avant la nuit, je lui signale. On marche seulement depuis trois heures.

– Tu appelles ça « marcher » ? Bon sang, tu crapahutes comme un bouquetin !

Quand il se met à faire des phrases, je sais que Théo est encore capable de fournir un effort. Il faut dire que je le connais mieux que personne.

– Merci pour la comparaison. Allez, relève-toi, chiffe molle !

Je souris en lui tendant la main.

– Je proteste contre le mauvais traitement que tu prends un malin plaisir à m’infliger, ronchonne-t-il dans son style inimitable.

Néanmoins, il ne refuse pas mon aide.

– Pourquoi ai-je accepté de te suivre ? continue-t-il. Une petite balade en montagne, tu parles ! J’aurais dû me douter que tu m’entraînerais dans une marche forcée digne d’un commando de GI...

– Tu vas arrêter de râler, oui ? Ce n’est qu’un petit trek de rien du tout. Courage, on a fait le plus dur. Et je connais un raccourci pour atteindre le sommet.

Pour la première fois depuis ce matin, Théo affiche un air ravi.

– Enfin une bonne nouvelle !

– La voie est un peu technique, mais si tu suis mes indications, tu réussiras sans problème.

– Je suis prêt à tout si cela m’épargne des heures de torture.

– Donne-moi ton sac, je vais le porter.

– En plus du tien ?

– C’est rien du tout, je t’assure.

Le sac de Théo ne contient pas grand-chose de lourd : un kit de premiers secours, son duvet et une douzaine de ses barres de céréales préférées, pas plus. Je me suis déjà chargée du matériel d’escalade – corde, baudriers, mousquetons –, de la tente et du réchaud pour la popote de ce soir. Alors je ne suis plus à quelques kilos près !

– Assez causé, feignasse, on s’y remet. Je veux arriver avant la nuit. Un petit effort et on y est !