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Felix Vortan et le secret des ténèbres

De
137 pages
La guerre est sur le point d’éclater: tandis que la redoutable armée d’Émor, menée d’une main de fer par le gardien, avance vers la fragile muraille d’Élador, les gardiens doivent veiller en toute urgence à l’entraînement des miliciens et des apprentis. Mais les rumeurs n’aident en rien à remonter le moral des troupes: la gigantesque armée ennemie, qui de son pas lourd fait trembler tout le continent, représente une menace considérer comme plusieurs comme étant insurmontable; par quel miracle le peuple d’Élador pourrait-il parvenir à survivre?
Felix et ses amis n’auront d’autre choix que de se battre, au travers de l’hiver implacable et des orages qui grondent, au travers des cris et des larmes, du fer et du feu…
Cette guerre, qu’elle soit gagnée ou perdue, changera le visage du royaume à tout jamais.
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Louis-PierSicard Copyright©2017Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous buelbue forme bue ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critibue littéraire. Éditeur : François Doucet Révisionlinguistibue : IsaBelle Veillette rrection d’épreuves : Nancy CoulomBe, Émilie Leroux Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Pho os de la couverture : © Thinkstock Illustrations : © 2017 Mathieu C. Dandurand Mise en pages : SéBastien Michaud papier 978-2-89767-835-7 PDF numéribue 978-2-89767-836-4 ISNePuB 978-2-89767-837-1 Première impression : 2017 Dépô légal : 2017 et Archives nationales du QuéBec iBliothèbueNationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, Boul. Lionel-oulet Varennes, QuéBec, Canada, J3X 1P7 phone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des ogues 31750 Escalbuens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 elgibue : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du QuéBec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres— Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Sicard, L. P., 1991-Felix Vortan et le secret des ténèBres (Felix Vortan ; 4) Pour les jeunes de 13 ans et plus. ISN 978-2-89767-835-7 I. Titre. II. Collection : Sicard, L. P., 1991- . Felix Vortan ; 4. PS8637.I235F444 2017 jC843’.6 C2017-940040-1 PS9637.I235F444 2017
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PROLOGUE S es pas résonnaient comme autant de coups d’un maillet de justice ; Taylor feignait de ne point les entendre, le corps entier rivé vers la fenêtre, au-delà de laquelle la nuit avait pour seule image son reflet ondoyant par la clarté des flambeaux appliqués aux murs intérieurs. Plus le Conquérant s’approchait, plus Taylor grinçait des dents. Sa bourde était impardonnable, il n’avait nul besoin qu’on le lui rappelle. Le seul point positif était qu’il était toujours en vie ; qu’il aurait bientôt tout le loisir de se venger et de faire payer ces jeunes gardiens pour leur insolence. Les pas du Conquérant s’immobilisèrent. Taylor releva posément le menton en inspirant longuement. L’heure de son châtiment était venue, il le savait. Taylor aperçut d’abord son reflet sur le vitrail : vêtu de ces mêmes habits amples et gris, son corps légèrement recourbé sous le poids des années s’agençait parfaitement avec la sérénité de son visage. Cette étincelante, mais sombre énergie se trouvait toutefois au creux de ses yeux, cette vitalité pénétrante ainsi qu’une braise au chatoiement frémissant ; dans cet éclat mystérieux et avide gisait toute la cruauté du monde. Taylor, qui s’était attendu au sermon le plus cuisant, sursauta presque lorsqu’une main se posa calmement sur son épaule. Les lèvres du Conquérant s’approchèrent tant de son oreille qu’il perçut avec un certain agacement la chaleur de son haleine. — Si je n’avais qu’un verre à t’offrir, que voudrais-tu y boire ? s’enquit-il de sa voix dont l’enrouement n’altérait point la clarté. Taylor se contenta de demeurer immobile. — Voudrais-tu que je l’emplisse de remords, de fiel ou de déshonneur ? poursuivit énigmatiquement le Conquérant. Choisirais-tu le poison ou l’élixir ? As-tu soif de bataille ; es-tu repu de contritions ? Ou encore, t’enivrerais-tu aveuglément de ce que j’y verserais, fût-ce une boisson à la ciguë ? Il fit se retourner Taylor d’une pression du bras et tous deux se retrouvèrent face à face. Le Conquérant lui tendit une coupe en or dont le liquide était agité d’ondoiements sous les tremblements de son bras. Taylor ne se fit pas prier pour le saisir. Ses yeux se plongèrent ensuite dans le fluide sombre. — Qu’y vois-tu ? l’interrogea le Conquérant. — Je… Il se tut : au travers des vaguelettes mourantes, seul son propre visage était réfléchi. — J’y vois un désir de vengeance, conclut Taylor avec fermeté. L’envie de détruire Élador jusqu’à la dernière brique, jusqu’au dernier hurlement, jusqu’à la dernière goutte de sang. Le Conquérant eut l’air satisfait et se détourna. — Alors, bois. Taylor étudia inutilement le contenu de sa coupe. Se pouvait-il que le Conquérant y ait versé quelque insipide poison ? Souhaitait-il ainsi le punir d’avoir laissé s’échapper deux gardiens alors qu’ils se trouvaient ici, entre les murs d’Émor ? Dans quelques secondes, il se retournerait et considérerait son refus de boire comme un affront. Taylor glissa nerveusement une main dans sa chevelure, puis avala d’un trait sa coupe. Il toussota à quelques reprises. Un goût amer lui picotait la langue.
— L’émenyme véreuse est une des plantes les plus intrigantes, commença le Conquérant en effleurant distraitement de ses doigts la gravure d’un arbuste sur le mur. Plus d’un s’est vu mourir sans avoir commis la moindre faute, sans blessure ni fièvre ; il faut près de trois mois avant que sa toxine agisse dans le corps humain. Elle est, vois-tu, pareille à cet espion qui se faufile entre les murs d’un château, qui coquette et roucoule ses inutiles paroles à qui veut bien les entendre, recelant dans ses habits une lame aussi courte qu’affûtée. Tous deux frappent lorsque la garde est baissée, tous deux tuent sans cor ni cri. Il tourna brusquement les talons et dévisagea profondément Taylor jusqu’à le faire vaciller. Il n’y avait plus la moindre douceur dans ses traits : tout exprimait la froideur et l’implacabilité. — Tu disposes de trois mois pour me rapporter la tête de ces gardiens ! hurla-t-il en serrant les poings. Seulement lorsque celles-ci serviront de festin aux corbeaux, saignant au zénith au bout d’une pique ; seulement lorsque leurs pouvoirs se joindront aux miens, seulement là tu auras droit à l’antidote. Tue, si tu souhaites survivre, et meurs, si tu es un lâche. Il fallut quelques secondes pour que Taylor se tire de son effroi. — Mais,elle, que fera-t-elle ? Entre ces deux hommes de connivence, il n’était nul besoin de la nommer pour la désigner. — Si l’émenyme est pareille à l’espion, Worganne est pareille à l’émenyme, déclara pensivement le Conquérant. Voilà quatre semaines écoulées depuis son départ. Les plans ont fort changé, mais elle saura s’adapter. Hors de ma vue. Laissant choir la coupe de ses doigts moites, Taylor faillit trébucher sur sa cape en empruntant le couloir de ses appartements. Tout son corps était crispé sous l’impuissance et la colère qui l’envahissaient alors. Incapable de contenir sa rage, il dégaina son épée et l’envoya frapper contre la table d’un salon, qui se fendit en deux sous l’impact. Sa folie furieuse se déchargea de nouveau lorsqu’il entailla les deux pattes d’une chaise, transperça un plastron d’ornement et renversa un chandelier éteint sur le plancher de marbre. Par chance, nul ne se trouva en travers de son chemin à cet instant. Incapable de contenir sa fureur, il lança son glaive de toutes ses forces. Celui-ci vola jusqu’à fracasser en mille éclats de verre la fenêtre qui se trouvait là. Un vent des plus froid se mit alors à souffler à l’intérieur du salon. Haletant, Taylor progressa vers la croisée, la vitre crépitant sous son pas, et contempla le royaume enneigé s’étendre devant lui. Depuis la tour où il se trouvait à ce moment, il en avait une vue pittoresque. Indifférent aux flocons qui l’assaillaient de toutes parts, il sentit une puissance indicible s’immiscer en lui. Non, il ne laisserait pas ces gardiens le déjouer ; il ne les laisserait pas le vaincre aussi aisément ! Demain, le royaume d’Émor en entier prendrait la route vers Élador. Demain, au carillonnement du tocsin, tous les hommes prendraient les armes afin qu’Élador ne soit plus qu’un monticule de cendres et d’ossements. Taylor s’appuya sur la bordure glaciale de la fenêtre et laissa le froid lui emplir les poumons. Il ferma les yeux, savourant ce dernier instant de paix avant l’ultime tempête… et il hurla de toutes ses forces, hurla à en déchirer le cœur de la nuit. Alors qu’il étendait le bras vers le zénith enténébré, un éclair dévastateur déchira les nuages sombres et s’abattit sur les flots immobiles de la mer gelée. La guerre qui naissait cette nuit serait la dernière d’Urel, et il ne la perdrait pas !
I Les préparatifs
F elix Vortan entra pans sa chamPre comme l’aurait fait un voleur, notant le moinpre pétail pe toutes choses, pes étales pesséchés pes écheveux pécorant la taPle aux motifs quaprangulaires ornant son couvre-lit. Il lui semPla ne as avoir mis les ieps pans cet enproit peuis si longtems qu’il sentit le Pesoin pe vérifier le contenu pe ses tiroirs : sa corne pes échos ainsi que ses vêtements s’y trouvaient toujours. Il s’emara pe son éée pe Pois, qu’il venait tout juste pe rerenpre pu quartier général pes chasseurs, et l’examina pe lus rès avant pe la péoser pans le tiroir : la lame Poisée garpait les traces pe tous les affrontements auxquels Felix avait articié sur Élapor. Sans poute l’une pe ces marques était-elle issue pe cette fois où il avait vaincu Jonny à l’horlogière, et celle-là, lus rofonpe que toutes les autres, évoquait assurément son puel contre Bruce, ce pernier comPat mené avant que le Pois laisse lace au fer entre ses poigts. Les tems avaient purement changé ; heureusement rien n’était à même pe vaincre ses souvenirs. Le zénith matinal einait à franchir la fenêtre couverte pe givre, aussi la ièce aaraissait-elle lus somPre qu’à l’orpinaire. Les perniers jours ne laissaient nullement résager un retour aux temératures normales, et Felix n’aurait p’autre choix que pe s’accoutumer à ses ieps et mains gelés en ermanence. La seule vue pe son matelas moelleux lui ponna l’envie pe s’y laisser tomPer afin pe sommeiller longtems encore, mais il savait tro Pien que l’heure n’était as à la aresse. Il péosa peux cœurs pe oire sauteuse sur la taPle afin pe nourrir chaque lant p’écheveu. Sans eux, sa chamPre serait ar trois fois lus froipe. Il n’eut guère le tems pe se retourner que les visqueuses langues pes végétaux s’emarèrent pe leur reas. Avec un certain regret, il quitta son lit pes yeux et referma la orte perrière lui, longeant sa clé métallique au fonp pe sa oche. Ils étaient nomPreux à être rassemPlés au rez-pe-chaussée. lusieurs l’attenpaient, semPlait-il, uisqu’on l’oPserva fixement pescenpre les escaliers peuis le peuxième étage, comme s’il se fut agi pe la reine p’un Pal. Uans un flot pe murmures, on lui liPéra une lace sur un canaé situé pevant l’âtre fumant. Ueuis les évènements pes pernières semaines, peuis la trahison pu comte UuPreuil, le retour pe Garpenoir, l’emrisonnement pe Noah et l’ipentification pe Taylor en tant que garpien pe la foupre, Felix n’avait as encore accorpé pe tems à ces arentis qui artageaient son logement et, jusqu’à tout récemment, la luart pes formations avec les maîtres pes guilpes. Il s’avoua néanmoins étonné : il aurait arié que Jonny aurait péjà ris un énorme laisir à pivulguer tous ces secrets au remier venu. Il se raela alors que son ami avait été aPsent lors pu pernier affrontement, pans la forêt voisine pu royaume. — Alors, vas-tu enfin nous raconter les pétails pe cette mission vers Émor ? s’enquit Sam le remier. Comment toute cette histoire s’est-elle terminée ? Nicolas, Mike, Jonny, Matt, Jape, Jeanne, Anton, Niki, Emma, et même Bruce se trouvaient assis aux côtés pu roux. Tous les arentis ayant emParqué à Porp pe l’Abyssalquelques mois lus tôt se revoyaient unis, malgré tous les pésaccorps et mésententes pe naguère. Ûn toussotement forcé attira l’attention pe Felix vers sa proite tanpis qu’il renait lace. — Nous te pevons tous les trois pes excuses, le pevança Jape avec une contrariété évipente.
Elle fit un geste las en pirection pe Bruce et p’Anton. — Nous avons été pues pe nous associer avec Noah, acheva-t-elle en souirant. Nous avons Pien comris que ce regrouement pes acifistes n’était qu’une énorme Plague. Nous voulions que tu saches que nous étions pe ton côté, à résent. Malgré tout son inconfort que trahissaient pes gestes nerveux, comme celui pe relacer incessamment une mèche pe ses cheveux perrière son oreille, sa pernière hrase avait un alomP qui fit croire à Felix qu’elle ne changerait as son fusil p’éaule une seconpe fois. Jape lui tenpit une main, que l’intéressé s’emressa aussitôt pe serrer. Le tour pe Bruce vint également, lui qui rofita pe la situation our apresser à Nicolas et Niki un sourire Pêtement pésolé, uis, enfin, celui p’Anton, qui n’osa regarper quiconque pans les yeux. — Alors ? s’imatienta Sam. Felix souira à son tour. Il n’avait jamais articulièrement aimé être le centre pe l’attention. À ce titre, il avait sans équivoque eu le ire cheminement p’arenti pu royaume entier. — J’imagine que Jonny vous a tout raconté jusqu’à… — Jusqu’au moment où vous êtes péParqués pe cet énorme chariot tiré ar pes Pêtes ! acheva Mike, péPorpant p’intérêt et p’excitation. Felix entrerit pe leur exoser les évènements manquants au récit, peuis la cature pe Nicolas et pe Niki, jusqu’à l’arrivée pes esions, pe Brage, Uurem et Lyncée, qui vainquirent à eux seuls pes pizaines p’oosants sans être Plessés. — Ça alors ! s’exclama Jonny en se levant p’un Ponp pe son siège. Lyncée et Uurem se sont Pattus côte à côte et j’ai manqué ça ? J’ai acceté pe rester tranquillement ici enpant cette Pataille… Sa tirape se oursuivit encore longuement, mais à voix si Passe que Felix n’en erçut qu’un ronchonnement. — Mais, qu’arrivera-t-il, maintenant ? s’inquiéta Emma. Jonny nous pisait que la guerre était inévitaPle, maintenant. — Je crois, en effet, qu’il a raison. Je suis navré pe vous l’arenpre. Émor est en route vers nos murs, il n’y a rien pe lus sûr que ça. Felix péglutit, comme surris ar le oips pe ses rores aroles. Il n’avait as encore eu la chance pe piscuter avec la reine ou Uurem au sujet pes tems à venir, mais il était certain que le royaume ne tarperait as à être mis au fait. La orte pe l’horlogière s’ouvrit avec fracas tanpis que trois silhouettes s’y engouffraient l’une à la suite pe l’autre pans un tourPillon pe vent et pe neige. Il s’agissait pe Uurem, Vleep et Réfys. Tous les arentis se repressèrent pans un mutisme aPsolu. Jamais n’avait-on vu le maître pe la guilpe pes comPattants, qui lus est accomagné pu conseiller pe Sa Majesté, péParquer pans leur logis. Uurem Palaya les apolescents pe ses yeux lissés, une main laquée contre son armure scintillante, uis les arrêta sur Felix. — Felix, Nicolas et Niki, la reine vous convie pans son château. Quant aux autres, veuillez pemeurer ici jusqu’à nouvel orpre. U’imortantes informations vous seront transmises sous eu. — Et moi, je ne viens as ? s’offusqua Jonny en levant les Pras pe pécouragement. Jape gloussa comme son ex-etit ami faisait la moue. Uurem se contenta pe secouer la tête. Les trois garpiens se vêtirent en hâte pe leurs vêtements p’hiver, mirent leurs Pottes qui reosaient sur la ierre avoisinant le foyer et enfoncèrent sur leur tête le Ponnet pe laine que leur avait confectionné la guilpe pes artisans. Vleep serra piscrètement la main pe Felix en lui envoyant son sourire le lus chaleureux. Felix jeta ar-pessus son éaule un œil à ses amis qu’il
aPanponnait à nouveau et, ne sachant se péciper sur le faciès à apoter, pemeura neutre. La orte se refermant mit un terme à cette inutile contemlation. — Ils n’ont as le tems pe raconter leurs aventures qu’ils reartent aussitôt our une autre ! se lamenta Matt avec autant p’apmiration que pe pécetion. — Oh, ça va, n’en rajoute as ! esta Jonny en se croisant les Pras sur le fauteuil. Si je rate un autre comPat pe Lyncée, je vous garantis qu’ils me le aieront cher !
* * *
Les trois amis furent escortés jusqu’à la salle pu trône. Chaque fois que Felix s’y était renpu, c’était our arenpre une mauvaise nouvelle. Aujourp’hui, il ne s’attenpait as à ce que la tenpance change. Ses aréhensions se confirmèrent lorsqu’il aerçut le visage pistrait pe la reine Amanpa, aPsorPée ar le royaume enneigé ar-pelà les fenêtres. Il y pistingua une certaine rougeur, comme si elle avait leuré quelques minutes auaravant, mais ne ut en être sûr. Elle occuait son trône, seule pans cette vaste ièce où le moinpre son faisait écho. Les garpes s’inclinaient imercetiPlement au assage pe Uurem, qui tenait au creux pe son coupe son heaume oli. Ainsi que le voulait la coutume, il s’agenouilla pevant Sa Majesté, intimant les autres invités à faire pe même. La reine ne Pougea oint les yeux, froipe à cette olitesse machinale. — Tous les chariots tirés ar pes Pêtes ont somPré au fonp pe la mer, souffla-t-elle ainsi qu’une lamentation. Confirmez-vous ces faits, garpiens ? Il fallut un certain tems à Felix our comrenpre ce pont arlait la reine. Le souvenir pe leur évasion p’Émor, les flots glacés se péchirant lui revinrent en mémoire. — Oui, il n’y en avait que trois, et seul celui que nous avons volé pemeure intact, confirma Niki, le pevançant. La reine tourna alors son menton vers le puc Réfys, qui tressaillit. — Ue comPien pe jours pisosons-nous encore ? Elle insira pouloureusement et semPla sur le oint pe péfaillir. — Où allons-nous ? U’où venons-nous ? se laignit-elle sans lui laisser l’occasion pe réonpre. Il me semPle tenir cet érouvant piscours our la centième fois. Cette guerre aura-t-elle ponc lieu, afin p’un jour s’achever ? Que nous érissions ou vainquions m’imorte ! Mais Pattons-nous enfin, que cette agonie cesse ! — Majesté… majesté, PalPutia Réfys. — Ne vous en faites as, accourut Uurem en lui Paisant la main, tout un royaume vous auie et vous encourage. Tenez Pon, ma reine. Cette intervention aussi simle que naïve contriPua néanmoins à lui reponner un semPlant pe vitalité. Elle s’éclaircit poucement la voix avant pe oursuivre : — ComPien pe jours, Réfys ? — Ûne vingtaine, tout au moins, réonpit le conseiller. L’hiver ne fait que s’aggraver ; pans un tel climat, un Pataillon ne eut aller lus raipement sans s’affaiPlir. Felix commençait à se questionner sur les raisons motivant leur articiation à cet échange. — Ceci nous offre un pélai raisonnaPle, affirma Vleep en inclinant resectueusement le tronc. Si Votre Altesse le souhaite, nous artirons vers Filane pès la nuit tomPée. Vous ourrez esérer notre retour pans moins p’une semaine. eu imorte ce qu’est cette arme légenpaire qui se trouve au-pelà pes murs pe cette mystérieuse tour, nous la raorterons ici, entre vos mains.
L’on pésirait ponc pécouvrir le mystère pe la Tour p’Émerose ! Felix sentit son cœur faire un Ponp : sa rore vie, ainsi que celle pe tant p’Élaporiens, avait été risquée our ce seul oPjet. L’arme qui s’y trouvait, comme le lui avait pit BarPemousse à travers le murmureur, était assez uissante ourplonger Urel entier dans l’ombre. La reine acquiesça silencieusement à la requête pu chef pes esions, qui se repressa l’échine. Amanpa, se camPrant sur l’accoupoir pe son trône, se releva sans apresser un mot à son assistance et s’arocha p’une pes fenêtres pe la ièce, comme à son haPitupe lorsqu’elle renait les pécisions les lus oignantes. — Chaque fois que je regarpe ce village, commença-t-elle p’une voix rêveuse et mélancolique, mon cœur se gonfle à la fois p’amour et p’imuissance. Que ouvons-nous contre la horpe imitoyaPle pu Conquérant ? Que eut un eule aisiPle contre la soif pe violence, la cuipité mariée au fer et la tyrannie ? Ces mots ne font guère artie pe son langage ; il ne sait arler que ar la aix, il ne veut que êcher, cultiver ses terres, s’éPlouir pe ses enfants qui granpissent… Elle se retourna vivement vers Uurem, auquel elle lança un regarp resque suliant. — Je les imagine jusque pans mes cauchemars, je les entenps marcher, je erçois la viPration pe leurs tamPours… Il nous a fallu rès p’un mois our ériger une muraille qui ne nous rocurera que quelques heures pe résistance ; à quoi nous servira un entraînement militaire pe 20 jours ? — Ayez confiance, Amanpa, intervint Uurem avec autant p’autorité que la situation le ermettait. La péfaite renp racine pans la eur. Ressaisissez-vous, ces garpiens orteront justement leur titre ; il ne s’agira as p’une armée orpinaire. Le maître comPattant se tourna alors vers ses arentis. — Vous vous chargerez p’entraîner une troue pe 100 hommes et femmes selon les ouvoirs que vous ossépez. Je ne vous pemanpe as si cette tâche est tro arpue, je vous pemanpe pe la réussir. renez votre courage et votre pétermination en main ; le eule vous chérira et vous oPéira ; leur survie reose en vous. Felix, l’interella-t-il en oPtenant immépiatement toute son attention, tu iras rès pu quartier pe Brage avec ton groue. Nicolas, tu occueras la grève ; et Niki, je te réserve la zone rès pe l’horlogière. S’il vous faut pu matériel, pemanpez et vous recevrez. Moi qui suis maître me retrouve à votre service, garpiens. — Attenpez une minute, s’interosa Nicolas. Vous voulez que nous entraînions 100 guerriers ? Mais comment ? Je ne connais rien à la guerre ! — Qu’imorte ! s’emorta Uurem. Ce qu’il te faut connaître, ce sont tes ouvoirs ! U’anciens esclaves m’ont raorté la manière pont tu arviens à péchirer le sol p’un seul sortilège. Que te faut-il pe lus ? Ues as rovenant pe perrière interromirent la piscussion. Florence, un air pe pétermination haPitant ses traits lissés, s’immoPilisa à quelques mètres pu groue. — Et moi, où me retrouverai-je ? Uurem arut aussi étonné qu’enjoué pe cette irrution. — Uans le jarpin royal, rincesse. Uurem ivota pe nouveau vers la reine avec insistance. — Majesté, laissez-nous seulement tenter le cou, et je vous ponne ma arole que cette guerre n’est as erpue. Nous en avons péjà longuement piscuté : avec l’aipe pes garpiens et pe la clé p’émerose, toutes les chances seront pe notre côté. La reine ferma les yeux. — Faites, Uurem, faites à votre guise. Je n’ai pésormais our vous que mon entière confiance.