Fuego

De
Fuego raconte les aventures extraordinaires d’Axia, une petite elfe courageuse, désignée par l’oracle pour enrayer la malédiction du méchant sorcier Berlin Gueauld. Depuis onze lunes, la Rose-Des-Pluies a disparu et le pays souffre d’une terrible sécheresse. Axia part en quête du sorcier. Sur son chemin, elle rencontre Nathan, un apprenti sorcier, et le petit dragon Fuego. Les trois compagnons réussiront-ils à déjouer Berlin Gueauld et à restaurer la pluie dans leur beau pays?
«Cette […] histoire, racontée par touches vives, avec des personnages dont les caractères sont intelligemment esquissés, pose, oui, de très anciennes et de très essentielles questions. Et elle les pose avec une forme légère, illuminée d’humour, non pas pour alléger le propos, mais pour y entrer par des voies inhabituelles.»
- (Paul Lefebvre, préface)
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782897440268
Nombre de pages : 100
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Du même auteur

Safari de banlieue, Théâtre, Prise de parole, 2003.

Stephan Cloutier

Fuego

Théâtre

Prise de parole
Sudbury, 2004

Données de catalogage avant publication (Canada)

Cloutier, Stephan

Fuego / Stephan Cloutier.

 

Pièce de théâtre.
Pour enfants.

ISBN 2-89423-157-1

I. Titre.

PS8555.L6798F83   2003       jC842’.6       C2003-906749-1

 

Distribution : Dimedia

 

 

Photographies en page couverture et à l’intérieur : Annie Auger
Conception de la couverture : Olivier Lasser

 

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

 

Copyright © Ottawa, 2004

 

 

ISBN 978-2-89423-157-9 (Papier)
ISBN 978-2-89423-416-7 (PDF)
ISBN 978-2-89744-026-8 (ePub)

Je dédie ce texte à Alain Jean,
pour le feu retrouvé.

Petit éloge de la fiction
pour les petits

 

Les enfants ont droit à l’art. Et dire qu’on les emmène au théâtre pour les éduquer! Parce qu’ils sont le public de demain. Parce que c’est important la culture, et d’être cultivé, et qu’il vaut mieux commencer tôt. Toutes de mauvaises raisons. Lorsque nous allons au théâtre, ou au cinéma, ou à la danse, nous n’y allons guère pour nous faire donner des leçons. Nous y allons parce que nous voulons voir et entendre des témoignages de la condition humaine « à travers le prisme de la beauté », comme le dit la belle expression de Wajdi Mouawad. Nous y allons souvent pour assister à une fiction, pour nous faire conter une histoire afin que le chaos du monde ait un sens, même si ce sens est effrayant, même si ce sens nous dit que le chaos est bel et bien le chaos. Nous y allons surtout pour vivre une expérience où nos sens et les diverses dimensions de notre psyché – émotions, raison, intelligence, mémoire, inconscient – sont sollicitées ensemble, en même temps, sans hiérarchie. Dans ces moments-là, nous sommes un. Et cette globalité de l’être qu’apporte l’expérience artistique, nous voudrions sous prétexte d’éducation et de pédagogie la nier aux enfants? Les enfants ont droit à l’art. Les enfants ont droit à la fiction. Les enfants ont droit au théâtre dans ce qu’il a de mystérieux. Car les pièces de théâtre sont à la Cité ce que les rêves de la nuit sont aux individus : des représentations du monde qui permettent de trouver des solutions imaginaires aux questions que la raison et la volonté sont incapables de résoudre seules. Les enfants ont droit à des fictions qui ne s’expliquent pas en deux coups de cuiller à pot. Si Hamlet s’expliquait en une ou deux idées bien claires, le jouerait-on encore quatre cents ans après sa création?

Fuego est une fiction théâtrale exemplaire. Un petit homme, Nathan, une jeune elfe, Axia et un enfant dragon, Fuego, unissent leurs forces pour arracher au sorcier Berlin Gueault la Rose-Des-Pluies, cette fleur magique qui fait en sorte que l’on vit dans cette contrée où se passe l’histoire. Les plus malins, voyant que Nathan doit surmonter ses préjugés contre les elfes et les dragons afin de devenir chevalier, diront vite que Fuego est une fable contre le racisme. Et ils auront réduit la question du rapport à l’Autre, si complexe et si riche dans cette histoire, à une morale attendue et rassurante. Or, Fuego est d’une autre nature. Car la pièce pose plus de questions qu’elle ne donne de réponses. Pourquoi, comme le père d’Axia le fait, les parents sacrifient leurs enfants à l’idée qu’ils se font du bien commun? Est-ce vrai, comme elle le dit au début de son aventure, que « les adultes, ça ment jamais »? Le mal inexplicable, comme l’incarne Berlin Gueault, est-il une donnée de l’existence humaine? Y a-t-il des gens fondamentalement méchants? Nathan, comme Don Quichotte, entrevoit son identité dans un livre de chevalerie : est-ce la fiction qui nous apprend à vivre? À rêver? À trouver notre identité? Et si on ne désirait que ce que l’Autre a désiré avant nous? Et comme Fuego qui passe de cracheur de feu à pleureur d’eau, on peut se demander si l’on peut changer sans perdre son assise identitaire. Cette petite histoire, racontée par touches vives, avec des personnages dont les caractères sont intelligemment esquissés, pose, oui, de très anciennes et de très essentielles questions. Et elle les pose avec une forme légère, illuminée d’humour, non pas pour alléger le propos, mais pour y entrer par des voies inhabituelles. Car la forme, pour citer le poète Yves Bonnefoy, est « un instrument de recherche ».

Au théâtre où je travaille, les professeurs qui emmènent les enfants voir du théâtre ont le loisir de remplir des fiches d’évaluation. Je les abolirais bien si c’était en mon seul pouvoir mais, bon, des fois, la vie c’est comme ça. Ces fiches offrent des choix multiples, de excellent à mauvais. Un jour, à la section « Texte » d’une pièce dont j’admirais l’écriture, un professeur avait encerclé « mauvais » d’un trait bien net, écrivant comme explication sur les lignes prévues à cet effet : « Il y avait plusieurs mots que les enfants ne comprennent pas. » C’était sans doute vrai. Mais j’ai réalisé que je lis plein de choses où je bute sur des mots nouveaux. Que j’en entends tous les jours à la radio, au travail. Et que c’est grâce à ces mots que je ne comprends pas tout de suite que mon esprit grandit. Pourquoi vouloir enfermer des enfants dans les seuls mots que déjà ils connaissent? Et je ne parle même pas du simple plaisir des mots. Et de ce plaisir des mots, Fuego est pétri. La pièce, par la précision, par la littérarité avouée de son langage, redit que les mots, dès qu’on les travaille, deviennent un formidable instrument d’investigation de soi et du monde. Alors que les fictions télévisuelles de masse, au nom du réalisme, font en sorte que les mots deviennent invisibles à force de banalité, il est bon de leur opposer le petit feu obstiné de Fuego. Les enfants ont droit aux mots. Les enfants ont droit à l’art. Remercions Stephan Cloutier, qui poursuivra, souhaitons-le, son œuvre pour l’enfance qui a besoin d’auteurs comme lui.

Paul Lefebvre
novembre 2003

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