Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Partagez cette publication

Du même publieur

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Blandine Longre Toute mon affection va à mon époux, Paul – pour ton soutien inconditionnel. Ton aide et ton amour ont tout rendu possible. Ma gratitude et mon affection vont à Erin Murphy, pour m’avoir tenu la main et avoir stimulé mon enthousiasme, ainsi que pour ton instinctive perspicacité. Merci. Illustration de couverture : © Séverine Scaglia L’édition originale de cet ouvrage a paru en langue anglaise chez Little, Brown and Company, a division of Hachette Book Group, Inc., sous le titre : IMMORTAL BELOVED © 2010 by Gabrielle Charbonnet. Published by arrangement with Rights People, London. © Hachette Livre, 2011 pour la traduction française. Hachette Livre, 43 quai de Grenelle, 75015 Paris. 978-2-012-02280-5
La nuit dernière, tout mon univers s’est écroulé. Je suis maintenant en fuite, talonnée par la peur.
On mène tranquillement sa vie, dans sa propre réalité, et, tout à coup, un événement inattendu vient bouleverser à jamais cette harmonie. Cela vous est-il déjà arrivé ? On voit ou on entend quelque chose et, soudain, tout ce qu’on est, tout ce qu’on se trouve en train de faire, tout cela se brise en milliers d’éclats acérés, à l’image de ce qu’on vient de comprendre avec amertume. C’est ce qui m’est arrivé la nuit dernière. J’étais à Londres. Avec des amis, comme d’habitude. Nous étions de sortie, comme d’habitude. – Non, non ! Tournez ici ! s’est écrié Boz en se penchant vers l’avant pour donner un petit coup sur l’épaule du chauffeur de taxi. Ici ! L’homme, dont la large carrure rentrait à peine dans un sweat et un gilet à carreaux, s’est retourné et a décoché à Boz un regard qui aurait incité une personne normale à se rasseoir et à se taire.
Sauf que Boz n’avait rien d’une personne normale. Il était plus mignon, plus bruyant, plus amusant, mais aussi, Dieu m’est témoin, plus idiot que la plupart des gens. Nous revenions tout juste d’une boîte de nuit où une bagarre à l’arme blanche avait soudain éclaté. Deux furies se tiraient les cheveux et piaillaient comme des poissonnières ; l’une d’elles a fini par sortir un couteau. Mes amis voulaient rester en spectateurs – ils adorent ce genre de trucs –, mais, en fin de compte, quand on a assisté à une seule bagarre au couteau, c’est comme si on les avait déjà toutes vues. Je les ai évacués de force et nous avons quitté la boîte pour nous retrouver dans la rue, hagards ; par chance, nous avons pu attraper un taxi avant que l’air froid de la nuit nous oblige immédiatement à dessoûler. – Ici ! Laissez-nous entre ces deux immeubles, brave homme ! a lancé Boz. Le chauffeur l’a gratifié d’un regard meurtrier –que le port d’armes est heureusement contrôlé dans cette bonne vieille Angleterre, ai-je pensé. Bravehomme ? s’est mise à ricaner Cicely, assise à côté de moi. Nous étions six, entassés à l’arrière de cette énorme voiture noire. Nous aurions pu être plus nombreux encore, mais nous avions découvert qu’un taxi londonien ne pouvait contenir plus de six immortels ivres – encore faut-il qu’ils s’abstiennent de vomir.
– Oui, mon brave, a repris Cicely d’un ton enjoué, arrêtez-vous là.
Le chauffeur a écrasé la pédale de frein et nous avons tous été projetés en avant. Boz et Katy se sont cogné la tête sur la cloison de verre qui nous séparait du chauffeur. Stratton, Innocencio et moi, catapultés hors de nos sièges, avons atterri sur le plancher crasseux de la voiture sans pour autant cesser de rire.
– Hé ! s’est écrié Boz en se frottant le front.
Innocencio m’a retrouvée dans un fouillis de jambes et de bras.
– Est-ce que ça va, Nas ?
J’ai fait oui de la tête, toujours en riant.
– Foutez le camp de mon taxi ! a hurlé le chauffeur. Il est sorti précipitamment de son véhicule, l’a contourné et a brusquement ouvert la portière contre laquelle mon dos reposait. J’ai basculé dans le caniveau et ma tête a heurté le bord du trottoir. – Aïe ! Le sol était mouillé – il avait plu, évidemment. Mais j’ai à peine senti la douleur, le froid et l’humidité. Hormis la bagarre au couteau, j’avais traversé cette soirée de festivités comme enveloppée dans un cocon de bien-être embrumé. – Sortez de là ! a crié le chauffeur en m’attrapant par les épaules pour finir de me tirer hors du taxi. Il m’a balancée sans ménagement sur le trottoir, puis est passé à Incy. À cet instant, c’est vrai, j’ai éprouvé un brin de colère et retrouvé une certaine lucidité. Les sourcils froncés, je me suis rassise en me massant les épaules. Nous nous trouvions à un pâté de maisons duCachot, un bar clandestin miteux où nous avions l’habitude de traîner. C’était tout près, mais la rue était pourtant sombre et déserte – des terrains vagues jouxtaient d’anciennes maisons incendiées où l’on avait dû vendre du crack, ce qui donnait à l’endroit l’allure d’une bouche édentée.
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin