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couverture

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Traduit de l’anglais (États-Unis) par Luc Rigoureau

Photo de couverture : © Ricky Mujica

Jacket illustration by Ricky Mujica

Jacket design by Mumtaz Mustafa

L’édition originale de cet ouvrage a paru en langue anglaise chez William Morrow, an imprint of HarperCollins Publishers, sous le titre :

INSATIABLE

© 2010 by Meg Cabot, LLC.

© Hachette Livre, 2011, pour la traduction française.

Hachette Livre, 43, quai de Grenelle, 75015 Paris.

ISBN : 978-2-01-203765-6

Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949
sur les publications destinées à la jeunesse

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9 h 15, heure de la côte Est, mardi 13 avril

Quai du métro, ligne n° 6, direction Sud

Station 77e Rue Est/Lexington Avenue

New York

Un miracle !

S’engouffrant dans la rame de métro, Meena s’agrippa à l’une des barres en acier étincelant, n’osant croire à sa chance. C’était l’heure de pointe du matin, et elle était en retard. Elle s’était attendue à devoir se faufiler dans un wagon bondé d’une centaine d’autres voyageurs qui, eux aussi, seraient à la bourre. Or, encore haletante d’avoir couru jusqu’à la station, elle venait de sauter dans une voiture presque vide. Une fois n’est pas coutume, la journée allait peut-être enfin se dérouler selon ses vœux.

Évitant de scruter les environs, Meena se concentra sur la publicité qui, collée au-dessus de sa tête, lui promettait un teint de pêche si elle se dépêchait de contacter un certain Dr Zizmor. « Ne regarde pas, se répéta-t-elle. Fais ce que tu veux, mais ne regarde pas, ne regarde pas, ne regarde pas… » Avec un peu de veine, elle atteindrait sa destination, la station de la 51e Rue, sans avoir croisé les yeux de personne ni avoir communiqué d’une façon ou d’une autre avec l’un de ses semblables.

Ce furent les papillons, grandeur nature, qui, les premiers, attirèrent son attention. Aucune New-Yorkaise n’aurait osé porter des escarpins blancs ornés de monstrueux insectes en plastique. Le roman à l’eau de rose (Meena le déduisit à la couverture qui représentait une jeunesse aux allures de biche effarouchée) que leur propriétaire lisait était rédigé en cyrillique. L’énorme valise à roulettes plantée devant elle apportait une preuve supplémentaire que la jeune fille n’était pas du coin.

Toutefois, rien de tout cela – non plus que sa coiffure consistant en deux longues tresses blondes rassemblées au sommet de son crâne, style La Mélodie du bonheur, ou sa robe bon marché en polyester jaune assortie à des collants mauves – ne la trahit plus comme étrangère à la Grosse Pomme que ce qu’elle fit ensuite.

— Oh ! Je désolée, dit-elle en levant les yeux sur Meena et en lui adressant un sourire qui la transforma de jolie en presque belle. S’il vous plaît, vous asseoir ?

Elle écarta son sac à main, qu’elle avait posé à côté d’elle, de façon à ce que Meena puisse s’installer près d’elle. Jamais un autochtone n’aurait agi ainsi. Pas quand il y avait une dizaine de sièges libres ailleurs dans le wagon.

Meena sentit son cœur peser comme une pierre dans sa poitrine.

Elle avait en effet désormais deux certitudes.

La première, c’est que, malgré le miracle du métro quasi désert, sa journée ne se déroulerait pas selon ses vœux.

La seconde, c’est que la jeune fille aux papillons en plastique sur ses chaussures mourrait avant la fin de la semaine.