Issya

De
Publié par

Issya, petite souris très affairée, reçoit une visite qui va bouleverser sa vie et sa conception du monde. S’ouvre alors pour elle, Estéban, Jules et Victoire, un formidable voyage à travers le temps dont ils reviendront à jamais transformés...


Publié le : mercredi 25 juin 2014
Lecture(s) : 0
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332722737
Nombre de pages : 154
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Couverture

Cover

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-72271-3

 

© Edilivre, 2014

Issya

 

images1

 

 

– Qui est là ? demande Issya. Ha, c’est toi Bouléga, je ne t’avais pas entendu entrer.

– Je viens chercher notre commande spéciale, est-elle prête ?

– Je termine à l’instant.

– L’assemblage a-t-il posé problème ?

– Aucun !

– Merci beaucoup Issya, acceptez ceci en remerciement. Au revoir.

Issya imagine avec délice ce que sera son futur repas. En posant le paquet qui embaume toute la pièce, elle regarde devant elle, pensive.

Elle a adopté cet endroit pour son calme et l’espace immense dont elle peut disposer en toute sécurité.

Craintive, elle évite toujours soigneusement de se faire voir des adultes ; quant aux enfants, elle ne les approche que lorsqu’ils dorment profondément.

Elle commence alors à inspecter la chambre à la recherche d’objets utiles à ses divers travaux de bricolage, réparation, couture. C’est une véritable mine d’or, il y a tant de choses : jouets, papiers, crayons, pièces métalliques pour les assemblages de Jules… et un trésor sans cesse renouvelé dont elle seule connait la véritable valeur !

Elle passe des heures sur ses ouvrages pendant que la vie s’écoule tranquillement, ailleurs. Elle a acquis un tel savoir-faire qu’elle est souvent sollicitée par les autres souris ; les rats aussi car malgré leur réputation d’intelligence, ils n’ont ni son habileté, ni sa patience, et puis, ils sont tellement pressés ! Certains lui apportent des pièces usagées espérant qu’elles retrouvent une nouvelle vie entre ses pattes adroites. Elle les trie soigneusement, ne conserve que l’utile qu’elle classe et stocke dans le sous-sol de la maison.

Un soir, sa bougie s’éteint et elle réalise que la journée est passée en un éclair. A la lueur de la lune, elle observe ses pattes, elles sont tellement abîmées qu’elles semblent appartenir à une vieille souris !

Soudain, un léger bruit la fait sursauter. Un petit bonhomme à l’air sérieux se tient face à elle et la regarde fixement.

Voyage

– Bonsoir, dit-elle timidement.

– Bonsoir, lui répond-il d’un ton sec ! Suivez-moi sans attendre, les habitants d’Utopia ont absolument besoin de vous.

Désarçonné par le ton autoritaire de l’individu, elle le suit avec appréhension jusque dans la rue sombre sans penser à prendre quelques affaires. Là, posée sur une sorte de haricot, une bulle transparente les attend !

– Montez, lui dit-il en la précédant.

– Mais… !

– Ne vous inquiétez pas, nous sommes un peuple pacifique. Nous avons besoin de vos talents. Vous ne serez pas partie longtemps. Faites-moi confiance !

Le ton bourru lui avait fait craindre le pire. Rassurée et plus détendue, elle rejoint la place qu’il lui indique.

Quel étrange véhicule ! L’accès s’ouvre silencieusement par simple effleurement. Elle ne peut s’empêcher de toucher, sa paroi lisse et douce comme la soie.

Deux fauteuils orange les attendent ; elle choisit celui près de la vitre et, intriguée, y colle son nez, curieuse de la suite. A sa grande surprise, l’appareil décolle à la verticale.

Il s’élève lentement, dépasse le toit des maisons puis prend rapidement de la vitesse, laissant derrière lui un sillage aux couleurs acidulées fascinantes !

Le ciel est admirable, immense, rempli d’étoiles où défilent toutes sortes de formes ; certaines ressemblent à des cailloux, d’autres à des boules, grandes, petites mais toutes aux couleurs singulières ! Rêverait-elle ?

Au bout d’un moment, son regard s’attache à l’intérieur de la bulle. Elle lui a paru petite de l’extérieur, c’est vrai que le petit homme avait pris soin de choisir un emplacement discret dans un endroit sombre.

Finalement, l’engin est assez spacieux ! Elle qui n’a jamais voyagé détaille l’habitacle. Le tableau de bord devant lequel trône son « kidnappeur » est du même orange que les sièges, toutes sortes de boutons et de poignées ainsi que plusieurs écrans le composent ; le sol est recouvert d’un épais tapis violet.

images2

– Que peut-il bien me vouloir ?

Le petit homme porte des vêtements similaires aux terriens mais dans une matière totalement inconnue : scintillante aux couleurs douces, ils le font ressembler à un chanteur des années 70. Il conduit du bout des doigts et pousse par intermittence des petits cris aigus un peu ridicules, mais la machine obéit immédiatement et modifie sa trajectoire.

Il est doté de lobes d’oreilles assez larges, fendus en deux endroits. Il lui semble bien que sur Terre, seuls les poissons ont ce genre de fente ? Jamais vu sur des humains, enfin, sur Terre mais est-il seulement humain ?

L’étrange véhicule a ralenti sans qu’elle s’en rende compte et l’arrivée semble proche. Ils survolent à basse altitude une zone étendue faiblement éclairée. Des habitations apparaissent, toutes pourvues sur leur façade d’une lanterne accrochée à une sorte de mât. Les rues sont désertes ; l’engin se pose en douceur sur une place.

Le petit homme sort le premier. Stupéfaite, elle le voit étirer ses bras, ses jambes et devenir aussi effilé qu’un crayon, il la dépasse maintenant d’un bon mètre.

– Attendez-là, dit-il. Puis il tourne les talons et s’éloigne rapidement, la laissant seule.

Elle sent un frisson la parcourir, elle reste immobile un instant sur cette place mal éclairée mais malgré ça, remarque l’importance de la construction. Rien à voir avec ce qu’elle connaît déjà ! Très haute, de nombreuses vitres, grandes et étroites, peuplent l’ensemble de ses façades ; seules quelques lueurs apparaissaient ici et là.

La curiosité l’emporte. Elle va pour pousser la porte mais celle-ci s’ouvre soudainement. Deux femmes à l’allure effilée se tiennent devant elle. Elles détaillent gentiment la petite souris dans sa tunique verte à fleurs roses, lui adresse un sourire encourageant et la conduisent avec amabilité dans une grande salle. Là, beaucoup de monde semble l’attendre, et à peine apparaît-elle qu’un grand silence s’installe. Un personnage monté sur une estrade prend alors la parole d’une voix forte :

images3

– Enfin, vous voilà ! Mais venez nous rejoindre je vous prie et commençons sans tarder ! Tout d’abord je me présente, je me nomme Sagel, je suis le représentant des habitants d’Utopia. C’est à moi que revient la responsabilité d’arbitrer les réunions où sont prises les décisions de grande importance.

– Aujourd’hui nous sommes réunis pour un problème qui affecte la vie de toute notre communauté. Le générateur qui fournit l’énergie utilisée dans notre vallée, a disparu il y a un mois. Nous ignorons comment cela est arrivé. Nous devons le récupérer ! Nos systèmes de relais commencent à donner des signes de faiblesse et nous allons bientôt tomber en panne.

– Dans un délai assez proche, cela affectera nos déplacements inter-galactiques et nos échanges commerciaux. Nous ne pourrons plus nous rendre sur Epicuria qui est notre premier fournisseur.

Issya est stupéfaite. Pourquoi faire appel à elle ? Qu’attendent-ils qu’elle accomplisse ? Un tour de magie ?

– Je ne sais pas ce que vous attendez de moi. Mes travaux sont sans mesure avec la technicité de votre générateur ! Vous vous trompez de personne. Je suis incapable de fabriquer quoique ce soit qui puisse produire de l’énergie ; pourquoi ne s’adresseraient-ils pas au constructeur ?

Malgré ses arguments, l’assemblée semble rester sur ses positions.

Elle les questionne sur les circonstances du vol ; un immense brouhaha est aussitôt réprimé par le coup de gong retentissant de Sagel.

Une petite voix fluette s’élève alors du fond de la salle :

– Moi je sais ce qu’il s’est passé !

– Qui a parlé ? demande Sagel.

La foule s’écarte et laisse apparaître un petit jeune homme un peu efflanqué qui avance timidement vers l’estrade.

– Je m’appelle Secondor.

– Qu’as-tu à nous dire Petit ?

– Je suis l’ami de Séléna. Elle voulait venir vous en parler mais elle est assez craintive.

– On est allé la chercher, dit quelqu’un dans la foule.

– Qui est cette jeune fille ?

– C’est la fille de Lucius Pholiote ; il est chercheur en champignons sur la planète Améria. Cela fait quinze jours qu’elle est sans nouvelle, jamais ça n’était arrivé auparavant. Elle voulait vous en parler, mais il s’est produit un événement !

– Raconte-nous !

– Je ne l’ai pas vue pendant deux jours, ce qui est inhabituel. Je suis passé chez elle et je l’ai trouvée dans sa maison complètement paniquée…

A ce moment-là, un mouvement dans la foule interrompt le récit. Une jeune fille progresse au milieu des gens qui s’écartent sur son passage.

– Tu es Séléna ?

– Oui Maître Sagel.

– Veux-tu nous expliquer ce qui se passe ?

– Oui, bien sûr.

– Merci pour ton aide Secondor.

Le jeune garçon se retire tout en faisant un geste d’encouragement à la jeune fille.

Séléna

Rougissante, la tête baissée elle commence son récit :

– Un soir, j’ai vu se poser un engin très différent des nôtres. C’étaient des Epicuriantus, très sympathiques au premier abord. Ils ont parlé de tout et de rien, puis m’ont posé un tas de questions. Ils ont gagné ma confiance et j’ai fini par leur parler du générateur qui est la fierté de notre communauté. Ils ont alors demandé à le voir et je les ai emmenés sans imaginer qu’ils le convoitaient.

Ils m’ont dit vouloir l’observer dans le détail pour en construire un à leur tour. Ils m’ont expliqué qu’Epicuria est réputée dans toute la galaxie pour être un lieu de détente et de plaisirs, mais le nombre croissant de nouveaux centres fait grimper la consommation d’électricité !

Il leur fallait absolument trouver un autre système et cet appareil est la solution rêvée, parce que peu encombrant et beaucoup plus puissant que l’ensemble de leurs équipements, et puis surtout, sa durée de vie est illimitée. Ils souhaitaient seulement copier le modèle pour en fabriquer d’autres. En contrepartie, si je le souhaitais, ils mettraient un vaisseau à ma disposition pour retrouver mon père rapidement.

Je leur ai permis de l’étudier, puis un soir, je les ai laissés sans surveillance, ils en ont profité pour emporter l’appareil.

C’est seulement le lendemain que je m’en suis aperçue. J’ai pensé qu’ils allaient le ramener rapidement mais ils m’avaient menti ! Depuis j’ai tellement honte que je me cache !

– Ce n’est pas le moment de te réprimander, ils on abusé de ta naïveté. Par contre, il faut que tu nous donnes toutes les informations dont tu as connaissance, répond Sagel qui commence à entrevoir ce que le vol de l’appareil peut représenter pour ces mercenaires : beaucoup d’argent.

Ils se consultent un moment mais le temps presse. Il faut se rendre sur Epicuria.

Un équipage est rapidement constitué. Issya est désignée pour son habileté, Séléna pourra identifier les voleurs. Elles seront accompagnées de Zélayin, le pilote qui connait bien cette planète, son courage et sa ruse leur seront d’un grand secours.

Sagel se doute bien que la récupération sera délicate. Il ne peut envoyer d’autres engins, il faut économiser l’énergie et le recours à la force n’est pas envisageable.

Très rapidement, les habitants préparent le voyage dont la durée ne devrait pas excéder deux semaines.

Sagel prend Issya à part et réussit à la convaincre d’apporter son aide : elle reste leur dernière chance ; aucun habitant d’Utopia ne sait travailler comme elle et sa petite taille est un atout qui pourrait se révéler très utile. Elle promet de faire tout ce qu’elle pourra.

Utopia

Le lendemain matin, les trois voyageurs, pourvus des éléments nécessaires à leur voyage prennent place dans un lumilune de la flotte.

Un bref « au-revoir », et Zelayin fait décoller l’engin.

Il fait maintenant grand jour, et Issya peut admirer ce qu’elle nomme « la Vallée des Bulles ».

images4

Ce qu’elle n’avait pas vu, faute de lumière, lui apparait dans toute sa splendeur : des habitations en verre coloré aux formes variées, rondes, ovales, ou cylindriques, flottent, accrochées à de longs câbles. D’en haut, l’ensemble fait penser à un bouquet de fleurs, une véritable symphonie de couleurs.

Seule la maison dans laquelle s’est tenue la réunion repose sur le sol, mais elle est si haute qu’elle dépasse toutes les autres. Partout, la riche végétation foisonne et accentue le côté enchanteur de l’endroit !

Profitant du voyage, Issya veut en connaître davantage sur ces habitants qui parlent sa langue.

Séléna lui donne un petit cours sur le mode de vie utopien.

– Depuis que le générateur a disparu, nous devons faire comme vous, sur Terre, consacrer beaucoup de temps aux tâches quotidiennes. Avant, il suffisait juste chaque matin d’appuyer sur un bouton,. Tout était automatique : lavage, cuisine, ménage, et le gros entretien.

– Vous confiez tout à vos machines ?

– Non, nous nous occupons nous-mêmes de la maintenance des engins spatiaux, c’est tellement amusant !

– Mais alors, que faites-vous du reste de votre journée ?

– Nous la consacrons à nos loisirs, il y en a tellement ! Certains explorent les planètes, nous faisons de la musique, nous dansons, et nous organisons des fêtes. Nous commerçons aussi et pour cela...

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Les 12 portes du Kaama

de editions-edilivre

Le Prix des choses

de editions-edilivre

Le Chant de Marie

de editions-edilivre

suivant