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La beauté du mal

De
263 pages
Imaginez si la vie des adolescents dépendait littéralement des mauvaises influences présentes en chacun d’eux! Or, pour les fils et les filles d’anges déchus, c’est la réalité.
Anna Whitt, une jeune fille au coeur tendre, née dans le sud des États-Unis, possède un sixième sens inné qui lui permet de voir et de ressentir les émotions des gens qu’elle côtoie. Depuis toujours, elle est consciente d’un tiraillement intérieur, de l’attraction inexplicable qu’exerce sur elle le danger. Pourtant,
Anna, l’incarnation même de la bonne fille, a toujours réussi à équilibrer sa zone d’ombre grâce à la partie angélique de son être. C’est seulement à seize ans, lorsqu’elle fait la connaissance du séduisant Kaidan Rowe, qu’elle découvre ses origines terrifiantes et que sa volonté est mise à l’épreuve. Kaidan, c’est ce genre de garçon contre lequel nos pères nous mettent en garde. Si seulement quelqu’un avait averti Anna! Confrontée à son destin, Anna embrassera-t-elle son auréole ou ses cornes?
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Copyright © 2012 Wendy Higgins Titre original anglais : Sweet Evil Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette puPlication est puPliée en accord avec HarperCollins Children’s Books, une division de HarperCollins uPlishers, New York, NY Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : SéPastien Arviset et Sophie Beaume Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy CoulomPe, Carine aradis Conception de la couverture : Matthieu Fortin hoto de la couverture : © 2012 Howard Huang Arrière-plan de la couverture : © 2012 Mareen Farrelly et Cassady Rose Bonjo, Lunalarosa hotography Mise en pages : SéPastien Michaud ISBN papier 978-2-89752-181-3 ISBN DF numérique 978-2-89752-182-0 ISBN euP 978-2-89752-183-7 remière impression : 2014 Dépôt légal : 2014 BiPliothèque et Archives nationales du QuéPec BiPliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, Poul. Lionel-Boulet Varennes, QuéPec, Canada, J3X 17 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
articipation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du QuéPec — rogramme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Higgins, Wendy
[Sweet evil. Français] La Peauté du mal (Série Clair-oPscur ; 1) Traduction de : Sweet evil. our les jeunes de 13 ans et plus. ISBN 978-2-89752-181-3 I. Beaume, Sophie, 1968- . II. Titre. III. Titre : Sweet evil. Français. Z23.H53Be 2014 j813’.6 C2014-941643-1
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À ma mère, Nancy Parry, qui m’a toujours dit qu’un jour je serais écrivaine.
PROLOGUE * * * COUVENTDENOTRE-DAME, LOSANGELES
Il y a près de 16 ans…
L e nouveau-né vagissait tandis que la sage-femme l’enveloppait dans ses langes et le confiait rapidement à sœur Ruth. Même si elle était courbée par les ans, un air royal émanait de la religieuse, la plus âgée du couvent, alors occupée à calmer la petite, pour tenter de lui épargner le spectacle de sa mère en train d’expirer. Dans un coin de la salle stérilisée, un homme imposant à la tête lisse et rasée, etavec une barbiche, observait la scène. La noirceur masquait son visage. Pendant ce temps, on tentait de réanimer la femme allongée sur le lit. La sueur coulait le long des tempes de la sage-femme occupée à appliquer des compressions thoraciques sur l’agonisante. Elle secoua la tête et, prise de panique, murmura : — Mais où est le médecin ? Il devrait déjà être arrivé ! La sage-femme ne vit pas l’émanation vaporeuse, doucement scintillante, s’élever de la poitrine de la patiente, puis s’attarder dans les airs au-dessus de son corps. Mais l’homme, lui, la vit. Ses yeux s’écarquillèrent tandis qu’une forme similaire, mais plus grande que la première, s’éleva du corps sans vie de la femme. Cette vapeur prit forme : c’était alors un être ailé, d’une pureté aveuglante. Sœur Ruth s’étouffa de surprise, puis retourna le bébé, qui était appuyé contre son épaule, de manière à ce que son visage soit à découvert. L’esprit descendit vers la petite fille et lui caressa le visage d’un baiser aussi doux que le vent. Puis, il se dirigea vers l’homme, qui laissa échapper un sanglot. Il fit un geste en direction de l’esprit, une larme perla de son œil, mais il réussit à maîtriser ses émotions. L’esprit resta devant lui pendant encore un moment avant de recueillir l’esprit plus faible dans ses bras et de partir en flottant comme emporté par une douce brise. — Je suis désolée. Je… Je ne sais pas ce qui s’est passé. La voix et les mains de la sage-femme tremblaient, tandis qu’elle recouvrait le corps fragile de la femme. Elle fit le signe de la croix et lui ferma les yeux. — Vous avez fait votre possible, dit sœur Ruth avec douceur. Son heure était venue. Pendant ce temps, le regard dur de l’homme silencieux et inquiétant se détournait du lit pour se poser sur le bébé. Sœur Ruth hésita avant de le lui montrer. Le nouveau-né gémit, et ses yeux noirs s’ouvrirent. L’espace d’un instant, les traits de l’homme s’adoucirent. Ils durent cesser de se regarder lorsque la porte s’ouvrit violemment, et la sage-femme poussa un cri. Des policiers envahirent la petite salle. Sœur Ruth recula jusqu’au mur en serrant le bébé contre elle. — Doux Jésus, murmura-t-elle. L’homme ne paraissait pas troublé au moment où les policiers l’entouraient. — Jonathan LaGray ? demanda l’officier en face de lui. Vous êtes aussi connu sous le nom de John Gray ?
— C’est bien moi, répondit l’homme de sa voix rauque et bourrue, tandis que sur son visage renfrogné apparaissait un sourire redoutable, plein de défi. Il ne tenta pas de se débattre quand les policiers se jetèrent sur lui pour le menotter en l’informant de ses droits. — Vous êtes en état d’arrestation pour trafic national et international de stupéfiants. Pendant que les policiers emmenaient Jonathan LaGray, énumérant toutes les infractions dont il était accusé, il se tourna encore une fois vers la toute petite fille, avec un sourire dur et ironique. — Dis non à la drogue, d’accord, petite ? Sur ce, il fut brutalement emmené par les policiers, et le bébé se remit à pleurer. * * *
« Le plaisir est l’appât du péché. » — Platon * * *
CHAPITRE1 * * * MENSONGESETLUXURE
J e tirai sur le bas de ma jupe en jeans et tentai de ne pas jouer avec les bretelles de mon débardeur tandis que nous faisions la queue pour le concert. Mes épaules et mes jambes me semblaient nues. L’ensemble que je portais avait été choisi par la grande sœur de Jay comme e cadeau pour mon 16 anniversaire. Jay, de son côté, s’était procuré des billets pour le concert de quelques groupes locaux, notamment sa toute dernière passion, Lascif. En ce qui me concernait, le nom même du groupe plaidait contre lui, mais par égard pour Jay, je souriais et faisais contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, Jay était mon meilleur ami. En fait, mon seul ami. À l’école, on pensait qu’entre lui et moi, il devait y avoir quelque chose, mais on avait tort. Ce n’était pas le genre de sentiments que j’éprouvais pour lui, pas plus que lui, d’ailleurs. Car ses sentiments, je les connaissais. Je pouvais littéralement lesvoiret même les ressentir, quand je me le permettais. À ce moment, Jay était comme un poisson dans l’eau, claquant sa main contre sa hanche. Je pouvais voir l’excitation irradier de son corps dans une teinte d’un jaune orange aveuglant, heureuse de me laisser inonder par sa bonne humeur. Il passa la main sur ses cheveux blonds épais et coupés court, puis tirailla la touffe de poils qui ornait le dessous de sa lèvre inférieure. Il était robuste, quoique petit pour un garçon, mais tout de même pas mal plus grand que moi. Une chanson au rythme assourdissant se fit entendre en provenance de sa poche. Il me regarda avec un sourire un peu idiot et commença à remuer la tête d’avant en arrière au rythme de la musique. Oh non… Pas la danse du téléphone ! — S’il te plaît, Jay… Non, le suppliai-je. Mais il se lança dans la folle chorégraphie dont il accompagnait la sonnerie de son téléphone cellulaire, ses épaules et ses hanches mues d’un va-et-vient latéral. Les gens près de nous reculèrent, puis se mirent à rire et à l’encourager. La main devant la bouche, je tentais de cacher un sourire embarrassé. Et juste comme la sonnerie allait s’arrêter, Jay s’inclina devant ses spectateurs, se redressa et répondit : — Quoi de neuf ? dit-il. On fait toujours la queue, mon vieux ; où es-tu ? Ah, ça devait être Gregory. — As-tu les CD ? … OK. Super. À tout de suite. Et il fourra le cellulaire dans sa poche. De mon côté, j’étais en train de me frotter les bras pour me réchauffer. Atlanta avait connu une splendide journée de printemps, mais une fois le soleil disparu derrière les grands édifices, la température avait chuté. Nous venions de Cartersville, une petite ville à une heure au nord, et la grande cité me paraissait étrange, surtout la nuit. Les lampadaires s’allumèrent au-dessus de nous et avec la pénombre, la foule devenait plus bruyante. — Ne te tourne pas maintenant, me murmura Jay à l’oreille, mais le mec à trois heures te reluque. Évidemment, je me tournai immédiatement, ce qui fit grogner Jay. C’était drôle, le garçon me
regardait vraiment, quoiqu’avec des yeux injectés de sang. Il me fit un signe de tête, et je dus supprimer un petit rire bête typiquement féminin tandis que je me détournais de lui. Je me mis à jouer avec une mèche de mes cheveux blond châtain pour me donner une contenance. — Tu devrais aller lui parler, me dit Jay. — Pas question. — Pourquoi pas ? — Il est… défoncé, chuchotai-je. — Tu n’en sais rien. Mais justement, je le savais. En effet, les couleurs des émotions d’une personne deviennent floues quand celle-ci est ivre ou droguée, et celles de ce garçon étaient des plus troubles. En effet, pouvoir distinguer les émotions des gens en tant que couleurs faisait partie de mon pouvoir de ressentir leurs sentiments, leur aura. Ce don, je l’avais depuis ma plus tendre enfance. Le spectre des couleurs était tout aussi compliqué que pouvaient l’être les émotions humaines, chaque nuance prenant un sens différent. Pour s’en tenir à l’essentiel, les sentiments positifs étaient toujours des couleurs primaires, des plus éclatantes aux plus pâles. Quant aux sentiments négatifs, ils se déclinaient dans les tons de noir, mais avec certaines exceptions. Ainsi, l’envie était verte ; l’orgueil, violet. Et le désir était rouge. Cette teinte revenait souvent. Ces couleurs me fascinaient, avec leur manière de se transformer, de passer de l’une à l’autre lentement, ou alors les unes après les autres, successivement, rapidement. En général, je m’efforçais de ne pas observer ni de fixer sans arrêt les couleurs émanant des gens. Cela me donnait l’impression de violer leur vie privée. Mais personne ne me connaissait cette faculté, ni Jay, ni même Patti, ma mère adoptive. Faisant toujours la queue, nous nous rapprochions lentement de l’entrée de la boîte. Une nouvelle fois, j’ajustai ma jupe tout en essayant de déterminer si sa longueur était décente. « C’est bon, Anna. » Au moins mes jambes étaient-elles devenues un peu plus musclées ces derniers temps, au lieu d’avoir l’air d’une paire de cure-dents. Même si en grandissant, j’avais été affublée de surnoms tels que « Brindille » ou « Mikado », je n’étais pas obsédée par mes courbes, ou plutôt, par mon absence de courbe. Les soutiens-gorge rembourrés servent à quelque chose, et les deux légères indentations qui pouvaient passer pour une taille me satisfaisaient. En plus, depuis que j’avais lu que mon corps était « le temple de mon âme », la course à pied était, depuis cinq semaines, mon nouveau passe-temps. J’avais un temple en bonne santé : confirmé. Comme nous continuions de nous rapprocher de l’entrée, Jay se mit à se frotter les mains. — Tu sais, dit-il, je pourrais nous avoir des verres, quand nous serons à l’intérieur. — Pas d’alcool, répondis-je immédiatement tout en sentant mon rythme cardiaque s’accélérer. — Oui, je sais. Pas d’alcool, pas de drogue, rien, rien du tout. Il m’imitait, faisant palpiter ses paupières, puis il me donna un coup de coude pour me montrer qu’il plaisan-tait, comme si, de toute manière, Jay avait pu être méchant. Il connaissait mon aversion maladive pour les drogues et l’alcool, mais à ce moment même, sa proposition me mettait mal à l’aise, causait une réaction quasiphysiqueen moi ; en fait, je ressentais comme un tiraillement avide. Je dus prendre une grande respiration pour me calmer. Enfin, nous étions en tête de la file d’attente, et un jeune videur me passa autour du poignet un bracelet pour spectateurs mineurs, me jaugeant du regard en examinant mes cheveux qui m’arrivaient à la taille, avant de soulever le cordon de velours pour nous laisser passer. Je me