//img.uscri.be/pth/560fa25b713bdd3bc9eaaa86281765c8d4791618
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

La douceur du jugement

De
177 pages
Le mal prolifère à un rythme effréné et la gentille Anna Whitt est sa cible. Personne ne sait quand ni comment les ducs frapperont, mais Anna et ses alliés Nephilim feront tout ce qui sera nécessaire pour débarrasser la Terre des démons et de leur oppression. Les enjeux sont plus élevés que jamais et Anna est déterminée à ce que l’amour qu’elle éprouve soit une force, non une faiblesse. Mais tenter de protéger ceux qu’elle aime et sauver sa propre vie tout en combattant les forces démoniaques se révèle être une grave source de danger... D’autant plus que certains montrent leur vrai visage, mettant la confiance à rude épreuve. Ainsi, quand le duc du désir envoie Kaidan Rowe, le grand amour d’Anna, défier celle-ci, elle doit déterminer ce qu’elle est prête à risquer. Épisode le plus sensuel et le plus palpitant, La douceur du jugement rassemble une dernière fois tous les Neph bien-aimés dans un combat pour leur liberté.
Voir plus Voir moins
Copyright © 2014 Wendy Higgins Titre original anglais : Sweet Reckoning Copyright © 2015 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette puPlication est puPliée en accord avec HarperCollins Children’s Books, une division de HarperCollins uPlishers, New York, NY Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : SéPastien Arviset et Sophie Beaume Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy CoulomPe, Carine aradis Conception de la couverture : Matthieu Fortin hoto de la couverture : © 2014 Howard Huang hoto de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : SéPastien Michaud ISBN papier 978-2-89752-476-0 ISBN DF numérique 978-2-89752-477-7 ISBN euP 978-2-89752-478-4 remière impression : 2015 Dépôt légal : 2015 BiPliothèque et Archives nationales du QuéPec BiPliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, Poul. Lionel-Boulet Varennes, QuéPec, Canada, J3X 17 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
articipation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du QuéPec — rogramme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Higgins, Wendy
[Sweet reckoning. Français] La douceur du jugement (Série Clair-oPscur ; 3) Traduction de : Sweet reckoning. our les jeunes de 13 ans et plus. ISBN 978-2-89752-476-0 I. Beaume, Sophie, 1968- . II. Titre. III. Titre : Sweet reckoning. Français. Z23.H53Do 2015 j813’.6 C2014-942689-5
Conversion au format euP par:
www.laPurPain.com
À Autumn et Cayden, mes travaux en cours les plus Deaux, les plus chéris.
PROLOGUE ***
A ucun des clients de ce bar de Las Vegas ne pouvait soupçonner que des démons se trouvaient parmi eux. Aucun d’eux ne pouvait penser que ces quatre gentlemen, qui faisaient l’objet de regards admiratifs et envieux, étaient certains des meilleurs travailleurs de l’enfer ayant jamais parcouru la Terre. Toutefois, les humains pouvaient se rendre compte de leur charme — la puissance et le mystère de leurs beaux visages —, ce qui les attirait tels des papillons par du nectar brillant et empoisonné. Pharzuph, Astaroth, Mammon et Melchom étaient assis tous ensemble, vêtus de complets neufs et sans un pli. Sans un sourire, ils buvaient des martinis et du scotch tout en discutant des événements de la veille. Ils avaient emmené quatre femmes sur l’île privée de Melchom, au large de la Californie, et après avoir ruiné leurs vies, les avaient abandonnées sur un quai, alors qu’ils leur avaient promis de les ramener à Las Vegas. — J’adorerais voir ces vaches expliquer à leurs maris et fiancés ce qui s’est passé, avait dit Astaroth, duc de l’adultère, en riant tandis qu’ils s’éloignaient des quais à toute vitesse. Mais la partie de plaisir était alors terminée : il était temps de passer aux choses sérieuses. Ils réfléchissaient à tout ce qu’ils avaient appris la veille au sujet des traîtres qu’il y avait parmi eux et leurs enfants. Mammon, le duc de l’avidité, remuait machinalement son whisky et les glaçons en train de fondre dans son verre en pensant au fils qu’il venait de tuer sur cette île. De tous les rejetons Nephilim qu’il avait eus au cours des derniers siècles, Flynn avait été son favori, et il s’était révélé être un vil Judas. Il était encore sous le choc de cette trahison. Voilà des années que Mammon n’avait pas tué, et cela lui avait laissé un mauvais goût dans la bouche… Il ne confierait jamais cela à ses frères infernaux. — Il n’avait jamais montré de signe de rébellion, avant hier soir ? lui demanda Melchom, le duc de l’envie. — Aucun. Mammon porta son verre à sa bouche et le vida, avant de le poser brutalement sur la table avec une grimace. — Il est temps d’informer les autres ducs. Nous nous rassemblerons, ce soir. Pharzuph avait les bras croisés, tandis qu’il réfléchissait. — Mais certains d’entre eux ont déjà quitté la ville, lui répondit Melchom, Bélial, par exemple. — Alors, nous les rappellerons, déclara Pharzuph avec un rictus. Mais il ne faut pas que Bélial se rende compte que nous avons des doutes sur lui. Laissons-lui croire que nous soupçonnons seulement une révolte de la part des Neph. Astaroth passa la main dans sa chevelure blonde, qui lui arrivait aux épaules, sortit son téléphone de sa poche et composa un numéro. Les autres prêtèrent une oreille attentive à la conversation grâce à leurs sens surnaturels. — Oui ? répondit une voix à l’accent français. — Frère Rahab. Rappelle les ducs à Las Vegas. Nous avons des informations. Rahab fit une pause. — Très bien. — Par ailleurs, poursuivit Astaroth, cette ancienne prophétie… ? — Oui, eh bien ? répondit Rahab sèchement. — Pourrais-tu nous la réciter ? — De mémoire… Sa voix se chargea de dégoût. — Une Nephilim au cœur pur se lèvera et expulsera les démons de la Terre dans les profondeurs de l’enfer, où ils resteront jusqu’à la fin des temps. La table devint silencieuse, et pendant un instant, les démons à forme humaine eurent l’air malades. — À quel point es-tu convaincu de sa validité ? lui demanda alors Astaroth.
— C’est le seigneur Lucifer lui-même qui m’en a parlé. Les quatre ducs échangèrent des regards en silence, tandis que le bar bourdonnait autour d’eux. Pharzuph se racla la gorge et prit le téléphone des mains d’Astaroth avant de poursuivre à voix basse. — Comment notre seigneur a-t-il obtenu cette information ? La voix de Rahab émit un chuchotement plein de menaces. — Tu oses douter de lui ? Pharzuph garda un air impassible et prudent. Sa voix à l’accent anglais velouté resta ferme. — Ne sois pas ridicule. C’est la source dont je doute. Rahab fut silencieux, un instant. Puis, avec réticence, il dut reconnaître : — C’était un chuchoteur, un des légionnaires. De nouveau, les ducs se regardèrent, l’air sceptique. Voilàpourquoipersonne n’avait jamais pris cette prophétie au sérieux. Il semblait peu probable qu’un bon à rien d’esprit légionnaire puisse obtenir une information aussi importante et la rapporter avec exactitude. — La prophétie est vraie, hurla Rahab dans le téléphone. Il y a 2000 ans que je vous répète, bande d’imbéciles, qu’il ne faut pas faire confiance à la race des Nephilim ! Et pourquoi soulevez-vous cette question aujourd’hui ? Que s’est-il passé ? — Nous parlerons de ce que nous avons appris très bientôt, frère, lui assura Pharzuph. Rahab grommela tout bas avant de raccrocher. — Bon. Alors, quel est notre plan ? demanda Astaroth. — Dans un premier temps, nous déterminerons si Bélial et la fille se sont conformés aux ordres qui leur ont été donnés au sommet, si elle est toujours vierge, notamment. Elle est celle que je soupçonne le plus. Les anges de lumière n’étaient jamais intervenus pour un Neph, auparavant. Melchom se pencha, les coudes appuyés sur la table. — Comment découvrirons-nous si elle est pure ? Un sourire mauvais se dessina sur le visage de Pharzuph. — Ça, je m’en occupe. — Et si elle l’est toujours ? — Nous la tuons immédiatement avant que ces satanés anges aient le temps d’intervenir. Pharzuph termina son martini et observa une femme qui ne cessait de jeter des regards furtifs dans sa direction. — Et nous attendons la réaction de Bélial pour déterminer s’ils travaillent ensemble ou s’il s’agit d’une opération dirigée strictement par les Neph. — Bon sang ! Rien de tout cela n’a de sens, dit Mammon, qui se massa le front. Nous les avons tous fait suivre après le sommet. — Seulement pendant les six premiers mois, précisa Astaroth. Il semble qu’ils aient été fort occupés au cours des 12 mois suivants. — Nous les ferons filer de nouveau, aussi longtemps que cela sera nécessaire. Melchom secoua la tête. — Le seigneur Lucifer ne sera pas content de ceci : d’utiliser ses légionnaires pour surveiller les Neph, alors qu’ils devraient se concentrer sur les humains. Il était furieux d’apprendre que toutes ces ressources avaient été gaspillées, après le sommet. Pharzuph soupira. — Très bien. Pour le moment, nous ne nous servirons pas des chuchoteurs. Nous attendrons et nous verrons ce que nous apprendrons sur la fille de Bélial. Tous en convinrent avec un hochement de tête, puis Pharzuph se leva. — Profitons encore de Las Vegas, pendant les quelques heures qui restent avant notre réunion. Et il se dirigea vers la femme à l’aura rouge, qui soutenait son regard bleu. — Meilleur boulot au monde, murmura-t-il alors pour lui-même. *** « Aimer ou avoir aimé, cela suffit. Ne demandez rien ensuite. On n’a pas d’autre perle à trouver dans les plis ténébreux de la vie. » Victor Hugo,Les Misérables ***
CHAPITRE1 *** JEPRENDSFEU
D ès mon départ de Los Angeles, une flamme se mit à couver en moi — une brûlure satisfaisante faite de dynamisme et de détermination telle que je n’en avais jamais ressentie. Plus jamais je ne laisserais les ducs ôter la vie à qui que ce soit sans réagir. Nous avions perdu le fils du duc de l’avidité, Flynn, notre allié, tué par son propre père, quand sa trahison à la cause des démons avait été découverte. Je n’oublierais jamais la sensation d’impuissance que j’avais ressentie sous l’eau, sous ce quai, pendant que les démons faisaient le mal. Plus jamais. Nous, les Nephilim, nous allions débarrasser la Terre des démons, et c’était à moi qu’avait été confié le rôle de les diriger. Ce savoir avait d’abord causé des étincelles avant de prendre feu et de se répandre dans mes veines. En dépit de toutes les inconnues, jamais je ne m’étais sentie plus forte ou plus concentrée. Tout cela parce que j’aimais… l’amour, la quintessence de la vie, que les ducs de l’enfer considéraient comme une faiblesse. Ils ne pouvaient imaginer l’étendue de son pouvoir reconstituant. J’aimais Kaidan Rowe, et il m’aimait. J’aimais Patti et mon père, et je savais qu’ils étaient prêts à mourir pour moi. J’aimais les Nephilim, et je voulais les voir libérés de la terreur de leurs pères. J’aimais la bonté inhérente à l’humanité, et la possibilité d’un avenir meilleur sur une Terre libérée des interférences démoniaques. Pour la toute première fois, je ne doutais pas de moi. Et quand je retrouvai Patti, au bord du trottoir à l’aéroport d’Atlanta, je la serrai fort contre moi. Je sentais que je n’étais plus la fille qui l’avait quittée la semaine précédente. Elle s’écarta, examina mon visage, repoussa une mèche de cheveux derrière mon épaule et hocha la tête, une fois seulement, comme si elle comprenait. Il était temps pour moi de prendre ma place dans le monde, temps de remplir ma mission. Les yeux de Patti se mouillèrent, mais ses épaules se redressèrent, pleines de fierté maternelle. Oui, il était temps, et son soutien était fondamental. En route vers l’appartement, mon téléphone sonna, et quand je vis le numéro de mon père, mon cœur s’emballa. — Allô ? — Une autre réunion a été convoquée ce soir, à Las Vegas, répondit-il de sa voix rauque. C’est peut-être la dernière occasion que tu as de parler aux autres sans danger. Je t’envoie des informations par courriel. Sois prudente. Et il raccrocha avant que j’aie pu dire un mot. Une nouvelle réunion. Les ducs ne perdaient pas de temps. Ce que je venais d’apprendre atténua légèrement la confiance que j’avais éprouvée auparavant. Tout ce que j’espérais, c’était que les Neph et moi puissions survivre à ce qui allait arriver. J’envoyai un texto à Kaidan, qui figurait dans ma liste de contacts sousJames,James pour Bond. C’était lui qui avait choisi ce pseudo. Et je figurais dans sa liste sousSuper nana du concert. « Vidéoconférence dans 30 min. » Sa réponse, qui vint immédiatement, me fit rougir et secouer la tête. « Vêtements obligatoires ? » C’était bien de constater qu’il avait toujours le sens de l’humour, même au bord de la catastrophe. À moins qu’il n’ait pas été en train de plaisanter ? — Êtes-vous en train de vous draguer ? me demanda Patti, ses yeux quittant la route un instant pour me regarder. Je me dépêchai de supprimer son message. — C’est tellement bizarre, lui dis-je. J’avais attendu deux années pour que Kaidan m’aime, lui aussi, et, depuis, il était mon copain. Mon copain ! C’était incroyable.