La Prophétie de Lazare - Tome 1

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« Super, un trou paumé ! »
Pour Émilie et pour son petit frère Adam, les vacances d'été ne s'annoncent pas des plus joyeuses.
Contraints, par leur mère, de passer le début du mois de juillet chez une grand-tante totalement étrangère à leurs yeux, dans une maison perdue au fond des bois, ils s'attendent à vivre le plus grand cauchemar de tout vrai citadin... l'ennui total. Seulement, rien ne se passera comme ils l'avaient imaginé. Entraînés malgré eux dans un monde qu'ils n'auront aucun moyen de fuir, ils vont vivre la plus grande aventure de leur vie et devenir les héros d'une ancienne prophétie. Avec l'aide de leurs nouveaux amis, ils devront agir afin de sauver le monde de la folie destructrice de Dorian.


Publié le : vendredi 23 octobre 2015
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EAN13 : 9782332990198
Nombre de pages : 220
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ISBN numérique : 978-2-332-99017-4
© Edilivre, 2015
À mes premiers fans et aux futurs : Angélique, Océane, Aurélia, Aline, Camille, May, Pauline, Anahei, Séverine alias Sé-Sé, David, Mr Bob, Kristie, Clémence, Samantha, Élodie, Fantomas, Créoline de Venfré (écrivaine de talent). Un grand merci !
Chapitre 1
La dluie tombait fort ce jour-là. Assis à l’arrière De la voiture, Émilie et ADam restaient silencieux, regarDant avec ennui le daysage Défiler à travers les vitres ruisselantes De gouttes D’eau. Leur mère avait DéciDé, sur un coud De tête, qu’ils dasseraient leur Début De vacances D’été chez une granD-tante, qu’ils n’avaient jamais vue ni connue jusqu’à aujourD’hui et cela les mettait mal à l’aise. Adrès trois heures De route, entre D’immenses Déserts De blés, De colza et De tournesols, leur mère tourna sur sa Droite. Elle emdrunta un chemin rocailleux, aux grossières dierres blanches et continua son trajet en Direction D’une énorme forêt De chênes qui, sous le ciel dluvieux Du mois De juillet, daraissait sombre et terrifiante. – Suder, un trou daumé ! s’exclama Émilie en jetant un regarD effaré à travers la vitre. – Euh… c’est une blague. Tu nous emmènes où ? questionna ADam, qui s’était enfin DéciDé à aDresser la darole à sa mère. Sa mère se retourna et avec un large sourire, rédonDit : – Je vous emmène chez votre granD-tante Viviane, tu ne t’en raddelles das ? Je te l’ai reDit ce matin. Enfin, redrit-elle adrès une detite réflexion, si je ne me suis das tromdée De chemin. Tu n’es dlus en colère adrès moi ? ADam la Dévisagea et remit ses écouteurs D’iPodDans ses oreilles. – Excuse, mais il a raison. Cet enDroit, ça craint ! J’ai même dlus De réseau, grommela Émilie en regarDant son télédhone dortable Dernier cri. – Vous n’êtes jamais contents… vous, les jeunes, rédonDit leur mère. RegarDez autour De vous, la nature est magnifique. Vous allez resdirer De l’air dur et frais. Vous allez douvoir vous redoser… je ne sais das ce qu’il vous faut De dlus ! Émilie et son frère lui jetèrent un regarD noir. Jamais De leur vie, ils n’avaient imaginé dasser leurs vacances Dans les bois, eux qui étaient trod habitués aux bruits et au chahut De la ville. Et duis qu’allaient-ils faire sans orDinateurs ? – Oh bien sûr… je vois ! s’exclama leur mère avec une exdression qui frôlait le riDicule, les yeux fixés sur le rétroviseur. Vous êtes Déjà malheureux sans vos orDinateurs et vos télédhones qui ne cadtent dlus… toutes ces choses qui vous renDent la vie dlus facile. Les enfants… – On est dlus Des enfants, couda Émilie. – Toutes mes excuses, continua sa mère. Je Disais Donc… mes aDos révoltés, le séjour chez votre granD-tante n’est que De quelques jours. Je sais que c’est souDain et que vous ne la connaissez das mais vous verrez, c’est une dersonne Douce et gentille. J’esdère que je vais retrouver sa maison, car la nuit tombe vite en forêt et j’ai beaucoud De chemin à faire. – Tu sais quoi, ronchonna Émilie, je n’ai das envie D’aller chez une darfaite inconnue, qui habite un coin isolé, derDu en dleine forêt. C’est deut-être une dsychodathe… qui sait ! C’est vrai… nous, elle ne nous connaît das. Adrès un court silence, Émilie redrit : – Oh regarDe, y’a un danneau tout aussi fliddant que le reste Du Décor ! Leur mère ralentit et s’arrêta à la hauteur De la dancarte en bois, vieillie dar la mousse – elle était dlantée drès D’un granD arbre – Aux yeux D’Émilie et D’ADam, le vieux chêne semblait Doté D’un visage aux traits songeurs, ce qui leur Donna la chair De doule. Leur mère se mit à lire : – Prodriété Des bois enchantés (chambre D’hôte) 1 kilomètre adrès le vieux chêne. – Ouais, rien que le nom ça me fait flidder, lança Émilie. – Moi, je trouve ça génial… une maison derDue en dleine forêt, Dit ADam en jetant un regarD taquin à sa sœur. – T’es aussi fêlé que « tante Viviane », rédonDit-elle avec un air médrisant. ADam s’addrêta à lancer une rédlique mais sa mère l’arrêta Dans son élan.
– Vous n’allez das commencer à vous Disduter ! Sinon, je vous DescenDs De la voiture… bagages à la main et vous ferez le reste Du chemin tout seuls. ans le dlus granD silence, elle redrit la route jusqu’à la drodriété Des bois enchantés où leur granD-tante Viviane les attenDait.
Chapitre2
Laemeure de leur grand-tante semblait sortir tout droit d’un conte de fées. Elle était grande – sur deux étages – toute en bois de pin, teintée en rose et blanc. Des jardinières, remplies de géraniums, décoraient chaque rebord de fenêtre et de chaque côté du perron, de nombreux animaux en terre cuite guettaient avec leurs yeux immobiles l’arrivée des visiteurs. – Là c’est sûr, c’est une fêlée ! s’exclama Émilie avec une grossière grimace. – Je trouve que cette maison est tout à fait magnifique. Je l’avais même oubliée, soupira sa mère. – J’suis d’acc avec ‘man ! J’aimerais habiter une maison pareille. – Bien sûr, espèce de fayot, répondit Émilie en jetant un paquet de mouchoir sur son frère. Celui-ci la nargua d’une affreuse et horrible grimace. – Mais vous allez arrêter ! Je me demande quel âge vous avez tous les deux ! Bon sortez, je vous accompagne à la porte. – On n’a pas besoin de toi, lança Émilie. De toute façon, on est assez grands pour s’assumer tout seuls et je ne mettrai pas les pieds dans cette baraque. Je n’imagine même pas l’intérieur, ni même la tête de cette femme. Et puis d’abord, depuis quand tu te soucies de nous ? Sa mère resta un moment sans voix, puis se tourna vers sa fille avec un regard glacial. – Écoute, Émilie… il y a peut-être un sale temps aujourd’hui mais il fera beau demain. Et dès que je rentre d’Espagne, je vous promets que je reviens vous chercher dans la foulée et que vous reverrez la « civilisation ». – Moi, dit Adam, je veux bien essayer. La baraque a l’air cool, même si la peinture est un peu défraîchie et qu’on est coincés dans un trou à rats. Tant qu’il y a à manger ! – Bon, allons chez l’affreuse sorcière, marmonna Émilie. – Ne sois pas si mauvaise, Emmy… tu ne la connais même pas. – Mais… soupira Émilie en regardant la maison de tante Viviane. OK… je vais faire un effort pour ne pas péter un câble ici. C’est bon, on peut y aller. – Ouais… on y va, renchérit son frère en rangeant soniPoddans sa poche. Leur mère leur adressa à tous les deux un sourire plein d’admiration, mais aucun ne lui rendit en retour. Tous les trois sortirent de la voiture dans un silence pesant. Émilie et Adam prirent leur sac dans le coffre et le regard vide – tels des zombies – ils s’avancèrent vers le perron. À peine eurent-ils franchi celui-ci, qu’une bonne odeur de pâtisserie se fit sentir, envahissant entièrement leurs narines. – Vous voyez, fit remarquer leur mère, vous êtes attendus. D’un geste élancé, elle appuya sur la sonnette – qui émit un chant d’oiseau – et attendit. Derrière la porte vitrée, les enfants distinguèrent une silhouette qui s’avançait à vive allure. Plus cette forme se rapprochait, plus le cœur d’Émilie et d’Adam s’emballait. Leur mère, quant à elle, semblait heureuse de revoir cette tante si mystérieuse à leurs yeux. La porte s’ouvrit lentement et une petite femme ronde, le teint rose illuminé par des yeux noisette, apparut devant eux. – Quelle bonne surprise de te revoir ma chère Lucie, dit-elle en l’enlaçant. Vous aussi mes chers enfants, c’est un plaisir d’enfin vous connaître. Émilie et son frère la regardèrent avec des yeux exorbités. – Oh, que je manque de politesse, reprit leur grand-tante en portant une main sur son front ridé par les années. Entrez, des pâtisseries vous attendent. – Allez-y… et n’oubliez pas d’être gentils, fit leur mère d’un petit geste de la main. Après une brève hésitation, Adam entra le premier, la mine boudeuse. Émilie lui emboîta le pas et sans adresser un regard à sa mère, disparut derrière la porte. – Tu n’entres pas ? demanda tante Viviane d’un ton hésitant. – Non. Je suis désolée… je dois partir. J’ai beaucoup de chemin à faire.
– Je comprends, mais… – Je tiens aussi à m’excuser pour cette surprise imprévue, coupa Lucie dans un sourire. – Tu es pardonnée ma Lucie, répondit tante Viviane les yeux brillants. – J’avais oublié ces bonnes odeurs et tes pâtisseries, soupira-t-elle en enlaçant sa tante à nouveau. Je reviendrai les chercher dans une dizaine de jours. L’accolade terminée, Lucie tourna les talons en direction de sa voiture. La pluie avait cessé et une éclaircie traversa les nuages sombres et gris, éclairant d’un rayon de soleil la maison toute entière. Lucie ferma les yeux, immortalisant l’instant dans sa mémoire, comme elle l’avait fait il y a bien longtemps. – Prends soin des enfants, cria-t-elle en ouvrant sa portière. – Je n’y manquerai pas ! Au revoir ma chère Lucie. Sois prudente. – À bientôt, répondit-elle avec un grand sourire et les yeux débordant de larmes. Elle mit le moteur en route et s’en alla. Tante Viviane fit un bref geste de la main et referma la porte derrière elle. D’un pas aussi silencieux que celui d’un chat, elle partit rejoindre les enfants dans le salon. Émilie et Adam étaient assis sur un canapé, où ils scrutaient la pièce en silence. L’intérieur de la maison ne ressemblait pas à l’extérieur comme avait pu l’imaginer Émilie. Le salon était tout à fait ordinaire, quoique très spacieux. Deux grands fauteuils en velours rouge étaient placés devant une grande fenêtre. Juste à côté se trouvait la bibliothèque. Celle-ci était remplie de vieux livres. De chaque côté de la bibliothèque, une grande tapisserie – faite au fil de canevas – habillait le mur blanc. En face de la bibliothèque, une table de chêne, avec juste quatre chaises, occupait l’espace central de la pièce. Devant le canapé en velours identique aux fauteuils, il y avait une grande cheminée de pierre, aux contours sculptés. Les enfants se sentirent dépaysés dans cet univers simple et rustique. Tante Viviane était restée dans le coin de la porte, silencieuse. Elle dévisageait les enfants avec admiration, tout en se disant que sa chère Lucie devait être fière d’avoir des petits aussi beaux. Émilie, l’aînée, était grande et mince. Elle avait un visage d’ange, éclairé par de beaux yeux bleus et orné d’une chevelure noir corbeau. Sa peau blanche, teintée d’un hâle rosé sur les pommettes, lui donnait l’air d’une poupée de porcelaine. Adam, quant à lui, était un petit garçon un peu rondouillard, au visage malicieux. Ses yeux étaient aussi bleus que ceux de sa sœur et il ressemblait trait pour trait à sa mère. Ses cheveux blonds étaient coupés court, surmontés d’une crête de coq bien tenue par une tonne de gel. Sa bouche était large. Il le fallait bien, vu la grande part de gâteau qu’il commençait à manger. – Arrête de manger comme un porc. Regarde, tu fous des miettes partout, lança Émilie avec dégoût. – Je ne mange pas comme un porc, répondit Adam entre deux mastications. T’as vraiment un grain ma pauvre. – Elles sont comment ? demanda-t-elle en penchant sa main vers le plat d’argent, posé sur la table basse du salon. – Je n’ai pas mis de poison, si c’est à ça que tu pensais, répondit tante Viviane en entrant dans la pièce. Émilie tourna la tête et dit en rougissant : – Euh… ce n’est pas à ça que je pensais. – Moi, je les trouve « sublimement » délicieuses ! s’exclama Adam, la bouche pleine. – Si vous avez rassasié vos estomacs, je vais vous montrer vos chambres. Vous pourrez déposer vos affaires et prendre une douche. – Vous vivez seule ? fit Émilie, qui s’était décidée à goûter une part de gâteau au chocolat. – Hum… pendant de nombreuses années, j’ai vécu avec George. C’était le plus gentil des hommes. Il était garde-forestier… nous n’avons hélas pas eu d’enfant. Maintenant, je n’ai que pour compagnie, Oggi, mon chien. Dans un élan de joie incontrôlable, Adam s’exclama :
– Un chien ? J’ai toujours voulu avoir un chien ! Avec maman, on ne peut pas, parce que mademoiselle Emmy déteste les chiens. – Tu ne peux pas te taire et me lâcher avec ça ! Je n’aime pas les chiens, c’est tout. T’es trop soûlant, espèce d’abruti écervelé. – Oh, quel langage. Cessez de vous taper dessus avec des mots méchants, répondit tante Viviane. Je pense que vous feriez mieux de vous soutenir, plutôt que de vous détruire par des chiffonnades sans importance. – C’ n’est pas de ma faute si elle ressemble à une vieille grenouille et que personne ne l’aime. – Tu ne t’es pas regardé, mon pauvre. Ta tronche est plus vicieuse que celle d’une fouine, grinça sa sœur. – Il suffit tous les deux ! Suivez-moi ! cria tante Viviane avec surprise. Les enfants la dévisagèrent en silence. Leur grand-tante, si douce aux yeux de leur mère, venait de leur crier dessus. Tante Viviane posa une main sur sa bouche comme pour ravaler ses paroles. – Excusez-moi mes chers enfants. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je… Je suis moi-même la première choquée de ma réaction. Vous voulez bien m’excuser et me suivre à l’étage, s’il vous plaît. Émilie et Adam se levèrent du canapé et laissèrent échapper un long, très long soupir. – J’espère qu’on ne partage pas la même chambre, ni le même lit ? demanda Émilie en prenant son sac. – C’est clair… elle ronfle comme une truie ! s’exclama Adam avec moquerie. – Marre-toi, pendant que tu peux encore respirer. – Bouh, j’ai peur. – Ah… soupira tante Viviane. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de vous ? Émilie et son frère suivirent leur grand-tante à l’étage. Comme dans le salon, de nombreuses tapisseries d’animaux et de paysages habillaient les murs. Arrivés en haut des escaliers, sur le palier, les enfants remarquèrent des statuettes, placées à côté de chaque porte. Elles étaient sculptées à-même le tronc d’arbre et faisaient penser à des totems indiens. – C’est mon George qui a tout sculpté lui-même, dit tante Viviane avec émotion. – Elles sont magnifiques, répondit Adam, les yeux brillants d’admiration. – Oui, elles sont très belles, dit Émilie à son tour. Tante Viviane ouvrit alors la première porte sur sa droite, gardée par un loup et dit, le ton joyeux : – Émilie, voici ta chambre. – Bah c’est une chambre, répondit-elle avec détachement. – Bah c’est une chambre, répéta Adam. – La ferme ! – Chut… je ne veux plus vous entendre vous disputer ! s’exclama leur grand-tante. Elle ouvrit ensuite une seconde porte, gardée, elle, par de nombreux oiseaux sur une branche. – Adam, voici la tienne. – Trop cool, dit-il en y entrant, elle est plus grande que la sienne. – Au fait, si je veux appeler mes amis ou notre mère… car dans ce bled, je n’ai pas de réseau. – Et pas d’amis, par la même occasion, lança Adam en déballant son sac. Sa sœur ne répondit pas, voyant que sa grand-tante s’apprêtait à répondre. – Le téléphone se trouve dans la cuisine. – Je vous remercie pour votre hospitalité, fit Émilie en lâchant son sac sur le lit. – Il n’y a pas de quoi. C’est le moindre que je puisse faire pour ta chère mère… Bon, et si on allait préparer le repas ? De plus, Oggi doit s’impatienter. – Tu viens, tête de pioche, on descend, fit Émilie.
La porte de la cuisine était fermée et Oggi s’était tranquillement installé derrière. Il s’était invité dans la maison de tante Viviane l’hiver dernier. Ses maîtres avaient dû l’abandonner et il n’avait pas résisté aux bonnes pâtisseries qu’elle préparait. Quand la porte s’ouvrit, Oggi se leva et secoua sa queue dans tous les sens, comme une boussole détraquée. – Il n’est pas méchant ? demanda Émilie avec un petit recul quand Oggi s’approcha pour la saluer. – Non, c’est le plus adorable des chiens. – Hé, tu vas être mon nouvel ami… hein Oggi ! s’exclama Adam en caressant la jolie petite boule de poils marron. Oggi le regarda et pencha la tête. – Je prends ça pour un oui, dit-il dans un large sourire. Sous l’œil attentif d’Oggi, Émilie et Adam aidèrent leur grand-tante à préparer un délicieux repas. À la tombée de la nuit, tous les deux allèrent se coucher dans le plus grand silence, fatigués par le voyage et le changement d’air. Ils s’endormirent aussitôt, n’entendant même pas le hululement nocturne des hiboux.
Chapitre3
Le lendemain, Émilie et Adam s’étaient levés tôt afin de remercier leur grand-tante. Ils avaient décidé de lui préparer son petit-déjeuner, mais quelle ne fut pas leur surprise quand ils sentirent du haut de l’escalier, la bonne odeur du pain chaud fait maison. – Tu sens cette odeur Adam, chuchota Émilie. – Oh oui, je la sens bien. J’ai même très faim. – C’est vous les enfants ? demanda une voix lointaine. Vous êtes matinaux. – Oui, tante Viviane c’est nous. On voulait te faire une surprise mais je crois que c’est mort, répondit Adam en descendant deux par deux les marches afin d’arriver le premier à la cuisine. – Qui est mort ? interrogea tante Viviane avec une mine étrange. – Personne n’est mort… ça veut dire que c’est raté, expliqua Adam. C’est le langage des jeunes, tu n’peux pas comprendre. – J’ai très bien compris, rassure toi ! Je suis née bien avant toi. Je voulais juste t’entendre répéter ta phrase correctement… Au fait, tu as bien dormi ? – Oui mais je n’ai pas l’habitude d’entendre les oiseaux chanter le matin, répondit-il en s’installant, la mine joyeuse. – Et toi, Émilie ? Émilie entra à son tour dans la cuisine et s’installa avec paresse. – J’ai bien dormi mais je n’aime pas la forêt… Y’a trop de bruit la nuit et les piafs chantent trop tôt. Adam et sa grand-tante pouffèrent de rire, puis il ajouta : – Tu n’aurais pas peur des êtres qui ne sortent qu’à la nuit tombée… bouh ! Émilie regarda son frère et répondit avec sarcasme : – Entre toi et moi, le plus poltron des deux c’est celui qui fait dans ses draps. – Sans commentaire ma vieille, j’ai arrêté il y a quatre ans, miss gothique. C’est normal qu’avec ta tronche de sorcière, y’ait pas un mec qui s’intéresse à toi ! – La ferme ! Dégénéré ! – Bon… souffla tante Viviane et si nous mangions notre bon pain chaud. Tu me passes la confiture de fraise, Adam, s’il te plaît. – J’suis d’acc’ ! Attaquons, car je meurs de faim. Tous les trois commencèrent le petit-déjeuner dans le calme. Puis après quelques hésitations, Émilie demanda : – C’est toi qui as élevé notre mère. Alors, pourquoi elle ne nous a jamais parlé de toi ? Tante Viviane posa sa tartine de pain et répondit d’une voix douce : – Oui, c’est moi qui ai élevé ta mère. À ses dix-huit ans, elle s’est enfuie de la maison, sans donner aucune raison. Mon mari et moi-même étions très attristés de son départ et très inquiets aussi. Nous allions partir à sa recherche, quand George a remarqué la lettre que votre mère avait laissée avant de partir. – Qu’est-ce qu’elle disait la lettre ? coupa Adam, qui ne ratait pas un seul mot. Tante Viviane le regarda et sourit. – Elle demandait de la laisser poursuivre son chemin de vie. – C’est tout ? s’étonna Émilie. – Non, continua tante Viviane, elle disait que si on l’aimait, nous ne devions pas partir à sa recherche et qu’elle nous téléphonerait dans les jours qui arriveraient. – Et alors, elle a téléphoné ? – Oui, elle nous a téléphoné deux jours plus tard, nous disant que tout allait bien et qu’elle était partie s’installer en ville… chez son petit ami. – Et ce petit ami, tu l’avais déjà vu ? demanda Adam en mâchouillant sa tartine. – Oui, une seule fois. Il était plus âgé que votre mère d’au moins quatre ans… c’est lui qui était venu la chercher cette nuit-là. Alors, moi et mon George nous l’avons laissée vivre sa vie
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