//img.uscri.be/pth/0c766f2e80d057d5060dc3fcd68ba99f51478b2c
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 9,38 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Le chapeau magique d'Ouzbékistan

De
134 pages
Khachimdjan Rouziyev est un adolescent drôle, malin, têtu, orgueilleux et également très naïf. Il trouve un chapeau magique qui rend son porteur invisible. Avec ce chapeau, il pense réaliser tous ses souhaits. Il abandonne son école et quitte sa maison à la recherche de la gloire. Malgré sa jeunesse et son manque d'expérience, il essaie de devenir agronome, ingénieur, poète ou même comédien. Mas ses différentes tentatives seront plus ou moins fructueuses...
Voir plus Voir moins

Le chapeau magique d'Ouzbékistan

Jeunesse L'Harmattan Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland, Joëlle et Marcelle Chassin
Valéry RAYDON, Le Roi Midas et les Murmures du Vent, 2005. Jean-François RADIGUET, Le requin bleu, 2005. Marie-Pierre ROBINEAU, Bimbouss et les Trois Fléaux du Désert,2005. Ousmane SARR, Moussa Lô à Dakar, 2005. FANEL Y, Les aventures de Philibert au Sri Lanka, 2005. Salim HATUBOU, Les matins de p'tite Lô aux Comores, 2005. Isabelle et Henri CADORE, Avrillette. Timanmay esklav la. L'enfant esclave, 2005. Salim HATUBOU, Hassanati. De Mayotte à Marseille, 2005. Valérie ANTONI, Valentine à Venise, 2005. Francis GARNUNG, Tonton Marcel sous l'Occupation. Roman,2005. Moktar DJEBLI, Abû Sîr et Abû kîr (comédie bilingue tirée d'un conte arabe ancien), 2004. Kady KA Y A, Les jumeaux de la case carrée, 2004. Valérie OUAZZANI-JONCOUX, Leïla LOUHillI, Sarah entre France et Maroc (bilingue français-arabe/dialecte maghrébin), 2004. Edna MEREY-APINDA, Les aventures d'Imya, petite fille du Gabon, 2004. Odette-Claire BROUSSE, Arioul, le bourricot de Sami Choukri, 2004. Didier BASCOU, La révolte des dièses, 2004. Augustin Jaykumar BRUTUS, Ganesh le vélophant, 2004. Nathalie SOULA, Une semaine de rêves forcés en Egypte, 2004. Alain RODRIGUEZ, Un si long sommeil, 2004. Aëlle LETOCART, La quête de Yil, 2004. Mireille NICOLAS, Moemoea, l'aïeule des îles Marquises, 2004. Vanna DIMANE, Meriem et la 27ème nuit du Ramadan. La nuit du destin, 2004.

Khudoyberdi

TUKHT ABA YEV

Le chapeau magique d'Ouzbékistan

Traduit de l'ouzbek par Shavkat KHOLMUDOROV

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris FRANCE
L'Hannattan Hongrie Espace L'Harmattan Kinshasa L'Harmattan Italia L'Harmattan Burkina Faso

Konyvesbolt
Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest

Fac.des Sc. Sociales,Pol.et
Adm. ; BP243, KIN XI Université de Kinshasa - RDC

ViaDegliArtisti, 15
10124 Torino ITALIE

1200logements villa96 12B226O Ouagadougou 12

www.librairieharmattan.com harmattanl @wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr (Ç) L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-9480-7 EAN : 9782747594806

Préface
Le chapeau magique d'Ouzbékistan raconte avec beaucoup d'humour les aventures d'un jeune adolescent. Il est la première partie du roman Sur un djinn jaune de l'écrivain ouzbek Khudoyberdi Tukhtabayev. Ce roman a été traduit dans plus de vingt langues. L'histoire se passe dans les années 1970 dans la vallée de la Ferghana en Ouzbékistan. A l'époque, l'Ouzbékistan faisait partie de l'URSS où la vie sociale était construite selon les principes du communisme. La propriété était collective et sous le contrôle de l'État. Les paysans étaient obligés de travailler dans des exploitations agricoles collectives appelées kolkhozes ou sovkhozes. Le héros du roman rejette le régime soviétique et ses illusions égalitaires et unifonnisantes. Son personnage symbolise le rejet par les peuples d'Asie centrale du régime communiste. L'URSS a cessé d'exister en 1991 : les peuples obtiennent leur indépendance. L'Ouzbékistan est sorti d'un régime totalitaire qui lui a été imposé pendant soixante-dix ans. Doté d'un patrimoine historique et culturel d'une grande richesse, le pays compte désonnais plus de 26 millions d'habitants et traverse une période complexe de construction d'un État-nation.
Bobir Tukhtabayev

~
"'(3)

...... ~

= ~

J:J. N

= o :.
(3)

~
(3) ......

~ U

Une terrible journée
Tout a commencé lorsque maman m'a chassé de la maison. Non, non. Reprenons plutôt depuis le début. Je m'appelle Khachim, mais si vous voulez me faire plaisir, vous m'appellerez Khachimdjanl. Mon nom est Rouziyev. Je suis par conséquent Khachimdjan Rouziyev, le fils du célèbre conducteur de tracteur RouzibaÏ. Et maintenant, pennettez-moi de vous présenter ma famille. Mon père travaille dans le désert Mirzatchoul où il laboure la terre. Il rentre à la maison à peu près une ou deux fois par mois. Son retour est toujours une fête pour nous car, chaque fois, il nous rapporte beaucoup de cadeaux. Le plus beau de ses cadeaux est toujours pour moi. Ma mère, elle aussi, est célèbre. Elle travaille dans une fenne qui se trouve à trois cents pas de notre maison. Là, elle trait vingt-quatre vaches qui sont toutes des championnes. Comme ces vaches donnent beaucoup de lait, ma mère a reçu une médaille qui brille et que j'ai portée deux fois en cachette. La première fois c'était pour aller au marché. Tous mes copains me couraient après et me demandaient s'ils pouvaient la toucher. La seconde fois c'était pour aller à l'école mais je l'ai aussitôt regretté, car le directeur m'a fait la morale dans son bureau. « Pourquoi portestu cette médaille?» m'a-t-il demandé. «Elle n'est pas à toi, enlève-la tout de suite! Tu ne la mérites pas! »
1 La terminaison affectif.

djan s'ajoute

aux prénoms comme diminutif et

9

Aïcha, ma sœur cadette, fait ses études à l'école secondaire. Elle est en quatrième année. C'est une bûcheuse et elle fait si bien le ménage à la maison que ma mère l'appelle souvent « Ma petite abeille ». Mais moi, en plus, je l'oblige à faire tous les travaux que ma mère me demande d'exécuter. Et elle m'obéit. C'est pour ça que je l'aime autant. Notre benjamine s'appelle Dana. Elle est encore à l'école primaire. Maman pense qu'elle deviendra médecin, mais, il me semble qu'elle se trompe. Si vous me demandez pourquoi, je vais vous le dire: Dana a peur des piqûres. Une fois, à l'école, elle a cru que la cuisinière était un médecin parce qu'elle aussi portait une blouse blanche. Dana s'est enfuie par la fenêtre et a séché tous ses cours ce jour-là. Quant à moi, je suis un garçon modeste. J'étudie au collège. Je peux vous dire que je ne suis pas l'un des meilleurs élèves de l'école. J'ai parfois la chance d'avoir des bonnes notes, mais c'est vraiment rare. Pourtant je suis doué et intelligent. Je ne traîne pas dans les rues avec les mauvais garçons. Je préfère jouer au football ou à d'autres jeux avec mes copains, là où les appels de maman ne nous parviennent pas. Quand on veut me faire travailler, je trouve toujours le moyen de m'échapper. - Khachimdjan ! me crie ma mère. - Oui, maman! - Monte sur le toit et descends du bois. (Nous stockons toujours du bois sur le toit plat de notre maison.) - Tout de suite maman!

10

Je fais semblant d'aller chercher l'échelle mais, en vérité, c'est ma sœur que je vais chercher: - Aïcha ! - Oui, mon frère. - Monte sur le toit et descends du bois. Et dépêche-toi! - D'accord. J'y vais. Evidemment qu'elle est d'accord. Si elle ne l'était pas, elle verrait ce qu'elle verrait! Je ne laisse jamais les ordres de ma mère non exécutés. Et si ce n'est pas moi, c'est ma sœur car peu importe qui le fait, l'important c'est que ce soit fait, un point c'est tout! Cette attitude, je l'ai apprise du directeur de notre ferme - Sirodjiddin. Il agit toujours comme ça. Quand le président du kolkhoze lui donne un ordre, il le transmet à ses employés. Lorsque je serai grand je veux devenir comme lui, directeur. C'est bien d'être directeur: tu ne fais rien, ce sont les autres qui travaillent à ta place. Pour l'instant, je n'ai que deux employés: ma sœur et Orif, mon meilleur ami. Bon, d'accord, ce n'est pas une grande équipe et elle est peu digne de louanges. Ah! Je crois bien que je ne vous ai pas encore présenté Orif, mon camarade de classe. Il est petit, mais il a une grosse tête, pleine d'idées. Il peut résoudre rapidement n'importe quel problème en mathématiques. Et moi, je n'ai plus qu'à recopier la solution du problème en quelques minutes. D'habitude, à l'école nous n'avons cours que l'après-midi. Et comme toujours, deux heures avant les cours, j'appelle Orif : - Orif! Il

- Ouais ! Qu'est-ce que tu veux encore? - Viens chez moi. On fera nos devoirs! Je crie suffisamment fort pour que ma mère pUIsse m'entendre. - Non, je ne peux pas, je suis tout seul à la maison. Viens plutôt chez moi. C'est ce que j'attendais. Je prends mon cartable et je file chez lui. Vous pensez bien que je ne vais pas me fatiguer à faire des maths. A quoi bon, alors qu'il y a Orif pour s'en charger. Pendant ce temps, je préfère aller jouer au foot. Et voilà! Aujourd'hui comme d'habitude je voulais appeler Orif, mais ma mère m'a ordonné de donner à manger aux poules. Ce travail, j'aurais dû le faire ce matin mais j'ai oublié de le faire. - Qu'est-ce que tu dis maman? - Je te demande pourquoi tu n'as pas encore nourri les poules? - Qu'elles se débrouillent toutes seules! Jusqu'à quand devrons-nous donner à manger à ces parasites? - Oh, mon Dieu! Tu as aussi oublié de leur donner à boire. - Tu sais maman, les poules modernes n'ont plus besoin de boire de l'eau. - Tiens donc! s'exclame-t-elle, en prenant son bâton afin de me punir. Là, je comprends que j'ai dit quelque chose que je n'aurais peut-être pas dû dire. Sentant la colère de ma mère monter, je me précipite aussitôt vers la porte. - Ça fait une semaine que je ne leur ai pas donné à manger, si tu veux le savoir! Et là, je me sauve en courant. 12

petit voyou! Ça y est! Je suis libre, mais ça ne dure jamais très longtemps. Ce genre d'incident se produit assez régulièrement et, d'habitude, quand je rentre à la maison après les cours, maman me demande: - Khachimdjan, tu as obtenu quelle note aujourd'hui? - Cinq (sur cinq), maman, tu sais bien que j'ai toujours d'excellentes notes. - Félicitations, mon garçon! se réjouit-elle en me tendant deux tablettes de mon chocolat préféré. Tu les as bien méritées. Va donc jouer maintenant. Mais, hier, la situation s'est déroulée tout autrement: au lieu de me demander uniquement quelles notes j'avais eues, elle m'a aussi demandé de lui montrer mon carnet. Aussitôt, je suis devenu tout pâle, craignant que tous mes secrets ne soient dévoilés. Pour éviter cela, j'ai dit sans réfléchir: - C'est mon professeur qui l'a gardé. - Très bien, alors apporte-moi ton cartable. A ce moment-là, je ne voyais aucune issue à la situation. J'ai donc fini par lui remettre mon carnet de notes. C'est quoi cette note? m'a-t-elle demandé comme si elle ne reconnaissait pas ce chiffre. Ça m'a paru bizarre puisqu'elle a son bac. - Deux. - Et celle-là? - Trois. - Pourquoi m'as-tu menti? - Je ne t'ai pas menti, j'ai obtenu ces deux notes hier! 13

- Je vais t'apprendre,