Le Cherche-Bonheur

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Un soir d’été, Célestin croise le chemin d’Uto, un homme qui voyage dans l’univers à la recherche d’un monde où tous les hommes seraient heureux et vivraient en harmonie. Le « Cherche-Bonheur », comme on l’appelle, explique au jeune garçon qu’il est venu sur terre chercher deux grands oiseaux pour les emmener dans un royaume, où le peuple de l’air est privé d’ailes comme les hommes le sont de liberté. Il s’éloigne bientôt, mais oublie dans l’herbe la clef des deux jolies cages dorées. Célestin court pour le rattraper et bascule, malgré lui,
dans une autre dimension…

Ce livre fait partie de la série des « Contes de Célestin » qui s’adressent à tous ceux, petits et grands, qui aiment les histoires extraordinaires.


Premier Prix international du Conte Philémon 2010
et Prix du Genêt d’Or 2010

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782952184267
Nombre de pages : 40
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Il faisait bon ce soir-là sous les grands arbres qui entouraient le pré fraîchement fauché. Et l’odeur de l’herbe coupée était si agréable que Célestin avait décidé de s’arrêter un moment avant de redescendre par le petit sentier caillouteux qui menait à la ferme. Il s’était assis puis allongé et respirait l’air pur qui venait des alpages Soudain, alors qu’il commençait à s’assoupir, il entendit une petite musique claire comme du cristal. Il se réveilla tout à fait et se re-dressa. De jolies notes de musique s’élevaient dans le silence environnant. Célestin se leva alors et descendit un peu plus bas dans la
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vallée. Il aperçut un homme, assis de dos dans l’herbe, la tête légèrement penchée en avant. Le jeune garçon s’approcha lentement, le salua gentiment et lui dit : — C’est très joli ce que vous jouez ! C’est une flûte ? — Une sorte de flûte, oui, mais parmi les sons qu’elle produit, certains ne sont pas audibles par l’homme. Seuls les oiseaux les perçoivent et ces notes-là appartiennent à leur langage. Écoute ! Le musicien souffla dans son instrument mais Célestin n’entendit rien. Pourtant, plusieurs oiseaux apparurent bientôt sur les branches basses des arbres devant eux. — C’est magique ! s’exclama Célestin qui s’arrêta tout net de parler. Il venait de voir, posées à côté de l’homme, deux cages dorées.
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— Tu captures les oiseaux et tu les attires avec ta musique enchantée ? L’homme sembla réfléchir puis reprit. — Comment t’appelles-tu ? — Célestin ! — Écoute, Célestin… C’est… Tu pourrais garder un secret ? — Naturellement ! s’écria le jeune garçon, impressionné par ce dernier mot. — Eh bien alors, assieds-toi et écoute atten-tivement. L’inconnu se redressa légèrement et com-mença à raconter : — Je ne suis pas de ce monde. En fait, je n’appartiens à aucun monde. Je vais et je viens dans l’univers à la recherche du monde parfait où l’homme serait heureux et vivrait en harmonie dans la nature avec les siens. Je m’appelle Uto et on me nomme le « Cherche-
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Bonheur ». Mais, jusqu’à présent, je ne l’ai encore jamais trouvé… Un jour, il y a peut-être bien longtemps de cela, je ne sais…je me retrouvai en haut d’une colline devant un villagequi s’étendait à mes pieds. Les toits serrés les uns contre les autres quadrillaient le paysage de losanges rougeâtres d’où s’élevaient les cubes des cheminées. Une géométrie parfaite s’offrait à mon regard, dé-tachant çà et là quelques carrés de maisons séparés par des rues rectilignes. Je poursuivis la route qui serpentait à travers les champs pour me rapprocher de ce nouveau monde. Je ressentais une certaine appréhension. Cet environnement, droit et structuré, était-il à l’image de leur droiture d’esprit, de l’harmonie de leur société ? J’arrivai dès les premiers rayons d’un soleil pâle et tiède. Les façades des maisons sou-
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riaient au jour levant. Tout était paisible et calme. Pourtant, au bout de quelques mi-nutes, je me sentis progressivement mal à l’aise. Le silence était devenu pesant, profond, trop intense. Je mis plusieurs minutes avant de réaliser qu’il manquait un bruit familier, si familier que l’on finit par l’oublier : le chant matinal des oiseaux à l’aurore, quelques piail-lements épars, repris par d’autres, qui s’en-chaînent et se répondent en échos pour enfin se mêler et se fondre aux bruits du village qui s’éveille. Les oiseaux ? Je scrutai les nombreux arbres qui bordaient la rue du village afin d’apercevoir ces petits volatiles, et soudain, j’en distinguai un, fluet, immobile au pied d’un arbuste : une petite tête fine aux yeux vifs, de couleur claire et aux plumes lisses et brillantes. Ses ailes semblaient repliées. Je m’approchai…
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