Le jardin enchanté

De

Ce matin-là, il faisait très beau... Cela donna à Pilou une idée, mais alors quelque chose de sen-sa-tion-nel ! Il se rendit à son jardin pour soumettre son idée à ses amis.

À son arrivée, tout le monde se réjouit. Après avoir dit bonjour à chacun d’entre eux, il tenta de calmer ce joli tintamarre et réclama un peu de silence.

« Écoutez-moi bien les amis ! J’ai eu une idée géniale : que diriez-vous d’une compétition, un genre de « LégumOlympiades » ? Sachant que chacun d’entre vous est en bonne santé et que vous avez tous vos spécialités, que diriez-vous donc de vous soumettre à des épreuves, pour prouver que vous êtes les meilleurs ? »

Sur le coup, tout le monde se regarda interloqué. Est-ce que Pilou aurait perdu la tête ? Aurait-il pris un coup de soleil qui l’aurait fait divaguer ?


Publié le : jeudi 15 mars 2012
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EAN13 : 9782362521843
Nombre de pages : 88
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Laure Taillade





Le jardin enchanté








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Éditions Mélibée, 2011

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Le jardin enchanté



Il est un jardin merveilleux où poussent des légumes magiques. En fait, ils ne sont pas vraiment « magiques » mais ils ont des pouvoirs qui permettent - et c’est vrai même aujourd’hui - de garder notre corps en bonne santé !

Ce jardin s’appelle le Jardin ou la Pharmacie de Dieu !

En effet, la nature est si bien faite que l’on y trouve soit des plantes, des légumes, des fruits ou même des fleurs pour se soigner !

En voilà une bonne nouvelle !

Ce jardin est gardé et entretenu par Pilou. Pilou est un vieux monsieur, pas très grand, un peu bourru mais avant tout il est gentil et charmant.

Quand j’étais petite, j’allais souvent le rejoindre dans son jardin après l’école.

Il m’expliquait tout : à quelle époque planter telle ou telle plante, comment entretenir les plants, comment les soigner, quelles étaient les mauvaises herbes, etc.

Il savait tout, vraiment tout !

Je m’asseyais dans l’herbe et là, de sa voix douce et mélodieuse il me racontait plein histoires : Sylphide la carotte qui soigne les yeux, Carambar le céleri qui lui, renforce les os, l’artichaut pour nettoyer les reins, le foie, mais aussi l’oignon, l’ail et pleins d’autres encore…

Bien sûr, il y a les plantes : l’arnica qui guérit les bleus, la lavande pour mieux dormir, la camomille pour soulager les yeux ou l’estomac. Mais les plantes et les fleurs, il ne s’en occupait pas trop.

Ce que Pilou aimait et connaissant par-dessus tout, c’était les légumes et les fruits… Comme il me disait, quitte à manger, autant le faire de façon utile et intelligente !

Dans son potager, Pilou avait même donné un nom à ses légumes, tant ils étaient complices !

Laisse-moi te raconter !!!


Sylphide la carotte



Dans son jardin, Pilou avait planté des carottes. Hé oui ! Tout le monde sait que les carottes contiennent du carotène qui est, entre autre, excellent pour la vue mais aussi pour le teint. Alors c’est tout naturellement que l’on trouve des carottes dans la « pharmacie » de Pilou.

Le matin à la fraîche, Pilou va dans son jardin vérifier que rien de grave n’est arrivé pendant la nuit.

Car la nuit il se passe parfois des choses étranges : mis à part les insectes et autres animaux nuisibles, Pilou avait déjà remarqué qu’il arrivait, pendant son absence, des événements bizarres.

Pas plus tard qu’hier matin, à son réveil, Pilou a constaté qu’il manquait une carotte parmi ses plants. Et pas n’importe laquelle, il s’agit de Sylphide ! En donnant un nom à ses légumes il a l’impression qu’ils font partie de sa famille, qu’ils poussent mieux et deviennent plus vigoureux s’il leur parle tous les jours. Il est même persuadé que ses plantes l’écoutent et comprennent ce qu’il leur dit !

Bon, une carotte en moins, ce n’est pas bien grave, mais tout de même, c’est étrange car le trou où elle était plantée a été un peu rebouché. Quel voleur penserait à effacer ses traces plutôt que de s’enfuir ? Parce que des traces, il n’y en a pas ! Pas la moindre empreinte de lapin ou d’un quelconque autre animal !

Évidemment, Pilou est très triste ce matin, car il n’a aucune nouvelle. Mais il ne laisse pas abattre et décide qu’il montera la garde la nuit prochaine !

En attendant, il passe sa journée à s’occuper de son potager : il enlève les mauvaises herbes, passe un coup de binette vers les plants de haricots pour les relever un peu, sort le tuyau d’arrosage pour rafraîchir les légumes. Après déjeuner, il prend son journal et s’installe sur la chaise longue à l’ombre d’un citronnier. L’après-midi se passe tranquillement. En fin de journée, il va dans sa maison se préparer pour la nuit. Il sait qu’elle sera longue mais il veut savoir ce qui s’est passé !

À la nuit tombée, il se cache sous un saule pleureur au bout de son jardin et attend… seul. Le vent murmure entre les feuilles des arbres. Quelques oiseaux nocturnes poussent leur cri quand ils ont attrapé une proie. Mais Pilou attend encore et les heures passent. Il a sommeil et commence à légèrement s’assoupir…

Soudain, il est réveillé et tous ses sens sont en alerte : il entend un bruit mais différent des sons bienveillants de la forêt juste à côté.

Alors, sortant doucement de derrière les banchages, Pilou s’approche… s’approche encore sur la pointe des pieds. Il espère surprendre le voleur. Le bruit devient plus fort, plus distinct : un soufflement, des pieds « qui traînent » ! Le voleur ou qui que ce soit d’autre a l’air particulièrement fatigué !

Il s’approche encore : mais quels sont ces bruits étranges ???

« Han ! han ! Pif, paf, pouf, pouf ! Crouk, crouk ! »

Il s’approche encore et là… il ouvre grand ses yeux : qu’est-ce qu’il aperçoit dans la pénombre ? Sylphide est revenue mais surtout Carambar, le céleri, lui tape sur la tête, appuie sur ses épaules, pousse de toutes ses forces pour essayer de la replanter !

Alors Pilou sort de sa cachette en s’écriant :

— Mais qu’est-ce que vous faites ? Et toi Sylphide, d’où viens-tu ? Où as-tu traîné pour être aussi sale ?

La carotte et le céleri se mettent à trembler de toutes leurs feuilles : ils ont été pris en flagrant délit ! Que va dire Pilou, maintenant qu’il a découvert qu’ils sont « vivants », qu’ils peuvent se déplacer ? Et comment va-t-il réagir quand il saura qu’ils savent aussi parler ?

Alors Pilou attrape Sylphide par les fanes, la secoue un peu, lui met quelques claques pour lui enlever toute cette terre et là, Sylphide se met à crier :

— Aie ! Tu pourrais faire plus doucement ! Enfin, taper moins fort.

Pilou secoue la terre, il croit avoir eu une hallucination : une carotte qui parle ? Impossible ! Alors il continue son nettoyage comme si de rien n’était. Mais là, la carotte se fâche :

— Vas-tu arrêter oui ou non ? Tu me fais mal à me secouer de la sorte !

Cette fois-ci, Pilou s’arrête et regarde la carotte de plus près, plisse les yeux, sceptique, et dit doucement (de peur qu’on ne l’entende !) :

— Est-ce bien toi qui parles ?

— Évidemment ! Y a-t-il quelqu’un d’autre ici ? Et parle plus fort, je suis un peu dure d’oreille !

— Je n’en reviens pas : tu parles vraiment et tu comprends ce que je te dis ?

— Je ne vois pas ce qu’il y a d’étonnant… tu nous parles tous les jours, on a appris depuis le temps !

— Oui, mais vous êtes des légumes !

— Et alors, tu es bien un humain… Où est la différence ?

— Bon d’accord, d’accord. Mais depuis combien de temps savez-vous parler ?

— Depuis que nos graines sont sorties de terre.

— Mais alors vous parlez tous ?

— Bien sûr !

— Bon puisque vous parlez, pourrais-tu me raconter ce que tu faisais avec le céleri Carambar ?

— Hé bien, à vrai dire, il essayait de me remettre à ma place !

— Ça, je l’ai bien vu… mais pourquoi ? Est-ce que ça veut dire que tu étais partie et non pas que quelqu’un t’avait volée ?

— Hé bien, c’est un peu ça. Tout ça c’est à cause de Tic et Tac, les deux noix.

— Comment ça ?

— En jouant des castagnettes, elles m’ont transmis un message m’informant qu’au pied du noyer sur lequel elles ont grandi, se trouvait un lapereau qui avait du sable dans les yeux et du coup il ne pouvait retrouver son chemin. Et au pied de l’arbre, il n’arrêtait pas de pleurer. Donc j’y suis allée.

— Mais pourquoi toi ?

— Au cas où tu ne le saurais pas je contiens du carotène qui est très bon pour les yeux !

— Oui, mais…

— Mais j’y suis allée et j’avoue que j’ai eu un peu peur… Rends-toi compte que c’est un lapin !...

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