Le Pouvoir des Cinq 2 - Evil Star

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Dans Raven's Gate, Matt avait découvert la singularité de son destin et de ses pouvoirs. Il est recontacté par l'organisation Nexus et dépêché au Pérou pour empêcher qu'une deuxième porte s'ouvre sur un nouveau démon. Il est l'un des « Cinq » : il lui incombe donc de sauver le monde. Accompagné de Richard, il parcourt la terre des Incas, et rencontre un autre des Cinq. Mais voilà qu'on soupçonne un traître au sein même de Nexus
Publié le : mercredi 3 janvier 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782012026735
Nombre de pages : 408
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Traduit de l’anglais par Annick Le Goyat
Illustration et conception de couverture : © Walker Books, 2006.
Logo, Le pouvoir des Cinq : © Walker Books, 2006.
Reproduits avec l'autorisation de Walker Books (Londres).
Cet ouvrage a paru en langue anglaise
chez Walker Books (Londres)
sous le titre EVIL STAR.
© Anthony Horowitz, 1985, 2006.
© Hachette Livre, 2007, pour la présente édition.
La lueur rougeoyante des flammes se reflétait dans les yeux du vieil homme. Le soleil se couchait et les ombres se resserraient. Dans le lointain, un condor tournoya paresseusement avant de plonger vers le sol. Alors, tout devint paisible. La nuit n'était plus qu'à un souffle.
« Il viendra », assura le vieillard. Il s'exprimait dans une langue étrange, connue seulement de rares personnes dans le monde. « Inutile de l'envoyer chercher. Il viendra de lui-même. »
Le vieil homme se releva, s'aidant d'une canne taillée dans une branche, et s'approcha du bord de la plate-forme rocheuse. De ce promontoire, il dominait un canyon qui semblait descendre jusqu'à l'infini, ligne de faille dans l'écorce terrestre qui s'était formée un million d'années auparavant. Pendant un instant, le vieillard demeura silencieux. Une douzaine d'hommes se tenaient derrière lui, guettant ses paroles. Aucun d'eux ne bougeait. Aucun n'osait l'interrompre dans ses pensées.
Enfin il se retourna et dit :
« Ce garçon vit à l'autre bout du monde. En Angleterre. »
L'un des hommes se trémoussa, mal à l'aise. Il savait qu'il était mal vu de poser des questions mais il ne put s'en empêcher. « Allons-nous nous contenter de l'attendre ? Le temps presse. Même s'il vient, comment pourra-t-il nous aider ? Un enfant !
— Tu ne comprends pas, Atoc », répondit le vieil homme. S'il était en colère, il n'en laissait rien paraître. Il savait qu'Atoc n'avait que vingt ans et était lui-même à peine plus qu'un enfant. « Ce garçon détient un pouvoir dont il ne soupçonne même pas la force. Il viendra et il arrivera à temps. Son pouvoir le mènera jusqu'à nous.
— Qui est-ce ? » demanda un autre.
Le vieil homme contempla le soleil qui reposait, dans un équilibre parfait, sur la cime de la plus haute montagne. Cette montagne s'appelait Mandango... le Dieu endormi.
« Il se nomme Matthew Freeman. Il est le premier des Cinq. »
Il se passait quelque chose de bizarre dans la maison de Eastfield Terrace. Quelque chose de déplaisant.
Toutes les maisons de la rue se ressemblaient plus ou moins : façade en brique rouge début XXe, deux chambres au premier étage et un bow-window au rez-de-chaussée, à droite ou à gauche de la porte d'entrée. Certaines possédaient une antenne parabolique, d'autres des jardinières aux fenêtres, garnies de fleurs aux couleurs vives. Pourtant, lorsqu'on regardait la rue qui tournait autour de l'église Saint-Patrick puis descendait vers le garage Esso et la supérette, on remarquait qu'une maison se distinguait des autres. Le numéro 27 semblait incongru, plus à sa place, atteint d'une maladie nécessitant son transfert immédiat dans un autre quartier.
Le jardinet de devant était jonché de détritus et, comme à l'accoutumée, la poubelle à roulettes, à côté de la grille, débordait, cernée de sacs noirs qu'on n'avait pas réussi à fourrer à l'intérieur. Ceci n'était pas inhabituel. Les rideaux étaient tirés en permanence sur les fenêtres et, à la connaissance des voisins, les lumières n'étaient jamais allumées. Ceci non plus n'avait rien de très étrange. Ce qui l'était, en revanche, c'était la puanteur. La maison empestait. Depuis plusieurs semaines, se dégageait une odeur de pourri, d'égout, qui avait d'abord semblé provenir d'une canalisation bouchée mais qui avait rapidement empiré et obligeait désormais les passants à changer de trottoir. Quelle que fût l'origine de cette infection, elle paraissait affecter la maison entière. Le carré de pelouse commençait à crever. Les fleurs avaient fané, envahies de mauvaises herbes. Les briques elles-mêmes donnaient l'impression de perdre leur couleur.
Les voisins avaient tenté de se plaindre. Ils avaient tambouriné à la porte, mais personne n'avait ouvert. Ils avaient téléphoné, mais personne n'avait répondu. Finalement, ils avaient alerté les services municipaux d'Ipswich, mais il faudrait évidemment des semaines avant qu'une action fût entreprise. La maison n'était pas vide. Cela, ils le savaient. Ils avaient plusieurs fois entr'aperçu la propriétaire, Gwenda Davis, faisant les cent pas derrière ses rideaux. Une fois — plus d'une semaine auparavant -, on l'avait vue rentrant précipitamment chez elle après avoir fait ses courses. Autre preuve de présence au numéro 27 : chaque soir, la télévision était allumée.
Gwenda Davis était bien connue dans la rue.
Elle avait vécu là presque toute sa vie d'adulte, d'abord seule, ensuite avec son compagnon, Brian Conran, qui travaillait à l'occasion comme laitier. Mais ce qui avait vraiment déclenché l'intérêt et les bavardages des voisins, c'était l'adoption inexplicable par Gwenda Davis, six ans plus tôt, de son neveu de huit ans. Tout le monde s'accordait pour dire que Gwenda et Brian n'étaient pas précisément les parents idéals. Brian buvait. Ils se disputaient et, à en croire les commérages, c'est à peine s'ils connaissaient ce neveu dont les parents avaient péri dans un accident de voiture.
Ainsi donc, personne ne s'était étonné quand les choses avaient mal tourné. Ce n'était pas vraiment la faute du jeune garçon. À son arrivée, Matthew Freeman était, de l'avis général, un enfant assez gentil. Mais, très vite, la situation s'était détériorée. Il avait commencé à manquer l'école, à traîner et à avoir de mauvaises fréquentations. Puis il s'était rendu coupable de toute une série de délits mineurs qui, inévitablement, lui avaient attiré des ennuis avec la police. Pour finir, il y avait eu ce cambriolage dans un entrepôt proche de la gare d'Ipswich, où un vigile avait failli perdre la vie. Le juge avait décidé de placer Matthew dans une famille d'accueil quelque part dans le Yorkshire, dans le cadre d'un programme gouvernemental contre la délinquance. Bon débarras ! avaient conclu les voisins.
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