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Le royaume de cristal

De
217 pages
Bryn Aven, injustement accusée de meurtre et de trahison, est en fuite. Il s’avère que la seule personne capable de l’aider est son plus grand ennemi, le beau et énigmatique Konstantin Black. Konstantin sera son seul allié dans sa lutte contre ceux qui ont pris le pouvoir de son royaume et qui menacent de détruire tout ce qui lui tient à coeur, mais peut-elle lui faire confiance?
En tâchant de laver son nom, Bryn révélera les secrets les plus sombres des dirigeants du royaume Kanin et maintenant, le monde des trolls est au bord d’une guerre. Bryn serat-elle arrachée à Ridley, le seul homme qu’elle ait jamais aimé ? Pourra-t-elle se joindre à Finn Holmes et au royaume des Trylles? Les apparences sont trompeuses, mais une chose est certaine: une bataille épique se prépare et quand tout sera fini, plus rien ne sera comme avant…
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Copyright © 2015 Amanqa Hocking Titre original anglais : The Kanin Chronicles : Crystal Kingqom Copyright © 2016 Éqitions AqA Inc. pour la traquction française Cette publication est publiée en accorq avec St. Martin’s Press, New York, NY Tous qroits réservés. Aucune partie qe ce livre ne peut être reproquite sous QuelQue forme Que ce soit sans la permission écrite qe l’éqiteur, sauf qans le cas q’une critiQue littéraire.
Éqiteur : François Doucet Traquction : Patrick Moisan (CPRL) Révision linguistiQue : Féminin pluriel Correction q’épreuves : Nancy Coulombe Montage qe la couverture : Matthieu Fortin Conception qe la couverture : Lisa Marie Pompilio Photo qe la couverture : © Mike Heath Mise en pages : Sylvie Valois ISBN papier 978-2-89767-381-9 ISBN PDF numériQue 978-2-89767-382-6 ISBN ePub 978-2-89767-383-3 Première impression : 2016 Dépôt légal : 2016 BibliothèQue et Archives nationales qu uébec BibliothèQue et Archives Canaqa
Éqitions AqA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (uébec) J3X 1P7, Canaqa Téléphone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.aqa-inc.com info@aqa-inc.com
Diffusion Canaqa : Éqitions AqA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. qes Bogues 31750 EscalQuens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 BelgiQue : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99
Imprimé au Canaqa
Participation qe la SODEC. Nous reconnaissons l’aiqe financière qu gouvernement quCanaqa par l’entremise qu Fonqsqu livre qu Canaqa (FLC) pour nos activités q’éqition. Gouvernement qu uébec — Programme qe créqit q’impôt pour l’éqition qe livres — Gestion SODEC.
Catalogage avant publication qe BibliothèQue et Archives nationales qu uébec et BibliothèQue et Archives Canaqa Hocking, Amanqa, [Crystal kingqom. Français] Le royaume qe cristal (Les chroniQues qu Royaume Kanin ; 3) Traquction qe : Crystal kingqom. Pour les jeunes qe 13 ans et plus. ISBN 978-2-89767-381-9 I. Beaume, Sophie, 1968- . II. Titre. III. Titre : Crystal kingqom. Français. IV. Collection : Hocking, Amanqa. Kanin chronicles. Français ; 3. PZ23.H623Ro 2016 j813’.6 C2016-941157-5
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.com
À M. Eric J. Goldman. Ce livre représente peut-être le dernier chapitre de l’une de nos plus grandes aventures ensemble, mais je sais que nous en vivrons de nombreuses autres.
UN
Amis et ennemis
lors, qu’en dis-tu, petit lapin blanc ? me demanda Konstantin Black. Amis ? A Assis sur le tabouret voisin, il me fixait du regard. Ses épais sourcils arqués flottaient au-dessus de ses yeux argentés où dansait une lueur d’espoir, et ses cheveux noirs comme le charbon tombèrent sur son visage quand il s’inclina vers moi. Je fus incapable de faire autrement que de le regarder, bouche bée, trop hébétée pour penser ou pour bouger. Je n’arrivais même pas à déterminer s’il était vraiment là. J’aurais été plus prête à accepter que j’avais perdu connaissance sans m’en rendre compte, dans un petit restaurant quelconque du Missouri, et que je faisais un cauchemar causé par mon stress ou peut-être même un lysa. C’était totalement impossible que Konstantin soit là, devant moi. Pas après que j’eus passé cinq jours à m’enfuir de Doldastam, après avoir été arrêtée pour trahison et accusée du meurtre du prince des Skojares, Kennet Biâelse, et de mon ami, Kasper Abbott. J’avais fait tout en mon pouvoir pour éviter d’être retrouvée. Je payais seulement en argent comptant et j’utilisais un téléphone cellulaire prépayé dont je pouvais me débarrasser à tout moment, mais je n’avais pas encore rassemblé assez de courage pour l’utiliser. J’étais constamment en mouvement et je restais hors des grands centres, préférant passer par les petites villes, où je dormais dans des motels miteux. C’était impossible que quelqu’un ait pu me retrouver, pas même Konstantin Black. — Bryn ? fit Konstantin, puisque j’étais restée muette depuis une minute. Puis, comme je devais m’assurer qu’il était bien réel, je tendis la main pour le toucher ; je serrai la veste de cuir noir sur son biceps tandis qu’il baissait des yeux perplexes vers ma main. Je m’attendais presque à ce que sa veste s’évanouisse dans un nuage de fumée, mais je sentis plutôt son muscle ferme sous mes doigts. — Est-ce que ça va ? me demanda-t-il en me lançant un regard empli d’une inquiétude sincère, même si je ne savais pas si je pouvais lui faire confiance. Tu as vraiment une mine de déterrée. — Et c’est ainsi que tu espères me faire croire que tu veux que nous soyons amis ? En me disant que j’ai une sale gueule ? lui demandai-je sèchement. Évidemment, il n’avait pas tort. Comme je ne dormais et ne mangeais pas beaucoup, j’étais encore plus pâle que d’habitude. Mes tentatives de teindre ma chevelure en noir pour mieux masquer mon identité avaient donné une étrange teinte grise à mes cheveux normalement blonds, étant donné que la teinture n’avait pas tendance à bien prendre dans les cheveux des trolls. Mon œil gauche avait fini par désenfler, mais l’ecchymose avait pris une horrible couleur jaune que je n’arrivais pas à recouvrir complètement avec du maquillage. — J’essaie de te faire accepter l’idée en faisant preuve d’une honnêteté brutale, répondit-il avec un sourire pincé. Je veux que tu saches que tu n’entendras que la vérité de ma bouche. Je m’esclaffai. — Aucune chance que je te croie. — Allons, Bryn, donne-moi une chance, implora-t-il en posant les bras sur le comptoir. — Et que fais-tu ici, d’ailleurs ? Que me veux-tu ? lui demandai-je.
— Je te l’ai déjà dit : ton amitié. — Foutaises, rétorquai-je en roulant des yeux. Tu ne dis jamais rien d’autre que des foutaises. — Comment peux-tu en être certaine ? répliqua Konstantin, incrédule. J’ai toujours été honnête avec toi. — Oui, oui, bien sûr. Tu étais honnête quand tu as tenté d’assassiner mon père ou quand tu as voulu enlever Linnea. Il pinça les lèvres. — Je me suis déjà excusé pour ce qui était arrivé avec ton père. Je le fusillai du regard. — Évidemment, rien de ce que je pourrais dire ne réparera mon geste, mais tu sais que je le regrette. — Et comment puis-je en être sûre ? répondis-je en secouant la tête. À vrai dire, je ne sais rien de toi. — Pourquoi es-tu si agressive ? me demanda Konstantin en haussant le ton. J’essaie seulement de t’aider. — Tu es un traître qui travaille pour la personne qui a failli me tuer ! m’écriai-je sans me soucier du fait que je parlais beaucoup trop fort dans un petit restaurant. — Et regarde qui parle ! cria Konstantin. La serveuse s’approcha en interrompant notre conversation enflammée pour poser le verre de thé glacé que j’avais commandé devant moi. Elle resta plantée là, une main sur la hanche, à nous observer d’un air suspicieux. Plus tôt, elle m’avait regardée avec une certaine sollicitude, malgré son épuisement, mais compte tenu de ma mauvaise teinture et de l’agitation de Konstantin, elle devait se douter que nous étions des fugitifs. — Tout va bien ? demanda-t-elle en nous regardant à tour de rôle. — Oui, ça va, répondit Konstantin d’un ton cassant en évitant de la regarder. — Dans ce cas, vous devriez baisser le ton avant de commencer à effrayer les clients, dit-elle avec un léger accent du Sud avant de se tourner lentement et de s’éloigner. Konstantin attendit qu’elle soit à l’autre extrémité de la salle avant d’ouvrir la bouche. — Et j’ai bien essayé de sauver Linnea, dit-il en se redressant, indigné. En fait, je l’ai sauvée. Sans mon intervention, elle serait probablement morte. D’après ce que m’avait expliqué Linnea, l’affirmation de Konstantin me paraissait vraie. Comme je ne pouvais pas lui répondre, je tournai mon tabouret pour me concentrer sur mon thé glacé. Konstantin soupira, puis il se pencha vers moi. D’une voix à peine plus forte qu’un murmure, il me souffla à l’oreille : — Je sais ce que tu vis. Il y a de cela quatre ans, j’étais presque exactement dans la même situation que toi. Je sais à quel point on peut se sentir effrayé et isolé quand le royaume se retourne contre nous. Je bus une gorgée de mon thé glacé sans rien dire. Il poursuivit : — Toi et moi avons été dans des camps opposés pendant un bout de temps, et bien que j’aie fait beaucoup de mauvais choix, je m’efforce maintenant de réparer mes erreurs et… je suis seul et tu es seule. Alors, j’ai cru que nous pourrions être seuls ensemble. Il se redressa. — Évidemment, je ne te forcerai pas. Si tu veux traverser cette épreuve seule, libre à toi. Seule, envers et contre tous. Je ne t’en empêcherai pas. Je paie l’addition, ajouta-t-il en
plongeant la main dans sa poche pour lancer quelques dollars sur le comptoir. J’entendis le tabouret grincer quand il se leva, mais je ne levai pas les yeux. Ce n’est que lorsque j’entendis la cloche au-dessus de la porte retentir que je me retournai pour le regarder s’éloigner dehors, dans la belle journée printanière ensoleillée. Dans quelques secondes, il aurait disparu, et je n’aurais plus d’autre moyen de communiquer avec lui ou de découvrir ce qu’il savait. Alors, même si je n’étais pas certaine de savoir ce que pourrait devenir cette amitié ni même si je me jetais dans un piège, je savais ce que je devais faire. Je poussai un juron à voix basse, puis je descendis de mon tabouret pour courir rejoindre Konstantin.
DEUX
Traque
ù allons-nous ? demandai-je. O Il aurait peut-être été préférable de poser la question avant de monter dans la Mustang noire de Konstantin, mais je ne voulais pas qu’il parte sans moi. Et était-ce vraiment important de savoir où nous allions ? Je n’avais nulle part où aller. Nulle part où je pourrais me sentir chez moi. — Je ne sais pas, répondit-il en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur pour regarder le restaurant disparaître derrière nous en accélérant sur l’autoroute. Tu as un endroit en tête ? Je secouai la tête. — Non, dis-je en le regardant, mais nous devrions trouver un endroit où nous pourrons vraiment parler. — Que dirais-tu d’un motel ? suggéra-t-il. Je lui lançai un regard noir, et il éclata de rire. — Oh, si j’avais eu l’intention de te tuer, ce serait déjà fait, et si j’avais seulement l’intention de baiser, je suis certain qu’il existe des moyens plus simples d’y arriver. — Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? lui demandai-je. Je crois que cette conversation aurait dû avoir lieu bien avant. — Tu es si menaçante, dit-il en esquissant un petit sourire. Je regardai par la vitre pour observer le paysage verdoyant passer à vive allure. Même si je devais souvent me déplacer dans mes tâches de traqueuse, c’était toujours étonnant de voir la différence entre le dur froid qui régnait à Doldastam et la douce chaleur partout ailleurs. J’étais si loin de chez moi et je me sentais dans un tout autre monde. — Comment m’as-tu retrouvée ? lui demandai-je sans détourner le regard des grands frênes qui bordaient la route. — En fait, ce fut assez simple, dit-il. Je le regardai. Il plongea la main dans la poche de sa veste de cuir et en sortit une mèche de cheveux blonds maintenus ensemble par un bout de ficelle. D’un geste hésitant, je pris la mèche. Les cheveux étaient de couleur dorée pâle, légèrement ondulés, exactement comme les miens, avant que je les gâche avec ma mauvaise teinture. C’était une mèche de mes cheveux. Et soudainement, je compris. Je sus comment Konstantin avait réussi à me retrouver partout où j’étais allée, comme dans ma chambre d’hôtel, à Calgary, ou encore à l’extérieur de Storvatten, quand je l’avais capturé. Même quand il m’avait rendu visite dans un lysa. Konstantin avait été un traqueur kanin, descendant d’une longue lignée de traqueurs, et grâce à cette forte lignée, il avait toujours eu beaucoup d’affinité comme traqueur. Comme de nombreux traqueurs, il pouvait créer un lien mental avec un enfant échangé s’il avait en sa possession un objet lui appartenant. Ce lien fonctionnait généralement mieux avec une mèche de cheveux. Le lien mental transformait l’enfant échangé en une sorte de balise. Konstantin ne pouvait pas lire la pensée des autres, mais il pouvait ressentir les émotions très fortes de sa cible ; il pouvait ainsi savoir quand elle était en danger. Les événements récents de Doldastam, de
même que la peur et l’anxiété que je ressentais depuis quelques jours, m’avaient transformée en véritable phare. Et Konstantin m’avait traquée. — Où as-tu trouvé ça ? lui demandai-je en faisant tourner la mèche entre mes doigts. Comme tous les trolls, les enfants échangés naissaient avec une épaisse chevelure, dont une mèche était coupée avant que l’enfant ne soit envoyé dans sa famille d’accueil. Ainsi, le traqueur pouvait retrouver l’enfant échangé plus tard. Toutefois, je n’avais jamais été envoyée dans le monde des humains, et ces cheveux étaient beaucoup plus gros que ceux que j’avais quand j’étais enfant. Ces cheveux avaient été coupés récemment. — Et pourquoi as-tu gardé ces cheveux ? lui demandai-je en me tournant vers lui. Pourquoi me traquais-tu ? Il ouvrit la bouche, puis la referma en inspirant profondément par le nez. — Il vaudrait mieux que j’attende que nous soyons au motel avant de répondre à cette question. — Quoi ? Pourquoi ? m’écriai-je en me redressant dans mon siège pour m’asseoir sur mes genoux afin de lui faire face et de me défendre au besoin. Que se passera-t-il dans ce motel dont tu n’arrêtes pas de parler ? — Calme-toi, répondit-il en tendant une main vers moi, paume ouverte. Tu commences déjà à t’emporter, et je crois que lorsque je te dirai tout ce que j’ai à dire, tu t’emporteras encore plus. Et je me suis battu assez souvent dans une voiture pour savoir qu’il vaudrait mieux que nous attendions de ne pas être dans un bolide qui roule à plus de cent dix kilomètres à l’heure avant d’avoir une discussion animée. Comme son explication me parut raisonnable, je décidai de me détendre un peu et de me rasseoir. — D’ailleurs, je trouve que tu as opté pour une voiture un peu trop voyante et coûteuse pour un fugitif, remarquai-je, comme cela me semblait être un choix de sujet plus sûr. — Voyante, peut-être, mais certainement pas coûteuse, dit-il. Je l’ai en quelque sorte volée. — Tu sais vraiment comment faire pour éviter d’attirer l’attention, marmonnai-je. — Hé, j’ai tâché d’éviter l’attention pendant quatre ans. J’en sais un rayon sur le sujet, insista-t-il. Et de toute façon, j’ai usé de persuasion pour l’obtenir, alors je doute que son propriétaire signale le vol à la police. La persuasion était une habileté psychokinétique que les trolls possédaient et qui leur permettait d’amener les gens à faire ce qu’ils voulaient en les contrôlant mentalement. D’après ce que je savais à propos de Konstantin, ses capacités n’étaient pas suffisamment puissantes pour pouvoir contrôler mentalement d’autres trolls, mais les humains étaient beaucoup plus sensibles à ces pouvoirs. Konstantin n’avait probablement pas eu beaucoup de difficulté à convaincre l’humain de se départir de sa puissante voiture. — Alors, de qui nous sauvons-nous, exactement ? lui demandai-je. À part les Kanins, évidemment. Il hésita, et je vis ses mains se serrer sur le volant. — De Viktor Dålig et de ses hommes. — Mais je croyais que tu étais le bras droit de Viktor ou quelque chose du genre. Comment as-tu fini par te faire chasser ? — Je te l’ai déjà dit, quand nous étions à Storvatten, dans le donjon. Je ne voulais plus me salir les mains. C’est pour cette raison que j’ai averti Linnea. Je voulais corriger mes erreurs,