Le trouble fête

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Tout avait pourtant bien commencé ! À chaque visite de Théo, le nouvel ami de leur mère, c'était la fête. Mais l'ambiance se dégrade pour Camille et son frère aîné Laurent quand Théo, artiste peintre, s'installe à la maison avec ses toiles, ses tubes de peinture et ses pinceaux. L'expulsion de Zoé, leur chienne labrador, met le feu aux poudres. Chacun campe sur ses positions puis les scènes se succèdent, toujours plus violentes et déchirantes. Après le départ de son frère, Camille tente de s'accommoder de sa nouvelle vie?

Familles éclatées, reconstituées, recomposées, nombreux sont les adolescents qui connaissent ces situations. Vivre ensemble, pour le meilleur? ou pour le pire, selon les différents membres de la famille aux intérêts parfois diamétralement opposés.
Publié le : mercredi 25 octobre 2006
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782700241433
Nombre de pages : 160
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Couverture de Sylvie Serprix

978-2-700-23053-6

ISSN 1639-6480

 

© RAGEOT-ÉDITEUR – PARIS, 1999-2006.

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Loi n° 49-956 du 16-07-1949 sur les publications destinées à la jeunesse.

Avec Marie Bertin, dans la même collection :

Journal sans faim

1

– J’en ai marre, marre, marre ! hurle Camille. Tu n’es pas mon père, tu n’as pas à me commander !

Elle claque la porte de sa chambre, donne un tour de clef rageur, se saisit de Lola, sa panthère en peluche qui faisait sur le lit une sieste paisible et, la serrant contre elle, se recroqueville sur la moquette, genoux au menton. Une moquette épaisse et douce, parfaitement coordonnée à la tapisserie imprimée de fleurs bleues, aux doubles rideaux de velours et à la housse de couette à carreaux bleus et blancs.

C’est une jolie chambre que celle de Camille, avec son plafond mansardé, lambrissé de pin blond, ses meubles laqués, sa grande fenêtre qui ouvre sur les arbres du jardin. Une chambre dont, un an auparavant, la tapisserie décorée de nounours roses a été changée contre celle-ci, aux petits bouquets bleus, « qui fait très jeune fille », d’après maman. Dont Camille a remplacé les abat-jour juponnés de dentelle blanche par des spots adroitement nichés dans la charpente, « comme dans une boîte, veinarde », dit son amie Justine. Dont la superficie respectable a permis l’agencement d’un coin musique où Camille a installé une multitude de coussins, sa chaîne hi-fi, ses DVD et ses CD et, au mur, des posters de ses chanteurs favoris.

Mais, pour l’heure, Camille se soucie peu du charme de sa chambre : le visage enfoui dans la fourrure de Lola, elle sanglote, les poings farouchement serrés. C’est trop injuste, la vie est trop moche, elle est trop malheureuse à la fin ! Voilà qu’elle n’a même plus le droit de manger ce qu’elle veut pour son goûter : c’est de la tyrannie !

– Qu’est-ce que ça peut bien lui faire ? dit-elle tout haut, c’est de MA bouche, c’est de MON estomac qu’il s’agit, pas des siens !

Quelques sanglots retardataires viennent rompre ces revendications et Camille s’abandonne aux derniers spasmes de son chagrin. Un grand soupir la secoue, deux larmes tremblent encore au bord de ses cils, se décrochent, glissent sur ses joues où elles laissent une trace brillante et tombent sur la toile du jean où elles font deux taches rondes. Camille les regarde sans vraiment les voir, l’oreille tendue vers le couloir, vers la maison silencieuse au-delà de la porte close.

Rien. Pas un bruit… Pas même un murmure de cette musique classique qu’elle exècre et que LUI écoute à longueur de soirée, installé dans le salon comme chez LUI.

Il a dû filer dans son antre après l’odieuse sortie qu’il s’est permis de lui faire. Son antre, en réalité la chambre d’amis qu’il s’est appropriée pour y installer son atelier. « Tu comprends bien, ma chérie, que Théo est un artiste, qu’il a absolument besoin d’un endroit où travailler », a dit maman quand Camille s’est étonnée de voir reléguer au grenier le mobilier de la chambre jaune, celle que l’on donnait jusque-là à mamie ou aux amis de passage.

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