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Les Anges Gardiens du roi – Tome 1

De
98 pages

Au château de Pau, le 13 décembre 1553.

Le futur roi de Navarre, qui deviendra plus tard le roi de France Henri IV, vient à peine de naître qu’une main malveillante s’empare en pleine nuit du Coffret Royal contenant l’héritage du royaume.

Nos deux héros, Hélène d’Estouteville et son compagnon, le galant comte de Vaudemont, se lancent sans hésiter à la recherche du précieux coffret et se trouvent bientôt entraînés, malgré eux, dans de folles aventures, aussi palpitantes que périlleuses...


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-21413-1

 

© Edilivre, 2017

Prologue

Une nuit royale…

Pau, le 13 décembre 1553, peu avant une heure du matin.

La lune éclairait d’un reflet argenté les jardins silencieux, engourdis par la fraîcheur de la nuit. Le château lui-même semblait assoupi. Seules deux fenêtres, sur l’aile gauche, laissaient transparaître à l’étage une faible lueur. La flamme de bougies oubliées peut-être en cette heure tardive…

Soudain, de la fenêtre du deuxième étage, un cri, long et déchirant, presque assourdissant, se fit entendre. Un cri de femme, un cri de souffrance brutale et intense. A l’étage supérieur, une pièce s’éclaira vivement : des bruits de voix, une agitation grandissante, vinrent rompre le silence nocturne.

Henri d’Albret1, roi de Navarre, s’était mis sur son séant quand il entendit ce hurlement. Sa fille allait accoucher et sa libération prochaine ne faisait plus aucun doute. Il sortit, ou plutôt il sauta hors du lit, et se précipita, presque encore en chemise, vers la porte. Son valet de chambre, nommé Cottin, accourut à sa rencontre et le conduisit, un chandelier à la main, dans la chambre de Jeanne d’Albret2 située à l’étage inférieur.

La jeune femme haletait et regarda son père avec une inquiétude grandissante. Elle savait, au fond d’elle-même, que son sort dépendrait de cette naissance. Si elle accouchait d’une fille – que Dieu l’en préservât ! – son héritage serait réduit à néant. Mais si, par bonheur, elle pouvait mettre au monde un héritier mâle, tous les honneurs lui seraient octroyés.

Sa dame de compagnie, Hélène d’Estouteville, se tenait à ses côtés, aussi nerveuse que la fille du roi. Elle lui prodiguait, avec une douceur angélique, tous les soins imaginables pour alléger, tant que faire se peut, la douleur du travail.

« Nousté-Dame deù cap deù poun

Adjudat-me ad’ aquest’ hore,

Pregats aù Diù deù ceù.

Que’ mon frut que’ sorte dehore.

D’u maynat qu’am hassie lou doun ;

Tout d’inqu’aù haùt deùs mount.

L’implore »

Jeanne fredonnait avec ferveur cette chanson béarnaise et au même moment mit au monde le plus charmant poupon qu’elle eût pu désirer. L’héritier mâle était né. Il poussait des cris avec force, signe d’une vigueur sans pareil. La jeune femme poussa un soupir de soulagement ; elle était radieuse et Hélène, sa confidente fidèle, partageait sa joie sans aucune feinte.

Alors, avec lenteur et solennité, Henri saisit l’enfançon enfin calmé dans ses bras et l’enveloppa maladroitement dans sa robe de chambre emportée à la hâte.

– Voici qui est à vous, prenez-en grand soin comme de vous-même, déclara-t-il à sa fille avec emphase en désignant un coffret recouvert d’une grosse et lourde chaîne d’or, mais ceci est à moi, j’en prendrai grand soin comme de moi-même.

« Ceci », c’était l’enfant à peine né, l’orgueil et la fierté de son grand-père, la joie incommensurable de sa mère et l’espoir de tout un peuple.

Qui eût pu croire que cet enfant, si plein de vie déjà il est vrai, allait devenir trente-six ans plus tard un roi de France qui marquerait son temps et si sujet à controverse : le bon roi Henri IV3.


1. Henri d’Albret fut roi de Navarre de 1517 à 1555. Il épousa en 1548 Marguerite d’Angoulême, dite Marguerite de Navarre, la sœur aînée du roi de France, François 1er.

2. Jeanne d’Albret est la fille d’Henri d’Albret et la nièce du roi de France, François 1er. Elle fut reine de Navarre à partir de 1555, jusqu’à sa mort en 1572.

3. Henri IV, fils de Jeanne d’Albret et d’Antoine de Bourbon, naquit en 1553 à Pau et mourut assassiné par Ravaillac en 1610, à Paris. Il fut roi de Navarre à partir de 1572, à la mort de sa mère, et roi de France de 1589 à 1610.

Chapitre I

Un mystérieux vol

Durant la même nuit…

Jeanne s’était enfin assoupie, le visage encore illuminé de ce bonheur maternel si vif. Dans l’embrasure de la porte, une ombre la contemplait, le regard haineux.

Elle traversa la pièce à pas feutrés, se glissa lentement près du lit de la jeune châtelaine, s’arrêta un instant auprès d’elle, eut un moment d’hésitation, puis avec précaution s’approcha du coffret royal.

La chaîne en or étincelait sous les reflets de l’astre lunaire et semblait animée d’un pouvoir maléfique. Elle émit un léger cliquetis lorsque la main mystérieuse se posa doucement sur elle. Jeanne bougea presque imperceptiblement : aussitôt l’ombre s’immobilisa, le souffle coupé. Il n’y avait aucune clef sur le coffret. La serrure semblait très solide. Alors, dans le silence, la silhouette s’empara du trésor royal posé sur le guéridon puis s’éloigna rapidement. La chaîne que ce fantôme emportait valait bien son pesant d’or…

Jeanne dormait toujours à poings fermés. Soudain, les cris répétés et stridents de l’enfant royal, que la faim devait tenailler, la réveillèrent en sursaut. Elle avait donné des directives précises à sa dame de compagnie : elle voulait absolument assister à la première tétée de son héritier. Caprice de princesse… Elle eut à peine le temps de faire un mouvement qu’elle vit entrer Hélène d’Estouteville, suivie d’une nourrice de belle constitution qui tenait dans les bras l’enfançon en pleurs. C’était une fille de ferme qu’on avait sollicitée en urgence dans la nuit. Elle semblait jeune et son visage exprimait une simplicité toute rustique.

– Pour répondre à vos vœux, Madame, annonça Hélène d’Estouteville, je vous présente Charlotte Moray, qui vient de la ferme des Ménuires, près de Nérac. Son lait est réputé très riche et elle est saine de corps et d’esprit.

– Madame, je suis votre servante, ajouta la paysanne en s’inclinant avec humilité.

– Je suis ravie de vous voir et d’assister au spectacle le plus touchant qui soit, répliqua Jeanne.

Une fois que la nourrice se fut installée confortablement pour contenter le nourrisson, Hélène d’Estouteville reprit sur un ton enjoué :

– Savez-vous, Madame, que votre père, Henri de Navarre, a pris soin de déposer sur les lèvres de son petit-fils un onguent imprégné d’ail pour le revigorer ?

– Cela ne m’étonne guère, répondit la fille du roi, mais il me semble que…

Elle s’interrompit brutalement. Ses yeux s’étaient posés sur le guéridon près de son lit. Le trésor royal avait disparu. Hélène la regarda, l’air étonné.

– N’est-ce pas là que vous avez déposé le petit coffre que mon père m’a remis cette nuit même ? bredouilla Jeanne d’Albret. Sa voix s’était mise à trembler, envahie par l’angoisse.

– Si fait, Madame, répondit la dame de compagnie. Votre père a conservé la clef, mais le coffret était encore sur le guéridon lorsque je vous ai quitté tout à l’heure. J’en suis absolument certaine.

– Dans mon demi-sommeil, j’ai eu l’intime conviction que quelqu’un était entré dans ma chambre. Je pensais faire un mauvais rêve, mais ce n’était donc que pure réalité !

– Quelqu’un ? répliqua Hélène, mais qui pourrait commettre un acte aussi répréhensible ? C’est l’héritage de Navarre, le symbole de notre royaume !

– Mon Dieu ! s’exclama la pauvre Jeanne qui ne l’entendait plus. Si par malheur la nouvelle de ce vol parvenait aux oreilles du roi mon père, il m’exilerait sur le champ. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute !

L’enfant, repu, s’était assoupi, dans les bras bien dodus de la nourrice, qui paraissait ne rien comprendre au drame se déroulant sous ses yeux. Alors, d’un simple geste, Jeanne lui fit signe de sortir et resta pensive. Elle semblait prostrée. Un silence pesant envahit la pièce, que venait rompre de temps à autre le crépitement des braises encore rougies dans l’âtre.

Mais Jeanne n’était pas d’un tempérament à se lamenter sur son sort. Elle reprit sur un ton déterminé :

– Ma bonne et fidèle amie, il va falloir agir, et vite ! Partez immédiatement pour Coucy où séjourne...