Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 4,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF - MOBI - EPUB

sans DRM

Les Gardiens de Lumière, tome 1 : l'Eveil

De
238 pages

Les apparences peuvent être trompeuses.

Et si je vous disais que derrière le monde que vous connaissez se cachent des créatures terrifiantes, et que les histoires et mythes sont réels, me croiriez-vous ?

J’étais comme vous, avant, une simple adolescente de 16 ans. Mais depuis cette soirée, rien n’est plus pareil. J’ai pénétré dans un univers peuplé de monstres et d’êtres dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Ma vie n’était que mensonge. Malgré moi, je me retrouve au cœur d’un combat agitant des forces obscures. Je dois plonger au plus profond des ténèbres afin de sauver les gens que j’aime.

Mais même ici tout a un prix...

« Tous les mythes ont un commencement, Alanna, même l’imagination de l’homme a ses limites. »


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

L'aigle et le feu

de livre-de-poche-jeunesse

Les Gardiens de Lumière Tome 1 : L’Éveil
Déborah J. Marrazzu
Je dédie ce livre à ceux qui croient encore à la magie, à ceux qui savent voir derrière les apparences de ce monde. Car oui, en réalité, la vérité est bel et bien ailleurs.
1 Allez, viens s’il te plaît ! Ça sera marrant, tu verras ! Ma meilleure amie, Maylis, me suppliait de l’accompagner à cette fête qui ne m’enchantait guère depuis déjà dix bonnes minutes. Maylis, je te l’ai déjà dit, et je te le répète, être « enfermée » dans une salle remplie d’étudiants à moitié saouls, qui ne cherchent qu’à me draguer, n’est pas exactementma définition du motmarrant. Maylis fit une moue boudeuse avant de ramasser son sac et de me tirer la langue. Puis, elle s’assit gracieusement sur la table où nous venions de déjeuner. Tu n’es vraiment pas drôle, Lanna ! Je comprenais qu’elle veuille absolument se rendre à cette fête étant donné que Greg y serait sûrement. Il était le genre de garçon qui ne m’attirait absolument pas. Pour commencer, Greg passait son temps à draguer toutes les filles, et sortir avec quelqu’un qui ne pensait qu’à son tableau de chasse, très peu pour moi. Mais je devais avouer que sous ses airs d’étudiant rebelle, il était plutôt mignon avec son mètre quatre-vingt-cinq et ses cheveux blonds en bataille, qui mettaient en valeur ses yeux vert émeraude. Greg possédait tous les attributs pour faire craquer les filles qui se trouvaient à proximité de lui, Maylis ne faisant pas exception. Elle aurait pu avoir n’importe qui de notre lycée, mais elle s’obstinait à vouloir sortir uniquement avec des étudiants. Il faut dire qu’avec son physique, elle paraissait facilement avoir deux ou trois années de plus. Ma meilleure amie était tout en rondeurs, mais des rondeurs avantageuses, loin des miennes, quasiment inexistantes. Ses longs cheveux couleur or retombaient, parfaitement lisses, sur ses épaules et sa bouche pulpeuse lui donnait une allure de lolita irrésistible. Même si elle n’était pas très grande, un mètre soixante, les talons qu’elle s’escrimait inlassablement à porter ne laissaient rien paraître. J’avoue que plus d’une fois j’avais été jalouse d’elle et de la faculté qu’elle possédait de pouvoir accoster n’importe quelle personne. La chanceuse ! À côté d’elle, je semblais tellement banale avec mes yeux noisette et mes cheveux noirs aux reflets cuivrés, bouclés et totalement indisciplinés. Je n’avais absolument rien d’exceptionnel, bien au contraire. J’étais plutôt le genre de fille que vous voyez à tous les coins de rue, celle sur qui personne ne se retourne, celle à laquelle on ne fait jamais attention, celle que l’on ne remarque pas. Et cela m’allait parfaitement. Du haut de mon mètre soixante-cinq, je m’évertuais à me rendre invisible aux yeux des autres et je réussissais assez bien. Depuis le temps, Maylis, tu le sais bien. S’il te plaît ! S’il te plaît ! S’il te plaît ! me supplia-t-elle encore une fois en se jetant à genoux devant moi. Tout le monde nous regardait à présent et je sentais déjà le rouge me monter aux joues. Je détestais être le centre d’attention, et là, au milieu de l’aire de repas extérieure, nous ne pouvions pas passer inaperçues. Certes, la cour se vidait peu à peu, cependant il restait suffisamment d’élèves pour me mettre mal à l’aise. Glissant machinalement la main dans mes cheveux, je poussai un long soupir. Plus je regardais Maylis, plus je me sentais fléchir. Bon d’accord, je t’accompagnerai. Mais une heure, pas plus, capitulai-je au bout de deux minutes, mettant ainsi fin à son supplice et au mien par la même occasion. Je t’adore ! Tu es la meilleure amie que l’on puisse avoir, me répondit-elle en me sautant au cou. La sonnerie retentit et nous cessâmes enfin d’être l’objet de tous les regards. À mon grand soulagement. Maylis se remit debout, puis rassembla ses livres de cours, qu’elle glissa dans son sac. Je passerai chez toi vers dix-sept heures, pour qu’on puisse se préparer, me lança-t-elle, le sourire aux lèvres. Entendu, acquiesçai-je sans conviction. Mais je te préviens tout de suite, je refuse de me mettre en robe. Et ceci est non négociable. J’avais accepté de l’accompagner, mais il était hors de question qu’elle joue à la poupée avec moi en m’habillant et me maquillant comme à son habitude. Maylis ne pouvait s’empêcher
de me dénicher des tenues toutes beaucoup trop féminines et provocantes à mon goût. J’irais à cette fête, mais uniquement à mes conditions et pas autrement. On verra ! me cria-t-elle en me faisant un clin d’œil, tout en se précipitant vers l’entrée du bâtiment C où se situait son cours de littérature. Je la vis se faufiler en sautillant au milieu des dizaines d’élèves qui se dirigeaient bien sagement vers leur salle de classe. Courage, une fête ne peut pas te tuer, Lanna ! N’ayant pas cours de l’après-midi, je partis dans la direction opposée, vers l’arrêt de bus afin de rentrer chez moi, regrettant déjà d’avoir capitulé face à ma diabolique et manipulatrice meilleure amie. * Xander, je suis rentrée ! Je jetai mes affaires de cours sur le canapé, et déposai mes clefs dans le vide-poche du couloir, où trônait tout le courrier non ouvert. Je ne cessai de me maudire d’avoir cédée devant Maylis. Pourquoi fallait-il qu’elle réussisse à m’amadouer chaque fois ? Xander, tu es là ? Pas de réponse. Visiblement, mon oncle n’était pas encore revenu de son travail. Cela ne m’étonnait guère, il y passait tout son temps. Je le voyais très rarement, mais ça me convenait parfaitement. Nous avions chacun notre vie. En réalité, je le connaissais très peu. Quand mes parents étaient morts dans cet horrible accident, il avait été désigné pour devenir mon tuteur. C’était il y a trois mois. Quatre-vingt-dix jours qu’ils nous avaient quittés, qu’ils m’avaient laissée. La douleur était toujours présente, même si elle s’estompait lentement avec le temps. J’aurais dû être avec eux dans cette voiture si je n’avais pas insisté pour passer la soirée chez Maylis. Nous devions nous rendre tous les trois chez mon oncle, ici. Je me souviens qu’avant leur départ nous nous disputions. Ma mère refusait de me laisser seule. Ce fut mon père qui finit par la convaincre, et c’est ainsi qu’ils se retrouvèrent sur cette route, sans moi. Mon oncle m’expliqua que mon père avait perdu le contrôle de la voiture, la propulsant involontairement dans le fleuve, où ils s’étaient finalement noyés. Inconsciemment, je pressai mes bras contre ma poitrine, comme si je pouvais étouffer la souffrance incrustée dans mon cœur. Cependant, je savais pertinemment que rien ni personne ne pourrait me soulager de cette cicatrice, qui faisait à présent partie de moi, pour toujours. Xander ne me l’avouerait jamais, mais j’étais persuadée qu’il avait tout essayé afin que je ne lui sois pas confiée. Son mode de vie, célibataire et solitaire, semblait incompatible avec le fait d’avoir sa nièce sous sa garde. Xander restait un homme très mystérieux, même son emploi m’était inconnu. Nous n’avions pratiquement rien en commun lui et moi. Ma mère, sa grande sœur, était pourtant très proche de lui. Ils se ressemblaient beaucoup, d’après mon père, malgré leurs six années d’écarts. Moi, je n’étais pas d’accord. Je ne leur trouvais aucun point commun, hormis cette tache de naissance, que je partageais également. Elle se situait au niveau de notre omoplate droite. Personnellement, je la détestais, mais selon Maylis, cela faisait davantage penser à un tatouage. Ma marque ressemblait étrangement à une petite plume, comme celles qui virevoltent en été et qui atterrissent dans nos mains, sans qu’on sache d’où elles proviennent. Elle ne mesurait que trois ou quatre centimètres maximum. J’avais souvent demandé à ma mère si tout le monde dans ma famille en possédait une. Tout ce qu’elle me répondait, c’est que je ne devais jamais en avoir honte, car ça faisait de moi quelqu’un de spécial. Je n’ai jamais su ce que cela signifiait, et avec le temps j’ai simplement cessé de m’y intéresser. Profitant d’avoir encore une heure devant moi avant l’arrivée de la tornade Maylis, je décidai de me prélasser dans un bain chaud bien moussant. Je me dirigeai vers la salle de bain, afin de préparer le nécessaire pour mon unique moment de détente et de calme de la soirée. En observant les murs, j’étais une nouvelle fois subjuguée par la splendeur de notre résidence. Elle était si immense en comparaison de la maison où j’avais grandi. Cela me faisait penser aux demeures que notre professeur d’histoire nous montrait pour illustrer le style architectural de la renaissance. L’habitation, toute en rondeur, possédait deux grandes colonnes à l’entrée
soutenant une magnifique arche. Un vaste dôme couleur crème faisait office de toit. Loin d’être la plus imposante de la ville, elle n’en restait pas moins sublime et atypique. Nous nous situions un peu à l’écart des autres maisons de la localité, ce qui la rendait d’autant plus impressionnante. Il faut dire qu’ici à Cosanta, petite ville du Morbihan, toutes les demeures me paraissaient gigantesques. D’ailleurs, nous n’utilisions qu’une infime partie de la nôtre, le reste nous servant principalement de lieu de stockage. Étant les derniers descendants de notre famille, mon oncle et moi conservions toutes les reliques de nos ancêtres. Je ne m’étais jamais vraiment intéressée à mes origines, mais je savais que mes aïeux avaient quitté l’Irlande il y a déjà longtemps. Avec un nom comme Callaghan, difficile de ne pas s’en douter. La demeure dans laquelle nous vivions actuellement appartenait aux Callaghan depuis toujours. L’histoire qui imprégnait notre maison était palpable à travers les murs et les portes, constellés de moulures en bois. Petite, quand je venais en vacances ici, il me semblait les voir s’animer. C’était probablement mon imagination de gamine, car depuis que j’y habitais, pas une seule fois je n’avais eu cette sensation. Ces dessins étaient vraiment superbes, je ne saurais dire avec exactitude ce qu’ils représentaient, mais les symboles semblables à des runes datant d’une autre époque, mélangeaient habilement les courbes, formant d’extraordinaires reliefs. Je les admirais inlassablement. En approchant de l’entrée de la pièce, je laissai glisser mes doigts sur les sculptures qui embellissaient le mur. Je sentis alors une légère décharge électrique me traverser tout le corps. Elle semblait émaner des inscriptions. J’avais ôté immédiatement ma main de la cloison, mais décidai de la reposer délicatement. Rien ne se passa. Mon esprit devait encore me jouer des tours. N’y pensant plus, je gagnai la salle de bain où je fis couler l’eau chaude dans la baignoire afin de préparer mon moment de relaxation suprême. C’était l’un de mes endroits favoris, après ma chambre. Le carrelage, d’une blancheur éclatante, mettait parfaitement en valeur le mobilier noir s’y trouvant. L’immense baignoire, au fond de la pièce, se situait juste en dessous de l’unique fenêtre laissant apercevoir le ciel dégagé au-dehors. La vapeur emplit la salle de bain d’une douce chaleur, imbibant les miroirs de buée en quelques minutes seulement. Je jetai mes habits en vrac au sol, et, après un bref passage devant la glace aux allures baroques, je m’immergeai dans l’eau bouillante. J’adorais cette sensation sur ma peau. Je rejetai ma tête en arrière et fermai les yeux. Je ne pensais plus à rien, j’oubliais tout. Plus de fête ce soir, plus de chagrin, plus de soucis, plus rien ne comptait, plus rien n’avait d’importance. Seul m’importait le bien-être qui m’envahissait.
2 « Toc-toc. » Je sursautai et renversai de l’eau tout autour de la baignoire. Lanna, je sais que tu es là, je peux sentir l’odeur du bain moussant d’ici ! Maylis, évidemment, qui d’autre? Laisse-moi tranquille, il n’est même pas encore quinze heures ! Et d’abord comment se fait-il que tu sois déjà arrivée ? Il est dix-sept heures quinze, Lanna. Quoi ? Mais ce n’est pas possible ! lui répondis-je, en sortant précipitamment de mon bain et en allant vérifier sur mon portable, resté dans la poche arrière de mon jean. Elle avait raison. J’avais dû m’endormir sans m’en rendre compte, mais il me semblait qu’une dizaine de minutes seulement s’était écoulée. Et soudain, je lâchai mon téléphone, qui tomba dans un grand fracas. Lanna, tout va bien là-dedans ? me demanda Maylis inquiète. Ta blague ne me fait pas rire du tout, tu sais ? m’énervai-je contre elle. Une blague ? Mais de quoi parles-tu ? Je ne comprends rien. Sur le miroir en face de moi était dessiné, dans la buée qui le recouvrait, un symbole particulièrement ressemblant aux gravures sur les murs de notre maison. La rune représentait une arabesque, accompagnée d’une esquisse de ma marque de naissance ainsi que de mon prénom. Mais ce qui me troubla le plus était l’inscription en majuscule en dessous : «REJOINS-NOUS».N’importe qui saurait que ces mots me mettraient mal à l’aise. Attrapant une serviette pour me couvrir, j’ouvris violemment la porte à Maylis. C’est de ça que je te parle ! lui criai-je, en lui montrant la glace située au-dessus des vasques. Son regard se posa sur le message, et je compris immédiatement qu’elle n’en était pas l’auteure. Maylis semblait aussi choquée que moi, si ce n’est plus encore. Lanna, je te jure que je n’ai pas fait ça. Ce n’est pas moi, je ne suis même pas rentrée dans la salle de bain, crois-moi ! Je savais qu’elle était sincère. Ça va, je te crois, grommelai-je. Cela la soulagea immédiatement. Mais si ce n’est pas toi, c’est qui, il n’y a personne d’autre ici ! Mais bien sûr que si ! Ça doit être Xander, forcément ! Mon oncle avait dû rentrer durant ma sieste involontaire. Mais je doutais sérieusement que ce type de farce soit son genre. Cependant, nous décidâmes tout de même d’aller le trouver. Je pris juste le temps d’enfiler mon jean et mon tee-shirt, avant de me précipiter, pieds nus et encore trempée, dans les escaliers à sa recherche, suivie de près par Maylis. Il était allongé sur le canapé du salon, les yeux fermés, au moment où nous entrâmes dans la pièce. Persuadée qu’il ne dormait pas, Maylis lui hurla dessus : Xander ! C’est quoi cette farce stupide que tu as faite à Lanna ! Y’a un problème chez toi ? Au son de la voix stridente de Maylis, mon oncle se réveilla en sursaut et tomba du divan. Son regard endormi se posa successivement sur elle puis sur moi. Visiblement, il n’avait rien compris à la tirade de mon amie. Heu, salut vous deux… dit-il d’une voix encore mal assurée. Xander adorait Maylis, c’est pourquoi elle se permettait bien plus de choses que moi, par exemple, lui crier dessus. Même si c’était mon oncle, nous le considérions plus comme le grand frère que nous n’avions pas. Il n’avait qu’une infime autorité sur nous, préférant effectivement agir comme notre « copain » plutôt que comme mon tuteur. Cependant jamais je n’aurais osé, ne serait-ce que hausser le ton contre lui. Mais visiblement, Xander ne lui en voulait pas le moins du monde, à elle. Ça, et le fait d’avoir été réveillé, lui était complètement égal, tant que cela venait de Maylis. Oh, mais ça suffit ton petit numéro du mec endormi ! Ça ne marche pas avec nous ça ! Reprenant peu à peu ses esprits après son réveil brutal, mon oncle s’assit confortablement sur le canapé, totalement insensible aux reproches de mon amie.
Hum, Maylis, je pense que, enfin, je suis sûre qu’il ne faisait pas semblant de dormir, chuchotai-je. Mais tu l’as dit toi-même, si ce n’est pas moi c’est qui ? Ça ne peut être que lui, réfléchis ! me rétorqua-t-elle, en me jetant un regard noir. Bon et si vous m’expliquiez de quoi vous parlez ? nous demanda calmement Xander, en nous regardant droit dans les yeux tour à tour. Maylis me fit signe de tout lui raconter. Après quelques secondes d’hésitation, je m’exécutai. * C’est bien joli, votre histoire, mais je ne suis pas vraiment du genre à laisser des messages sur les miroirs, les filles. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je n’ai plus seize ans,moi, nous répondit-il avec un sourire en coin. Effectivement, mon oncle avait eu trente ans le mois dernier, mais il en paraissait facilement cinq de moins. Avec ses cheveux blonds, ses yeux bleus et son corps athlétique, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne passait pas inaperçu. De plus, l’allure de mauvais garçon qu’il entretenait et ses fossettes le rendaient irrésistible. Nous étions littéralement opposés, lui cherchant à tout prix à être au cœur des évènements, alors que moi je les fuyais. Pour dire la vérité, j’éprouvais des difficultés à m’intégrer, que ce soit au lycée ou ailleurs. Depuis ma plus tendre enfance, j’avais l’intime conviction que je n’étais pas à ma place. D’une certaine façon, je restais en marge des autres adolescents, n’arrivant pas à me fondre dans la masse. Il n’y avait que quand j’étais auprès de Maylis, que cette sensation s’apaisait un peu, peut-être parce que je partageais mes sentiments les plus intimes avec elle. Ah oui ? Tu n’as plus seize ans ? ironisa mon amie. Ça tombe bien, car un gamin de seize ans n’aurait probablement pas laissé un message comme celui que nous avons vu. Et quel est ce fameux message, Alanna Callaghan ? me demanda Xander d’un air faussement intéressé. Alanna, je détestais quand il m’appelait ainsi. Tout le monde me surnommait Lanna, sauf lui et mes parents. Depuis leurs morts, je ne supportais plus mon prénom complet, cela me rappelait trop leur absence et le vide qui existait à présent dans mon cœur. Mon oncle changea totalement de comportement à la fin de mon explication. As-tu entendu quelque chose ou vu quoi que ce soit ? Réfléchis bien, Alanna, tu es sûre de n’avoir rien remarqué ? me questionna-t-il, en se levant précipitamment. Heu… non, rien, je devais dormir, mais… Je n’eus pas le temps de finir ma phrase que Xander courait déjà à grande enjambée vers l’escalier. Jetant un regard à Maylis, je le suivis. Mais qu’est-ce qui lui prend maintenant ? m’interrogea-t-elle. Ne sachant pas quoi lui répondre, je me contentai de hausser les épaules. Nous atteignîmes la salle de bain peu après mon oncle. Nous le découvrîmes en train d’examiner minutieusement le miroir. Pendant un instant, j’aurais pu jurer avoir vu sa main s’illuminer. Je devais sûrement être mal réveillée. C’est alors que je m’aperçus que l’inscription avait disparu en même temps que toute la vapeur. Il ne restait plus que l’eau dans la baignoire et quelques flaques au sol, vestige de ma précipitation. Nous observâmes Xander scruter chaque recoin de la pièce, passant ses doigts à divers endroits, comme s’il s’attendait à voir jaillir quelque chose. Son comportement me paraissait très étrange. Hé, ho, Xander, tu nous expliques là ? lui demanda Maylis, en le regardant, interloquée. Xander se retourna vers moi, venant tout juste de se rendre compte de notre présence. Il se précipita sur moi et me prit dans ses bras. Il me serra si fort, que j’eus du mal à respirer. Décidément, son comportement ne lui ressemblait vraiment pas. Jamais il ne m’avait témoigné un attachement particulier. Ou bien était-ce moi qui mettais de la distance entre nous ? Je ne saurais dire. En revanche, je pouvais compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où il m’avait ainsi serrée. Quatre, en incluant aujourd’hui. Alanna, écoute-moi bien, tu es absolument sûre et certaine que rien d’étranges’est ne produit avant que vous ayez vu ce « message » sur le miroir ? ÉtrangeQu’entendait-il exactement par ? étrangeDevais-je lui avouer pour la légère ? décharge électrique que j’avais cru ressentir en touchant les symboles sur les murs. Je restais
persuadée que cela relevait de mon imagination et je n’avais aucune envie qu’il me prenne pour une folle. Je te l’ai déjà dit, rien, absolument rien. Je n’ai vu personne ni entendu quoi que ce soit. Mais pourquoi est-ce si important ? Tu commences à me faire peur, Xander. L’espace d’un instant, je crus déceler dans son regard de la crainte, mais surtout du soulagement. Moi qui pensais qu’un bain chaud allait me détendre et me relaxer, je me sentais plus tendue que jamais à présent. Bien, d’accord, bien, me répondit-il, sur un ton redevenu neutre, après s’être écarté de moi. Rassurez-vous les filles, cela devait probablement être simplement le miroir qui a dû garder d’anciens dessins. Cette maison est vieille, vous savez, et parfois des souvenirs refont surface. Prévenez-moi si d’autres choses de ce type se reproduisent, mais ne vous focalisez pas dessus, ce n’est rien. Nous le regardâmes sans savoir quoi faire. Une minute avant, il semblait si inquiet par cette histoire, et maintenant il faisait comme si de rien n’était. Son attitude devenait de plus en plus incompréhensible. Hum… heu… d’accord, fut la seule réponse que je réussis à lui faire. Après deux minutes, durant lesquelles aucun de nous trois ne bougea, il sortit de la pièce. Maylis et moi étions encore sous le choc de sa réaction. Je ne comprenais rien, mais j’étais à présent persuadée que Xander me cachait une information très importante. Au fond de moi, je restais convaincue que tout ce qui venait de se passer n’était pas aussi banal qu’il voulait nous le faire croire. Quelque chose clochait, mais je ne savais pas quoi exactement, et j’étais déterminée à le découvrir quoiqu’il arrive. Ce n’est pas vrai, il est déjà dix-sept heures trente-cinq, Lanna ! cria Maylis en regardant sa montre et en m’entraînant vers ma chambre. En effet, tous ces évènements nous avaient mises en retard sur notre planning. Je savais pertinemment qu’elle se faisait une joie d’aller à cette soirée, mais, personnellement, je n’étais plus d’humeur à sortir « m’amuser ». Néanmoins, pour elle, je ferais un effort.
3 Tu es SUPERBE. Dès que je l’ai vu, j’ai su que c’était celui qu’il faudrait que tu portes ce soir, me déclara Maylis au moment où je me montrais vêtue des habits qu’elle m’avait aidée à choisir. J’avais réussi à éviter robe, jupe et autre fanfreluche du genre, et j’avoue que cette tenue me plaisait bien. Je portais un chemisier rouge cintré avec un décolleté légèrement plongeant, qui mettait ma poitrine en valeur, sur un jean noir et droit accompagné de mes bottes fétiches, sans talons. Tu avais raison, tu es contente ? J’adore, admis-je avec un immense sourire sur les lèvres, en tournoyant devant le miroir. Maylis m’observait l’air satisfait, assise sur mon lit à baldaquin. Les tenues que nous avions éliminées jonchaient le sol. Les ramassant, je les fourrai dans la commode, sans prendre la peine de les plier. Lanna, ce soir les garçons n’auront d’yeux que pour toi, je peux te l’assurer. Tu vas faire tourner les têtes ! À une soirée remplie d’étudiants qui n’ont qu’une seule chose à l’esprit, ça ne devrait pas être si compliqué. Mais souviens-toi, je t’accompagne une heure, pas plus, lui rappelai-je avec un regard sévère. Oui, oui, mais si tu veux rester plus longtemps, ne compte pas sur moi pour te chaperonner et te dire de rentrer. Ne mise pas trop là-dessus. Je me connaissais assez pour savoir que ce genre de soirée n’était absolument pas pour moi. J’étais plutôt popcorn et film à la maison, que sortie en boîte de nuit ou autres soirées de ce type. Si j’y allais, c’était uniquement pour lui faire plaisir. Mais je savais à l’avance que je finirais dans un coin, seule. Faire la fête jusqu’au petit matin semblait attirer tous les adolescents, sauf moi. Je n’y prenais aucun plaisir, et ma présence dans ces endroits me paraissait totalement déplacée. Après une légère séance de maquillage, nous étions fin prêtes et, une demi-heure plus tard, mon amie gara sa voiture sans permis quelques maisons plus loin que celle des parents de Greg, pour s’assurer qu’aucun invité un peu trop éméché ne l’abîme. Jetant un regard en direction de Maylis, qui comme à son habitude était resplendissante, je sortis du véhicule. Cela devrait être interdit d’être aussi jolie qu’elle. Même si je l’adorais, des fois je trouvais cela tellement injuste. Ce soir, ma meilleure amie avait pris soin de paraître encore plus âgée afin de séduire Greg, cet étudiant sur qui elle avait jeté son dévolu depuis deux semaines. Dans sa robe noire, qui la moulait parfaitement, elle n’aurait aucun mal à parvenir à ses fins. La maison était déjà remplie de monde. Évidemment, je ne connaissais personne hormis Greg et Maylis. Dès notre arrivée, celle-ci se fit accoster par trois garçons qu’elle éconduisit rapidement. Nous évoluâmes dans cette marée de jeunes gens en quête du seul qui retenait son attention. Salut, beauté ! lança Greg en apercevant mon amie, les yeux luisants de désir. Bonsoir, beau blond, lui répondit Maylis avec son sourire charmeur, en jouant avec une de ses mèches de cheveux. Salut, Lanna, ça va ? me demanda-t-il, remarquant enfin ma présence, tout en n’hésitant pas à reluquer ma poitrine, légèrement comprimée dans mon chemisier. Salut, ça peut aller, dis-je, mal à l’aise. Ça te dérange si je t’emprunte Maylis un moment ? Heu, non, de toute façon j’avais soif, je vais me cherche un truc à boire. À tout à l’heure, ma belle, me cria Maylis par-dessus la musique, tout en suivant son cavalier sur la piste de danse improvisée au milieu du salon gigantesque. Me frayant un chemin à travers le monde, j’arrivai enfin à ce qui tenait lieu de bar. Une grande table appuyée contre le mur du fond, remplie de boissons, alcoolisées pour la plupart. Me servant un soda bien frais, j’observais tous ces jeunes se déhancher au rythme du nouveau Katy Perry. À mesure que mon regard balayait la salle, je me sentais isolée. J’étais ici, sans réellement l’être. Comment expliquer le fait qu’au milieu d’une foule si dense, j’avais la
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin