Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Les Playmobil ne jouent pas à cache-cache

De
21 pages



Les Playmobil ne jouent pas à cache-cache
- Fanny Perdereau
Une jeune fille se remet difficilement de la mort de son frère.





Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

couverture
Fanny Perdereau

Les Playmobil ne jouent pas
 à cache-cache

Éditions Héloïse d’Ormesson

Je suis née le 12 septembre 1995 en banlieue

parisienne, où je vis toujours. À peine savais-je

lire que les livres sont rapidement devenus

des compagnons indispensables. J’en ai feuilleté

de tous les genres, et de toutes les époques,

mais ma préférence va aux récits réalistes

et poétiques d’auteurs contemporains.

Je n’ai pas d’écrivain favori, dont je pourrais

me vanter de connaître tout l’œuvre,

mais parmi ceux dont j’apprécie plusieurs romans,

je peux citer Marie-Aude Murail,

Robert Cormier, Guillaume Guéraud…

Ce que j’aime dans le courant réaliste, c’est

ce qui est émouvant, parfois triste mais beau,

fort. J’espère refléter cette intensité avec

ma nouvelle. Mes coups de cœur sont

par exemple L’Élégance du hérisson

de Muriel Barbery, Le Rapport de Brodeck

de Philippe Claudel, La Solitude des nombres

premiers de Paolo Giordano.

La force des nouvelles, je l’ai découverte

tardivement, avec Annie Saumont

et Jean-Noël Blanc. Avant ça, j’avais

balbutié de nombreuses tentatives de romans,

tous inachevés. Alors, quelle joie de mettre

un point final à un récit que l’on a créé

et que l’on apprécie !

Pour conclure, je voudrais dire : le livre papier

n’est pas mort !

Pourquoi les bâtonnets lumineux des réveils à chiffres digitaux sont-ils toujours rouges ? C’est hideux, monstrueux, surtout la nuit, on ne voit que ça. Deux heures quarante-sept rouge, la chambre est plongée dans le noir, je ne vois que ça, j’ai envie de vomir.

Soudain, ça sent la pluie.

Je relève le store, ouvre la fenêtre et la moitié de mon corps sent les gouttes au-dehors. Elle est silencieuse, cette pluie, ce sont des larmes muettes du ciel, elles sont glacées mais délicates, des petites épingles qui piquent doucement la peau. Cette pluie est parfumée, on sent l’odeur âpre et brute de la terre humide et celle, beaucoup moins naturelle, du bitume mouillé. Elle est particulière cette odeur, on l’aime ou on ne l’aime pas, mais je ne sais pas si on peut même lui porter une appréciation tout compte fait. Elle est là tout simplement, dans le nez et la gorge, l’odeur de l’asphalte sous la pluie.

Mais il ne pleut plus, le ciel s’est déjà tari. Est-ce que le ciel a des yeux pour voir et pleurer ? Les nuages gris comme des chagrins.

Bientôt trois heures du matin et je ne dors pas. J’aimerais pouvoir ressentir la solitude de mon attente suspendue, mais c’est faux, à travers le silence, je sens la présence d’autres corps, derrière les murs. Leurs esprits s’accordent le repos nécessaire de l’oubli, d’un abandon provisoire et ne pensent à rien, pas même au matin. Le matin qui sera la promesse certaine d’un nouveau jour, immuable cycle de la réalité vide. Le matin m’annoncera un nouveau jour sans…

J’ai atrocement faim. Mon estomac contracté ne veut même plus crier son vide mais l’aiguillon entêtant de la faim est bien là dans mon corps. Je sais maintenant l’accepter et le dompter, cet aiguillon.

J’ai la nausée et l’envie de me vider, faire de mon corps une enveloppe creuse, la plier, la rouler, la faire disparaître.