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Les Rois mages

De
76 pages
Au lecteur curieux de connaître Gaspard, Melchior et Balthazar les trois Rois mages qui ont apporté leurs nouveau-né Jésus, et qui attirés par une très belle étoile l'ont suivie à travers plaines, déserts, mers et montagnes en empruntant les routes de la soie, ces contes offrent un beau voyage dans le temps. Une étude sur la représentation des Rois mages dans l'art complète ce recueil.
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LES ROIS MAGES

cg L'HARMATTAN,

2006

5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris
L'HARMATTAN, ITALlA s.r.l. Via Degli Artisti 15 ; 10124 Torino L'HARMATTAN HONGRIE Kônyvesbolt ; Kossuth L. u. 14-16 ; 1053 Budapest

L'HARMATTAN BURKINA FASO 1200 logements villa 96 ; 12B2260 ; Ouagadougou 12 ESPACE L'HARMATTAN KINSHASA Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Administratives BP243, KIN XI ; Université de Kinshasa - RDC

http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion. harmattan @wanadoo.fr harmattanl @wanadoo.fr ISBN: 2-296-01989-7 E~:9782296019898

Colette DUMAS

LES ROIS MAGES

L' Harmattan

Ouvrages du même auteur

Aux Editions du Patrimoine: L'imagier de Fréjus, Paris, 2001, en collaboration avec Georges Puchal.

Aux Editions Augustin: L 'œuvre peint de Yves Alix (1890-1969), Paris,2003.

Aux Editions de l'Harmattan Bilqîs, reine de Saba, Paris, 2006.

Avant-propos
« Ce matin, j'ai rencontré le train de trois grands rois

qui allaient en voyagel ... »
Cette comptine de mon enfance l'annonçait: ils étaient en route! C'était alors ce que la liturgie chrétienne appelle « le temps de I'Avent» : une période fébrile pour les enfants car Noël approchait et qu'il était temps de se préparer: installer la crèche traditionnelle dans une chapelle latérale de la sombre église romane à grands renforts de paille, de mousse, de lichens, et de branches de feuillage persistant; sortir des placards les figurines en plâtre des personnages bibliques à jamais figées dans leur rôle: Marie, Joseph, l'âne et le bœuf, et les installer dans une étable miniature mi-bois, mi-carton pâte, avec autour, sur de la mousse, les statuettes des bergers et des brebis béarnaises dont la présence était indispensable dans ce pays de transhumance. L'enfant Jésus, couché dans une mangeoire, ne serait placé qu'à la date convenue de la naissance, la nuit du 24 décembre. C'était une des crèches les plus sobres et les plus émouvantes qu'il m'ait été donné de voir. J'ai eu depuis l'occasion d'admirer de somptueuses crèches napolitaines du XVIIIe et du XIXe siècles, ainsi que quelques crèches provençales, folkloriques et animées par des mécanismes. Aucune ne m'a sensibilisée comme celle-là au mystère de la Nativité. L'enfant que j'étais avait un faible pour le bel ange « Saint Sulpicien» en plâtre ou en biscuit, aux ailes blanches, rehaussé de rose et de bleu pâle, qui, en avant de la scène, oscillait de la tête quand on glissait une pièce
1 Frédéric Mistral, Les Rois mages, coll. La Poterne, édition Calendo, 1986.

dans la petite cassette qu'il tendait: l'or des orants avant que n'arrive celui des mages. L'étoile, première en place, trônait déjà à la cime des sapins de Noël. Et les mages? Il fallait attendre l'Épiphanie, quelques jours après le nouvel an, pour que leurs statuettes trouvent place auprès de la «Sainte famille» et des bergers. Ce qui signifie, après la fête, dont la traduction en langage populaire est: à la « fumée des cierges ». Cela les condamnait à jamais à un rôle de figurants de deuxième catégorie car, hélas pour eux, il n'y avait plus beaucoup d'admirateurs, la crèche paroissiale n'intéressait plus personne, elle était désertée par des enfants que le « Père Noël» avait comblé de jouets, la mousse s'était desséchée, les arbustes racornis, recroquevillés. Et pourtant comme ils étaient beaux, ces Rois mages, habillés de satin miroitant, de galons argentés, avec des turbans ou des couronnes, portant des accessoires de pacotille dorée simulant des offrandes porteuses de rêve, l'or, l'encens, la myrrhe2 ! Mais, me direz-vous, ils ont leur fête, l'Épiphanie, le 6 janvier de chaque année! Oui, une fête à caractère païen qui, en cela, n'a rien à envier à la fête de Noël. Elle se réduit à partager en famille ou entre amis une galette dans laquelle le pâtissier a caché une fève et un petit « sujet» en porcelaine grossière (et représentant parfois un mage sans signe distinctif). Dans le meilleur des cas, lorsqu'il y a des enfants, la «fête des Rois» est surtout la leur puisque, par tradition, le temps
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L'usage de la myrrhe est sujette à des controverses de nos jours: Certains disent que la

myrrhe servait à embaumer les corps, de là à envisager une prescience des mages sur la mort précoce de Jésus en croix dans la tradition chrétienne. D'autres affirment que c'était un produit cicatrisant et précieux dans l'Antiquité, au-delà du parfum apprécié pour ses fumées, comme l'encens.

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du dessert, celui qui trouve la fève en mangeant son morceau de galette est élu roi ou reine. La découverte est récompensée par la remise d'une couronne fleurdelisée en carton doré sous les applaudissements de la cour, leurs parents, grands-parents, fratrie. L~enfant-roi, voilà au moins un message que la légende des Rois mages continue à délivrer. L'Épiphanie passée, on tirait le rideau, on démontait la scène et l'on rangeait les accessoires de la crèche de Noël sur les étagères de la sacristie. C~est pour réparer cette injustice que j~ai écrit cette histoire. Cinquante ans après, je ressors les beaux mages des cartons afin de corriger leur trop bref passage sous les feux de la rampe du théâtre de Noël. J'ai eu envie de les animer et de donner un peu plus de consistance à ces hommes, légendaires ou pas, dont parlent trop brièvement les sources textuelles3- Il est vrai que pour pallier à leur silence l'imagination populaire prit le relais et la tradition orale créa et prolongea la légende jusqu'au XVe siècle avec une profusion de détails parfois contradictoires ou invraisemblables sur leur vie. Alors, d'où venaient-ils? Par quels chemins étaientils arrivés jusque-là, pour quelles raisons? Et que s~est-il passé après? En tentant de remplir avec des mots les lacunes des récits les concernant et en puisant par-ci par-là dans la tradition populaire j'ai dû prendre des libertés avec l'histoire, la géographie, l'astrologie, bref, les sciences. C'est que je ne suis pas une scientifique. J'aimerai entraîner le lecteur dans un jeu du voyage sur les grandes
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Voir annexe: sources textuelles, page 55 9