Les Royales Baby-sitters - Tome 1 - Les bébés, ça pue !

De
Publié par

"Anna et Holly Brillante ont trouvé LE programme pour des vacances de RÊVE ! Plongée dans la lave d’un volcan, cocktails martiens, polo à dos de bébés éléphants… Tout est possible ! Seulement, ce petit séjour avec chocolat chaud/limonade/bouillon de poule/chamallows géants à volonté n’est pas gratuit. Et donc, pour se les payer, il faut qu’elles se trouvent un petit boulot. Heureusement, le roi et la reine de Brittonie partent justement pour leur voyage annuel en République indépendante de Bouillasse, et il leur faut des baby-sitters pour garder leur progéniture. Une seule journée de baby-sitting suffirait à couvrir tous les frais des vacances de Anna et Holly… Facile !! … ou pas. Anna et Holly découvrent bien vite que ce n’est pas un, mais six petits (monstres) princes qu’elles vont devoir garder. Pire, le royaume de Brittonie est envahi par l’infâme Oroméoroméo, roi des Danniens, ennemi juré du roi Steve et de la reine Sheila… Cette journée de travail pourrait bien être la plus longue de leur vie ! "
Publié le : mercredi 15 juillet 2015
Lecture(s) : 4
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782011205612
Nombre de pages : 154
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
couverture
pagetitre

À Anna – C.B.
Pour ma sœur, Lauren – B.M.

image
image

Par un beau matin d’été ensoleillé, le roi de Danelandie, Oroméoroméo, qui venait de prendre son petit déjeuner composé d’un café, d’un jus d’orange et de chatons rôtis, décrocha son téléphone et appela la reine de Brittonie.

— Eh, salut, Sheila, lança-t-il gaiement, Oroméoroméo à l’appareil ! Quoi de neuf ? Comment va ton mari ? Et tes enfants ?

— Nous refusons de vous adresser la parole, répondit sèchement la reine des Brittons.

— Et pourquoi ça ?

— Parce que vous avez tenté d’envahir notre pays à Noël et que vous avez recommencé à Pâques.

image

— Je m’ennuie toujours pendant les vacances, soupira Oroméoroméo.

— Ce n’est pas une raison pour gâcher celles des autres, rétorqua la reine. Je dois raccrocher, maintenant.

— Non, attends ! Il faut que tu entendes ça, j’ai des super ragots sur l’émir d’Antarktik…

— Je n’ai pas le temps d’écouter des ragots ! trancha la reine. Le roi et moi-même sommes très occupés. Nous préparons nos valises pour notre voyage annuel en République indépendante de Bouillasse.

— Quoi ? Aujourd’hui ?

— Oui, aujourd’hui, confirma la reine. Toute la cour nous accompagne.

— Toute la cour ? répéta Oroméoroméo. Il n’y aura plus personne au palais ?

— Non. Enfin, par bonheur, nous n’emmenons pas les enfants. Une baby-sitter s’occupera d’eux. Alors, si vous voulez bien m’excuser à présent, je dois retrouver mes tongs.

Sur ces mots, elle raccrocha.

Oroméoroméo regarda son téléphone un moment avant de déclarer :

— Aujourd’hui est une excellente journée ! C’est même une journée parfaite pour envahir la Brittonie !

Le roi Oroméoroméo adorait les invasions et la Brittonie était toujours sa cible préférée. Le roi et la reine des Brittons avaient une piscine couverte avec un toboggan trop génial ainsi qu’une immense cave contenant pas moins de deux cent soixante-dix fromages franciens. Il fallait qu’il glisse sur ce toboggan ! Il fallait qu’il goûte ces fromages !

Il le fallait vraiment.

— Préparez mon kit d’invasion ! ordonna-t-il à ses laquais. Et n’oubliez pas mon chapeau-ombrelle de rechange. Je vais attaquer la Brittonie.

— Encore ? s’étonna un des laquais. Ce sera la troisième fois en quelques mois !

— Je sais, le rembarra Oroméoroméo, mais aujourd’hui, c’est différent ! Dépêchez-vous d’aller me chercher mes affaires.

— Je veux bien, Majesté, repartit le laquais, mais je vous rappelle que vous n’avez plus de caleçon propre parce que vous avez fait emprisonner le responsable des lessives royales quand il vous a rétréci votre déguisement de lapin.

— Pas grave ! Donnez-moi le caleçon de la semaine dernière ! rugit le roi. Et surtout, n’en dites rien à mère !

Dix minutes plus tard, il était prêt à partir.

image
image
image

Très tôt, par ce même matin d’été ensoleillé, la très sage Holly Gentillalouette et sa sœur, la turbulente Anna, se promenaient sur la plage qui bordait Douvreport, le petit village du sud de la Brittonie où elles habitaient. Derrière elles, au sommet d’une falaise blanche doucement caressée par les vagues, se dressait le palais royal haut en couleur. Les mouettes semblaient danser dans le ciel bleu.

Un spectacle charmant dont Anna ne profitait pas le moins du monde. Elle était dans un état de mauvaise humeur permanent depuis sept ou huit ans. Et ce matin, plus que jamais.

— C’est les pires vacances de ma vie, grogna-t-elle. Qui passe ses vacances là où il habite ? Tous les jours de ma vie se ressemblent : école, maison, école, vacances à la maison, école.

— Et alors ? demanda sa sœur.

— Et alors ! s’exclama Anna. Hibiscus Beckett va passer son été dans un sous-marin. Elle va jouer au frisbee avec des pieuvres ! Et moi, pendant ce temps-là, je fais quoi ? Je donne des coups de pied dans des galets !

Elle joignit le geste à la parole. Sauf que le galet n’en était pas un ; c’était un crabe bleu. Il s’envola et atterrit sur le ventre d’une vieille dame.

image

— Tu es toujours tellement grincheuse, commenta Holly. Le monde est pourtant passionnant.

Elle regarda autour d’elle pour illustrer ses propos.

— Regarde ! Ça, c’est intéressant !

image

— Pfff ! C’est nul ! râla Anna. C’est juste une étoile de mer.

— Mais elle fait de la planche à voile ! Tu ne trouves pas ça extraordinaire ?

— Pfff. C’est juste une étoile de mer qui frime !

— Et ça ? tenta Holly en montrant le ciel.

— Un nuage ? rétorqua Anna. C’est naze.

— Oui, mais il te ressemble d’une façon incroyable.

— C’est pas incroyable. C’est juste un nuage mal élevé, on dirait qu’il tire la langue.

Holly continua de scruter les environs mais une rafale de vent lui colla une vieille page de journal sur le nez. C’est ainsi qu’elle découvrit la petite annonce.

image
image

— Wahou ! s’extasia Anna. De la plongée dans la lave d’un volcan ! Des cocktails martiens ! Du polo à dos de bébé éléphant et une télé avec trois millions de chaînes ! Je VEUX ces vacances ! On ne PEUT PAS ne pas y aller !

Holly commença par acquiescer, puis elle remarqua une ligne écrite en tout petit en bas de la page :

500 livres par personne

Elle avait dix mois de plus que sa sœur et elle devait jouer son rôle d’aînée.

— Nous n’avons pas assez d’argent, Anna.

— Mais si ! protesta Anna. On n’a qu’à compter tout ce qu’on a.

Elles retournèrent leurs poches.

— Je ne pense pas que ce soit suffisant, commenta Holly.

À elles deux, elles possédaient : quatre coquillages, deux élastiques, cinq bonbons, un escargot (sans doute arrivé là par hasard) et une petite voiture.

— Tu vois, fit Holly, on va être obligées de se contenter de vacances normales.

— Pas question ! s’écria Anna. C’est IMPOSSIBLE ! Je ne le SUPPORTERAI pas en sachant qu’il existe quelque part des vacances aussi géniales. Tu trouves toujours des solutions à tout, alors réfléchis : comment pouvons-nous gagner cinq cents livres chacune ?

Holly se gratta le menton.

Elles ne pouvaient pas demander à leur mère.

Leur mère était écrivain d’abécédaire et elle était payée à la lettre. Comme il n’y a que vingt-six lettres dans un alphabet, elle ne gagnait que vingt-six livres par livre.

Elles ne pouvaient pas non plus demander à leur père.

Leur père avait disparu alors qu’il travaillait comme dentiste au zoo. Il nettoyait les canines d’un tigre à dents de sabre quand, prenant un pélican pour une poubelle, il lui avait appuyé sur la patte pour qu’il ouvre le bec. Le pélican, vexé, l’avait gobé et s’était envolé. Personne n’avait jamais revu ni l’oiseau, ni le père des deux jeunes filles depuis ce jour.

image

Il ne restait plus qu’une solution : trouver un travail.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

suivant