Les voyageurs de l'infini

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Si l'on sait avoir la tête dans les étoiles, on y voit des vaisseaux spatiaux, les plaines du pays d'Izbor ; on y entend parler khalkia ou tégoula. Mais chut ! D'autres planètes nous entendent peut-être...

Publié le : mardi 3 avril 2012
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EAN13 : 9782012033689
Nombre de pages : 100
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Table des matières
1. Le cabinet noir
À Étia et à Fredric Brown
« Une étoile m’a dit
Deux étoiles m’ont dit
Connais-tu l’pays du rêve ? »
Charles Trénet
Une production de l’Atelier du Père Castor
© 1998, Castor Poche Flammarion pour le texte et l’illustration
978-2-012-03368-9
Le cabinet noir
Mois après mois, le Découvreur VI poursuivait son périple à travers les solitudes obscures de la galaxie. Une froide lumière argentée baignait chaque recoin du vaisseau, nulle ombre n’y résistait car les Anthariens redoutaient les ténèbres. Sur leur lointaine planète, l’éclat de gigantesques tubes fluorescents faisait régner le jour en permanence. Jamais de nuit sur Myr-Anthar, et ce depuis des milliers d’années.
Les Anthariens naviguaient de système solaire en système solaire à la recherche de planètes vierges. Ils en avaient déjà répertorié des centaines, en avaient étudié la faune, la flore et les minéraux.
Cette fois, l’objectif du Découvreur VI
était un astre rouge sillonné de mystérieux canaux, à l’ouest de la constellation de Mazda.
Le commandant Orvan avait reçu l’autorisation d’emmener ses deux jeunes fils, Gelim et Sirtan, parfaire leur apprentissage de futurs prospecteurs. Sur Myr-Anthar, l’éducation se dispensait par la pratique, ainsi les enfants retenaient mieux l’enseignement.
Gelim et Sirtan étaient intelligents, studieux et attentifs, mais, après tant de mois d’inaction, le voyage commença de leur paraître monotone. Ils décidèrent alors, en secret, d’explorer le vaisseau, de la poupe à la proue.
Les deux frères mirent leur projet à exécution, alors que l’équipage observait un astéroïde au teint bilieux, criblé de trous comme un fromage de Nouk.
— Gelim, tu l’as ? souffla Sirtan.
— Je l’ai, répondit Gelim en montrant à Sirtan une carte magnétique destinée à ouvrir les portes.
C’était vraiment merveilleux de se dérouiller les jambes ! Gelim et Sirtan jouèrent à se poursuivre le long des coursives et des passerelles en prenant garde d’éviter l’œil des caméras disséminées dans les faux-plafonds.
— Bon, maintenant on y va, décida Gelim. Celle-là.
Il engagea la carte dans la fente d’une porte.
La salle était ronde, tapissée d’étagères où s’alignaient des vivariums abritant des espèces animales glanées sur des mondes inconnus.
— Oh ! Regarde ! s’exclama Sirtan.
Il désignait un gros reptile aux écailles rouges hérissées de piquants.
— C’est un gnor, murmura Gelim. Si on lui touche la crête il change de couleur.
Il souleva légèrement le couvercle de la cage de verre.
— Arrête ! Tu es fou ! s’écria Sirtan. Si papa apprend ça, nous sommes cuits !
— Qu’est-ce que tu crois qu’il nous ferait ? demanda Gelim en riant tout bas. Tu vas voir, c’est marrant.
Il ôta le couvercle.
Une odeur putride, insoutenable, empuantit l’atmosphère. Gelim sursauta violemment, fit un faux mouvement. La cage bascula et s’écrasa aux pieds de Sirtan. Le gnor bondit, cracha, siffla, passa par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, se dressa sur ses pattes de derrière et se mit à sautiller vers Sirtan qui se plaqua de tout son poids contre une console murale. Aussitôt, un hululement assourdissant déchira le silence. Le gnor couina, puis disparut sous les étagères.
Avant même que les frères aient pu songer à réagir, la porte de la salle coulissa, Orvan surgit, encadré de quatre Anthariens, l’arme au poing.
— Qui a déclenché le signal de détresse ? tonna-t-il ?
Sirtan s’avança, secoué de sanglots muets. Il savait qu’il était inutile de chercher à mentir, Orvan lisait les pensées.
— C’est moi, murmura-t-il.
— Non, s’écria Gelim, tout est ma faute, j’ai ouvert un bocal.
— Vous avez mis l’équipage en péril, c’est grave, cela mérite punition, dit Orvan.
Il réfléchit un instant.
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