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London Fashion 1 - Journal stylé d'une accro de la mode

De
240 pages
Savannah, 14 ans, débarque à Londres avec sa mère qui a décidé de changer de vie. Le rêve de Savannah ne peut que se réaliser dans cette ville où la mode est comme le thé : une institution ! Car Savannah veut devenir styliste. Avec son talent, son caractère bien trempé et ses deux nouveaux amis, Savannah part à la conquête des podiums ! Surtout lorsqu'elle gagne le premier prix d'un célèbre concours londonien : passer une semaine chez le plus fameux des famous créateurs, Jean-Paul Roger...
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couverture



© Hachette Livre, 2008.
Hachette Livre, 43 quai de Grenelle, 75015 Paris
Couverture et illustrations intérieures : Marie Drion
ISBN : 978-2-012-02758-9
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Je ne savais pas que vivre à Londres allait être aussi bizarre. Strange. Very strange. L’impression d’être sur une autre planète. Dans un monde parallèle. Si on me l’avait dit avant, je me serais accrochée si fort aux remparts de Saint-Malo que les touristes m’auraient montrée du doigt en croyant voir une statue de Surcouf. Il y a d’abord un truc ahurissant en Angleterre : ici, on ne parle pas français. Aussi dingue que cela puisse paraître, c’est la vérité vraie. Les Anglais parlent anglais, juste pour m’embêter. Et là, j’en entends se marrer : « Ah, l’anglais, fastoche ! » Eh bien, ceux qui pensent ça se fourrent le doigt dans l’œil. Le doigt, la main, le bras entier. Que ces vantards à deux pence viennent passer un petit mois à North Wembley. Quand ils auront seulement compris les dessins animés à la télé, on en reparlera ! Sans rire, Oui-Oui est un prof d’anglais extraordinaire. Le jour où j’ai enfin compris qu’il n’était pas complètement bourré à longueur de journée mais juste terriblement maladroit, j’ai franchi un grand pas dans mon intégration.

Il faut dire que ma mère a été très hypocrite sur ce coup-là. Elle ne m’a jamais dit que ce serait aussi dur. Avant de partir, il y a six mois, elle m’a servi un discours qui ferait jeter l’éponge à n’importe quel avocat américain. Je me rappelle chacun de ses mots, comme si c’était hier : « Savannah, tu verras, Londres est une ville magnifique, vivante, je vais prendre un nouveau départ, retrouver un emploi, et toi, tu vas découvrir une autre culture, t’enrichir, voyager. Tu auras beaucoup d’opportunités pour apprendre le métier de styliste, tout sera à portée de ta main. Tu vas voir, ma chérie, nous allons démarrer une nouvelle vie ! » Forcément, dit comme ça, ça avait l’air aussi alléchant qu’une religieuse au chocolat de chez mon pâtissier préféré – Fosset, 36 rue Corne-de-Cerf, Saint-Malo. Oui mais, voilà, il n’y a pas plus faux jeton qu’un grand avocat américain. Ça ment comme un arracheur de dents, juste pour parvenir à son but : « Venez par ici, ma p’tite dame, vous verrez, je vais vous enlever trois dents avec une énorme pince de garagiste et vous ne sentirez rien du tout ! » Tu parles, ça m’avait fait un mal de chien.

À peine arrivée, j’ai découvert l’affreuse réalité : notre sublime appart (34 mètres carrés en comptant la salle de bains sur le palier), complètement pourri ; notre quartier si charmant (South Kenton), jamais rien vu d’aussi gris. D’ailleurs, ça m’a inspiré un modèle que j’ai appelé la « triste robe South Kenton » – à ne surtout pas porter quand vous vous sentez déprimée, sous peine de vous jeter direct dans la Tamise. Le seul point sur lequel ma mère avait dit la vérité était le boulot. Au bout d’une semaine, elle en avait déjà retrouvé trois. Le matin, elle emballe des DVD dans des boîtes. L’après-midi, elle emballe des mousses à raser dans des blisters en plastique. Le soir, elle sert des pintes de Guinness à des soûlards qui essaient de l’emballer. Trois boulots pour payer un loyer, rien que ça, et en bossant six jours sur sept. Super, la nouvelle vie. Un vrai rêve. En réalité, je sais que ma mère – en bon parent qui se respecte – ne m’a pas tout dit. Ce coup de tête total, notre déménagement à Londres réglé en quelques semaines, il y a six mois, a une autre raison. Mais elle ne sait pas que je sais. Et je ne veux surtout pas qu’elle sache que je sais. Pourtant, je devine qu’elle devine que je me doute de quelque chose…

— Savannah, dis, tu penses à quoi, comme ça ? À ton amoureux ?

Liz rigole, écrabouillée sur mon lit, les pieds en l’air, le regard au plafond. Je crois qu’elle croit qu’elle fait des abdos.

— Et au fait, vous savez quoi, les amis ? Je ne suis plus amoureuse depuis au moins quiiiinze jours !

Elle insiste sur le mot quinze comme s’il s’agissait d’un délai impossible. Vu l’horrible grimace qui déforme le visage d’Aaron, je vois bien qu’il est comme moi. Il fait des efforts considérables pour garder son gros éclat de rire bien planqué au fond de sa gorge. Liz est furax, sans qu’on sache vraiment pourquoi :

— Et pourquoi vous ne tombez jamais amoureux, vous d’abord ? À 15 ans, ce n’est vraiment pas normal ! Vous devez avoir un neurone en moins, ou un truc comme ça. C’est chiant quand même : mes deux meilleurs amis sont incapables de me comprendre ! Ils ne savent pas ce que c’est que d’avoir le cœur qui bat pour quelqu’un, de ne penser qu’à lui, de ne plus pouvoir dormir. Riez, riez, vous verrez, l’amour vous tombera dessus le jour où vous vous y attendrez le moins…

— Alors, c’est un peu comme les crottes de pigeon ?

Liz arrondit la bouche, en lady offusquée – oh, shocking !

— Savannah ! Je suis sûre qu’en prenant un peu de ton sang on pourrait fabriquer un vaccin super efficace contre les coups de foudre ! Et toi, Aaron, tu n’as jamais flashé sur une fille ? Vraiment jamais ?

Aaron a l’air gêné tout à coup :

— Euh, non, enfin, je ne crois pas... Au fait, Sav’, tu as vu les photos du dernier défilé de Jean-Paul Gaultier ?

Il me jette Vogue en pleine figure – c’est pas grave, un Vogue ne fait jamais mal.

— Tu parles si je les ai vues ! Je les ai dévorées, oui ! Tu as vu ses pantalons pour homme, larges comme des jupes ?

— Oui, mais là, Gaultier a un peu copié Yamamoto, non ? Je me rappelle avoir vu des pantalons semblables dans une collection il y a deux ou trois ans, je crois.

Je ne supporte pas que l’on dise du mal de mon J.P.

— Comment ça, copier ? Tu ne vois pas que la coupe est différente ? Et Yohji Yamamoto n’a jamais employé de tissu écossais. C’est tellement osé ! Attends, je vais te montrer, je dois avoir les photos de ces pantalons quelque part, à côté de la fenêtre... À moins que ce ne soit au-dessus de ma poubelle…

Dans ma chambre, j’ai créé un magnifique papier peint personnalisé, avec des tas de photos découpées dans des mags de mode. Au moins, ça cache les murs bouffés par des bêtes dont je ne veux surtout pas connaître le nom. Des rongeurs poilus, invisibles le jour mais qui s’amusent à danser du R’n’B sur vous quand vous osez dormir. J’espère au moins que ces bestioles apprécient mes photos de mode et savent maintenant comment s’habiller pour avoir l’air chic. Liz, qui jusqu’ici tournicotait frénétiquement une sucette dans sa bouche, bondit sur le magazine.

— Savannah, tu as vu ce modèle ? J’adooore ce style !

C’est un ensemble qu’on pourrait qualifier d’urban jungle, une tendance très « New York, New York », à mi-chemin entre « je vais faire mon footing à Central Park pour perdre la cellulite qui me colle aux fesses » et « je vais rendre visite à ma charmante vieille voisine, plus curieuse qu’une équipe du FBI ».

Aaron hoche la tête, en mec qui s’y connaît. Sur le modèle de Pierre Paul Roger – couturier français qui monte de plus en plus -, la fille porte une longue jupe en jersey de laine, hyper fluide, et un gilet également très long, plutôt informe. Tout de teinte beige et taupe. Ça pourrait avoir l’air fade. Mais ça ne l’est pas. La touche urban jungle est évidente : sous cet ensemble très « je me lâche et je me fous de ce que les autres pensent de moi », le modèle a un haut en satin drapé jaune moutarde. Le détail à me faire tomber raide dingue. C’est si classe que j’en reste baba.

— Tu as raison, Liz, c’est vraiment trop fort !

Du sourcil légèrement surélevé de Liz, je déduis que trop fort doit avoir un sens différent en anglais. Pourtant, Liz fait comme si de rien n’était. Ça doit être ça, le savoir-vivre british : elle ne me jette jamais à la figure que j’ai un anglais archi pourri. Au lieu de ça, elle fouille dans son sac, agacée – vous avez à peu près autant de chances de trouver quelque chose dans le cabas de Liz que de gagner à la super cagnotte du Loto.

— Regarde, Savannah, je l’ai commandée le mois dernier chez La Redoute...

Depuis que j’ai montré un vieux catalogue à ma copine, elle est devenue folle de la ViPiCi (Vente Par Correspondance) et de ce catalogue en particulier. Liz adore son style so frenchie. Elle griffe ses robes comme des créations haute couture : « Ça, mes amis, mais c’est du La Redoute, bien sûr ! » La plupart des gens en concluent que ce La Redoute doit être un jeune couturier français, pas encore connu mais certainement très prometteur.

Ma copine agite une robe en tissu argenté sous mon nez.

— Dans le catalogue, je la trouvais super, mais maintenant, quand je l’essaie, je ne sais pas pourquoi, je ne l’aime plus du tout. Ça m’énerve, tu ne peux pas savoir ! J’ai dépensé tout mon argent de poche du mois de novembre ! Tout ça pour cette fichue crotte !

Liz enfile la robe et défile comme un mannequin. Un mannequin roux d’un mètre cinquante – talons compensés compris. Aaron l’examine sous toutes les coutures, comme si c’était un cheval de foire :

— Tu vois, Liz, je trouve qu’elle ne met pas en valeur ta silhouette... En plus, elle est trop compliquée. C’est quoi, tous ces volants ? Avec ça, tu me fais penser à un gâteau à la crème !

Je bouffe mon crayon, signe d’intense activité créative :

— Oui, ça y est, j’y suis ! Attends ! T’inquiète, Liz, Doc Savannah va arranger ça… Donne-moi la robe !

— Dis, Savannah, tu ne vas pas la massacrer quand même… Quand tu commences à déchirer, ça me fout les boules, tu sais.

Je ne l’écoute plus, je suis plongée dans une nouvelle expérience, super excitante. La robe a un tissu intéressant : étonnamment brillant, avec des reflets changeants, il me fait penser à une combinaison futuriste ou à un habit de cosmonaute. Le problème, c’est que la coupe est beaucoup trop compliquée pour ce tissu. Sans aucun rapport. C’est comme si on voulait faire une longue robe de bal en coton léger à fleurs. C’est nul. Le mélange des genres peut être merveilleux, mais on doit le pratiquer avec la plus grande prudence. C’est hyper délicat en réalité, et le résultat peut être absolument génial ou à vomir. C’est le cas ici. Rien à voir avec les robes aux formes épurées, dans le plus pur style japonais, réalisées en tissu brodé indien, de chez Yohji Yamamoto. Je prends la robe et, d’un grand coup sec, j’arrache les volants bouffants qui pendouillaient aux manches.

— Oh misère… soupire Liz, la tête entre les mains.

Les manches à froufrous en moins, la robe ne me plaît toujours pas. Le haut ressemble maintenant à un bustier cintré avec des bretelles assez larges, ce qui colle parfaitement avec la vision spatiale que j’ai du tissu. Mais le bas reste une atteinte à la dignité humaine. Trois volants en cascade, rappelant vaguement les robes des années 60. Bref, un machin que les filles portaient au temps du twist. Sauf que plus personne ne danse le twist depuis belle lurette. Banzaï, y a plus de volants !

— Savannah ! hurle Liz au bord du désespoir. Je n’ai plus de robe, maintenant !

Le bustier dans les mains, je regarde silencieuse le tas de tissu argenté tombé à mes pieds. Et là, une idée me traverse l’esprit. Ou plutôt un souvenir. Une vieille étole en fausse fourrure blanche dénichée dans la boutique de la Croix-Rouge de Victoria – l’un de mes charity shops préférés – le mois dernier. Quand j’achète de vieux vêtements d’occasion, je ne sais pas toujours ce que je vais en faire. Je veux dire, pas immédiatement. Mais je sais une chose : tôt ou tard, je vais en faire quelque chose. Je les mets de côté, je les enregistre mentalement et je les ressors quand l’occasion se présente. Parfois, ça peut prendre des mois, voire des années. La tête dans ma commode à trésors, je pousse un cri de victoire. L’étole est bien là, et c’est exactement ce qu’il faut pour cette robe. À vue de nez, elle mesure la bonne largeur. Un petit tour sur ma machine à coudre. Le tissu argenté est un peu glissant, et le faufilage est difficile :

— Oh merde ! C’est quoi cette matière ?

Liz ne dit plus rien, elle est totalement détruite. Je transpire, je gémis, je râle. Mais le résultat est là.

— Tala ! Alors, alors, des commentaires ?

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J’ai cousu l’étole en fourrure blanche sous le bustier argenté, de telle façon que cette robe dégoulinante de machins est devenue une robe de fête, originale et rigolote. Par un tour de passe-passe, l’étole – qui faisait un peu vieille mémère – s’est transformée en jupe de jeune fille, arrivant à mi-cuisse.

— Oh, Savannah, mais c’est super ! Je vais la mettre pour la fête de Noël au collège… Au moins, comme ça, je suis sûre que personne n’aura la même. Oh flûte, il est presque l’heure d’aller en cours !

Aujourd’hui, les cours commencent exceptionnellement à 13 heures. À cause d’une réunion pédagogique ou de l’organisation d’un piquenique. À moins que ce ne soit à cause d’une invasion d’aliens hystériques. Je n’ai pas bien compris.

Paniqué, Aaron repeigne ses cheveux bruns ondulés :

— T’as pas du gel, Sav’ ? J’ai dit du gel, hein, pas de la super glu qui va me plaquer les cheveux ! L’autre jour, on aurait dit que je m’étais trempé la tête dans une bassine de fish and chips. Et toi, pourquoi est-ce que tu n’essaies pas de te coiffer de temps en temps ? Tu connais ça, une brosse, un peigne ? Tu connais la signification de ces mots ? As-tu déjà vu ces objets depuis ta naissance ?

Je jette un coup d’œil dans la glace. Une vraie crinière. Des cheveux de sorcière. J’en ai partout. Devant, derrière, sur les côtés. Au réveil, j’ai oublié de me coiffer. Grosse erreur. Ne jamais laisser des cheveux de métisse en liberté. Ils se vengent.

— De toute façon, j’en ai marre de te voir avec deux tresses ! Tu ne peux pas te coiffer autrement ? Attends, je vais prendre une brosse ! Tu as de si jolis cheveux pourtant, on dirait… on dirait… des petits ressorts.

Pendant qu’Aaron tente un démêlage sauvage, je me replonge quelques instants dans Vogue, histoire d’en prendre une dernière bouffée avant d’aller me farcir six heures de cours en chinois. Tout à coup, un hurlement à faire dresser les cheveux sur la tête retentit dans la chambre. Non, ce n’est pas un loupgarou. C’est moi.

— Oh ! Je t’ai fait mal, Savannah ?

— Mais non ! Ça, c’est une chance ! Une vraie chance !

— De quoi ? De te voir bien coiffée ? Tu pensais que ça ne t’arriverait jamais ?

— Aaron !

Je colle Vogue sur ses lunettes :

— Samedi prochain, Karl Lagerfeld organise un défilé à Londres… Et il cherche des extras !

Liz fait semblant d’être contente, juste pour me faire plaisir : English you are, English you stay.

— Ah oui ? C’est génial ! Mais… pourquoi c’est génial ?

— Vous vous rendez compte, Karl recherche des extras !

Aaron se met à dodeliner de la tête comme ces chiens si agaçants qui trônent sur la plage arrière des voitures et qui sont censés amuser le conducteur suivant :

— Ah, je crois que je comprends… C’est une super idée, je sens qu’on va bien se marrer ! Savannah, je suis à 100 % avec toi ! En plus, j’ai besoin de me changer les idées…

— Euh, ça vous dérangerait de m’expliquer, là ? Parce que je suis complètement larguée, moi !

Je prends la main de Liz et je lui répète doucement, comme à une vieille mamie complètement bouchée :

— Savannah a dit : Karl recherche des extras, et nous, nous sommes extra…

La lumière se fait, Liz ouvre grands les yeux :

— Enfin, Savannah, on ne peut pas faire ça !

Oh si, on peut, et on va… Dans ma tête, tout est déjà programmé : je me transforme en serveuse pour la soirée. Discrètement, je fais entrer Liz par la porte de derrière. Bien sûr, elle portera l’une de mes créations. Et zou, je montre mon modèle à Karl, qui s’exclame :

— Oh, mais c’est sublime, délicieusement divin ! Et vous vous appelez comment ? Savannah Martin ! Ah, je ne suis pas près d’oublier votre nom…

La rêverie s’arrête là. Il est midi trente, et je dois fourrer mes deux grosses boules de fesses dans un uniforme du Wembley High School. Décidément, si ma mère m’avait dit qu’en venant vivre en Angleterre je devrais porter cette jupe horrible et mal coupée, je me serais jetée du ferry et j’aurais rejoint Saint-Malo à la nage – en priant pour ne pas me faire bouffer par un poisson plus gros que moi. Voici encore une chose que je ferai si je deviens, non quand je deviendrai, une – vraie – styliste : je proposerai des uniformes adaptés à toutes les filles. Et même les fessiers d’éléphant pourront être à l’aise. Et je jetterai cette saleté de jupe tuyau par la fenêtre. Sous un train. Sur Mars. Quand je vois Aaron se pavaner, sublime d’élégance dans son uniforme, j’ai envie de crier. Moi, je vais devoir marcher toute la journée comme une geisha, boudinée dans ma jupe et craignant le pétage de couture à chaque fois que je me baisse. Le monde est une vaste forêt d’injustices…

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