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This edition published by arrangement with Little, Brown Books
for Young Readers / Hachette Book Group, Inc., New York, New York, USA.
All rights reserved.
 
Photo de couverture et cahier photos : © 2011 Twentieth Century Fox Film Corporation. All Rights Reserved.
 
© 1938 by Richard and Florence Atwater.
 
© Renewed 1966 by Florence Atwater, Doris Atwater, and Carroll Atwater Bishop.
 
© Librairie Générale Française, 1987, pour la traduction française.
 
© Hachette Livre, 2011, pour la présente édition.
Hachette Livre, 43 quai de Grenelle, 75015 Paris.
 
ISBN 978-2-01-202493-9
 
L’édition originale de cet ouvrage a paru en langue anglaise sous le titre :
MR. POPPER’S PENGUINS
 
20th_Century_Fox.jpg

002
CHAPITRE 1
STILLWATER
004

C’était un après-midi de fin septembre. Dans la jolie petite ville de Stillwater, M. Popper, peintre en bâtiment, rentrait de son travail.

Chargé de ses seaux, de ses échelles et de ses planches, il avait plutôt du mal à avancer. Il était tout barbouillé de peinture et de chaux, et des morceaux de papier peint pendaient à ses cheveux et à ses favoris, car il n’était pas très soigneux.

Les enfants levaient le nez de leurs jeux pour lui sourire au passage, et les mères de famille disaient en le voyant : « Tiens, voilà M. Popper. Il ne faut pas que j’oublie de demander à John de faire repeindre la maison au printemps. »

Personne ne savait ce qui se passait dans la tête de M. Popper, et personne n’aurait cru qu’il deviendrait un jour le personnage le plus célèbre de Stillwater.

C’était un rêveur. Même quand il était très occupé à coller du papier peint, ou à peindre une façade, il oubliait complètement ce qu’il était en train de faire. Une fois, il peignit trois murs d’une cuisine en vert, et le quatrième en jaune. Au lieu de se fâcher et de le lui faire refaire, la maîtresse de maison avait trouvé cela tellement à son goût qu’elle lui avait demandé de ne rien changer. Et, quand elles le virent, les autres femmes de Stillwater l’admirèrent aussi, si bien que très vite tous les habitants de la ville eurent des cuisines bicolores.

Si M. Popper était si distrait, c’est qu’il rêvait toujours à des pays lointains. Il n’était jamais sorti de Stillwater. Ce n’est pas qu’il était malheureux. Il avait une jolie petite maison à lui, une femme qu’il aimait tendrement, et deux enfants, qui s’appelaient Janie et Bill. Pourtant, cela aurait été bien, pensait-il souvent, s’il avait pu voir un peu le monde avant de rencontrer Mme Popper et de s’établir. Il n’avait jamais chassé le tigre en Inde, ni escaladé les sommets de l’Himalaya, ni pêché les perles dans les mers du Sud. Mais surtout, il n’avait jamais vu les pôles.

C’est ce qu’il regrettait par-dessus tout. Il n’avait jamais vu étinceler ces grandes étendues blanches de neige et de glace. Il aurait préféré être savant, plutôt que peintre à Stillwater ! Il aurait peut-être participé à de grandes expéditions polaires. Comme il ne pouvait pas partir, il y pensait sans cesse.

Chaque fois qu’un film sur les pôles passait en ville, il était le premier au guichet du cinéma, et il n’était pas rare qu’il assiste à trois séances de suite. Chaque fois que la bibliothèque municipale avait un nouveau livre sur l’Arctique ou l’Antarctique – le pôle Nord ou le pôle Sud – M. Popper était le premier à l’emprunter. Enfin, il avait lu tant de livres sur les explorateurs polaires qu’il les connaissait tous par leur nom et qu’il savait vous dire ce que chacun avait fait. C’était vraiment un spécialiste en la matière.

Les soirées étaient son meilleur moment de la journée. Alors, bien assis dans sa petite maison, il pouvait se plonger dans ses lectures sur ces pays froids des extrémités de la Terre. Il avait l’habitude lorsqu’il lisait de prendre le petit globe que Janie et Bill lui avaient offert le Noël précédent, pour y chercher l’endroit exact dont parlait le livre.

Ainsi donc, tout en marchant dans la rue, il était heureux car la journée était terminée, et l’on était fin septembre.

Il s’arrêta devant la porte d’un joli petit pavillon au 432, Proudfoot Avenue, et entra.

« Eh bien, ma chérie, dit-il, en posant ses seaux, ses échelles et ses planches, et en embrassant Mme Popper, la saison des peintures est terminée. J’ai refait toutes les cuisines de Stillwater ; j’ai collé du papier dans toutes les pièces de la nouvelle résidence d’Elm Street. Il n’y a plus de travail avant le printemps, quand les gens voudront faire repeindre leur maison. »

Mme Popper soupira.

« Je regrette parfois que tu n’aies pas un de ces métiers qui durent toute l’année, et pas seulement du printemps à l’automne, dit-elle. Ce sera très agréable de t’avoir à la maison en vacances, évidemment, mais ce n’est pas facile de balayer avec un homme assis là, à lire toute la journée.

— Je pourrais te refaire la maison.

— Non, surtout pas, répondit Mme Popper sur un ton ferme. L’année dernière, tu as peint la salle de bains quatre fois, parce que tu n’avais rien d’autre à faire, et je pense que cela suffit. Mais c’est l’argent qui m’inquiète. J’ai fait quelques économies, et je pense qu’on pourra se débrouiller comme les autres hivers. Finis les rosbifs, finies les glaces, même le dimanche.

— Est-ce qu’on aura des fayots tous les jours ? demandèrent Janie et Bill, qui s’étaient arrêtés de jouer.

— J’en ai bien peur, dit Mme Popper. Pour le moment, allez vous laver les mains : on va dîner. Et, Papa, range-moi tout ce fatras : tu n’en auras pas besoin de sitôt. »

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