Ma place au soleil

De
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Entre deux fêtes et deux cours, les lycéens Lucas, Léo, Jonathan et Mattéo alias Les Snackyboulistes répètent leurs meilleurs morceaux. Ils recrutent Salim, un jeune marginal, pour rapper sur un de leurs titres et deviennent vite complices. Ils s’apprêtent à participer à la Fiesta des Suds quand Salim est attaqué par Tyson, un trafiquant de produits de contrebande qui refusait de le voir échapper à son contrôle…
Publié le : mercredi 19 août 2009
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782700244205
Nombre de pages : 128
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TABLE DES MATIÈRES

Medhi
Lucas Marine Léo Mattéo Jonathan Alain Lully Pause musicale Amina Francis Catherine Florian Madame Legall Salim Fanny Tyson Jean-Luc Voix off
Couverture de Malou
eISBN 978-2-7002-3058-1
ISSN 1639-6480
© RAGEOT-ÉDITEUR – PARIS, 2009.
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Loi n° 49-956 du 16-07-1949 sur les publications destinées à la jeunesse.
Soyez ce que vous voudriez avoir l’air d’être.
Lewis Carroll

Medhi

J’ai ouvert un œil à l’arraché et je suis resté bloqué comme ça. Je n’ai réussi à décoller le deuxième que cinq minutes plus tard.
J’avais la bouche pâteuse et les cloches de l’intro de Hell’s Bells de AC/DC résonnaient au fond de mon crâne. Je me suis levé avec l’agilité d’un centenaire perclus de rhumatismes et je me suis traîné jusqu’aux chiottes pour vomir un coup. Je me suis fourré un doigt au fond de la gorge, mais comme ça n’a rien donné je me suis contenté d’une giclée d’eau froide sur la figure pour enfin éprouver la sensation d’être toujours vivant.
Ensuite, je suis retourné dans la pièce principale et là, j’ai eu la plus grave hallucination de ma jeune carrière sans même avoir eu besoin de gober le moindre petit cachet rose. La maison des parents de Fanny était carnage total ! Devant moi s’étalait le résultat de trois jours de délire. De fête. De beuverie. De…
Les mots me manquaient.
Il me fallait les images.
Sans preuve, tout le monde au bahut me prendrait pour un mytho. Pas de doute là-dessus.
Du style :
– Ça va Medhi, arrête un peu avec tes histoires à la con. On n’y croit pas cinq minutes.
Pas de problème, les p’tits gars ! J’ai ce qu’il faut avec moi.
J’ai récupéré ma caméra numérique dans mon sac à dos et j’ai commencé à filmer.
J’ai attaqué par les pièces du haut.
Tout d’abord, la chambre de Fanny avec gros plan sur le lit où s’entassaient plusieurs corps difficilement identifiables, à part Lucas dont les pieds dépassaient de quinze bons centimètres. J’ai enchaîné avec un plan fixe d’une minute dans la chambre de sa sœur Marine, même spectacle désolant, avec en prime des traces de gerbe sur le mur. Celle des parents avait plutôt été épargnée, juste un corps inerte en travers du lit et quelques canettes oubliées sur la moquette. Par contre, la salle de bains était dans un triste état. Mousse à raser étalée sur le miroir, baignoire remplie d’objets divers, tubes de dentifrice éclatés…
Puis, travelling arrière jusqu’à la mezzanine. Vu d’en haut, le spectacle était affligeant. Des bouteilles jonchaient le sol du salon, des assiettes sales s’empilaient un peu partout, paquets de chips éventrés, cacahuètes éparpillées, cendriers qui débordaient, un voile de fumée flottait à mi-hauteur, quelques corps encore, vautrés sur les fauteuils et les canapés en cuir.
Quelqu’un s’était amusé à dessiner à la craie sur le tableau qui ornait le dessus de la cheminée et la télévision avait servi de cible pour un concours de tirs de fraises. L’écran en était recouvert.
J’ai assuré un long plan séquence du haut de l’escalier jusqu’à la cuisine. Là, je vous passe les détails, un pachyderme épileptique n’y aurait pas fait plus de dégâts. Et puis zoom sur la porte du frigo. Mise au point sur le magnet rigolo qui tenait la feuille où était inscrit en grosses lettres rouges :
RETOUR DES PARENTS LE 28 AOÛT
J’ai crié à travers la maison :
– Eh, y a quelqu’un qui a une idée de la date d’aujourd’hui ?
Je suis resté un moment comme ça, planté au beau milieu de la cuisine dévastée, à attendre une réponse, mais je n’ai eu aucun retour.
Soudain, Mattéo est apparu. En caleçon. Il se grattait l’entrejambe à la recherche de je ne sais trop quoi.
– C’est toi qui hurles comme un malade ?
– Oui, c’est moi. Quel jour on est ?
Cette fois, il s’est gratté le sommet du crâne.
– Je sais pas moi… Lundi, je crois.
– Pas le jour, la date bordel !
Il s’est gratté sous les bras.
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