Maître Sam : À l'asso - Tome 2

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Pour Samuel Laliberté et ses deux meilleurs amis, Jo et Hilel, l’automne a été plus que mouvementé. Après le succès du grand spectacle organisé par Audrey, Samuel n’est plus le même. Il est devenu une vraie vedette dans son école, mais c’est en lui qu’il a découvert le plus grand pouvoir: celui de changer le monde.


Les trois amis n’ont toujours pas réussi à faire plier l’entreprise Chabot, mais tout n’est pas encore perdu. Leur volonté de combattre l’injustice est plus grande que jamais. La grand-mère d’Hilel a d’ailleurs accepté de les aider dans cette mission en les initiant au vaudou.


Tous les espoirs sont permis, mais les choses se gâtent le jour où plusieurs élèves de l’Académie François-Patenaude découvrent une poupée vaudou dans leur casier…
Publié le : mardi 18 novembre 2014
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EAN13 : 9782895497196
Nombre de pages : 247
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Extrait



La fête de Noël avait été une réussite. Sam avait passé quelques jours au chalet de ses grands-parents à Saint-Donat. Comme d’habitude, grand-maman Murielle et grand-père Claude avaient été très généreux avec leurs enfants et leurs petits-enfants. Sam avait profité de ces vacances en famille pour faire de la motoneige avec ses cousins et cousines. Il avait toujours aimé en faire. Mais il avait également pratiqué des activités nécessitant un peu plus d’effort physique. Comme le hockey. Au cœur du village, il y avait une magnifique patinoire où les joueurs se réunissaient. Sam n’avait jamais été un grand patineur, mais il aimait ce sport. Même s’il était loin d’être le meilleur sur la glace, il réussissait malgré tout à tirer son épingle du jeu. La plupart du temps, il se plaçait en défense, se chargeant de contrer les attaques de l’équipe adverse. Un matin, son père avait décidé de chausser les patins. Ce jour-là, père et fils avaient formé un bon duo de défenseurs. Ils en avaient fait baver à leurs adversaires. Mais, étonnamment, l’activité préférée de Sam avait été la raquette. Ses grands-parents, qui en faisaient régulièrement, en possédaient plusieurs paires. Il avait marché de longues heures, avec les membres de sa famille, dans les sentiers balisés. Parfois, il était parti seul. Ces moments de solitude lui avaient permis de réfléchir sur les actions qu’il comptait mener — Maître Sam l’habitait de plus en plus. Mais aussi de penser à Audrey. Son amour pour elle ne faisait que croître.


Tout le monde dans la famille avait remarqué des changements dans le comportement de Sam. Non pas qu’il fût désagréable. Au contraire, il participait aux activités familiales, et il faisait ce qu’il pouvait pour aider à préparer les grandes tablées. Mais on le trouvait un peu plus distrait qu’à l’habitude. Un soir, les adultes avaient abordé le sujet. Ouvertement, Robert et Mylène avaient évoqué les événements difficiles que Sam avait vécus à l’école. Un automne peu reposant. « Sam est sensible. Ses observations sur la société sont parfois dures. Les injustices qu’il voit l’enragent. Il vieillit. L’adolescence est un moment de notre vie où tous nos sens sont en explosion. Sam vit cela intensément. » Pour les grands-parents, les oncles et les tantes, cela n’était pas nouveau. Sam n’avait jamais supporté l’injustice. Dès son plus jeune âge, il l’avait combattue. Mais, pour grand-maman, il y avait autre chose. Selon elle, Samuel était en amour. « L’avez-vous vu ? Il est beau comme un cœur. Il a seize ans. Quand il est perdu dans ses pensées, je ne crois pas qu’il songe seulement à régler le sort de l’humanité. Il doit penser à celle qu’il aime. Vous a-t-il présenté une fille ? En tout cas, beau comme ça, il ne peut pas laisser les filles indifférentes. » Curieuse, vers la fin du séjour, grand-maman Murielle n’avait pu s’empêcher d’essayer de faire parler son petit-fils.


— Je suis tellement contente que tu sois avec nous. Tu es un jeune homme, maintenant. Bientôt, peut-être, tu ne voudras plus venir nous voir. Tu seras trop occupé. Et tu nous trouveras ennuyants.

— J’aime être avec grand-papa et toi. Tu n’as pas à t’inquiéter. Les rencontres familiales sont importantes pour moi.

— Tu sais, la prochaine fois, si tu le souhaites, tu peux venir accompagné.

— Accompagné ?


— Si tu as une petite amie, tu pourrais l’inviter.

— C’est gentil. Mais je n’en ai pas encore.

— Difficile à croire. Un beau garçon comme toi.

— Par contre, je crois que tu peux m’aider. Il y a effectivement une fille que je trouve vraiment de mon goût. J’aimerais l’inviter à faire une activité. J’ai pensé que je pourrais l’initier à la raquette. Est-ce que je pourrais vous emprunter deux paires de raquettes ?

— Bien sûr ! Je savais bien qu’il y avait une fille dans ton cœur. Une grand-maman sent ces choses-là. Où comptes-tu en faire ? Avez-vous des sentiers à Beauchêne ?

— Oui, dans la forêt du Grand Coteau !

— Cette forêt qu’un entrepreneur compte raser pour bâtir des condominiums ? Il me semble que j’ai lu ça quelque part.

— En effet ! Mais je ne suis pas sûr qu’il va arriver à mettre son plan à exécution. Il risque de se heurter à des opposants. Ce projet ne fait pas l’unanimité parmi les habitants de Beauchêne.


Samuel avait échoué la première fois qu’il s’était attaqué à l’entreprise Chabot. On lui avait fait comprendre par des menaces sérieuses qu’il avait intérêt à se taire, qu’il risquait de faire du tort aux gens qu’il aimait. Mais maintenant qu’il possédait un immense pouvoir, il comptait bien l’utiliser.

— En tout cas, l’entrepreneur semble être sûr de son coup. Mais oui ! Prends les raquettes que tu veux. Et si tu trouves les sentiers ennuyeux dans ton coin, appelle-nous. On ira te chercher. J’aimerais bien que tu me présentes cette fille. Elle est chanceuse !

— Merci, grand-maman. Tu es gentille.

La grand-mère contempla son petit-fils. Elle en était tellement fière. Puis elle fixa la bague qu’il portait, celle que le père de son mari léguait aux porteurs d’espoir. Soudain, elle devint émue. Ses yeux s’embuèrent.

— Cette bague, tu la portes bien. Je savais que tu serais le prochain à l’avoir au doigt. Tu es le premier à la porter à un si jeune âge. Au début, je désapprouvais la décision de grand-père Édouard. Cette bague porte une histoire. Mais je t’ai beaucoup observé durant ton séjour parmi nous. Cela ne fait aucun doute, tu es un garçon mâture. Je t’aime beaucoup, mon petit Sam.


— C’est un bijou que je me dois d’honorer. Grand-maman, jamais je ne décevrai ma famille. Je changerai les choses, comme l’ont fait grand-père Édouard, grand-papa Claude et mon père. Par les actions qu’il a menées au cours de la grève d’Asbestos, grand-père Édouard a permis à de nombreux travailleurs d’améliorer leurs conditions de travail. Il est un modèle pour moi.

— C’est vrai. Et grand-papa Claude, mon cher mari, a réussi, en trouvant des irrégularités dans leur comptabilité, à faire frémir de nombreuses multinationales. Quant à ton père, Robert, il continue, par les thèmes qu’il exploite dans ses œuvres, à inspirer une multitude de personnes. Toi, Sam, as-tu une idée de ce que tu feras ?


— J’y pense…
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