Mathis au Brésil

De
Publié par

Le père de Mathis possède une petite compagnie aérienne. Durant les vacances, Mathis l’accompagne souvent pour des livraisons.

Quelques mois après avoir commencé ses études secondaires, il apprend qu’il doit déménager au Brésil avec sa famille. Son père y a signé un contrat pour des livraisons aériennes. Mathis doit quitter ses amis. Il ne se doute pas alors de ce qui l’attend.


« Lorsque Mathis ouvre les yeux, deux têtes aux cheveux hirsutes se penchent sur lui. “Où suis-je?” demande-t-il. »

Que lui est-il arrivé? Que fait-il au milieu de la forêt tropicale entouré de ces êtres étranges? Et surtout, où est son père?
Publié le : mardi 10 juin 2014
Lecture(s) : 2
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782895292951
Nombre de pages : 114
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Extrait



— Allez, Mathis, tire sur les commandes !

— C’est dur.

— Tire plus, tire, je t’aide un peu.

Mathis appuie fermement ses deux pieds au plancher du poste de pilotage et tire de toute la force de ses douze ans. Le vieux DC-3 immatriculé CF-AZU se soulève lentement et quitte la piste 32 de l’aéroport de Sherbrooke.

— Maintenant, relâche un peu et laisse l’avion prendre de la vitesse.

La manette des gaz est poussée à fond et les deux moteurs vrombissent. Ils entraînent l’appareil en altitude. La rivière Saint-François est maintenant à la verticale de leur position. Mike, le père de Mathis, fait entrer le train d’atterrissage de l’appareil et ajuste les volets. Il prend le micro :

— Sherbrooke Radio, ici Charlie Foxtrot Alpha Zulu Uniform qui active maintenant son plan de vol pour l’aéroport de Shediac Bridge au Nouveau-Brunswick. À vous.

— Charlie Foxtrot Alpha Zulu Uniform, ici Sherbrooke Radio, plan de vol activé. Bien reçu et bon voyage.

— Bravo, dit Mike à son fils, tu as réussi à faire décoller ce bon vieux DC-3. En route pour le Nouveau-Brunswick !

Une fois l’altitude de 9 000 pieds atteinte, il ajuste le GPS pour l’aéroport de Shediac Bridge et engage le pilote automatique. Leur vitesse de croisière est de 120 nœuds.

Mathis est au début de l’adolescence. Il commencera sa première année du secondaire en septembre. Depuis qu’il est tout petit, il accompagne son père au travail. Il connaît bien presque toutes les procédures à suivre pour piloter un avion, mais la longueur de ses jambes et la force de ses petits bras ne lui permettaient pas jusqu’à récemment de prendre les commandes. C’est différent maintenant. À partir d’aujourd’hui, il se sent vraiment un homme, un pilote à part entière.

Mathis est très fier de son père. Ce dernier exploite une compagnie d’aviation, Transport aérien Mouland. Il possède trois appareils : un DC-3 pour le fret, un bimoteur Piper PA-34 pour les passagers et un Citabria pour les loisirs en famille.

Le DC-3 fait la navette entre Sherbrooke et le Nouveau-Brunswick. Il transporte diverses marchandises qui doivent être livrées sans délai vers cette province. Il revient toujours avec un chargement de poissons pour approvisionner les poissonneries de la région. Aujourd’hui, ils transportent dans leur soute cent génératrices portatives et un chargement plus que précieux : un cœur qui doit être livré à l’hôpital de Moncton pour une transplantation. Trois cent douze milles nautiques les séparent de Shediac Bridge. Le vol durera environ deux heures et demie.


— Regarde, Mathis, nous survolons le lac Mégantic. Vois-tu tous ces bateaux à voile sur le lac ?



Mathis, qui est en train d’envoyer un texto à son meilleur ami, Grégory, lève la tête pour regarder le lac où sillonnent des dizaines de bateaux minuscules. Ils ont l’air de coquilles de noix flottant sur une mare d’eau.

— Moi, je suis tout le temps impressionné par la beauté du paysage vu d’en haut. Il me semble que tout est parfait sur la terre quand on la regarde à 3 000 mètres d’altitude.

Mathis est toujours étonné d’entendre son père parler de cette façon.

Un vrai philosophe, se dit-il. Et il retourne à son texto :

« Greg, tu ne le croiras pas, j’ai réussi à faire décoller le DC-3 de mon père. »

Au moment où il appuie sur la touche ENVOYER, il entend un petit couinement venant de la soute à bagages, à l’arrière des sièges des pilotes.

— C’est pas vrai, s’écrie Mike ! T’as pas amené Touwi ? !

— Ben…

— Ben, quoi ? Tu sais que je n’aime pas que tu amènes le chien avec nous. S’il était arrivé dans le poste de pilotage avec le cœur pour la transplantation dans la gueule, qu’aurions-nous fait ?

Mathis éclate de rire à l’idée de voir Touwi avec le cœur.

— Tu trouves ça drôle, toi ?

— Excuse-moi p’pa, c’est plus fort que moi
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.