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MDR - Menteuse Drôlement Raleuse

De
320 pages
Sonny s’est toujours sortie de toutes les situations en mentant. Cela ne lui a jamais demandé beaucoup d’efforts  : c’est un talent inné chez elle. Mais exceller dans l’art du mensonge peut devenir très compliqué quand il s’agit de dire la vérité, rien que la vérité. Comment avouer à Ryder, le garçon qui lui plaît, qu’elle se fait passer pour Amy, sa meilleure amie, depuis le début de leur discussion sur Internet  ? Et comment dire à Amy qu’elle n’a toujours rien révélé de la supercherie à Ryder  ? Elle devra vite trouver une solution, sous peine de finir par les perdre tous les deux… 
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Photographe de couverture : Michael Frost © 2015 Photo de couverture : © Corbis : casiers (Mike Kemp / Rubberball), plancher (Kati / image BROKER)
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Aude Gwendoline
L’édition originale de cet ouvrage a paru en langue anglaise chez Poppy, an imprint of Little, Brown Books for Young Readers / Hachette Book Group, Inc., sous le titre : LOL, lying out loud
© 2015 by Kody Keplinger pour le texte. © Hachette Livre, 2017, pour la traduction française. Hachette Livre, 58 rue Jean Bleuzen, 92170 Vanves.
ISBN : 978-2-01-625465-3
Pour Amy L. Ma seule BFF. Ma Mean Sheep. Tu crois toujours en moi, même quand je n’y crois pas moi-même. Merci.
1
Je soussignée, Sonny Elizabeth Ardmore, déclare être une menteuse exceptionnelle. Cela ne m’a jamais demandé beaucoup d’efforts : c’e st un talent inné chez moi. Tout a commencé avec les mensonges au sujet de mes devoirs – j’allais jusqu’à convaincre mes profs que mon chien avait mangé ma copie, en pleurant toutes les larmes de mon corps, si nécessaire. Ensuite je me suis mise à baratiner à propos de ma famille : mon père était un homme d’affaires qui voyageait dans le monde entier et non pas un sale voleur jeté en prison quand j’avais sept ans. Jusqu’au jour où j’ai fini par mentir sur tout. J’avais beau exceller dans l’art du mensonge, dernièrement, je n’en avais pas été très fière, ni récompensée non plus d’ailleurs. Alors maintenant, je compte bien prouver que je dis la vérité. Et rien que la vérité. Même si ça doit me tuer. Je mens toujours plus les mauvais jours. Et le vendredi où mon portable – un de ces vieux machins énormes qui marchent avec des cartes prépayées, pèsent une tonne et n’ont en mémoire que cinq sonneries toutes plus débiles les unes que les autres – a décidé d’arrêter de marcher, après six longues années, était une journée particulièrement mauvaise. Il était mort quelque part dans la nuit, d’une mort douce et tranquille, et m’avait privée de mon habituel réveil à cinq heures du matin. Par conséqu ent, je me suis réveillée quand le téléphone d’Amy (le dernier modèle de smartphone, le plus cher et le plus sophistiqué, naturellement) s’est mis à brailler une affreuse sirène de pompier méga réaliste. Je me suis redressée en sursaut, mon cœur martelant ma poitrine, tandis que, près de moi, de son côté du lit, ma meilleure amie continuait à dormir. — Amy ! (Je l’ai secouée par le bras.) Amy, éteins ce truc ! Elle a roulé sur elle en grognant. La sirène hurlait toujours alors qu’elle tripotait son portable. Ce dernier s’est finalement tu. — Tu es malade de vouloir te réveiller au son d’un truc pareil ? Elle a étiré ses longs bras menus au-dessus de sa tête. — C’est la seule sonnerie assez forte pour me tirer du sommeil, a-t-elle expliqué. — Et encore ! C’est limite. Ce n’est qu’à cet instant que je me suis rendu compte de ce que l’épouvantable sonnerie d’Amy signifiait : j’aurais dû me lever avant elle. J’étais censée me préparer et sortir en douce de sa maison avant que ses parents ne soient debout à six heures. Sauf que mon portable ne marchait pas et qu’il était six heures et quart. J’étais très mal barrée. — Tu n’as qu’à dire à mes parents que tu t’es endormie, a proposé Amy tandis que je m’agitais dans sa chambre, sortant de sous son sommier le sac de vêtements froissés que j’y avais caché. Ça ne les dérangera pas. — Non, ils voudront rassurer ma mère, ai-je répondu en enfilant un tee-shirt vert, et ça, c’est la porte ouverte à une tout autre série de questions. — Pourquoi tu ne veux pas leur avouer qu’elle t’a mise à la porte ? Amy s’est levée, puis elle a brossé ses boucles foncées qui, en dépit de toutes les lois de la physique, continuent à paraître impeccables après une nuit de sommeil. Elle fait partie de ces rares personnes qui sont superbes même au saut du lit. Je l’aurais détestée si je ne l’aimais pas autant. — C’est trop compliqué, OK ?
Je lui ai emprunté son peigne pour démêler les nœuds dans mes cheveux. C’était notre seul point commun, à Amy et à moi : nos boucles incroyables, semblables à des tire-bouchons. Le genre qui crée des envieux alors qu’en réalité, on ne peut jamais rien en faire de toute manière. Tandis que celles d’Amy étaient longues, brunes et parfaites, les miennes, blondes, m’arrivaient aux épaules et surtout, elles me rendaient totalement folle. Ça me prenait une éternité d’enlever tous les nœuds le matin et là, je n’avais pas l’éternité devant moi. — Bon, eh bien j’espère que ta mère et toi allez bi entôt régler les choses parce que j’adore t’avoir ici, mais cela devient un peu ingérable. — À qui le dis-tu ! C’était moi, pas elle, qui m’apprêtais à sauter du deuxième étage par la fenêtre. Dans le couloir, j’ai entendu M. Rush se préparer pour partir au travail. Le moment était venu pour moi, à l’haleine fétide du matin et aux aisselles douteuses, de mettre les voiles. Je me suis précipitée vers la fenêtre pour l’ouvrir. — Si je meurs, tu voudras bien lire un discours un peu rigolo, mais surtout vachement poignant à mes obsèques ? — Sonny ! (Amy m’a saisie par le bras pour m’éloigner des carreaux.) Ça va pas, la tête ? — Si, pourquoi ? — D’abord, c’est super dangereux. Lorsqu’elle s’est aperçue que cet argument ne suffirait pas à me dissuader, elle a ajouté : — En plus, tu tomberais juste devant la fenêtre de la cuisine. Imagine un peu que ma mère soit en train de prendre son petit-déjeuner quand elle voit une nana tomber du ciel… — Bien vu. Crotte. T’as une autre idée ? — Attends que tout le monde soit parti. Tu pourras sortir discrètement et refermer en utilisant le double caché sous le… — Pot de fleurs, près de l’entrée. Ouais, je sais. Bien que son plan ait été plus pratique, il n’était pas idéal, du point de vue de mon timing. Les parents d’Amy ne décollaient pas avant sept heures et demie – quinze minutes seulement avant le début de mes cours. À la seconde où la porte de devant s’est refermée en claquant, je me suis ruée dans le couloir jusqu’à la salle de bains pour une toilette de chat, avant de dévaler les marches quatre à quatre et franchir le seuil dans un bond. J’ai fermé à clé, puis j’ai coupé à travers leur ja rdin pour descendre la rue Milton jusqu’au parking de l’épicerie Grayson où j’avais garé ma voiture, la veille. — Salut, Gert, l’ai-je saluée en tapant sur le capot du vieux break gris. Elle était moche comme tout, mais elle m’appartenait. J’ai pris place au volant. — J’espère que tu as bien dormi. Moi, je suis à la bourre, alors s’il te plaît, ne sois pas mal lunée ! J’ai tourné la clé, le démarreur a tourné (mais le moteur ne s’est pas allumé). J’ai rugi. — Pas aujourd’hui, Gert. Pitié ! J’ai essayé de nouveau et, comme si elle m’avait en tendue, Gert a démarré. On a décollé aussitôt. La cloche avait déjà sonné quand je suis arrivée su r le parking du lycée. Cela signifiait que la porte principale était verrouillée et que Mme Garrison, la secrétaire en mode ronchon vingt-quatre heures sur vingt-quatre, devrait en déclencher l’ouverture pour moi. — Sonya, a-t-elle dit quand je me suis présentée à l’accueil. J’ai tressailli en entendant mon vrai nom. Il me sort par les yeux. — Tu es en retard, a-t-elle poursuivi, comme si je n’étais pas au courant. — Je sais, je suis désolée, mais je…
C’est parti, mon kiki. Ma lèvre s’est mise à trembler et, en parfait synchronisme, mes yeux se sont embués de larmes. Le nez baissé sur mes chaussures, j’ai affecté une respiration sifflante. — Mon hamster, Lancelot, est mort ce matin. Quand j e me suis réveillée, il était… dans sa roue… allongé… immobile. (J’ai couvert mon visage à deux mains tout en sanglotant.) Pardon. Vous devez trouver ça stupide, mais je l’adorais. — Oh, pauvre chérie, va. — Je sais que ce n’est pas une excuse, mais… je… j’te demande pardon, Lancelot. J’ai redouté d’y être allée un peu trop fort, mais ensuite, elle a glissé un mouchoir dans ma paume et m’a donné une tape pleine de compassion sur l’épaule. — Laisse-toi aller. Je comprends combien cela peut être dur. Moi, quand j’ai perdu Moustache, l’an dernier… Bon, je vais te faire un mot d’excuse pour la première heure de cours. Je dirai que tu as eu une urgence familiale. Ne t’inquiète pas. Ça n’apparaîtra pas comme une absence dans ton dossier. — Merci, ai-je articulé entre deux reniflements. Les larmes avaient séché au moment où j’ai rejoint ma classe d’histoire européenne. M. Buckley était au beau milieu de son cours magist ral lorsque je suis entrée sur la pointe des pieds. Malheureusement, rien ne lui échappe jamais, donc c’était mission impossible d’espérer me glisser sur ma chaise, au fond, sans qu’il remarque rien. — Mademoiselle Ardmore, vous nous faites enfin l’honneur de vous joindre à nous ? — Désolée pour le retard. J’ai un mot. Je lui ai tendu le morceau de papier que m’avait do nné la secrétaire. Il l’a lu en vitesse avec des hochements de tête. — Entendu. Asseyez-vous. Je vous suggère de récupérer les notes d’un de vos camarades sur la partie que vous avez ratée. — C’est tout ? s’est insurgé Ryder Cross quand je prenais place sur le siège derrière le sien. Elle arrive avec une demi-heure de retard et elle n’est même pas punie ? — Elle avait une note du bureau. À quel genre de punition pensez-vous, monsieur Cross ? — Je n’en sais rien, a reconnu Ryder, mais elle a dérangé la classe et ce n’est pas la première fois qu’elle fait le coup. Dans mon ancienne école, à D.C., les profs étaient beaucoup plus sévères. On acceptait rarement les excuses. Et les élèves se souciaient beaucoup plus de leur éducation. Ici, on dirait que tout passe. J’ai levé les yeux au plafond ; ils étaient à deux doigts de se révulser. — Alors, rentre chez toi ! lui ai-je lancé. Ne te bile pas pour nous, les pauvres gens d’Hamilton. On survivra sans toi. Et je te garantis que tu ne nous manqueras pas. Des murmures d’approbation se sont élevés partout dans la salle. Même M. Buckley a paru approuver d’un mini signe de la tête. Sur sa chaise, Ryder s’est retourné face à moi, plantant ses yeux dans les miens. Le plus triste, c’était que s’il n’avait pas été aussi crétin, il aurait pu avoir la cote au lycée. Sa peau lisse avait un teint hâlé et ses pupilles étaient d’un vert vif qu asi surnaturel. Ses cheveux noirs étaient bien coupés, courts, seulement il s’habillait toujours comme pour aller au concert d’un groupe dont personne n’a jamais entendu parler. Légèrement débraillé, mais de manière tout à fait délibérée. Ses vêtements, en revanche, donnaient l’impression d’avoir été taillés sur mesure pour sa musculature, à la fois développée et fine. À l’occasion, je l’avais surpris avec des lunettes à grosse monture dont je savais qu’il n’avait pas le moins du monde besoin. En d’autres termes, il était beau gosse, mais façon hipster, ce qui m’horripilait. Depuis son arrivée au lycée d’Hamilton, au début du trimestre, il n’avait pas arrêté de critiquer tout et tout le monde. La nourriture à la cafétéria de son école à Washington D.C. était tellement meilleure, les élèves se déplaçaient drôlement plus vite dans les couloirs, les professeurs étaient
autrement plus qualifiés, l’équipe de football amér icain remportait infiniment plus de victoires, etc., etc. Pour ma part, je n’étais pas fan du lycée non plus ; néanmoins, ses airs supérieurs me donnaient la nausée. Et mon aversion ne s’est pas arrangée quand il s’est mis à poster des trucs sur Facebook pour se moquer de notre pauvre ville. À croire que le manque de restos cinq étoiles le rendait physiquement malade. En résumé, Ryder venait d’une famille qui avait de l’argent. De l’argent « politique ». Son père était un congressiste du Maryland – détail qu’il ne se gênait jamais de rappeler à la première occasion – et, selon son humble (ou plutôt non humble) opinion, Hamilton, ainsi que tous ses habitants, craignaient. Tous sauf Amy. Ryder avait flashé sur elle, ce qui se voyait comme le nez au milieu de la figure, même si ce n’était pas réciproque. Ceci dit, je pou vais comprendre. Amy était divinement belle et très riche, comme lui. Sauf qu’à Noël, elle rédigeait une carte de vœux personnalisée pour tout le personnel de la cafétéria tandis que lui n’était qu’un crétin prétentieux. Il continuait à me dévisager quand je me suis soudain attardée sur mon jean, le même que je portais depuis une semaine, et sur l’ourlet déchiré de mon tee-shirt. Je me suis redressée pour le toiser de haut, le défiant de me comparer aux filles de son lycée précédent, mais, avant qu’il n’ait le temps d’ouvrir la bouche, M. Buckley s’est éclairci la voix : — Bon, ça suffit. L’histoire, c’est long et on n’a qu’une année pour boucler le programme. Revenons à nos moutons, à savoir le Grand Schisme, à ne pas confondre avec le Grand Shit ou une plaisanterie de junkie. Ryder s’est retourné vers l’avant tandis que je prenais des notes sur ce moment de l’histoire si bêtement baptisé. La journée se déroulait moins mal qu’elle n’avait commencé. Sauf qu’en troisième heure de cours, je me suis aperçue que j’avais oublié mon bo uquin de chimie chez Amy. Il allait falloir que je réussisse à convaincre Mme Taylor, véritable peau de vache qui collait pour moins que ça, que j’avais donné des cours particuliers à l’hôpital pour enfants d’Oak Hill où je l’avais oublié malgré moi, dans la chambre d’un des gamins. — Je vais le récupérer demain, ai-je promis. J’y retourne avant sa prochaine séance de chimio. Elle a gobé mon histoire. Un vrai poisson au bout de l’hameçon. Évidemment, j’étais très vilaine et je m’en rendais compte. Seulement, je préférais envisager mon talent de menteuse comme un don. Et pourquoi ne pas m’en servir puisque la nature m’en avait fait cadeau ? Surtout des jours comme celui-ci où tout semblait aller de travers. Je n’avais pas assez d’argent sur moi pour déjeuner, donc, au lieu d’admettre que les choses allaient mal à la maison et que j’étais fauchée, j’ai raconté à la caissière au cœur d’artichaut que j’avais donné mon dernier dollar à un SDF qui squattait le coin d’un des immeubles, à quelques rues du lycée. Elle a payé pour moi. Ensuite, la lanière d’une de mes tongs à deux balles a lâché, je me suis pris un ballon de volley en pleine figure en cours d’éducation physique et, pour couronner le tout, j’ai eu mes règles. Amy mettrait cela sur le compte du karma. Elle sout iendrait que l’univers me punissait pour tous mes mensonges. Mais en vérité, mentir m’aidait . Quand tout partait en sucette, cela me permettait de reprendre le contrôle de la situation. J’étais persuadée que la journée ne pourrait empirer – un point faible qui me perdrait. Quand on se persuade que les choses ne peuvent pas être pires, c’est forcé de se produire. — Je te vois ce soir ? a demandé Amy alors qu’on marchait vers le parking. — Ouais. Sauf que je ne peux pas t’envoyer de texto, donc il faut que tu me guettes. J’attendrai dehors à l’heure habituelle. — D’accord. (Elle m’a étreinte brièvement.) Courage au boulot !
Je l’ai saluée de la main alors qu’elle se dirigeait vers sa Lexus. J’ai essayé de me convaincre que je n’étais pas affreusement jalouse d’elle, de ses parents pleins aux as et de sa voiture de luxe. Il me restait Gert. Gert l’irrésistible. J’avais beau être un as du mensonge, cela ne prenait quand même pas avec moi. Je suis montée en voiture et j’ai jeté mon sac à dos sur le siège passager. — Bon, Gert. (J’ai enfoncé la clé pour mettre le contact.) C’est l’heure d’aller travailler. Mais si j’étais une employée fiable (la plupart du temps, en tout cas), Gert, elle, en avait décidé autrement ce jour-là. Le moteur a toussoté. C’est tout. La batterie était à plat et je devais être au ciné dans vingt minutes. J’ai pris mon portable dans l’intention d’appeler Amy au secours. Et je me suis souvenue qu’il avait rendu l’âme pendant la nuit. J’ai bondi hors de l’habitacle avec l’espoir d’intercepter mon amie avant qu’elle ne sorte du parking. Trop tard. Je l’ai vue qui s’éloignait en accélérant. Il fallait que je me fasse une raison : j’étais coi ncée là. Restait à trouver quelqu’un avec des câbles pour démarrer ma voiture et cela pouvait prendre un moment. Alors, comme pour me prouver que toutes les théories d’Amy sur le karma et les retours de bâton étaient vraies, le ciel s’est soudain mis à déverser des trombes de pluie. — Et merde.
2
Le parking des élèves s’était presque entièrement vidé quand l’averse s’est abattue. Assise dans ma voiture, les yeux rivés sur la porte du bâtiment, j’ai prié pour que quelqu’un sorte. Hélas, le premier à apparaître – mon sauveur potentiel – était un grand mec, vêtu du tee-shirt d’un groupe obscur, d’un vieux sweat-shirt à capuche qui trahissait tout de même son prix d’achat exorbitant et d’un jean à deux cents dollars pièce, au moins. — La poisse ! ai-je soufflé, une main sur la poignée. J’aurais voulu attendre qu’une autre personne point e son nez, mais cela risquait de prendre longtemps. Les voitures qui restaient appartenaient probablement aux intellos qui passaient leurs soirées au lycée, entre club d’échecs et réunions du conseil des élèves. Ils ne me seraient d’aucune utilité et il fallait donc que je me rabatte sur Ryder Cross. Pas le choix. J’ai bondi hors de la voiture, mon manuel d’histoire en guise de parapluie afin de protéger mes boucles du déluge ambiant. — Ryder ! ai-je crié alors qu’il avait déjà franchi la moitié du parking. Hé, Ryder ! Il s’est arrêté et s’est tourné vers moi. Il n’avait pas de parapluie et ses vêtements lui collaient à la peau. La vue n’était pas désagréable du tout. Ma lheureusement, ma question le forcerait à ouvrir la bouche pour parler. — Ma batterie est à plat. T’aurais pas des câbles de démarrage par hasard ? Il s’est avancé dans ma direction tout en répondant par la négative de la tête. — Pffff. J’aurais dû m’en douter. Les voitures à D.C. n’ont jamais besoin de réparation : leurs batteries sont immortelles, pas vrai ? — Tu n’as personne à qui téléphoner ? — Mon portable ne marche pas. — Tu es entourée de matériel défectueux, dis donc. — Merci pour le commentaire. On n’a pas tous des parents politiciens qui nous paient tout ce qu’on veut. Il y a des gens qui doivent travailler pour s’acheter des trucs. Il a levé les yeux au ciel. — Si tu le prends comme ça, laisse tomber. Tant pis , j’allais te proposer d’utiliser mon téléphone. — Sérieux ? — Ouais. Je ne suis pas vache. — Ça se discute. — Tu vas appeler Amy, n’est-ce pas ? Et voilà, le mobile caché que j’attendais. Enfin, il avait raison. Qui aurais-je pu appeler sinon elle ? Je devinais qu’elle n’aurait pas de câbles de démarrage non plus, mais elle pourrait me conduire au ciné. On s’est assis dans Gert, aussi trempés l’un que l’autre. Les sièges en tissu sentiraient le moisi le lendemain. Génial. Il m’a tendu son portable – l e même modèle qu’Amy – et je me suis empressée de composer le numéro de ma meilleure amie, le seul que je connaissais par cœur. — Allô ? — Hé, Amy. — Sonny ? Tu appelles d’où ? Je n’ai pas reconnu le numéro.
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