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MON ENFANCE AU KURDISTAN

De
84 pages
Dans notre village, les enfants devaient apprendre très tôt à se défendre contre les dangers de la nature. Les adultes, nos parents et grands-parents, faisaient ce qu'ils pouvaient pour nous transmettre un peu de leur expérience de la vie et de leur connaissance des secrets de la nature. Cela s'était toujours passé ainsi dans notre village ; je n'avais que six ans, mais je savais déjà que j'étais différent des autres enfants, plus pauvres.
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Mon enfance au Kurdistan

Collection Jeunesse dirigée par Aliette Sa/fée, Martine Michon et Denis Rolland

ABA Noureddine, Natacha chat chat. AUGER J.-c., La pagode d'or. Aventures en Birmanie. BELLET A., La vengeance de la Joconde. BELLET A., Le cahier rouge de Lisa Mabelle. BELLET A., Black label à Belleville. BELLET A., Les démons du Petit Palais. BENREDJAL L., Naïveté et malices animales (contes berbères). CADORE L, Soleil, diable et merveilles. COLLECTIF BOSNIE, L'enfance blessée. COLLEGE HELENE BOUCHER, L'île de tous les aangers et autres robinsonnades. EMECHET A R, Le corps à corps. ESTIVAL F., Au Pérou les poches vides. GENIN Alain, Mossangué, le vieux pygmée. GORIER J, Au pays des dunes. HARGOUS S., LEGENDRE A., C'est arrivé au Tibet. HATUBOU S., Contes de ma grand-mère (contes des Comores). KERISEL F., Histoires de justice aux quatre coins du monde. KICHENASSAMY F., Chabin ou la trilogie bouclée. LAFLAQUIÈRE A., Lafolle de Barbès. LAFLAQUIÈRE A., Lefils du vent. LAFLAQUIÈRE A., Fatoumata, ma tante. LAFLAQUIÈRE A., Fahri à Paris. LOUSSALA 1., Matthès et Yonide. LYCÉE MOLIÈRE de Rio de Janeiro, Rio aux Éclats. MAURIN-GOTIN R., Manman D '10et autres contes bilingues françaiscréole.

Mahmut BAKSI

MON ENFANCE AU KURDISTAN
Traduit de l'allemand par Marlyse LESCOT

Dessins de Çinar AZiZOGLU

L'Harmattan

Couverture

& mise-en-page

S. IlitchIF-IKP

2000 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France ISBN: 2-7384-9276-2

@ L'Harmattan,

TABLE DES MATIERES

Le petit cochon. . . . . . . . . . . . . . . . 7
Une vie de chien. . . . . . . . . . . . . . 17

Les étrangers. . . . . . . . . . . . . . . . . 23 Le dragon. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .41
Main dans la main avec mon père. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

Le costume. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
La fuite. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75

LE PETIT COCHON On était à la fin du printemps. Au loin, les hautes montagnes scintillaient dans la lumière rouge du lever de soleil. L'astre s'élevait lentement au-dessus des cimes. L'aube que nous attendions avec tant d'impatience était enfin là. Dans le village, tout le monde était debout, prêt à affronter une journée pleine d'aventures palpitantes. Les hommes du village et les garçons de plus de six ans s'étaient rassemblés sur la place du marché. Les hommes étaient armés de couteaux, de pistolets, de fusils, de gourdins, de marteaux et de haches. Nous, les gamins, avions des pierres dans les mains et des couteaux à notre ceinture. Dans notre village, les enfants devaient apprendre très tôt à se défendre contre les dangers de la nature. Les adultes, nos parents et grands-parents, faisaient ce qu'ils pouvaient pour nous transmettre un peu de leur expérience de la vie et de leur connaissance des secrets de la nature. Cela s'était toujours passé ainsi dans notre village.

Je n'avais que six ans, mais je savais déjà que j'étais différent des autres enfants, plus pauvres. Je portais un pantalon de fine laine bleue teinte à la maison et rebrodée par ma mère. Ma chemise de soie marron n'avait pas de coL Autour de la taille je portais une ceinture frangée de glands et, sur les manches de ma chemise, ma mère avait cousu une petite poche en tissu aux motifs dorés et argentés, qui contenait un verset du Coran. Ce verset devait m'assurer la protection d'Allah et me rendre un peu plus raisonnable, car j'étais un gamin très turbulent. Sur la tête, je portais une écharpe de plusieurs nuances de jaune, enroulée à la manière d'un turban kurde. Elle sentait bon le parfum dont ma mère l'avait aspergée. Mais ce qui me distinguait avant tout des autres enfants du village, c'était mes bottes en caoutchouc noir brillant de Gislaved, doublées à l'intérieur d'un tissu rouge. Je les prêtais parfois à ceux des enfants qui exécutaient mes ordres, faisaient ce que je voulais, prenaient soin de mes chiots et me portaient sur leur dos quand je voulais jouer au cheval et au cavalier. Pour eux, ces bottes représentaient un rêve inaccessible. Pendant permettais les quelques instants où je leur de porter mes bottes et de se

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