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Monstrum

De
192 pages
Seth Langlois et ses amis croient enfin pouvoir bénéficier d’une année tranquille. Cependant, leur repos ne durera pas longtemps. En effet, 13 Monstres se sont évadés de leur Sanctuaire et les indices laissent croire qu’ils ont prit Monstrum pour cible. C’est alors qu’un homme vient prêter main-forte à Seth et ses amis dans l’espoir de vaincre la mystérieuse S.D.C., que Wilson et Gary ne croient pas de retour. Mais cet inconnu a plus d’un tour dans son sac, et Seth devra être plus fort que jamais, car l’avenir de Monstrum est menacé et il devra faire de son mieux pour rétablir l’ordre malgré ces mystérieux Rebelles qui sont prêts à tout pour renverser le Sanctuaire.
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Copyright © 2014 M. A. Pronovost-Brassar Copyright © 2014 Éitions AA Inc. Tous roits réservés. Aucune partie e ce livre ne peut être reprouite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite e l’éiteur, sauf ans le cas ’une critique littéraire. Éiteur : François Doucet Direction littéraire : Patrice Cazeault Révision linguistique : Daniel Picar Correction ’épreuves : Carine Parais, Nancy Coulombe Conception e la couverture : Mathieu C.Danuran Photo e la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Mathieu C.Danuran ISBN papier 978-2-89733-958-6 ISBN PDF numérique 978-2-89733-959-3 ISBN ePub 978-2-89733-960-9 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales u Québec Bibliothèque Nationale u Canaa Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canaa, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canaa : Éitions AA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. es Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
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ISBN 978-2-89733-958-6 (vol. 3) I. Pronossar, M. A., 1995- . Rebelles e la secte. II. Titre. III. Titre : Les rebelles e la secte. PS8631.R645M66 2013 jC843’.6 C2013-942130-0 PS9631.R645M66 2013
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À mes sœurs, Cindy et Katy, les marraines spirituelles de Seth Langlois.
Pleine lune C ’était la fin. Tout était fini, et ils avaient perdu. Tout cela à cause d’un pauvre garçon insolent ! Était-ce mieux ainsi, en fin de compte ? Peut-être que cette défaite était le début d’une nouvelle fin, peut-être que la défaite allait apporter quelque chose de nouveau. Au moins, il pouvait mettre son plan en marche. Jessie était assis dans son fauteuil, les bras croisés. Son fidèle ami, Arthur, venait de lui apprendre la terrible nouvelle. Le silence régnait déjà depuis un bon moment dans la maison de Jessie. La pièce était richement décorée. N’importe qui pouvait penser qu’une vieille dame riche habitait ici. Ils n’auraient pas complètement tort. La femme de Jessie était décédée il y avait seulement sept ans. Un feu ronronnait dans la cheminée, et sa lumière permettait aux deux hommes de se toiser. Les rayons de bibliothèque qui semblaient avoir poussé dans le mur étaient remplis de livres que Jessie n’avait jamais pris la peine d’ouvrir. Sur la cheminée s’alignait une dizaine de bibelots en argent et, au-dessus, un énorme miroir antique. Les rideaux en velours des fenêtres masquaient la vue à d’éventuels rôdeurs. Le tapis rouge s’agençait parfaitement avec le fauteuil de Jessie. Sur une table basse, à côté du fauteuil, se trouvait de la boisson pour quiconque entrait dans cette pièce. D’ailleurs, deux verres étaient déjà prêts, mais aucun des deux n’était rempli. Une patère supportait le manteau et le chapeau de l’invité. Jessie dévisageait son ami. Même sans ses moustaches de chien, il était difficile de juger Arthur comme un être normal. Son apparence humaine était causée par la magie des miroirs. Arthur, petit et rondelet, s’habillait excessivement mal. Aujourd’hui, il était vêtu d’un chandail rouge et d’un pantalon bleu. Pire que tout, il avait osé porter une ceinture noire, et son chapeau était carreauté. Ce pauvre type n’aurait jamais le style et l’allure de son ami qui, malgré ses 75 ans, était toujours en forme et ne manquait ni de souffle ni de goût. Jessie avait des cheveux blonds assez courts. Ses yeux gris électrique et son corps musclé lui donnaient l’air d’un homme de 30 ans. Pour être franc, Jessie était un Monstre, et son anormalité était que, depuis qu’il était au monde, il avait le visage d’un homme mûr. Au début, ses amis riaient de lui, lui inventant des noms des plus ridicules (« vieux croûton » et « l’aîné » en tête de liste). Mais Jessie s’en moquait. Certes, il n’était pas immortel, mais presque. Le temps n’affectait pas son corps comme pour tous les autres. Ainsi, il pouvait vivre un peu plus longtemps que la moyenne. — Redis-moi ça, ordonna Jessie. Sa voix, rauque et grave, masqua complètement le crépitement du feu. Arthur sursauta, et personne ne pouvait lui en vouloir. Quand Jessie se fâchait, il ne fallait surtout pas se trouver sur son chemin. — J’ai appris ce matin, répéta Arthur, de sa petite voix tremblotante, qu’Ouaganda n’était pas revenue parmi nous. — Impossible ! cracha Jessie. Instinctivement, Arthur recula de quelques pas quand Jessie se leva. Il se positionna devant la cheminée et laissa la chaleur du feu se répandre sur son corps. — Je vous dis simplement ce que j’ai entendu, marmonna Arthur. Rien ne prouve que j’aie raison.
Jessie s’esclaffa. — Tu es toujours prêt à changer d’avis pour plaire aux autres, n’est-ce pas, Arthur ? Le pauvre petit homme se dandinait sur place, ne sachant pas quoi répondre. — Tu as peur de moi ? — Non, monsieur, s’empressa de répondre Arthur. Je n’ai pas peur de vous. — Pourtant, tu agis comme si tu avais peur. Est-ce que je me trompe en disant que je n’ai jamais levé la main sur toi ? Que je n’ai jamais crié contre toi ? Au contraire, j’ai toujours pris ta défense et, sans moi, tu serais mort aujourd’hui ! Arthur inclina la tête bien basse. Jessie se tourna vers lui et permit au feu de lui réchauffer le dos. — Dis-moi, de qui provient cette information ? — De la source dont nous avons discuté hier, monsieur. — Vraiment ? Peut-être que c’est lui qui est mal informé, non ? — Je ne crois pas. Pour ce que nous en savons, il pourrait très bien être en communication avec le Roi lui-même. On dit beaucoup de choses sur cette source, monsieur. — Les rumeurs aussi parlent beaucoup, répliqua Jessie. Il alla se placer devant une fenêtre et déplaça le rideau pour s’assurer que personne ne les espionnait. Quand il fut rassuré, il laissa l’épais tissu retomber. — Beaucoup trop, même, murmura-t-il. Jessie contourna son fauteuil et s’empara d’un verre qu’il remplit de gin. Il l’offrit à Arthur, qui le remercia chaleureusement, et but une toute petite gorgée avant de grimacer. Jessie se servit également un verre, rempli à ras bord, et fit cul sec. — Que sais-tu d’autre à ce sujet ? — Selon la source, ce serait le petit Seth Langlois qui aurait mis des bâtons dans les roues d’Ouaganda au mois d’avril dernier. Une fois de plus, Jessie s’esclaffa. — Ne voulait-elle pas l’éliminer ? dit-il, remplissant son verre à nouveau. Il fit face à son ami, et un sourire se dessina sur ses lèvres. — C’est une bonne chose qu’Ouaganda ne soit plus là. Sans elle, il sera beaucoup plus facile de gagner. — Que voulez-vous dire ? — Il est temps de changer de clan, Arthur. Rejoindre les rangs des plus forts ! Ce Seth Langlois est exactement celui qu’il nous faut. J’imagine que tu sais qui est Seth Langlois, non ? — Bien sûr ! C’est une légende vivante, l’Exception, le Monstre qui n’en est pas un ! Jessie vida à nouveau son verre et le posa sur la table. Arthur n’osait pas reprendre une gorgée du gin. Jessie savait qu’il n’aimait pas cela, mais il détestait boire seul. — Si j’ai bien compris, reprit lentement Arthur, les yeux maintenant grands ouverts, vous voudriez que nous utilisions le garçon ? — Non, bien sûr que non ! Nous ne pouvons pas l’utiliser, c’est contre nature ! Nous allons nous rallier à lui. Il aura besoin de nous pour gagner. Jessie retourna s’asseoir dans son fauteuil. Arthur ne répliqua pas pendant un moment, et seul le crépitement du feu troublait le silence. Jessie, les yeux fermés, savourait l’incompréhension de son ami. — Donc, souffla enfin Arthur, vous voudriez que nous leur révélions tout ? Que nous leur disions qu’elle est de retour ? Jessie ouvrit brusquement les yeux.
— Je ne suis pas stupide ! railla-t-il. Il n’est pas question de leur dire dès notre arrivée, voyons ! Oui, s’il le faut, nous leur avouerons tout. Mais chaque chose en son temps. Arthur hocha doucement la tête. — Il faudra donc aller là où est le garçon, ai-je bien compris, monsieur ? Jessie tapa théâtralement dans ses mains. — Bravo, Arthur ! Tu as visé juste. Le petit homme ne comprit pas que son ami se moquait de lui. Le front plissé, il réfléchissait durement, chose qu’il faisait très rarement. Habituellement, c’était Jessie qui pensait à tout, qui échafaudait des plans, qui était le chef. — Il y a quelque chose qui ne va pas, finit par dire Arthur. — Quoi donc ? — Seth Langlois se trouve à Monstrum, ce n’est pas un secret. — En effet. — Et votre fils s’y trouve aussi. Le sourire qu’affichait Jessie s’évanouit. Il se leva d’un bond et se mit à faire les cent pas dans la pièce. — Je regrette, monsieur, mais j’ai bien peur que votre fils ne vous laisse jamais entrer dans le Sanctuaire. Il vous connaît et sait tout sur vous. — Mon fils ne sait pas tout sur moi, coupa Jessie, un peu agressif. Par contre, il en sait assez pour me haïr et pour vouloir me voir quitter Monstrum au plus vite. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ? — Puis, que diront les autres lorsqu’ils apprendront que nous avons déserté les rangs ? Jessie arrêta brusquement d’arpenter la pièce. Il prit le temps de regarder Arthur comme s’il ne s’agissait que d’une pauvre petite fourmi qui faisait obstacle à son plan grandiose, une fourmi qui, si elle ne s’écartait pas, allait être écrasée. — Nous ne déserterons pas les rangs, lança-t-il. J’avais prévu tout t’expliquer en détail, mais tu viens de me faire prendre conscience qu’un élément m’a échappé. Jessie recommença à faire les cent pas. Arthur recula et se colla sur le mur, souhaitant pouvoir s’y incruster et laisser Jessie seul à sa réflexion. Il savait qu’il ne pouvait pas quitter la pièce, que, s’il faisait un mouvement vers la porte, les bras musclés de Jessie lui attraperaient le collet et le tireraient en arrière. Arthur leva les yeux et croisa son propre regard dans le miroir. Jamais il ne s’était vu ainsi : vieux et impuissant. Il était vrai qu’il avait maintenant 70 ans, mais jamais il n’aurait permis à qui que ce soit d’agir comme le faisait Jessie. Pourtant, ce maudit homme-là exerçait une influence énorme sur lui, une influence qu’Arthur n’arrivait pas à comprendre. Jessie arrêta de bouger. Dos à Arthur, il demanda : — Sais-tu quelles sont les protections de Monstrum ? — Un chien de garde et deux gargouilles. — Un chien de garde ? Ce doit être facile à déjouer ? Arthur ouvrit la bouche, puis la referma. Il prit le temps de penser à ce qu’il allait dire avant de l’ouvrir à nouveau. — Pas vraiment. Gurt est un chien réputé. Il n’aurait failli qu’une seule fois. — En quelle occasion ? — Un Traqueur l’aurait attaqué. — Ouais. Malheureusement, ce serait trop dangereux pour nous de solliciter l’aide d’un Traqueur. Et puis, ils sont rares de nos jours.
— Si je puis me le permettre, j’aimerais faire une suggestion. — J’écoute. Arthur avança un peu, et Jessie lui fit face. — Il y a une autre créature qui pourrait faire l’affaire, une bête qui empêcherait Gurt de nous attaquer, sans toutefois lui faire de mal. — De quelle créature s’agit-il ? Le regard de Jessie brillait d’excitation. — Un Sphinx, monsieur. Ce sera difficile d’en trouver un, je suis d’accord, mais il nous sera très utile. Par contre, cela n’empêchera pas votre fils de demander votre expulsion du Sanctuaire. — Une fois à Monstrum, je m’occuperai de mon fils, lâcha Jessie en se laissant tomber dans son fauteuil. — Vous vouliez m’expliquer votre plan, rappela Arthur. Je vous écoute. Arthur osa prendre une deuxième petite gorgée de son gin et grimaça à nouveau. Ce truc était beaucoup trop fort pour lui. Il n’avait pas que les moustaches d’un chien, il en avait aussi l’odorat ! Un peu moins développé, mais tout de même. Le gin goûtait donc plus fort pour lui que pour Jessie. — Oui, se remémora Jessie. En effet. Nous devrons nous montrer très discrets, Arthur, ce sera primordial. Les choses se feront très lentement, sauf que le jour où ça va commencer… oh, la, la ! Il faudra bien se tenir ! — Il faudra être discret à quel sujet ? — Nous devrons rassembler des partisans. Amener le plus de Monstres possible à Monstrum. Plus nous serons nombreux, plus nos chances seront bonnes. Tu comprendras, bien sûr, que cette tâche sera la plus compliquée. Nous ne devons en aucun cas éveiller les soupçons, sinon le Roi nous tuera ! — Comment ferons-nous cela ? — Tu le feras, Arthur. Tu inspires davantage confiance que moi. Quand les gens me voient, ils me trouvent imposant, et cela les intimide. — Mais vous êtes capable de convaincre plus d’une femme de partager votre lit. — Ce n’est pas pareil, Arthur. Quand j’ai envie de me faire plaisir avec une femme, je prends une Humaine. Arthur déglutit. Il prenait une Humaine. Prenait. Jessie croyait réellement que tout lui appartenait, jusqu’aux femmes ! Il fallait dire qu’une personne de son calibre pouvait se le permettre. Arthur s’excusa mentalement auprès de son ami. — Donc, j’irai rassembler des partisans, conclut Arthur. — Pas n’importe qui, avertit Jessie. Ils doivent être déçus du Roi, déçus qu’il ait échoué dans sa tentative de faire revenir Ouaganda. Il faut que ces Monstres soient prêts à lui faire payer son erreur infâme qui nous a coûté la victoire finale ! — Je ne suis plus sûr de comprendre, monsieur, avoua Arthur. Quittons-nous les rangs ou pas ? — Je te l’ai dit : non. Du moins, pas totalement. — Mais nous sommes maintenant amis avec Seth Langlois. — Nous sommes l’ami de tout le monde, Arthur. Le monde entier nous remerciera. Sans nous, tout serait fini ! — Le Roi prépare un nouveau plan d’attaque ! s’écria Arthur. La source me l’a affirmé et… — Seth Langlois a tué Ouaganda au mois d’avril, Arthur ; nous sommes maintenant le