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Montérégia

De
99 pages
Vous êtes-vous déjà demandés ce qui se passe autour de vous si aucun de vos compagnons d’aventure ne semble être la personne qu’il prétend?
C’est ce que vit Zachary au cours d’un long voyage qui l’amène sur les traces d’un réputé magicien et d’un sombre prophète. Ni lui, ni Mathis, ne comprennent pourquoi le mal semble les suivre dans leur sillage. À mesure qu’ils s’enfoncent dans cette histoire et ce monde étonnant, leurs doutes ne font que s’intensifer. Et ce n’est pas la présence d’Amaryllis qui règle ce problème, cette brillante jeune femme qui multiplie les actes de bravoure tout comme les miracles…
Et si chacun d’entre eux mentait sur son passé et cachait les véritables raisons qui les poussent dans cette aventure?
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BenjaminFaucon Copyright©2016Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révisionlinguistique : Daniel Picard rrection d’épreuves : Nancy Coulombe, Féminin pluriel Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud papier 978-2-89767-292-8 PDF numérique 978-2-89767-293-5 ISBNePub 978-2-89767-294-2 Première impression : 2016 Dépô légal : 2016 nationales du Québec Bibliothèque et ArchivesCanada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada phone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide fi ancière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pournos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publicatio de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Faucon, Benjamin, 1983-Montérégia Sommaire : t. 1. Le dompteur de griffons -- t. 2. La naissance du magicien. Pour les jeunes de 10 ans et plus. ISBN 978-2-89767-289-8 (vol. 1) ISBN 978-2-89767-292-8 (vol. 2) I. Faucon, Benjamin, 1983- . Dompteur de griffons. II. Faucon, Benjamin, 1983- . Naissance du magicien. III. Titre. PS8611.A84M66 2016 jC843’.6 C2016-940742-X PS9611.A84M66 2016
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À Mathis et Zachary, les deux héros de ma vie… et de cette histoire.
Prologue
Quelque part, dans un recoin obscur du monde.
J eremiah essuya son visage couvert de sueur. Le marais dans lequel il se trouvait n’était que chaleur et humidité. Des croassements en tous genres ponctuaient son avancée tandis que le bourdonnement des moustiques tournoyant autour de sa tête lui provoquait d’incessants maux de tête. Sa détermination le poussait à avancer coûte que coûte. Des bruits rauques émanaient parfois des fourrés ; d’autres fois, des alligators émergeaient de l’eau à quelques mètres du chemin qu’il empruntait, dévoilant leur gueule béante bordée de dents. Il savait bel et bien que le moindre faux pas causerait sa perte, l’étroit sentier qu’il arpentait étant à peine visible. Il se fiait aux simples ouï-dire et à cet ouvrage qui jusque-là prenait la poussière dans son bureau. Toutefois, ce livre en partie jauni par le temps ne l’avait pas déçu, toutes les informations qu’il contenait s’avérant exactes. Jeremiah s’arrêta un instant pour s’éponger le front et grimaça. Il observa autour de lui et eut la désagréable impression qu’un regard se posait sur lui ; pourtant, hormis les bêtes qui guettaient son avancée, nul être humain ne se trouvait dans ces lieux. À moins que celle qu’il était venu chercher dans ces terres hostiles soit déjà au courant de son arrivée. En songeant à cette idée, il sentit la chair de poule l’envahir. — Jeremiah, ressaisis-toi ! se dit-il en inspirant un grand coup. Il reprit son avancée en tenant bien haut sa lanterne lorsqu’un vent glacial balaya le marais. La flamme qui éclairait son chemin s’éteignit brusquement, remplacée par un mince filet de fumée qui s’étirait entre les vitres de protection. Jeremiah pesta contre le sort et fouilla dans ses poches à la recherche d’un briquet au silex. Il grimaça puis se décida à ouvrir sa besace et trouva une pièce métallique qu’il sortit avec un morceau de pierre taillée ainsi qu’un carré de coton. Quelques secondes plus tard, une étincelle jaillit lorsqu’il frotta l’acier contre le silex, et la pièce de tissu s’enflamma timidement. Il approcha le tout de sa bougie et sourit à la vue de la lumière. Satisfait, il se remit en marche, tenant sa lanterne d’une main et de l’autre, l’ouvrage qui guidait ses pas. Scrutant toujours avec la plus grande précaution les endroits où il posait les pieds, il marcha lentement parmi les terres marécageuses, sentant chacun de ses pas s’enfoncer sur ce sol instable. La suite de son avancée fut tout aussi déplaisante, des branches le poussant tantôt sur les côtés alors que le chemin se rétrécissait drastiquement, ou le forçaient à se courber pour ainsi mieux sentir les effluves des eaux stagnantes. Jeremiah ne préférait pas porter son regard sur les énormes insectes qui peuplaient les lieux. Les araignées qui occupaient ce marais ne semblaient aucunement effrayées de sa présence et se risquaient même à s’approcher sur son passage. Au détour d’un bosquet de branches mortes, il aperçut finalement l’imposant arbre décharné qui surplombait une bâtisse à moitié enterrée. De petites fenêtres apparaissaient au-dessus de la surface de l’eau, dégageant une faible lumière. La porte au centre du bâtiment semblait bien petite pour un être humain, mais Jeremiah était persuadé qu’il s’agissait de sa destination. Contemplant la gravure qui occupait une page entière du livre, il regarda la bâtisse de bois qui lui faisait face et sourit. Sa marche dans ce milieu hostile touchait à sa fin, mais le plus dur restait à faire ! L’isba, ou la petite maison de bois traditionnelle construite en bois rond, paraissait s’enfoncer dans le marais. Le toit était recouvert par les racines de cet imposant arbre qui ne comportait plus une seule feuille. Pourtant, de sa position, Jeremiah pouvait jurer qu’une énergie courait malgré tout dans ses branches. Rien de tout ceci ne semblait normal ; un lien maléfique animait ces terres, et il n’avait pas besoin de chercher bien loin pour en découvrir la cause. Bien que l’envie de dégainer une dague lui trottât dans l’esprit, il dut se retenir, sachant que toute arme serait inutile face à la maîtresse des lieux.
Prenant son courage à deux mains, il s’avança jusqu’à la petite porte et cogna une seule fois contre le panneau de bois pourri. Celui-ci s’ouvrit sur le coup, dégageant une forte odeur de moisissure. Jeremiah s’efforça de masquer le dégoût qui l’envahissait en pénétrant dans la maisonnée. L’intérieur était plongé dans une demi-obscurité. Plusieurs chandelles brûlaient dans certains coins, parfois posées directement sur les couvertures d’ouvrages, mais elles n’étaient nullement suffisantes pour éclairer l’intérieur de la maisonnée. Un mouvement dans son dos le fit se retourner, mais il ne vit qu’une araignée se balançant au bout de son fil. — Que viens-tu faire ici, étranger ? demanda une voix nasillarde. Jeremiah chercha autour de lui une présence humaine, scrutant les recoins d’obscurité. — Pourquoi ne réponds-tu pas ? Il regarda sur sa droite et n’aperçut que cette araignée noire aux pattes effilées qui ressemblaient à des pics. La veuve noire se tenait à quelques centimètres de son visage, agitant ses mandibules. — Je… Je suis venu requérir votre aide. Un rire résonna dans l’intérieur de la maisonnée, provoquant l’éboulement d’une partie du toit, des racines glissant entre les lattes qui faisaient office de plafond. Jeremiah s’efforça de surmonter sa peur et tenta d’effacer toutes les questions qui le taraudaient. Comment une simple araignée pouvait-elle parler et rire de la sorte ? — Et qu’ai-je donc à y gagner ? rajouta-t-elle. — L’honneur, la gloire, le respect et le dévouement de toute une cité, répondit le politicien en prenant un air assuré. Une fois au pouvoir, je ferai de vous l’élément central de la vie de tous les citoyens, le phare dont ils ont besoin au cours de leur existence. Le rire reprit de plus belle. — Et pourquoi cela pourrait-il m’intéresser ? ricana-t-elle en redoublant d’ardeur. Cette fois, Jeremiah sourit ; il connaissait le point faible de cette sorcière ; c’était d’ailleurs la raison pour laquelle il était venu la chercher. — Oh, c’est tout simple, Baba Yaga, parce que vivre dans ce marais n’est pas votre choix, demeurer terrée ici sans jamais voir un être humain n’est pas une décision que vous avez prise, mais qui vous a plutôt été imposée il y a de cela fort longtemps. — Mais je n’ai pas besoin d’un politicien pour sortir d’ici, Monsieur Byron ! Jeremiah perdit son arrogance à l’écoute de son nom. Il ne devait pas oublier que cette femme possédait de nombreux pouvoirs et qu’une simple décision de sa part pouvait mettre une fin abrupte à son existence. Il inspira profondément et ne flancha pas. Rendu à ce stade, seul le succès pouvait lui permettre de rester en vie. — Sans moi, toute idée de retourner dans le monde des humains serait impossible, à moins que vous patientiez des années en espérant compter sur le faux pas d’un garde, et encore, cela ne serait pas suffisant pour étendre votre pouvoir. Personne d’autre que moi dans ce monde ne souhaite s’entourer d’une sorcière. Pour sortir de ce marais, vous avez besoin de l’appui d’un gouvernement, comme dans l’ancien temps où vous étiez libre d’errer où bon vous semblait. Un lourd silence suivit ses paroles. En référant à une époque lointaine où la magie peuplait les cités, où les sorciers étaient des gens vénérés, Jeremiah demeurait persuadé qu’il avait touché un point sensible. — Très bien, dit-elle en disparaissant subitement. Jeremiah regarda autour de lui à la recherche de l’araignée, mais au lieu de voir cet insecte, il tomba nez à nez avec une vieille femme au nez crochu. La Baba Yaga était encore plus effrayante que sur la gravure de son livre. Le dos bossu, courbé par le poids des années, et son visage strié d’une multitude de rides contribuaient à accentuer son âge qui dépassait l’entendement. Personne ne savait réellement à quelle époque la sorcière était née ; pourtant, son importante chevelure blanchâtre couvrait son cuir chevelu sans laisser un seul trou. Vêtue de haillons crasseux, elle regarda Jeremiah de son regard malicieux. — J’ai un marché à vous proposer, ajouta-t-elle en dévoilant les quelques dents qui restaient dans sa bouche.
Jeremiah tendit l’oreille, sourcillant en entendant les différents arguments avancés par la sorcière, puis haussa les épaules. — Si ce n’est que ça que vous exigez en retour de votre aide, j’accepte ! s’enthousiasma-t-il. La Baba Yaga empoigna de ses doigts frêles et menus la main qu’il lui tendait, puis émit un court ricanement. — Oh, vous ne serez pas déçu, Jeremiah Byron ; oh non, vous verrez, vous apprécierez pleinement notre étroite collaboration ! ajouta-elle avant de dévoiler un sourire rappelant la gueule d’un loup. Ainsi, Jeremiah venait de sceller son avenir et, par la même occasion, celui de la cité de Belœil. Les jours qui suivraient cette entente seraient sombres, mais rien ne laissait présager le drame qui était sur le point de se dérouler.