Mystère à la citadelle

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Belfort. Des remparts du château où elle se promène, Ninon repère un tout jeune voleur qui pénètre avec souplesse dans les maisons. Explorant les environs elle découvre bientôt un souterrain...

Dans ce roman policier au suspense haletant, le lecteur se glisse dans la peau de Ninon pour mener une enquête pleine de risques.
Publié le : mercredi 3 octobre 2012
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EAN13 : 9782700245158
Nombre de pages : 128
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— Dégage ! C’est ma place !

C’est comme ça que tout a commencé...

Par une voix qui m’a coupée dans mon élan au moment où j’allais m’asseoir, au troisième rang, près de la fenêtre. Une place tranquille qui m’aurait bien plu. Mais à laquelle j’ai vite renoncé parce que l’autre s’énervait à côté de moi.

Il grognait :

— Tu vas te bouger, oui ?

Je n’ai pas osé lui répondre que non, je n’avais pas l’intention de me bouger.

Que cette place près d’une fenêtre d’où l’on apercevait quelques arbres et un morceau de ciel pâle me convenait tout à fait.

Qu’en plus cette place ne pouvait pas lui appartenir vu que c’était la première heure de cours du premier jour de classe.

Que ce n’était pas parce qu’il était grand et gros qu’il allait faire la loi et...

Mais si, justement, c’était pour ça.

Alors je me suis « bougée » et je l’ai laissé s’installer à la place qui avait failli être la mienne.

J’ai regardé autour de moi.

Ils s’étaient à peu près tous assis, le plus souvent par deux. Des indécis attendaient encore.

La prof patientait derrière son bureau, pas spécialement pressée semblait-il.

J’ai avisé une table libre, isolée au dernier rang. Je me suis assurée que personne n’avait jeté son dévolu dessus et j’ai tiré la chaise pour m’y asseoir.

Sur le plateau de la table, profondément gravé dans le bois plastifié, il y avait écrit « connasse ». J’ai reçu le mot comme une insulte, comme s’il m’était adressé à moi personnellement. À moi, Ninon. Comme s’il m’attendait ce matin-là à cet endroit-là.

Un mot pourri sur une table dont le contreplaqué pelait par plaques.

Dans une salle de classe où je ne connaissais personne.

Dans un collège perdu au milieu d’une ville où nous avions emménagé trois jours plus tôt.

Une ville moche et triste. Une ville archinulle. Une ville grise que je n’aimais pas.

— Grise ! s’était exclamée maman. Comment peux-tu dire cela ? Nous habitons dans la vieille ville où toutes les maisons ont été rénovées. Tu as vu les jolies couleurs des façades ? Rose pâle, vert amande, bleu lavande, jaune poussin... Et les géraniums aux fenêtres... Les petits jardins... Les fontaines... C’est une chance d’avoir trouvé un appartement dans le plus joli quartier de la ville, je t’assure. Nous y sommes bien mieux que là où nous étions, à l’étroit dans un...

J’avais laissé maman continuer à s’extasier. Nous ne parlions pas le même langage, elle et moi. Gris n’avait pas le même sens pour elle et pour moi.

Pour moi, ce n’était pas une couleur mais une absence. Une absence de lumière, de soleil, de mer dans le lointain.

J’avais tenté de lui expliquer :

— Mais la mer, maman, tu imagines, on ne voit pas la mer...

Elle avait haussé les épaules.

— On ne la voyait pas non plus quand on habitait à La Ciotat.

C’est vrai. Seulement on savait que la mer était là. On la devinait, on la sentait surtout. Invisible mais présente.

À l’autre bout de la salle, la prof a expliqué qu’elle allait faire l’appel, nous lire le règlement du collège et inscrire au tableau l’emploi du temps de notre 6e C. Que nous devrions recopier dans nos agendas. Elle a précisé qu’elle était notre professeur principal, qu’elle enseignait l’anglais et s’appelait Mme Brunel.

Il y a eu un remue-ménage de sacs ouverts, de trousses sorties, d’agendas feuilletés. De ma place, je voyais tout le monde. C’était la première fois que je me trouvais au dernier rang et j’avais l’impression étrange d’être dans la classe et de ne pas y être. Je me sentais en dehors. Spectatrice, en somme.

Jeudi aussi, quand nous avions pénétré dans l’appartement, j’étais spectatrice.

— Voyons, Ninon, quelle chambre préfères-tu ? m’avait demandé papa.

J’avais haussé les épaules. Je m’en fichais. Il avait insisté :

— Tu es l’aînée, à toi de choisir !

— Prends la plus grande, celle qui a ce joli balcon, avait suggéré maman.

Le joli balcon était minuscule et donnait sur la rue où passaient des voitures, des vélos et des chiens en laisse. Mais la pièce était nettement plus grande que l’autre, c’était vrai.

C’était pourtant l’autre que j’avais choisie. Tout en longueur et ayant vue sur une arrière-cour.

— Tu es sûre, Ninon ? s’était étonnée maman. J’étais sûre, oui.

Cette chambre était nettement moins agréable mais elle présentait un avantage.

Par son étroite fenêtre sans balcon, au-delà de la cour, en se penchant un peu, on pouvait le distinguer.

Surprenant.

Tellement inattendu.

C’était un lion. LE lion.

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