Nouvelles histoires sanglantes

De
Publié par

Un écrivain à succès empoisonné, un jeu de télé-réalité où le but du jeu est de sauver sa vie, une voiture qui vous conduira tout droit en enfer, une nounou un peu trop sévère ou encore un site internet cruellement morbide… Ouvrez ce livre et vous ne fermerez plus l'oeil. Ce recueil est composé des nouvelles suivantes : - L'homme qui tua Darren Shan - Jouez votre vie - Vous êtes arrivés - Le cobra - Robo-Nounou - Echange saignant - L Bay - Dans un fauteuil - Branché ! - La force du vent
Publié le : mercredi 6 janvier 2010
Lecture(s) : 18
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782012027329
Nombre de pages : 408
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
L’édition originale de cet ouvrage a paru en langue anglaise chez Walker Books,
LTD, Londres, sous le titre :
MORE BLOODY HOROWITZ
© Anthony Horowitz, 2009.
© Hachette Livre, 2009 pour la traduction française.
Hachette Livre, 43, quai de Grenelle, 75015 Paris.
Traduit de l'anglais par Annick Le Goyat
ISBN : 978-2-012-02732-9

Pourquoi l’horreur n’a pas sa place dans les livres pour la jeunesse

Par le professeur Wendy Grooling

Oui, nous voulons que les jeunes lisent.
Mais nous sommes-nous demandé
ce que nous voulons qu’ils lisent ?
Il ne fait aucun doute que le succès de Harry Potter a ouvert ce que certains appellent « l’âge d’or » de la lecture. Personnellement, je suis une grande admiratrice de plusieurs nouveaux auteurs pour la jeunesse, en particulier Philip Pullman (un homme charmant), Geraldine McCaughrean (si gentille et délicieuse !) et David Almond (un génie, tout simplement). Je n’oublie évidemment pas cette chère J.K. Rowling, dont on ne dit pas assez qu’elle a inculqué à toute une génération la valeur de la lecture, et ce qui est plus merveilleux encore, sans rien demander en retour, sinon quelques millions de livres sterling.
Toutefois, la question que nous devons nous poser est de savoir si tous les livres sont de valeur égale. D’un côté, nous avons Alice et ses aventures au Pays des Merveilles, avec le Lapin Blanc et le méchant Valet de Cœur. De l’autre, nous avons des livres comme ces Nouvelles Histoires sanglantes
(quel titre agressif !) qui se complaisent dans la cruauté et les effusions de sang. La question se pose donc. Certains auteurs ne font-ils que prendre le train en marche, en écrivant des récits qui, loin d’éduquer ou d’éveiller les jeunes esprits, tendent plutôt à perturber les plus fragiles ?
Comme vous l’aurez compris si vous m’avez lue jusqu’ici – ce que j’espère –, je pense tout particulièrement aux auteurs d’histoires d’horreur. Ne vous méprenez pas sur mon compte. Je ne suis pas vieux jeu. Dans le passé, on me considérait même comme une avant-gardiste. Mais il me semble que nous évoluons aujourd’hui dans des eaux vraiment troubles. Pour parler clairement, L’HORREUR EST-ELLE UN GENRE LITTÉRAIRE QUI CONVIENT AUX ENFANTS ?
Ma réponse est non. Non, non, non, mille fois non.
Il est bien connu que les enfants ont une imagination beaucoup plus débordante que les adultes. Par exemple, vous ou moi pouvons avoir peur des araignées. J’ai même tellement peur d’en trouver une dans ma baignoire que je ne prends plus de bain depuis vingt-sept ans. Mais nous sommes capables de vivre avec nos peurs. Parce que nous sommes adultes, nous faisons preuve de jugement. Mais considérons la description d’une araignée dans un roman. Par exemple, une araignée sortant de l’œil d’un cadavre en décomposition, qui s’attarde un instant sur la joue livide et suintante avant de filer se repaître de ce qui reste de chair. Ce genre de description pourrait causer des dommages irréversibles sur un jeune esprit.
Des films tels que Frissons d’outre-tombe ne sont pas autorisés aux moins de 18 ans. Les livres, malheureusement, ne bénéficient pas d’une protection similaire. Des éditeurs réputés, poussés par l’appât du gain, choisiront des couvertures aussi macabres que possible pour attirer les jeunes lecteurs. Je dois avouer que ces gens-là me mettent en rage. Si j’en avais la possibilité, je me glisserais volontiers dans leurs bureaux en pleine nuit pour y répandre de l’essence et incendier l’immeuble entier. Après m’être arrangée pour que les éditeurs et les auteurs soient solidement attachés à leur siège et incapables de bouger, qu’ils puissent ainsi voir les flammes approcher et, avant de mourir dans d’atroces souffrances, regrettent leurs actes irresponsables. Bien entendu, les éditeurs se défendront en disant qu’ils ne font que donner aux enfants ce qu’ils veulent. Mais qui peut savoir ce que veulent les enfants ? Ils ne sont, après tout, que des enfants, qui jouent à des jeux vidéo et braillent à longueur de temps.
Les enfants sont ignorants. Aussi suis-je choquée, très choquée, lorsque j’entre dans des librairies renommées et que je vois les publicités vantant des romans d’horreur dans les rayons jeunesse. À quoi pensent donc les libraires ? Ne se rendent-ils pas compte que de très jeunes enfants, de 6 ou 7 ans, viennent innocemment chercher des ouvrages de la Bibliothèque Rose ou de Sam le Pompier ?
À ce propos, j’ajouterai que des livres de ces séries ont été vendus à des millions d’exemplaires sans qu’il n’y soit jamais fait mention de membres sectionnés, d’yeux explosés, ou de flots de sang dégoulinant à chaque page. Aucun des héros n’a été dévoré par un chien enragé, ou n’a été appelé à faire du bouche-à-bouche à une victime atrocement brûlée au troisième degré.
Comment nos librairies peuvent-elles s’en tirer à si bon compte ? Je me reconnais le droit de cacher un hachoir à viande dans mon sac à main pour donner une petite leçon aux vendeurs. En leur coupant quelques doigts, par exemple. Cela leur apprendrait à pervertir les jeunes. Et j’adorerais tuer Anthony Horowitz. Oui, je sais que sa mort mettrait fin à Alex Rider (bien que je sois certaine que Charlie Higson accepterait d’écrire quelques épisodes si on le payait assez cher), mais cela mettrait surtout fin aux répugnantes nouvelles d’horreur d’Horowitz.
D’ailleurs, tant que j’y pense, il y a beaucoup d’écrivains que j’aimerais occire. Pour commencer, celui qui a lancé la série Chair de poule. Bien que les textes soient si mal écrits que je le laisserais peut-être s’en tirer avec une bonne fessée. Et même si certains me trouvent un peu extrémiste et radicale, je pense qu’il serait judicieux d’assassiner aussi quelques enfants. Je pourrais me poster devant une librairie et, si je vois un jeune de moins de 18 ans acheter un livre qui ne lui convient pas, le suivre jusque chez lui, l’attraper avec un grand filet, et le jeter dans un bassin rempli de poison.
Non, j’ai une bien meilleure idée. Il ne faut pas laisser les jeunes cerveaux se dépraver. Mieux vaut leur décalotter le haut du crâne pour les décerveler avec une cuiller, ou bien en insérant un hameçon à l’intérieur de leur petit nez comme on le faisait au temps des pharaons.
Tuer, tuer, tuer, tuer, tuer, tuer, tuer, tuer, tuer, tuer…
FIN
Le professeur Wendy Grooling est elle-même auteur à succès pour la jeunesse, et une spécialiste mondiale de la littérature pour enfants. Elle a fondé « Lisez ceci sous peine de mort », une association caritative qui encourage les jeunes à découvrir de nouveaux livres. Cet article est paru pour la première fois dans Parole forcée, camisole de force, le magazine interne de Fairfields, Centre hospitalier de haute sécurité pour psychopathes du Suffolk.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Le garçon bleu

de alice-jeunesse

Miss Catastrophe

de alice-jeunesse

suivant