Nuisible

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Selder, le retour.

L'ignoble personnage revient sur le devant de la scène et plonge ses condiscibles dans les pires tourments. Loin du "petit Nicolas", ce garnement est un danger pour le commun des mortels, qu'il soit bipède ou à plumes.


Publié le : mardi 25 août 2015
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EAN13 : 9782369550938
Nombre de pages : non-communiqué
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Le nuisible ou de l’influence pernicieuse des lectures en général sur les âmes simples.

Et la morale se retourna et pleura, un ange passa très haut le regard tourné vers le ciel pour ne pas voir ce qui se passait plus bas... Pascal Jean Olin de Longueil Philosophe et ami

- Pourquoi tout ce mal, fils débile ? C’est à force de lire tous ces illustrés ! Tu vas me faire le plaisir de me bazarder tout ça avant la rentrée scolaire et tu commences le traitement Jules Verne, James Fenimore Cooper immédiatement ! Le docteur a dit matin, midi et soir pour effacer les symptômes de la mongolinité que tu as emmagasinés depuis trop longtemps. Ainsi parla mon vieux papa…

Il faisait chier le vieux, merde, le seul boucher instruit de très haut niveau en France. Il dessinait, peignait, lisait les propos d’Alain, possédait la quasi-totalité de la collection la Pléiade et écoutait Claudio Monteverdi, du jamais vu, une maladie. Il m’a payé des années de piano et de solfège en cours particulier le mercredi après-midi au lieu de regarder Scoubidou et Hongkong foufou. J’en voulais pas de sa musique, j’avais rien à foutre, je voulais apprendre la boxe pieds poings, le maniement du couteau et l’art de la guerre, chacun son truc quoi. Les dimanches c’était carrément l’Enfer : à chaque fois qu’il y avait un ballet à la télé, ils zombaient à la vue des entrechats. Tous les ans, on déboulait au palais des sports de Paris voir les spectacles de Robert Hossein ou les nullissimes Holyday on Ice. On allait à l’opéra de Paris aux avant-premières, des clients nous offraient des places. Moi je voulais assister à des réunions de boxe, des compet’ de karaté ou des démos de sabre, apprendre à tirer au fusil, pas ces horreurs... Putain, môme, qu’est ce que je me suis fais chier, jamais moyen de discuter. Quant à mère, bonne épouse et bonne maman, confitures et pot au feu, d’ailleurs je lui ai promis-juré de graver ce slogan sur sa tombe. Je suis à ce moment précis le prince des trous du cul, malheureux car conscient de la chance d’avoir tant sans en avoir envie ni le mériter. Il en est, malgré moi, resté beaucoup, rapport à ma mémoire fabuleuse, il m’arrive de passer pour un érudit de salon. Comme cette pratique de mariage pour tous qu’est le patinage artistique, j’ai horreur des figures imposées !

Ce qui fut dit fut fait, mes collections de Batman, Superman et Strange passèrent au vide ordure par ma main, toute les collections de Tintin, Astérix, recueils du journal de Mickey, Rahan et Pif le chien furent entassés dans des cartons et oubliés dans la cave où l’humidité accrue et le conditionnement succins les ont achevés. Je vis arriver sur mon étagère la collection mythique « Safari signes de pistes » du regretté Serge Dalens et « La prairie » de James Fenimore Cooper - un chef d’œuvre tout comme les livres de monsieur Bernard Clavel. Il me fallut enlever mon masque et ma cape de justicier, moralement dégonfler de trois tailles au niveau du volume musculaire de super héros, abandonner Milou à un chenil laboratoire, vendre Tintin à une communauté homo, laisser tomber Riri, Fifi et Mouloud et accessoirement décliner un goûter de salsepareille chez les Schtroumpfs. Je me devais de ressembler au trappeur « Bas de cuir » père du dernier des mohicans, loyal, courageux, couchant par terre sur une peau de bête odorante; ce personnage monumental ne se lavait que quand il devait traverser une rivière, et encore les pieds et les chevilles le temps d’amorcer un élan pour son embarcation, très sale aussi à n’en point douter. Les loups ne le croisaient jamais, probablement à cause de sa réputation et son hygiène redoutables… Bref, j’aimais lire, le problème c’est qu’avec mon discernement, j’avais tendance à transposer les écrits ou les BD dans la vie quotidienne. Je n’étais pas un super héros mais je me prenais pour un super vilain, un kakou, le dur de la basse-cour !

J’avais redoublé ma sixième dans le collège où ma frangine avait cartonné, la honte était censée peser sur le fils du boucher de n’avoir pas travaillé. Mes parents avaient dû supplier un conseil de classe impitoyable de ne pas m’orienter vers une filière professionnelle. On me changeait d’école vers une autre, à Nogent sur marne, catholique, coûteuse, avec comme CV, un bulletin scolaire aussi effrayant qu’une réputation de renégat apache. Mes parents avaient argumenté en ma faveur devant le directeur de l’établissement : ils avaient établi que les problèmes d’allergies aux pollens de toutes sortes dont j’étais victime avaient influencé ma concentration sur les études - ajoutés aux gigôts de premier choix généreusement offerts pour le banquet annuel des anciens du collège. Cette scène presque comique me faisait penser à la publicité Guy Degrennes, au collège Buvinier en 1935. Le bulletin affichait des zéros ou des deux, ce ne pouvait être qu’à cause de mes ennuis de santé, personne n’a de pareilles notes, même le dernier des mohicans. Néanmoins, mes notes excellentes en Français ont fait pencher la bascule vers mon admission dans cette école, ainsi que mes cours de catéchisme obligatoire extra-scolaires le mercredi. J’étais un bon chrétien en détresse passagère, ça se voyait sur mon visage, je paraissais vif et intelligent, le doute n’était pas permis. J’allais être « sauvé ». Alleluia !

Hey docteur disco, hey docteur swing ! Vous avez mauvaise mine

Hey docteur disco, hey docteur swing

Donna la belle nous a promis, un numéro fort réussi

La funambule avec deux parapluies

C’est un anniversaire aujourd’hui, à ce qu’on m’a dit… ( W Sheller)

Le premier mois a été fulgurant, pensez donc, redoublant ! Une moyenne générale de 18 sur 20, j’étais une réussite de récupération, mère me revoyait à nouveau avec le bicorne de polytechnicien au minimum, j’avais regagné l’estime familial sur de petits acquis faciles de début d’année. Les mois qui ont suivi ont été conformes à mon ennui et ma motivation, une moyenne générale de 11 sur 20, poussive. Mes parents étaient désolés de payer pour aucun retour sur investissement.

L’épouse du directeur de l’école était une femme extraordinaire, grâce à cette femme remarquable d’intelligence - qui voyait juste en toute personne et en toute chose - j’allais définitivement valider la suite de mon comportement, ma façon de penser envers elle et mon respect en général pour la gente féminine; moi qui ne connaissais que ma grand-mère, ma mère, ma sœur et quelques copines de quartier.

Je n’étais pas amoureux d’elle, d’abord c’était l’épouse du directeur, ensuite je ne touche pas à ce qui m’appartient pas, même en rêve, j’ai un comité de censure naturel assez efficace, étranger à l’éducation catho-stricto-recto que j’ai reçue, je suis simplement réglo dans ces affaires là. J’ai ce comportement. Elle m’aimait bien - je ne sais pas pourquoi - mais souvent, pendant les récréations matinales, nous papotions en bons amis… Voyez plutôt.

- Monsieur Selder ! Vos résultats scolaires sont catastrophiques, vous n’êtes même pas bon en sport ni au catéchisme. À part chiffonner vos camarades, c’est du jamais vu dans notre établissement ! Comptez-vous vous améliorer ?

- Ben pas vraiment, je m’ennuie dans votre établissement madame la directrice, je viens ici à reculons, j’ai qu’une envie, partir d’ici !

- Pour aller où et faire quoi ? Vous êtes encore en haillons, pourquoi éprouvez vous le besoin de vous rouler par terre ?

- Le gars était trop fort pour moi debout à la loyale, comme il est en troisième, je l’ai amené au sol. Au sol, je suis bon, la preuve il a pleuré devant ses copains, il a supplié sous les coups, un vrai bonheur ! J’ai dû user de traîtrise pour le terrasser, sinon j’étais fait, je n’en suis pas fier sur ce coup là, vous pouvez me croire, j’ai eu chaud, enfin, il n’y a pas de belles victoires, il n’y a que des victoires !

- Vous êtes bouffi d’orgueil avec un ego surdimensionné, vous ne me trompez pas, monsieur Selder. De quoi êtes vous donc fait ? Vous ne manquez de rien chez vous, alors que dehors on manque. On vous paye cette école coûteuse où vous ne fichez rien, c’est scandaleux et immature, ne me forcez pas à vous mépriser !

Je le vis très bien, je ne peux pas mieux dire; Elle se retînt pour ne pas m’insulter.

« Il n’y a que vous qui me fassiez sortir de mes gonds. Vous serez sanctionné pour l’agression de votre camarade, monsieur Selder, une fois de plus ! Ça mérite le renvoi, je ne sais pas pourquoi je ne le fais pas. Filez maintenant ! »

J’avais trouvé plus vindicatif que moi et elle ne me craignait pas. Elle voulait me récupérer car dans son éducation chrétienne et miséricordieuse, chacun avait droit à une chance… Je n’ai pas répondu, car si j’avais été insolent et s’il l’avait appris, mon père m’aurait démonté. Mes parents pouvaient comprendre et pardonner une erreur, un égarement ou une casse, une maladresse aussi, mais jamais une faute de comportement. Je chiffonnais mes camarades; se battre n’entrait pas dans le registre parental de sanctions. Avec les remarques ciblées et sans complaisance de cette femme, je savais précisément où j’en étais, elle m’aidait. Des curés qui nous éduquaient, je n’ai retenu que deux choses qu’ils voulaient nous enfoncer dans le crane, c’était le doute et la culpabilité.

La fin de l’année scolaire approchait, j’allais passer en cinquième sans problème, mes parents étaient bons payeurs et je ne faisais pas le bazar en classe. En outre, le directeur s’appliquait à organiser régulièrement des festivités locales pour lesquelles il n’hésitait pas à se fournir en viandes chez mes parents...

Je voyais de temps en temps des élèves de tous âges en tenue de scout le vendredi soir. Cette école possédait une école primaire, un collège et un lycée mixte, ce n’était alors pas étonnant. Du scoutisme ? Bonne idée. Je questionnais sans ménagement un scout en uniforme qui était dans ma classe, que je n’en savais rien !

Cet inverti notoire m’a simplement informé que c’était ses parents qui l’avaient inscrit aux scouts, qu’il avait rien demandé, que c’était le père Jacques et un « mec de fac de médecine » qui commandaient la troupe et qu’ils partaient en camp tous les mois de juillet. Il m’a aussi demandé de le lâcher et d’arrêter de le bourrer de coups de poings, ce que j’ai fait - bon prince.

- Mais vous faites quoi à votre camp, bordel ? Que je le frappais une dernière fois.

- Vie dans la nature. Qu’il me répondit en pleurant… Avant d’expirer.

Vie dans la nature ? À ce moment là, j’étais ivre d’espérance de vie mouvementée, je planais littéralement, mon esprit battait la prairie. Vie dans la nature ! J’étais tout à coup le compagnon de « Bas de cuir », James Fenimore Cooper avait fait de moi avec raison, l’acolyte du métis indien, je l’accompagnais à la chasse et à la pêche, je vidais le gibier, je montais la garde, il avait même l’air de me faire confiance, pensez, j’avais tout lu le Manuel des castors juniors ! Je me voyais déjà, en haut de l’affiche, faisant un succès si fort que la troupe entière m’acclamait debout ! Et pourtant, je haïssais ces petits enculés de Castors Juniors qui polluaient mon esprit presque chaque semaine dans le journal de Mickey; ils avaient, malgré leur jeunesse, le grade de général. Toujours nickels, ne pensant qu’à faire une bonne action dans la journée et même plusieurs, dénonçant avec raison les mauvais éléments qu’ils rencontraient, leur parole n’était jamais mise en doute puisqu’ils étaient Castors Juniors. Ils gagnaient tous les concours inter-scouts et étaient couverts de médailles. Jaloux et mauvais con, j’avais la ferme intention, s’ils avaient existés, d’empaler ces maudits canards dés que possible au nom de Pif, Hercule, Glop et pas glop, même s’ils n’avaient rien à voir entre eux ! Quant au prince Eric de Serge Dalens, (qui n’était pas un rigolo), ses scouts à lui mangeaient peu, marchaient beaucoup, se contentaient de rien, faisaient allégeance à leur chef aveuglément avec un esprit de l’époque des années 30 comme le courage, la fidélité, l’amitié, l’honneur, le combat contre l’injustice. Ca ferait beaucoup pour moi, si cette affure de scoutisme se faisait, il y allait y avoir du boulot ! Nous sommes en 1977, je souhaitais ouvertement pour mon confort égoïste et mes penchants brutaux que beaucoup de choses aient évolué… Quant à Sir Baden Powell, il était mort, il était loin, sa vision remarquable du scoutisme était trop éloignée du malfaisant que j’étais alors.

D’abord des informations ! Je profitais d’une récréation pour aller voir le père Jacques, responsable de l’affaire, encore en train de prier pendant les cours de catéchisme. En fait, pour justifier sa place et son salaire, comme il n’était pas prof, il avait mis en évidence sur une table à l’entrée de son bureau toujours ouvert et sentant bon la cire d’abeille, des Lucky Luck, des Asterix, plein de BD, il s’assurait ainsi une popularité et une présence indispensable auprès des élèves de 6, 5 et 4ème. On aimait le père Jacques… Je l’abordais sans retenue, le tirant de son sommeil comme on arrache un poireau.

-Pèèèère ! Votre histoire de scout, franchement c’est une bonne idée, je le dis comme je le pense, dites m’en plus et si je suis convaincu, je serai des vôtres juillet prochain, ça m’évitera d’aller glander dans la Meuse chez mon tonton Jean-Claude à Dombasle en Argonne, rien que d’y penser, bonté républicaine, j’en ai des crises d’angoisse !

Panique ! Le père Jacques fait sortir tout le monde en catastrophe de sa canfouine, un peu comme on évacue un bateau sur le point de sombrer, putain ça urge, à ce moment précis, la maladie est revenue sur les poules, Judas est de retour ! Il se lève et ferme la porte, nous sommes seuls, il m’agresse aussitôt la parole et m’abreuve de saintes paraboles, c’est anormal, il n’y a que des mauvaises ondes à ce moment précis car aucun courant ne passe !

- Non, c’est non, Selder, oublie, tu sors, je ne veux pas de toi, tu sors, tu n’as rien à faire dans la troupe, tu sors, je t’interdis de m’en reparler, tu sors et maintenant tu sors, nuisible !

Les autres re-rentrent dans le bureau, le père Jacques est contrarié, le travail de prière personnel et collectif infligé à son parterre de moutons ne va plus être possible. C’est certain.

Loin d’être découragé, j’abordais sournoisement madame la directrice, comme je sais… Putain, que je suis bon ! Je pris l’air triste, ça l’avait interpellé, émue même qu’un simili dur puisse montrer un moment de flottement, elle comptait s’engouffrer dans la brèche, sûre de ses années de psychanalyse facile glandées en fac.

-Oh lala, mon gros Selder, ça va pas, viens me voir !

-On se tutoie maintenant, madame la directrice ?

- Que vous arrive-t-il môssieur Selder ?

- J’avais dans l’idée d’aller passer le mois de juillet avec les scouts du père Jacques, histoire de m’aérer, m’oxygéner le corps et l’esprit. Comme je lis beaucoup, je me suis fait des films quant à la vie dans la nature. Pour moi ça s’apparente à du camping, de la pêche, manger dans des gamelles, de la chasse, des marches en forêt et des chants autour du feu le soir avant d’aller dormir sous la guitoune, j’ai jamais fait ça, vous vous rendez compte ? Le père Jacques vient de me congédier devant tout le monde comme un malpropre, j’ignorais aussi qu’il puisse me haïr à ce point là, je suis un peu désemparé voyez vous ? Pour une fois que j’étais de bonne volonté, c’est un coup à vous engourdir de la charité chrétienne.

La directrice attendrie :

- C’est une activité réservée aux élèves de l’école qui n’ont pas les moyens de partir en vacances, la nourriture est composée presque exclusivement de boitages qui n’ont pas été consommée par le self durant l’année, les parents n’ont à débourser qu’une petite somme pour les améliorations culinaires et le prix d’un billet de train aller-retour pour le lieu du séjour, à ce propos, cette année, ça se passera en Bretagne à Quimperlé. Vos parents seraient d’accord, monsieur Selder ? Je pense que ce séjour, comme vous le dites, vous ferait le plus grand bien, vous seriez un peu à la diète !

- Si tout le monde est d’accord, surtout le père Jacques, mes parents diraient oui, il suffit que je leur en parle, ça ne parait pas poser de problème, nous partons en vacances en aout.

Je me suis rappelé à ce moment là que notre ami Jules Verne avait envoyé son fils en campagne sur un bateau pour 18 mois pour le sauver de l’indigence. Moi j’allais partir un mois chez les scouts en terre hostile, la Bretagnie profonde, ça valait bien 18 mois chez les marins, sauf le mal de mer, l’exigüité des bannettes et les abus sexuels dont il allait être l’objet immanquablement, comme les très jeunes mousses abandonnés à leurs sorts par leurs parents sous prétexte d’apprentissage au début du siècle dernier. Chez les marins, ces rapports s’appellent la solidarité étroite tant vantée par l’énervant Hughes Auffray. Si ses chansons n’étaient pas de l’incitation… Vous savez ? Debout les gars réveillez vous, il va falloir m’en mettre un coup ! De toute façon, même si je ne les connais pas, je déteste déjà les bretons, en effet, ils boivent, ils fument et ils votent à gauche ces gros nases !

- Pourriez-vous parler pour moi au père Jacques, je ne sais pas pourquoi, ça ne passe pas du tout.

- Nous allons y aller sur le champ, vous avez l’air décidé et de bonne foi pour une fois et à mon avis le bon père Jacques va être ravi d’avoir un scout de plus dans sa troupe, ne vous souciez de rien monsieur Selder, ça va passer tout seul.

Quelque chose me dit que madame la directrice ne peut pas encadrer le bon père Jacques, j’allais être fixé dans la minute… Toute l’école savait qu’elle était fille de grands résistants, dans son genre elle était pas mal, j’essayais d’imaginer la qualité foncière des résistants eux-mêmes ! Elle pénétra dans le bureau du curé sans frapper. Je suivai. Il se lève, elle parle, il écoute, il s’écrase…

- Selder viendra avec vous au camp de juillet, il y a un souci ? Avant qu’il réponde de façon affirmative en s’écrasant mollement, elle enchaîne par une phrase qui tue, tous… Un truc à te retourner un char d’assaut; Personne ne sait quoi faire après une telle ogive dans les dents, Et c’est :

- Qu’est ce que vous n’avez pas compris ?

Génial, je lui pique, je l’accommoderai avec tout ! Elle se retourne, me sourit et me dit de retourner en classe. Elle poursuit :

- Fermez la porte derrière vous je vais parler pour vous au père Jacques.

J’aime cette femme, je la respecte, elle a plus de couilles que ce gros chapon de père Jacques ! À part ma grand-mère paternelle qui est cinquième dan « combat » en matière de mauvaiseté, je sais maintenant à quoi ressemble une femme déterminée; cet instant a été une leçon durable, je suis impressionné, admiratif même, jamais après cette rencontre je n’ai sous estimé une femme, même tartouille. Admirer sans peur, pas par peur, car je sais aussi reconnaitre et respecter.

Elle avait épousé un lord anglais, personne n’est parfait

Petits fours, grand amour, le soleil de Bromley

Et un nuage de lait ( W Sheller)

Le soir à la maison devant mes parents, j’argumentais âprement en ma faveur pour qu’ils me laissent m’aérer et m’éclater en juillet avec les scouts du père Jacques au lieu d’aller me faire chier chez tonton Jean-Claude, dans la Meuse :

- Mes chers parents, je pars, je vous aime mais je pars, sans fumée sans alco-ool, alors Jawoll ?

Mon père :

- Bon, c’est d’accord, j’ai eu ta directrice au téléphone, elle pense comme ta mère et moi. Quant aux bienfaits d’une telle expérience, je suis à peu près certain que tes lectures saines y sont pour quelque chose. Je me serais mal vu t’envoyer voir Batman à Gotham city ou à New-York chez Daredevil en stage castagne, ceci dit : Tu es volontaire donc tu restes jusqu’au bout sans te plaindre, comme tu n’es pas pauvre tu es pièce rapportée, ne l’oublie pas, tâche de faire bonne figure et t’impliquer dans vos activités, sois conforme à l’état d’esprit des scouts dont tu es censé t’imprégner, ta mère et moi serions déçus d’apprendre le...

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