POD

De
Publié par

Josh a quinze ans. Megs en a douze. Josh vit à Washington ; Megs est coincée dans le parking d'un hôtel. Tous deux sont prisonniers : lui dans sa propre maison, avec son père et son chien, elle, seule, dans une voiture. Dehors, des Perles de mort sont apparues dans le ciel et zappent tous ceux qui osent s'aventurer dans la rue. Dans ce nouveau monde, un seul mot d'ordre : survivre... La fin de l'humanité. Ou peut-être son commencement ?
Publié le : mercredi 14 septembre 2011
Lecture(s) : 22
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782012025486
Nombre de pages : 288
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
POD, copyright © Stephen Wallenfels, 2009.
First published in the USA by namelos llr in 2010.
Cover design by Will Steele.
Cover design © The Templar Company Limited.
© Hachette Livre, 2011, pour la traduction française.
ISBN : 978-2-01-202548-6
Traduit de l’anglais (États-Unis)
 par Alice Delarbre
L’édition originale de cet ouvrage a paru chez namelos llr,
sous le titre :

POD
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Alice Delarbre.
Hachette Livre, 43 quai de Grenelle, 75015 Paris.
À Teresa et Michael
« Dans notre obsession des antagonismes actuels, nous oublions souvent ce qui unit les membres de l’humanité.
Nous avons peut-être besoin d’une menace extérieure et universelle pour prendre conscience de ce lien.
Je songe souvent que ce qui nous différencie tous en tant qu’humains disparaîtrait instantanément si nous étions confrontés à une menace extérieure à notre monde. »
Extrait du discours du président Ronald Reagan devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 21 septembre 1987.
Jour 1
Prosser, État de Washington
Parasites

Un cri perçant me réveille.
Un bruit de métal froissé, déchiré et tordu, puissance mille. Je me redresse d’un bond, puis me plaque les mains sur les oreilles. J’ai l’impression que mon cerveau veut s’échapper de mon crâne. Le son strident se prolonge encore et encore, de plus en plus fort. Me levant d’un pas mal assuré, je m’écroule par terre. La douleur est si insoutenable que je voudrais m’arracher la tête. Il n’y a qu’une chose à faire. Je hurle dans l’espoir de noyer ce hurlement qui m’assassine dans le noir.
Et il s’arrête.
Je reste en alerte, prêt à une nouvelle cacophonie qui ne vient pas. Un doux bourdonnement fait palpiter mes tempes. Je me redresse sur mes jambes en prenant appui sur le mur. Alors que je cherche à comprendre l’origine de ce boucan, la lumière du couloir s’allume. Quelques secondes plus tard, la porte de ma chambre s’ouvre à la volée. Mon père s’affale contre le montant, le souffle court – il porte un pacemaker depuis Thanksgiving. Pas intérêt à me faire le coup de la crise cardiaque.
— Tu vas bien, Josh ?
Sa voix tremble, mais il n’a pas l’air d’avoir besoin d’un massage.
— J’ai mal au crâne.
— Je sais. Mes oreilles tintent encore.
Il attend avant d’ajouter :
— Je peux entrer ?
— Bien sûr, dis-je en ramassant un pantalon de jogging que j’enfile sur mon caleçon. Fais juste gaffe à pas tomber.
Un sweat-shirt est posé sur le dossier de mon fauteuil de bureau, je le mets.
Après avoir allumé le plafonnier, il traverse le terrain miné, naviguant entre les tas de vêtements, de CD gravés, de magazines de jeux vidéo, de câbles enchevêtrés, pour atteindre la fenêtre. Il porte un pantalon de pyjama rouge et un tee-shirt blanc orné d’une tache humide, marronnasse et grumeleuse. À la vague odeur aigre qui s’en dégage, j’en déduis qu’il a régurgité une partie du dîner de la veille. Il se gratte les fesses en observant le jour qui point. Je parie qu’il évalue la pression barométrique et la couverture nuageuse. Pour moi, les conclusions ne font aucun doute : un matin de printemps comme un autre, avec du vent et de la pluie.
— Qu’est-ce qui s’est passé ? lancé-je.
— Aucune idée.
— Un accident de voiture ?
Sans quitter la fenêtre, il répond :
— Non, le boucan s’est prolongé trop longtemps. Ça venait d’ailleurs.
— Toi aussi, tu avais l’impression qu’il était dans ta tête ?
— Exactement, dit-il en se retournant vers moi.
— Alors c’était quoi, bon sang ? J’ai cru que ma cervelle allait éclater.
— J’opterais pour les roulements de la chaudière.
Son explication me paraît tirée par les cheveux. Je décroche le téléphone sur mon bureau : aucune tonalité. Du coup, pas d’Internet non plus. Super ! Comment je vais finir mes devoirs, moi ?
— Les roulements d’une chaudière peuvent avoir une incidence sur la ligne téléphonique ?
— Ce n’est qu’une théorie, rétorque-t-il en s’asseyant sur un coin de mon lit.
Je me sens plus ferme sur mes jambes ; le tintement dans mes oreilles a presque disparu. Je jette un coup d’œil au réveil sur ma table de nuit. 05:03.
J’étais censé dormir une heure de plus. Puis réviser pendant trente minutes en vue du contrôle d’histoire du début de matinée. Sauf que je ne pourrai pas consulter le Net. Ça sent la journée pourrie à plein nez. Une vague idée me traverse l’esprit, mais j’ai trop mal au crâne pour m’y arrêter.
— Essaie la radio, me suggère mon père.
Je la branche. Des parasites, sur toute la bande FM. Une friture étrange, stridente et oscillante. Je bascule sur la bande AM. Idem. Le bruit me rappelle celui qui m’a réveillé. J’éteins. Heureusement que ma mère est partie à une conférence ; elle flipperait trop.
Je commence à éprouver un malaise, comme si je pressentais quelque chose sans réussir à mettre le doigt dessus. Je pars à la recherche du jean que je portais hier et extirpe d’une poche mon téléphone portable.
— Tu paries combien qu’il ne marche pas non plus ?
Tout en posant la question, je l’ouvre puis compose le numéro de la maison.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.