Pré-Histoire

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Les biographies, mémoires ou autres témoignages occupent aujourd’hui une place importante dans les étagères de nos librairies. Ces ouvrages ont au moins un point commun: la narration commence le jour de la naissance, et néglige les neuf mois qui la précèdent. D'où ces "Mémoires Intimes d'un Futur Jeune Prodige". Vous allez enfin pouvoir suivre, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, l'épanouissement du bébé dans le ventre de sa mère. Raconté par lui-même. Comme si vous y étiez. De la rencontre du spermatozoïde (zozo) à madame l’ovule, Zig (parce que zygote) nous raconte son évolution au fil des neuf mois de maturation bien au chaud dans le ventre de sa maman. Œuf, zygote, embryon, fœtus… De la multiplication cellulaire aux premières perceptions, rien ne nous échappe dès lors. Et c'est fantastique, tellement c'est vrai...
Publié le : samedi 1 janvier 2011
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748363579
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748363579
Nombre de pages : 166
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Bernard Tabary PRÉ-HISTOIRE Mémoires intimes d’un futur jeune prodige
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0116155.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
Chapitre premier
Ouf ! Ça y était ! Depuis le temps quon lattendait ! On était tous tassés les uns sur les autres  serrés, compri-més, compressés  engrappés, agglutinés, agglomérés  foulés, piétinés, laminés Et chaque seconde qui passait voyait surgir de nouvelles vagues. Gonflés à bloc, on était ! Vous pensez ! cétait la première fois quon allaitséjecter. Enfin on pourrait voir le monde ! On allait même carrément lui déferler dessus. On allait lui montrer de quel bois on se chauffait. Le baptême du feu ! Pas question de rater ça ! On voulait tous être devant. Sur-tout ne pas rester sur place comme les vieux rabougris qui nous racontaient, nostalgiques, quils navaient pas réussi àfoutre le campla dernière fois. On sen méfiait, de ces vieux-là. Ayant participé au départ précédent  participé passivement mais participé quand même ! , ils avaient peut-être retenu des trucs pour filer plus vite, pour nous fausser compagnie, pour jouer la fille de lair. Mais nous, les jeunes, on navait pas du tout envie de se faire doubler par ces vieux débris. On ne les écoutait que dune oreille et on épiait leurs moindres gestes.
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PRÉ-HISTOIRE
De toute façon, hormis le départ, ils navaient rien vu. Avaient-ils dailleurs vraiment vu le départ ? Ils avaient dû se faire bousculer tout de suite et se retrouver le nez dans la pous-sière, concassés par la vague dassaut. Et quand ils avaient fini par se redresser en se tenant les côtes, plus rien,que nib, le vide  à part bien sûr les autres vieux débris qui sétaient fait doubler comme eux. Deslosers ! On ne pouvait pas leur faire, des perdants confiance. Surtout, ils nen savaient pas plus que nous surlautre côté  puisquils nétaient pas partis ! Et nous, cest lautre côté qui nous intéressait. On voulait y aller voir, on voulait sortir, fon-cer, vivre, exister, être, quittes à les laisser encore sur le pavé. Pas de pitié pour les canards boiteux ! On était donc là, tous tassés les uns sur les autres  serrés, comprimés, compressés  engrappés, agglutinés, agglomérés  foulés, piétinés, laminés Et soudain
*
Il y a eu comme un signe avant-coureur, un présage, un murmure qui sest propagé dans les rangs (ou plus exactement, dirais-je, dans linvraisemblablemaniimbrouille!), qui sest enflé, gonflé, dilaté, comme un énorme bruit de fond AhhhhhhhhhhhhhhhhhhCINQ, QUATRE, TROIS, DEUX, UN
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PRÉ-HISTOIRE
Chacun, pour la énième fois, a vérifié son équipement, ban-dé ses muscles, prêt à subir le choc du largage  dont on savait seulement quil serait épouvantable. Surtout, ne pas se faireblousercomme les vieux rabougris de la dernière fois. Ceux-là, on a complètement arrêté de les écou-ter même dune oreille  et on sest arrangé pour les coincer discrètement. Ils nallaient tout de même pas partir devant ! Ils nallaient même pas partir du tout ! Dailleurs, ils étaient sans doute trop vieux pour être opérationnels. Ce quil fallait, cétaient des jeunes pleins de santé, pleins de muscles, pleins de jus, de vitalité, de vitamines. Nous, quoi !  ZÉRO Vlouf ! ça été la bousculade, la cohue, le déferlement  le tourbillon, la tornade, le maelström. Tout le monde voulait être premier. On nous avait pourtant prévenus : « Du calme ! ne partez pas comme des fous. Cest un parcours dendurance. Utilisez vos méninges davantage que vos muscles. » Rien ne sert de partir, il faut courir à point »  ou quelque chose comme ça !  Ah oui, jy suis :Rien ne sert de courir, il faut partir à point ; et tout un tas dautres fadaises dans le genre. Cest bien beau la théorie, les belles phrases, les plans sur la comète, les prétendus bons plans ; mais nous, cest la pratique qui nous intéressait ; cest elle quon vivait. Et tout le monde voulait être premier.
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Cest comme ça !
PRÉ-HISTOIRE
*
Comme dans les naufrages : « Pas de panique !Les femmes et les enfants dabord! » Tu parles ! Cest le sauve-qui-peut général, le moi-dabord universel, le pourvu-que-je-men-tire-et-tant-pis-pour-les-autres ! En plus, chez nous, des enfants, y en avait pas. Et les femmes, ce nétait pas facile de les repérer, impossible même. Cest comme ça ! Et vous comprendrez que ce nétait pas le moment de se lancer dans une analyse dADN. On navait tout simplement pas le temps ! Ce quon voulait tous, cétait filer, foncer, gicler Vite, vite, vite Encore plus vite ! Partir le premier pour arriver le premier. Oui, je sais, il existe une histoire delièvrequi nest pas très glorieuse. Mais on nétait pas des lièvres. Et on ne courait pas contre destortues. On cou-rait contre des collègues qui étaient dotés des mêmes muscles que nous. Et pas question, en ce qui nous concernait, de bague-nauder en route ! On était de vrais compétiteurs, obsédés par la gagne à tout prix. Une seule place compte : la première. Deuxième, cest nul ! Le deuxième, cest simplement leloserN° 1. Déferlement, rupture des digues, raz de marée Dun seul coup, dun seul, on a été projeté dans linconnu. Sacré parachutage  sans parachute On a beau sy attendre, lattendre même impatiemment, lespérer de tout son être, il
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