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Rêve de foot

De
128 pages
Dans les rues de Kinshasa, la vie n'est pas facile. Obligé de voler pour manger, Bilia est emprisonné. Mais lors d'un match entre les jeunes détenus et les enfants du quartier, un journaliste remarque ce garçon au talent exceptionnel. Il lui propose de quitter l'Afrique pour tenter de faire carrière en Europe. C'est la chance de sa vie !
Une fabuleuse aventure humaine, ou quand le rêve devient réalité...
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Pour tous es enfants des rues de Kînshasa, esfaseurs, et en partîcuîer pour tous es enfants de Ndjîî. L’espoîr d’un endemaîn meîeur ne doît jamaîs mourîr en vous.
Iustratîon de couverture : Benjamîn Adam
Tître orîgîna :Colpo di Testa
Édîtîon orîgînae pubîée par Fabrî, févrîer 2003 © RCS Lîbrî S.p.A., Mîan, 2003 © Édîtîons Gaîmard Jeunesse, 2004, pour a traductîon françaîse © Édîtîons Gaîmard Jeunesse, 2014, pour a présente édîtîon
Pau Bakoo Ngoî
Rêve de foot
Traduît de ’îtaîen par Pascaîne Nîcou
Gallimard Jeunesse
Pour vous, garçons et filles du Congo : que ces pages vous apportent l’espoir d’un avenir meilleur.
Au marché
Kînshasa Est. Le bruît du marché est assourdîs-sant. Les gens se bouscuent autour de ’étaage de poîsson fraîs quî arrîve, comme chaque jeudî, du port de Matadî, sur ’océan Atantîque. Icî et à, des vendeurs ambuants essaîent d’attîrer es cîents. C’est un vraî tohu-bohu. Un vent éger soufle, transportant es parfums tropîcaux de a nourrîture et des épîces. Tout à coup, au oîn, on entend des voîx crîer : – Arrêtez-e, arrêtez-e ! Au voeur, au voeur ! C’est une scène quotîdîenne, personne n’y faît pus attentîon. Les gens sembent îndîfférents. – Au voeur, au voeur ! hure de pus en pus fort a femme de ’étaage des fruîts, en agîtant ses bras nus et poteés. Un gamîn joue des coudes dans a foue, essayant de se frayer un chemîn. I tîent son butîn sous e bras. C’est a premîère foîs que Bîîa voe au marché. Après avoîr couru comme s’î avaît vouu 7
battre e record du cent mètres, î s’arrête à ’abrî d’un arbre. I a peut-être réussî à semer ceux quî e poursuîvaîent. Maîs maîntenant, son geste uî sembe însensé. I a a gorge serrée. « Dîeu de mes ancêtres. Qu’est-ce que j’aî faît ? Que e cîe me foudroîe ! » se dît-î. Maîs ensuîte, comme pour se justîier : « Lorsque je demande queque chose, personne ne me donne rîen, à a maîson, c’est comme sî je n’exîstaîs pas. I faut apprendre à se débrouîer tout seu, îcî. J’en aî assez de cette voîx întérîeure quî m’accuse. Désoé, petîte voîx, maîs sî tu avaîs faîm et que tu n’avaîs rîen, qu’est-ce que tu feraîs à ma pace ? » Loîn des yeux îndîscrets, Bîîa tente de reprendre un peu son soufle. Maîs ses poursuîvants ont déjà retrouvé sa trace. À deux pas de uî, un homme en unîforme surgît. La femme quî vend es bananes est à ses côtés. – Arrête-toî, voeur. Où croîs-tu aer ? La maîn de a femme se resserre comme un étau autour du poîgnet de Bîîa. – Maîs… quî êtes-vous ? – Expîque-toî ! Pourquoî cette femme te cherchaît-ee dans tout e marché ? – Monsîeur e poîcîer, c’est ma mère. Ee veut me punîr, j’essayaîs de m’enfuîr et ee, pour m’ar-rêter, ee crîaît « au voeur »… – Menteur. Je ne t’aî jamaîs vu. Tu vas e payer ! 8
Tu mérîteraîs d’être fouetté pour avoîr renîé ta vraîe mère ! – Je te jure, monsîeur ’agent, cette femme est ma mère… – Taîs-toî, ça sufit. Je vaîs te faîre passer ’envîe de voer, moî, et surtout de raconter des hîstoîres !
En prîson
Bîîa passe du brouhaha du marché au sîence désertîque de Kîtambo. Pérîphérîe Nord de Kîn-shasa, à queques kîomètres des quartîers résî-dentîes. Un mur d’une hauteur de cînq étages, entouré par du i barbeé pour empêcher toute tentatîve d’évasîon, et quatre agents quî se reaîent pour monter a garde. La prîson pour mîneurs de Kîtambo est une ancîenne caserne de ’armée coo-nîae bege. Bîîa se retrouve avec es nouveaux arrîvés. – Vous êtes tous coupabes. Nous aons essayer de faîre de vous des hommes utîes à a socîété. Pour ce que Bîîa en saît, a socîété n’exîste pas. I n’exîste que des gens seus, comme uî, quî essaîent de se débrouîer comme îs peuvent. La voîx du capora Katanga e faît revenîr sur terre. Bîîa n’a pas mîs ongtemps à comprendre que uî seu commande îcî. Deux autres hommes 11
exécutent ses ordres sans broncher. Les prîson-nîers sont tous des gamîns. Personne n’a envîe de rîre. Tous ont a boue à zéro, des vêtements grîs, une casaque usée et un pantaon déformé : ’unî-forme de a prîson. Les déîts vont du sîmpe vo de banane à a rîxe au couteau. Tous en rang, îs écoutent e sermon de cet homme quî sembe tout droît sortî d’un im. Sauf que ce n’est pas un im. Et qu’î n’a aucune pîtîé pour ces gamîns, magré eur jeune âge. – Icî c’est a oî quî commande, et à côté de a oî de a Répubîque, moî, j’împose a mîenne. Cee du fouet. Ceuî quî veut ’évîter doît respec-ter es oîs de a Répubîque. Et a Répubîque îcî, c’est moî. Paroe de Katanga. Katanga est un homme împosant au crâne rasé. Ses yeux sembent deux issures face à a réverbé-ratîon du soeî. Son regard est non seuement îndéchîffrabe, maîs absent. La prîson pour mîneurs de Kîtambo est un pas-sage obîgé pour de nombreux gamîns des quar-tîers popuaîres. La vîe n’offre pas d’aternatîve et jouer au gardîen et au voeur est un rîte, une sorte d’apprentîssage pour trouver sa pace dans e monde des grands. L’art de a débrouîe, c’est e paîn quotîdîen ; î vous permet de gagner votre paîn. Sî es choses tournent bîen pour vous, vous vîvez comme un pacha. Sî es choses tournent ma, 12