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Rivaux et représailles

De
189 pages
Jessie Gillmansen a encore des ennuis et cette fois elle en sera quitte pour le combat de sa vie ainsi que celle de Pietr! Comme la
dangereuse meute de loups de Marlaena met plus de pression sur la famille Rusakova, le changement est inévitable et quand il surviendra cela amènera un lourd prix qui forcera Alexi à agir afi n de sauver le
coeur, la tête et la vie de son frère cadet. Dans cette sensationnelle conclusion de cette populaire série paranormale, deux familles de loups-garous luttent pour obtenir le contrôle de la petite ville de Junction, luttent entre eux et, combat encore plus insaisissable, luttent pour eux-mêmes.
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Copyright © 2012 Shannon Delany Titre original anglais : 13 to Life: Rivals anP Retribution Copyright © 2014 ÉPitions APA Inc. pour la traPuction française Cette publication est publiée en accorP avec St. Martin’s ress, 175 Fifth Avenue, New York, N.Y. 10010. Tous Proits réservés. Aucune partie Pe ce livre ne peut être reproPuite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite Pe l’éPiteur, sauf Pans le cas P’une critique littéraire. ÉPiteur : François Doucet TraPuction : Sophie Deshaies Révision linguistique : Féminin pluriel Correction P’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas Conception Pe la couverture : Ervin Serrano Montage Pe la page couverture : Matthieu Fortin Illustrations Pe la couverture : Image Pu couple : © Rob WooP — WooP Ronsaville Harlin, Inc Image Pe la forêt et Pes loups : © Shutterstock Mise en pages : Mathieu C. DanPuranP ISBN papier 978-2-89752-148-6 ISBN DF numérique 978-2-89752-149-3 ISBN eub 978-2-89752-150-9 remière impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales Pu Québec Bibliothèque nationale Pu CanaPa Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, CanaPa, J3X 17 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion CanaPa : ÉPitions APA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. Pes Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
articipation Pe la SODEC. Nous reconnaissons l’aiPe financière Pu gouvernement Pu CanaPa par l’entremise Pu FonPs Pu livre Pu CanaPa (FLC) pour nos activités P’éPition. Gouvernement Pu Québec — rogramme Pe créPit P’impôt pour l’éPition Pe livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Delany, Shannon
[Rivals anP retribution. Français] Rivaux et représailles (Sentence 13 ; 5) TraPuction Pe : Rivals anP retribution. ISBN 978-2-89752-148-6 I. Deshaies, Sophie. II. Titre. III. Titre : Rivals anP retribution. Français. Z23.D445Ri 2014 j813’.6 C2014-941559-1
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Je dédie ce livre à mon frère, qui me connaît compl ètement et qui parvient tout de même à m’aimer, même lors de mes pires journées. Tout le monde a besoin dans sa vie de quelqu’un com me lui, et je suis extrêmement chanceuse de le compter dans la mienne.
PROLOGUE
Cinq heures plus tôt à Junction La fille entre dans la grange, puis se faufile entre les bottes de foin et une pile de seaux. C’est l’une des rares fois de l’hiver où le foin lui rappelle le parfum du printemps, apportant une odeur et une sensation d’espoir. La différence de température entre l’intérieur de la grange et les vives montées et chutes d’air de l’extérieur est saisissante ; Jessie ôte son bonnet de tricot, laissant tomber sur ses épaules ses cheveux bruns. Elle enfonce ses gants dans ses poches, défait sa veste et se prépare à se vider l’esprit en s’adonnant à du bon vieux travail manuel. Elle ne se dérobe jamais au travail. Elle n’est pas du genre à se croire trop belle pour se faire des callosités aux mains, ou des muscles aux épaules et au dos qui s’assortiraient à ses jambes et ses bras robustes. Peu de gens l’ont qualifiée de belle, mais seule l’opinion de peu de gens lui importe. Et les gens dont l’opinion compte véritablement ? Il s’agit de son père, sa mère, maintenant décédée depuis plus de six mois, sa meilleure amie Amy et son petit ami ancien loup-garou russo-américain, Pietr Rusakova. Pietr la trouve belle. Et pour une adolescente coincée dans une situation extrêmement compliquée, c’est tout ce qu’il faut parfois pour tenir le coup. Jessie prend la fourche. Mais elle suspend son geste, la main tendue, figée à mi-chemin. Son esprit s’embrouille d’images, retournant vers la fois où Pietr et un autre garçon de son école sont entrés dans une bagarre épique ici, s’écrasant dans les bottes de foin et roulant dans l’enclos extérieur, chacun se servant de ses habiletés paranormales pour se battre afin de réclamer Jessie : Derek pour posséder son corps et aspirer son énergie, et Pietr pour protéger et gagner son cœur. Sa tête bourdonne un avertissement, son cuir chevelu picote, comme si Derek était encore tout près. Une part de luiesttout près, elle le sait. Il y a une part de lui qui subsiste, libre et errant dans sa tête, même après son horrible finale qui a connecté Jessie, Sophia et la fille qu’Amy appelle la meilleure ennemie de Jessie, Sarah. C’est ici que Derek a tenté de tuer la plus grande fierté de Jessie, sa meilleure amie à quatre pattes, sa jument marron, Rio. Il avait utilisé la fourche. Frissonnant à ce souvenir, Jessie écarte l’instrument de sa main et prend plutôt la pelle toute proche. Rio est toujours le premier cheval à l’apercevoir et s’ébroue lorsqu’elle la reconnaît. Les autres chevaux répondent tous à leur façon, en agitant la crinière, en hochant la tête ou en donnant un coup de sabot sur le sol, désireux d’être les premiers à attirer l’attention de Jessie. Mais il n’y a pas de compétition. Rio gagne toujours. Quand il semblait que plus personne n’était là pour Jessie, Rio était sa fidèle compagne, son amie loyale. Elle écoutait toutes ses plaintes, ses pleurs, ses cris et ses trépignements avec à peine un cillement d’oreille, et après chaque moment de rage ou de découragement de Jessie, Rio poussait son museau dans le dos ou l’épaule de Jessie et faisait avancer de nouveau la jeune fille. Plus qu’un cheval et plus qu’un animal de compagnie, Rio est un membre de la famille de Jessie, une famille dont le nombre de membres a diminué après la mort soudaine de la mère de Jessie. Jessie appuie la pelle contre le mur et saisit la brosse suspendue à la porte de Rio. — Hé, ma fille, dit-elle en ouvrant la porte de sa stalle et se glissant à l’intérieur afin de se
tenir près de la jument, une main sur la joue de Rio, qu’elle descend sur son cou bien musclé pour caresser doucement ses épaules et son dos gracieux. Jessie pose sa main sur la cage thoracique de la jument, la brosse douce suivant les motifs soyeux et subtils formant sa mince robe. — Je ne sais simplement plus quoi faire, confesse Jessie. Il est différent. Changé. Rio frappe le sol ; du foin craque sous son sabot. — Je sais, il étaitcensé changer, afin de ne plus être ce mi-homme, mi-loup, qui mourait aussi vite qu’il pouvait vivre. Je m’attendais à ce changement… Jessie se déplace vers la tête du cheval et se met à brosser sa crinière sombre. — Je m’attendais à une victoire, dit-elle lentement, fatiguée. Mais je n’aurais jamais cru qu’une simple victoire pouvait ressembler autant à une défaite. Rio s’éloigne, martelant le sol de son sabot. Jessie chuchote pour l’apaiser, se rendant compte qu’elle a tiré trop fermement sur sa crinière. Elle était trop centrée sur elle-même, encore. — Désolée, ma fille, chuchote-t-elle, ajustant soigneusement sa poigne et sa pression. J’avais simplement des attentes différentes. J’ai cru que j’aurais toute la chaleur et tout le feu de Pietr, mais sans le danger qu’il soit pourchassé parce qu’il était un loup. J’ai cru que j’aurais la passion, mais sans les restrictions. Mais c’était un marché passé avec le diable. Peut-être était-ce le destin, qu’il soit seulement Pietr, ce garçon studieux, ou Pietr, le loup-garou mourant rapidement. Peut-être ne puis-je pas avoir le meilleur des deux. Elle se concentre à séparer une mèche rebelle, déterminée à ce qu’aujourd’hui, au moins une chose se passe bien. — Le problème est que je lui ai dit que jamais je ne le laisserais. J’ai promis de rester avec lui… Et quand je l’ai dit, je le pensais. Mais c’est plus difficile que je croyais. Il est tellement différent. Ce n’est pas du tout le Pietr que j’ai connu. Comme s’il n’était pas le Pietr que je voulais. Elle sursaute au moment où son portable vibre dans sa poche, et elle le sort. En voyant le visage de Pietr, elle marque une pause. C’est la première fois qu’elle laisse quelqu’un en plan. Et même si elle croit encore l’aimer, il est libérateur de savoir qu’elle peut s’éloigner pour s’éclaircir les esprits. Elle a encore suffisamment d’indépendance pour prendre quelques heures et penser à autre chose qu’aux loups-garous, à la mafia et à la folie qui, si récemment, tourbillonnaient autour d’elle. Il est rassurant de savoir qu’il tient suffisamment à elle pour remarquer qu’elle n’est plus là. À moins qu’il téléphone pour une autre raison… Elle soupire, pas encore prête à faire face à une réponse qu’elle craint, et elle éteint son portable pour reporter son attention sur Rio. La robe de la jument étincelle et Jessie s’avance vers la porte de la stalle. Elle se fige, remarquant qu’une étrange et soudaine immobilité est tombée sur la grange. Tous les chevaux ont tourné leur attention vers une direction, tous les yeux sont fixés sur un endroit. Un jeune homme élancé se tient près de l’entrée, ses courts cheveux roux contrastant avec ses traits vifs et pâles, ses narines dilatées. En captant l’odeur de Jessie, ses minces lèvres se tordent en un sourire portant quelque chose de terrifiant. Gabriel l’a trouvée. La plupart des filles reculeraient, crieraient ou courraient, en proie à une panique aveugle en découvrant qu’un loup-garou d’une nouvelle et dangereuse meute les avait traquées jusque chez elles et qu’elles se trouvaient seules, mais Jessie n’est pas comme la plupart des filles.
Elle ne peut se permettre d’être autre chose qu’elle-même. Alors elle prend une respiration, redresse le dos et recule les épaules. — Hé ! dit-elle avec un courage feint. Est-ce que je peux t’être utile à quoi que ce soit ? — Oui, répond Gabriel en s’avançant. Oui, je crois que tu peux m’être utile à quelque chose, Jessica. Les yeux de Jessie étudient ses choix. En sortant par l’arrière, elle arriverait dans l’enclos principal et dans le pâturage. Par l’avant, elle se retrouverait presque nez à nez avec Gabriel. Décision, décision… — À quoi puis-je t’être utile ? Si tu veux apprendre à monter, je peux t’enseigner, mais je ne donne pas de leçon impromptue. — Sors et nous pourrons discuter d’horaire, suggère Gabriel, son sourire se transformant en un rictus. — Je suis très bien où je suis, dit Jessie, son estomac se contractant et ses pieds restant immobiles sur le foin de la stalle. Les lèvres de Jessie se pressent en une ligne frustrée et elle se réprimande mentalement. Elle sait, depuis qu’il l’a sentie dans les couloirs de l’école, qu’il pourrait la retrouver n’importe où. Elle s’attendait à des ennuis et, malgré tout, elle est là, prise au dépourvu. Encore. — Alors, quand serait-ce un bon moment pour toi pour revenir et commencer tes leçons ? demande-t-elle, les yeux balayant l’endroit à la recherche d’armes potentielles. Son regard se pose sur la brosse qu’elle tient et elle sourit en coin à sa propre pitoyable chance. Compte tenu de tout ce qu’elle a perdu, la chose que Jessie Gillmansen a réussi à garder malgré tout est son sens de l’humour. Il est évidemment devenu plus sombre et plus caustique, mais au moins elle l’a encore. Elle jauge son opposant, heureuse d’avoir poursuivi son entraînement corps à corps avec le seul membre n’étant pas un loup-garou de la famille Rusakova, Alexi. Il lui a enseigné comment être rapide et rusée. De tromper avec son langage corporel. Et s’il y a bien une chose à laquelle Alexi est bon, c’est dans l’art de la tromperie. Les plus grands traîtres de l’histoire ? Judas Iscariote ? Benedict Arnold ? Ils n’étaient rien comparés à Alexi. Sa vie entière est un mensonge. Mais les faits demeurent, peu importe à quel point elle est bien entraînée ou que son bras de fille de ferme est robuste, elle va affronter un loup-garou. Et cela fait pencher toutes les probabilités contre elle. Il se tient à la porte de la stalle, la main sur la poignée, son visage près des barreaux. — On dirait qu’il y a un horaire ici, un quelconque calendrier, dit-il. Nous devrions le regarder ensemble. Je ne supporterais pas de déterminer une heure pour me rendre compte plus tard qu’elle ne convient pas. — Comme c’est aimable. Il hausse les épaules, son sourire s’étendant jusqu’à faire briller malicieusement ses yeux. — Je fais de mon mieux. Jessie fait glisser sa main le long de sa hanche, fouillant subtilement dans la poche de son jean pour sortir son portable, mais Gabriel voit son geste et ouvre la porte d’un coup sec, puis il bondit dans la stalle. — Je ne ferais pas cela, grogne-t-il, attrapant son poignet pour l’attirer vers lui. — Aïe ! — Je pourrais dire que je suis désolé, Jessica, mais je ne le suis pas. Tu es un moyen pour
atteindre un but, pour moi. Tu es le plus beau cadeau que je pourrais offrir à une personne. La chose étrange est que je ne sais même pas pourquoi tu as tant de valeur pour elle. Enfin, je comprends que tu as un lien avec la cure des loups-garous. Mais nous ne voulons pas de la cure. Nous sommes heureux d’être ce que nous sommes. Et c’est quelque chose que la plupart des gens ne peuventjamaisdire. Il fait une pause et recule afin de la tirer davantage. — Et le fait que tu fréquentes Pietr ? Je m’en fous complètement. Mais tu vas m’aider à atteindre mes objectifs. Et j’aime beaucoup atteindre mes objectifs. Alors, viens avec moi, comme une gentille fille et fais exactement ce que je vais te dire. — Tu parles ! Son pied botté s’écrase sur sa cheville et son coude le frappe au ventre. Il a à peine le souffle coupé. Elle se libère de lui, passe derrière Rio, et tombe contre la porte menant au pâturage. Le froid soudain cingle son visage lorsqu’elle ouvre la porte, mais il la saisit par la taille et la plaque au sol. Rio s’ébroue et s’éloigne, faisant de son mieux pour ne pas marcher sur Jessie alors qu’elle se débat sous son assaillant sur le sol couvert de foin. D’une rapide pirouette, Rio les enjambe, passe en trombe et sort dans le froid. La porte se balance d’avant en arrière en grinçant. Jessie frappe le visage et la poitrine de Gabriel de toute la force de ses bras et de ses mains, et toute sa colère s’agite en elle ; colère contre lui et colère contre elle-même de devoir encore endosser le rôle de la victime. La prochaine fois, se promet-elle,je serai prête la prochaine fois. Le seul problème est qu’elle doit survivre àcettefois afin qu’il y en ait une prochaine. Elle se met à le frapper de ses genoux et de ses pieds, cognant et criant. Il n’est pas impressionné. Elle le mord. Il crie de douleur tandis que du sang s’écoule de la morsure laissée dans sa joue en lambeaux, et il roule loin d’elle. Avec ses traits pointus et tendus, il n’est probablement pas considéré comme beau, mais maintenant cette probabilité est encore plus mince. Mais il guérit. Rapidement. Cela est une bénédiction si vous êtes amoureuse d’un loup-garou enclin au danger, comme Pietr l’était avant qu’il prenne la cure, mais c’est une malédiction si vous essayez d’en combattre un et que vous n’êtes qu’un humain. Si vous n’êtes qu’une fille normale. Mais Jessie n’est plus normale depuis un moment et ce qu’elle a appris sur ce qui rôde dans la petite ville de Junction lui a fait reconsidérer à plusieurs reprises son style de vie et ses choix. Elle qui avait toujours cru que Junction n’était qu’une autre petite ville morne, sans agitation. En cet instant, une partie d’elle souhaite qu’elle ait eu raison. Elle plonge vers la porte de l’autre stalle, la force à s’ouvrir et saisit la pelle appuyée contre le mur. Gabriel bondit sur ses pieds et sort de la stalle derrière elle, juste à temps pour qu’elle balance la pelle et rate sa tête de peu. — Merde ! — Allez, invite-t-il en ouvrant grand les bras. Il remue ses doigts près du mur, une distraction que Jessie a vu Pietr et son frère aîné Max utiliser quand ils se disputaient. Alors quand son autre main s’avance vers elle, elle réfléchit à une différence importante entre