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Rodolphe et la sorcière

De
132 pages
Pour s'amuser, Rodolphe jette des cailloux sur une vieille femme qu'il surnomme Camille-la-sorcière. Réprimandé par son amie Pauline et pris de remords, il va s'excuser auprès de Camille, qui se trouve être réellement une sorcière. Ils deviendront amis et elle initiera le jeune garçon à son art. Un jour, sur une piste de ski, il rencontrera un grand loup noir qui l'entraînera dans une grotte où il affrontera avec Pauline et Camille la sorcière de terribles dangers... Une aventure palpitante, fantastique et pleine de rebondissements !
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Daniel Granval
Rodolpheetlasorcière roman
Rodolphe et la sorcière
Daniel Granval
Rodolphe et la sorcière
Roman
Du même auteur Méthodologie des projets individualisés– CREAI Nord-Pas-de-Calais – 1994. Histoire du cinéma à MervilleCinéma, 5, rue des Lilas 59660 (Club Merville). 1999. Le projet individualisé en travail social – L’Harmattan, 2000. Adolescents difficiles, établissements, aide sociale, comment améliorer– L’Harmattan 2002. Merville Hier et Aujourd’hui– (Club Cinéma Merville). 2004 Projet éducatif d’un établissement social – L’Harmattan, 2005. Les cinémas du Nord – Pas de Calais de 1896 à aujourd’hui– (Club Cinéma Merville). 2005. Chapelles et monuments religieux à Merville – Club Cinéma Merville, 2007. Du Bon Pasteur au Centre Benoît Labre, 155 ans de la vie d’un établissement social– A.A.E.S. Benoît Labre Arras, 2008. Les tournages de films dans le Nord-Pas-de-Calais - Les éditions Nord Avril, 2008. Julie et le bonhomme de neige- Les éditions Nord Avril, 2010. Le Club Cinéma 1980 - 2010Club Cinéma Merville, 2010 Projet - éducatif et familles - L'Harmattan, 2010. Monsieur Vazimolo- Les éditions Nord Avril (novembre 2012). La Lys à Merville et environs- Club Cinéma Merville (mars 2013). L'agriculture à Merville– Club Cinéma Merville (1er semestre 2015). © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11872-7 EAN : 9782343118727
CHAPITRE I
La rencontre
Rodolphe était un petit garçon de neuf ans. Il mesurait un peu plus que la taille normale d'un enfant de son âge. Il avait de longues jambes et un physique bien développé qui lui permettaient de recueillir de bonnes notes en éducation phy-sique. Mais beaucoup l l’admiraient surtout pour sa belle chevelure noire. Celle-ci était d'ailleurs un sujet de dispute permanent avec ses parents qui voulaient régulièrement l'en-voyer chez le coiffeur, alors que le garçon souhaitait laisser ses cheveux pousser.
Comme la majorité des garçons de son âge, il était curieux et rêvait d’aventures. Muni d’une épée en bois que son papa lui avait fabriquée, il se rendait souvent dans le terrain vague qui se trouvait derrière le stade. Au fond de ce terrain, il y avait une chaumière délabrée avec un toit de chaume comme cela se faisait autrefois. On lui avait dit que cette maison était habitée par une vieille sorcière, laide et méchante. Les parents de Rodolphe lui avaient défendu de s’en approcher car c’était dangereux. Nul ne pouvait prévoir ce que la ter-rible mégère était capable de faire aux enfants. Certains di-saient qu’elle les attirait avec des bonbons et qu’elle les faisait cuire dans un four gigantesque. D’autres affirmaient 7
qu’elle les mangeait tout cru. Rodolphe était partagé par un sentiment de crainte et par une envie irrésistible de satisfaire sa curiosité. Comme tous les enfants, il suffisait qu’on lui interdise quelque chose pour qu’il ait envie de le faire. Il dé-cida d’aller voir cette sorcière de près.
Un jour que son ami Paul et lui jouaient aux chevaliers qui chassaient un dragon, ils s'étaient approchés de la petite maison. La sorcière était occupée à cueillir des plantes dans le petit jardinet qui entourait sa maison. Celui-ci comportait une grande quantité de légumes et de fruits, tellement beaux, qu'il suffisait de les regarder pour avoir envie de les manger. Il y avait des choux alignés comme des soldats ; des haricots verts qui grimpaient le long de longues perches qui s'éle-vaient à trois mètres du sol ; de superbes tomates bien rouges qui semblaient juteuses au point de faire saliver les garçons. Paul se promettait de revenir marauder. Des arbustes remplis de groseilles longeaient une barrière peinte en bleu sur le côté de la maison. Sur le devant, un parterre de fraises attirait l'œil des gourmands. A côté, des potirons et des courges émergeaient de leur lit de feuilles. Plus loin, des courgettes vertes et jaunes, des poivrons rouges et verts et des auber-gines attendaient qu'on vienne les cueillir pour une bonne ratatouille. Rodolphe qui avait toujours aimé cultiver la terre et qui donnait souvent un coup de main à son papa, se voyait déjà au milieu de ce jardin de rêve, faisant la récolte des plus beaux produits du terroir. Sa rêverie fut interrompue par la voie aigüe de Paul qui lui proposa de jeter des pierres sur la vieille femme et de se sauver. Il refusa dans un premier temps. «Ce n’est pas bien de jeter des pierres sur les gens. - Ce n’est qu’une vilaine sorcière. - Et si elle nous jette un sort ? - Elle n’en n’aura pas le temps, répondit Paul. Nous aurons filé avant qu’elle ne puisse se relever.»
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Rodolphe hésitait encore, mais il finit par se laisser convaincre quand Paul lui dit qu’il était un trouillard. Ro-dolphe n’aimait pas qu’on lui dise qu’il était un trouillard.
Tenant chacun dans la main un énorme caillou, les deux garçons avançaient silencieusement en rampant dans les hautes herbes pour s’approcher de la vieille femme. Sou-dain, au signal de Paul, ils se dressèrent et lancèrent vigou-reusement leurs cailloux vers leur cible. Ils avaient l’habitude de lancer des pierres car ils s’entraînaient régu-lièrement à tirer sur des boîtes de conserve. La sorcière fut brutalement touchée à la tête par les deux projectiles. Elle s’écroula au milieu du jardin pendant que les deux garne-ments s’enfuyaient à toutes jambes. Après une course effré-née, ils arrivèrent au stade. Paul riait aux éclats. Rodolphe ne disait rien. Il se sentait mal à l’aise. Sa conscience lui di-sait qu’il avait fait quelque chose de mal. Il n’avait plus envie de jouer. Il rentra chez lui. De toute façon il avait une poésie à réviser pour le lendemain. Assis devant le petit bu-reau qu’il avait dans sa chambre, il ne parvenait pas à se concentrer sur les vers de La Fontaine qui paraissaient trou-bles devant ses yeux. La scène de l’après-midi se déroulait continuellement dans sa tête. Il ressentait une terrible amer-tume et il voyait sans cesse l’image de cette vieille dame qui s’écroulait dans le jardin.
Pendant ce temps-là, la vieille femme était restée étendue quelques instants. Sans doute, grâce à ses pouvoirs ma-giques, réussit-elle à se relever et à rentrer dans sa maison. Elle tira une grosse clé du dessous de son jupon et s’en servit pour ouvrir un immense placard. Elle prit un flacon conte-nant de la pommade. Elle appliqua celle-ci sur ses blessures.
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